"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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28 mars 2018

L'Église Orthodoxe de tradition russe en Angleterre et la crise politique (communiqué)

Dans le cadre de la crise actuelle des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la Fédération de Russie, nous avons reçu de nombreuses demandes de commentaires. Afin de clarifier certains malentendus évidents, nous tenons à préciser ce qui suit :
1. L'Église orthodoxe russe n'est pas une Église d'État, mais elle est complètement indépendante des divers États dans lesquels elle exerce son ministère. Nos évêques ne sont pas nommés par le Premier ministre ou tout autre politicien, mais par les autres évêques.
2. De même que vous n'avez pas besoin d'être Romain pour être catholique romain, de même vous n'avez pas besoin d'être Russe pour être orthodoxe russe et appartenir à une Église qui compte plus de 70 nationalités dans le monde entier ! Ici, en Grande-Bretagne, notre clergé et nos paroissiens sont variés en ce qui concerne leurs origines ethniques et nationales. Beaucoup de gens venus des territoires de l'ex-Union soviétique se sont installés ici, ont épousé des gens du pays et ont acquis la citoyenneté britannique.
3. En ce qui concerne la crise politique actuelle, nous continuerons à prier ardemment pour Sa Majesté la Reine, les autorités civiles et les forces armées, comme nous l'avons fait au cours des 300 dernières années de notre présence ici.
4. De même, nous prions pour le rétablissement de ceux qui ont été blessés dans l'attaque maléfique et criminelle de Salisbury, et pour la paix dans le monde entier.
Service de presse du diocèse de Sourozh
Église orthodoxe russe en Grande-Bretagne et en Irlande
16 mars 2018




On the Relationship of the Russian Orthodox Church to Current Events »
16-03-2018
http://www.sourozh.org/maineng/2018/3/16/on-the-relationship-of-the-russian-orthodox-church-to-curren.html
In connection with the current crisis in diplomatic relations between the UK and the Russian Federation, we have received many requests for comment. In order to clarify certain evident misunderstandings, we wish to state the following:
1. The Russian Orthodox Church is not a State Church, but is completely independent of the various States in which she exercises her ministry. Our bishops are not nominated by the Prime Minister or any other politician, but by the other bishops.
2. Just as you do not have to be Roman in order to be Roman Catholic, so you do not have to be Russian in order to be Russian Orthodox and to belong to a Church which includes over 70 nationalities worldwide! Here in Britain both our clergy and our parishioners are diverse with respect to their ethnic and national origins. Many people who came from the territories of the former Soviet Union have settled here, married local people and acquired British citizenship.
3. As regards the present political crisis, we shall continue to pray ardently for Her Majesty the Queen, the civil authorities and the armed forces, just as we have done over the last 300 years of our presence here.
4. Likewise we pray for the recovery of those injured in the evil and criminal attack in Salisbury, and for the peace of the whole world.
Media Service of the Diocese of Sourozh
Russian Orthodox Church in Great Britain and Ireland
16 March 2018

21 juin 2015

Église de Belgique : communiqué de l'archevêque suite aux menaces de saisie illégale (PM)

DECLARATION DE L’ARCHEVECHE ORTHODOXE RUSSE DE BRUXELLES ET DE BELGIQUE
En rapport avec l’information relative à l’insertion de l’Archevêché orthodoxe russe de Bruxelles et de Belgique dans la liste d’organisations dont les biens sont passibles de rétention ou de confiscation par l’intermédiaire des huissiers au profit des représentants de la compagnie « Yukos Universal Ltd », en conséquence de décisions judiciaires prises contre la Fédération de Russie, nous déclarons ce qui suit.
L’Archevêché orthodoxe russe de Bruxelles et de Belgique, tout en étant une subdivision canonique de l’Église orthodoxe russe, est néanmoins un sujet de droit belge, enregistré et agissant depuis 1937 conformément à un arrêté royal et en vertu des lois du Royaume de Belgique. En réalité, c’est une organisation orthodoxe belge, ayant un lien ecclésiastico-canonique avec le Patriarcat de Moscou (Eglise orthodoxe russe), le culte orthodoxe étant reconnu dès 1985 comme une des confessions officielles du Royaume de Belgique. Hormis le Royaume de Belgique, l’Archevêché n’est juridiquement lié à aucun autre État – que ce soit la Fédération de Russie ou un autre. Le lien ecclésiastico-canonique avec le Patriarcat de Moscou ne peut servir de justification à la présentation de quelques prétentions financières ou patrimoniales que ce soit à l’égard de l’État russe, en vertu de la séparation constitutionnelle de l’Église et de l’État en Fédération de Russie, et de l’étendue de la juridiction du Patriarcat à divers États indépendants, comme la Russie, l’Ukraine, et la Moldavie, ainsi que le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, la Kirghizie, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et d’autres.
Nous déclarons également que l’Archevêché n’a jamais possédé ni ne possède quelque bien que ce soit appartenant à la Fédération de Russie. Toutes les communautés entrant dans sa composition sont des organisations sans but lucratif belges dirigées, en général, par des citoyens du Royaume de Belgique ; leurs biens sont des propriétés soit privées soit appartenant à ces organisations, et ont été acquis, conformément au droit belge, grâce à des dons des croyants, citoyens de Belgique et d’autres pays.
En vertu de ce qui précède, nous rejetons toute prétention de la part d’organes du pouvoir judiciaire et élevons une ferme protestation quant à l’insertion de l’Archevêché dans la liste des institutions publiques de la Fédération de Russie.
Nous exprimons notre certitude que l’apparition du nom de l’Archevêché dans la liste en question est un malentendu et la conséquence d’une erreur regrettable.
Archevêché orthodoxe russe de Bruxelles et de Belgique,
20 juin 2015
http://www.archiepiskopia.be/index.php?content=home&category&id&lang=fr

21 mars 2014

Non à la guerre en Crimée ! (Alain Durel, philosophe)


Non à la guerre en Crimée !
21 mars 2014, 12:01


(republié avec autorisation depuis :

https://www.facebook.com/notes/alain-durel/non-%C3%A0-la-guerre-en-crim%C3%A9e-/10153950149470615. Les liens illustrant le texte ci-dessous sont de moi-même. JM)

Les Européens ne sont pas capables de s’entendre pour construire quelque chose ensemble, mais ils le seraient pour vouer à l’anathème un pays ! L’unanimité de la condamnation a quelque chose d’inquiétant. On pense aux analyses de René Girard sur le bouc émissaire. La violence de tous contre tous se mue en violence de tous contre un. Plus inquiétante encore est l’unanimité dans les médias, le caractère extrêmement dangereux de leurs propos. Hélas, ce n’est pas chose nouvelle. Ceux qui ont connu les guerres du Golfe ou les bombardements de Belgrade s’en souviennent. De quoi est coupable la Russie au juste ? D’avoir annexé la Crimée, dit-on. « Annexer », le mot est fort, il est dans tous les médias. Bien sûr, on songe à l’anschluss, au Troisième Reich, avec cette différence, toutefois, que des nazis sont au pouvoir en Ukraine : Vice Premier Ministre : Oleksandr Sych, Ministre de la Défense : Ihor Tenyukh, Responsable du Conseil de Sécurité et Défense Nationale (police intérieure) : Andriy Parubiy, Ministre de l’Écologie : Andriy Mokhnyk, Ministre de l'Agriculture : Ihor Shvaika, Procureur Général : Oleg Mokhnytsky (bras exécutif de la justice)… La Russie aurait donc annexé la Crimée. Les habitants de cette province riche en vignobles auraient été pris en otage, forcés à voter le rattachement de leur territoire à la Fédération de Russie. Vous y croyez, vous ? Pas moi. Les scènes de liesse, qui ont eu lieu partout le jour de l’annonce des résultats, et auxquelles ont été témoins les journalistes occidentaux présents sur place disent le contraire (le journal de France2 était transmis en direct de Crimée, les observateurs occidentaux étaient donc présents, contrairement à ce qui fut affirmé). Mes amis de Crimée ont tous témoigné de l’atmosphère d’intense joie qui a suivi la nouvelle du rattachement à la Russie. Je pose donc une question : si la Crimée avait été annexée, ne pensez-vous pas qu’il y aurait un mouvement de rébellion, comme ce fut le cas à Maïdan ? Il n’y en a pas. Il faut donc admettre cette vérité essentielle : l’immense majorité des habitants de Crimée a souhaité le rattachement de son pays à la Russie. Tant que les USA, l’OTAN et l’UE continueront à nier ce fait central, on peut être sûr que le danger de guerre est réel. Si, au contraire, on l’admet, n’est-il pas légitime que le peuple de Crimée décide de son propre sort ? Je vous invite à faire une expérience de pensée : imaginez que la Russie dise : « D’accord, nous annulons tout, nous demandons à l’UE d’organiser un referendum en Crimée ». Que se passerait-il ? Le même résultat, à peu de chose près, avec peut-être 70% de « oui » au lieu de 90%. Nous irions donc faire une guerre (peut-être mondiale, car la Chine soutiendra la Russie) sous prétexte d’un vice de forme, quand le fond est absolument évident ? Alors que faut-il penser ? Tout simplement, que les raisons invoquées par les USA, l’UE et l’OTAN sont fallacieuses. Il s’agit, depuis le début, d’une tentative de déstabilisation de la Russie programmée de longue date : « Quand l’Union soviétique s’est effondrée fin 1991, Dick ne voulait pas seulement voir le démantèlement de l’Union soviétique et de l’empire russe mais de la Russie même, pour qu’elle ne puisse jamais plus être une menace pour le reste du monde », a écrit dans ses mémoires l’ancien secrétaire d’Etat américain à la Défense, Robert Gates. Ce dernier faisait référence au secrétaire d’Etat à la Défense de l’époque et ancien vice-président américain, Dick Cheney.

Mais ce conflit est surtout une guerre énergétique sur arrière-fond d’intérêts économiques colossaux. Permettez-moi de rappeler cette vérité terrifiante : il existe des personnes qui s’enrichissent grâce aux guerres, les véritables dirigeants de la planète, qu’ils se nomment Exon, Mobil ou Gasprom. Je m’étonne de la passivité des citoyens français et européens au moment où une guerre va peut-être entraîner le monde dans le chaos. En ce moment même, l’armée ukrainienne est en train de prendre position contre la Russie, espérant, par une provocation, que la Russie répliquera, entrainant ainsi l’OTAN dans la guerre. N’est-il pas urgent de dénoncer la montée des périls, le langage belliqueux de nos représentants européens (qui ne nous représentent pas), de dire « non » à la guerre, « non » aux sanctions contre la Russie - qui entraîneront en retour des sanctions de la Russie contre l’Europe, prélude à la guerre - « non » au fascisme, « oui » à la négociation, « oui » à la paix !


18 mars 2008

Balkans: premières explosions de l'incendie allumé par le lobby du pétro-dollar et ses alliés...

AVERTISSEMENT : PAGE CONTENANT DES PHOTOS TERRIBLES DE VICTIMES DE MASSACRES EN SERBIE!!

Mais pourquoi donc ce 17 mars 2008, les forces d'occupations militaires européennes ont-elles lancé une opération de police contre les Serbes occupant un de leurs bâtiments publics volé par l'ONU? Et pourquoi nos médias restent-ils si silencieux sur les raisons profondes de la juste colère des Serbes, qui a donc commencé à éclater hier?


Un Serbe passe près d'un panneau où on lit "Le Kosovo est le coeur de la Serbie," dans la ville de Zubin Potok, au nord de la province serbe du Kosovo, 16 mars 2008. Reuters/Marko Djurica


Manifestants Serbes lançant des pierres et autres projectiles contre les forces françaises "OTAN" de maintien de la paix, durant les affrontements dans la partie à majorité Serbe de la ville ethniquement divisée de Mitrovica, Kosovo, lundi 17 mars 2008. La force spéciale de police de l'ONU venait de pénétrer de force dans le bâtiment du tribunal ONU de Mitrovica, arrêtant les manifestants Serbes qui occupaient le bâtiment depuis la semaine dernière pour protester contre la déclaration d'indépendance du Kosovo. Des milliers de Serbes, jetant des pierres, ont alors encerclé le bâtiment, qui se trouve dans la partie Serbe de Mitrovica, et se sont affrontés à la police anti-émeute soutenue par les troupes de l'OTAN, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades cataplexiantes (assommantes). (AP Photo/Zveki)

Français & OTAN – étonnant : la France ne fait pas partie de l'OTAN, et pourtant, partout elle est indiquée comme membre et pire, participe aux exactions sous pavillon bleu. De Gaule doit se retourner dans sa tombe.



(AFP/Dimitar Dilkoff)


Véhicules en flammes après les affrontements des Serbes avec les soldats de la KFOR dans la ville ethniquement divisée de Mitrovica. La police de l'ONU a été forcée de se retirer de la partie Serbe de ce point chaud de la ville. (AFP/Dimitar Dilkoff)



Forces françaises de maintien de la paix de l'OTAN, Mitrovica, 17 mars 2008. Un porte-parole Français de l'OTAN a déclaré à l'agence de presse Reuters que les troupes de l'OTAN s'étaient retrouvées prises sous des tirs d'armes automatiques pendant les émeutes des Serbes dans la partie sensible de la ville de Mitrovica, ce lundi. Reuters/Nebojsa Markovic



Manifestants brandissant des drapeaux Serbes tout en portant une bannière où on lit "cela restera à nous," au court d'une manifestation devant le bâtiment du parlement de Serbie, Belgrade, 17 mars 2008. La manifestation marquait le 4ème anniversaire des émeutes sanglantes contre les Serbes dans le Kosovo dominé par les Albanais, et coïncidait avec une journée d'affrontements entre les Serbes et les forces de maintien de la paix de l'OTAN dans la ville de Mitrovica, au nord du Kosovo. Reuters/Ivan Milutinovic

source & (c) news.yahoo.com

Que commémoraient donc les Serbes?
Dans la province serbe du Kosovo ont eu lieu des pogroms anti-Serbes du 15 au 20 mars 2004, avec paroxysme des massacres le 17 mars. Ces massacres sont restés totalement impunis depuis lors. Pas de tribunal pénal international, pas d'intervention de l'OTAN, l'Albanie et les repaires de brigands Albanais au Kosovo n'ont pas été bombardés.
A l'époque, ONU & OTAN ont laissé faire, sans bouger le petit doigt. Ca fait partie du plan que nous, pauvres désinformés d'Occidentaux que nous sommes, devons ignorer. Car il faut faire évacuer le Kosovo par ses habitants multi-séculaires, les Serbes. Pourquoi? Parce qu'il y a cette base américaine de Bondsteel Camp, avec sept mille soldats installés dans le flanc sud de l'Europe. Base militaire installée sur le territoire d'un pays souverain... grâce à la couverture offerte par la Résolution ONU 1244 qui obligeait l'armée et la police du pays à évacuer les lieux. Voilà la démocratie à l'américaine (en plus de privatiser les bénéfices de ses banques et d'ensuite étatiser leurs déficits dûs aux spéculations ratées), et voilà ce que nos élus soutiennent :


Camp Bondsteel, une forteresse américaine au coeur de la Serbie, installée grâce aux politiciens européens!


A 30km de là se trouve le pipeline principal (AMCO) Bulgarie-Albanie – gaz et pétrole. Étrange, non?
Grâce aux politiciens européens qui ont laissé faire, les Américains
base US d'occupation en Bosnie a Tuzla, Camp Eagle sont aussi installés durablement ailleurs dans la région : "Camp Eagle" à Tuzla en république musulmane de Bosnie (ex-Yougoslavie), et en ex-république yougoslave de Macédoine, et 2 bases en Bulgarie et 3 en Roumanie. Avec les autorités américaines (à ne pas confondre avec le peuple américain, qui est lui aussi victime), c'est facile : les anciens dirigeants au lourd passé de dictature savent toujours trouver un arrangement $$$$, et sont toujours très conciliants pour laisser s'installer ce qu'on veut chez eux pourvu que leur passé soit oublié... tant qu'ils peuvent servir... voir Kurt Waldheim en Autriche.. Et on voit ensuite qui soutient en Europe le gouvernement US pour ses sales guerres du pétrole et des minerais précieux (uranium, etc) partout dans le monde.
Et crèvent les peuples, pourvu que leurs caisses se remplissent de leurs maudits dollars!
Et les malheureux bidasses d'Amérique du Nord envoyés partout pour de prétendues "guerres pour la liberté," s'y font trouer la panse ou lourdement handicaper, moralement laminés, et tout ça pour que le Veau d'Or, Wall Street, puisse s'engraisser..


A présent, les sbires du Vatican proposent leur "intercession" pour le Kosovo. Afin d'éviter mes réguliers dérapages verbaux dès qu'il s'agit d'aborder le sujet de cette autre engeance planétaire, la parole est laissée au diacre Steven Hayes (Église Orthodoxe, à Prétoria), qui réagissait sur l'article d'une lectrice qui avait republié l'annonce de cette entremise vaticane:
Church in the World - 15 March 2008
Serbia : Catholics offer to mediate over Kosovo
by Jonathan Luxmoore
http://www.thetablet.co.uk/articles/11164

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De : Steve Hayes
Date : Tue, 18 Mar 2008 07:04:50 +0200
Forum : alt.religion.christian.east-orthodox
Objet : Re: Catholics offer to mediate over Kosovo

"C'est un peu de l'ironie, quand on considère le rôle que l'église catholique-romaine a joué en provoquant les Guerres de Succession de Yougoslavie, qui ont commencé il y a quelque 20 ans d'ici et se sont prolongées jusqu'à nos jours, avec d'énormes bains de sang et une violence continuelle.

Source: Huntington 1998:282.

"L'éclatement de la Yougoslavie commença en 1991, lorsque la Slovénie et la Croatie voulurent l'indépendance et plaidèrent leur cause auprès des puissances européennes occidentales pour obtenir le soutien. La réponse de l'Occident fut définie par l'Allemagne, et la réponse de l'Allemagne fut en grande partie définie par la connection catholique. Le gouvernement de Bonn fut mis sous pression pour agir par la hiérarchie catholique allemande, son partenaire de coalition l'Union Sociale Chrétienne en Bavière, et le "Frankfurter Allgemeine Zeitung" et d'autres médias. Les médias de Bavière tinrent en particulier un rôle crucial pour le développement d'un sentiment public allemand en faveur de la reconnaissance.
Comme l'a fait remarquer Flora Lewis, "La TV Bavaroise a beaucoup pesé sur le très conservateur gouvernement bavarois, et la puissante et fortement implantée église catholique bavaroise, qui a des liens étroits avec l'église en Croatie, ont ensemble fournit des rapports télévisés pour toute l'Allemagne lorsque la guerre (avec les Serbes) a commencé à s'aggraver. La couverture était très partiale"... L'Allemagne fit pression sur l'Union Européenne afin de reconnaître l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie, et ensuite, s'en étant assuré, elle alla plus loin en les reconnaissant elle-même avant que l'Union ne le fasse en décembre 1991.
L'Autriche et l'Italie s'empressèrent de reconnaître les 2 nouveaux États (1991: Slovénie et Croatie, après la reconnaissance et la pression par l'Allemagne), et très rapidement, les autres pays occidentaux suivirent, y compris les États-Unis. Le Vatican joua aussi un rôle central. Le pape déclara que la Croatie était un "rempart du christianisme," et s'empressa d'étendre la reconnaissance diplomatique aux 2 états avant que l'Union Européenne ne l'ait fait. Le Vatican devint donc un partisan dans le conflit, ce qui eu ses conséquences lorsque le pape planifia en 1994 une visite aux 3 républiques. L'opposition par l'Église Orthodoxe de Serbie l'empêcha de venir à Belgrade, et la réticence des Serbes à garantir sa sécurité l'amena à annuler sa visite à Sarajevo. Il se rendit cependant à Zagreb, où il honora le cardinal Alojzieje Stepinac, qui fut associé au régime fasciste Croate durant la deuxième guerre mondiale, régime qui persécuta et massacra Serbes, Gitans et Juifs."

De l'ouvrage de Samuel Huntington "The clash of civilizations and the remaking of the world order".
[en français : "Le choc des civilisations," éditions Odile Jacob, 1997, isbn 2738104991]

Et ce qui se déroule au Kosovo est simplement l'étape suivante.
La "thèse Huntington" est que dans le monde de l'après Guerre Froide, les conflits ne seront plus entre des idéologies, comme l'était la Guerre Froide, mais entre les civilisations, et il en cita 9:

Occidentale
Orthodoxe
Musulmane
Chinoise
Hindoue
Bouddhiste
Africaine
Latino-Américaine
Japonaise

Il dit que ces conflits se dérouleraient le long des "lignes de ruptures" où ces civilisations se rencontrent, et les compara aux plaques tectoniques de la terre.
Et les événements ont largement prouvé qu'il avait raison.

Conflit au Tibet : Chinois - Bouddhiste
Conflit en Yougoslavie : Occidental – Orthodoxe - Musulman
Conflits Caucasiens : Orthodoxe - Musulman
Conflits au Soudan : Musulman – Chrétien - Africain
Conflits inter-Anglicans : Africain - Occidental

Je ne dit pas que sa thèse est absolument exacte, mais les événements semblent se dérouler grosso modo comme il l'avait prédit.

Diacre Stephen Methodius Hayes
Orthodox mission pages: http://www.orthodoxy.faithweb.com/

**********


Samuel P. Huntington est professeur à l’Université de Harvard. Il dirige le "John M. Olin Institute for Strategic Studies." Il a été expert auprès du NSC (Conseil National Sécurité des États-Unis d'Amérique) sous l’administration Carter (1977-1981). Il est le fondateur et l’un des directeurs de la revue Foreign Policy.

Et en effet, rien d'étonnant quand on voit qu'à l'intérieur même de la Serbie, la hiérarchie catholique-romaine justifie les exactions, et ses fidèles y prennent bonne part. Ce qui explique d'ailleurs aussi "l'étrange" passivité des troupes ONU : le vatican a son siège à l'ONU, et ses puissants alliés pour les votes.. Et Dieu dans tout ça?... Un beau prétexte, hein! Depuis le temps que je le répète...

Voici quelques éléments jamais médiatisés, afin de mieux comprendre le drame et les vrais enjeux, extraits de
"Memorandum sur le Kosovo et la Metochie," de l'assemblée des évêques de l'Église Orthodoxe de Serbie, Paris, 2004, un livre capital à acquérir.


"Une raison-clé de cette absence d'activité de la KFOR et de la MINUK tenait non seulement à leur impréparation à cette situation sur le terrain, mais avant tout à leur volonté ferme d'éviter à tout prix un conflit armé avec les Albanais eux-mêmes. La KFOR n'a jamais établi un contrôle effectif des frontières avec l'Albanie et la Macédoine, ce qui a permis l'expansion de la contrebande, de la prostitution, du trafic de drogue et des armes.
Dans cette situation nouvelle, le peuple serbe se retrouvait sans direction, car les hauts fonctionnaires du régime de Milosevic avaient été parmi les premiers à abandonner leurs compatriotes. Seule, au milieu de conditions très difficiles, l'Église fonctionnait effectivement, essayant, par l'intermédiaire des paroisses et des monastères, de rassembler la population et de l'encourager à rester dans ses foyers en dépit de ces circonstances si difficiles. Ce n'est qu'à l'automne 1999 que s'est manifesté un certain engagement du Comité pour le Kosovo et la Métochie de Belgrade, qui a joué, jusqu'au départ de Milosevic du pouvoir, un rôle globalement très négatif pour la Province, lançant de fausses promesses à la population et restaurant l'influence des vieilles structures politiques. Le rôle de ce Comité s'est même réduit à la fin à la vente de certificats de confirmation de la nationalité yougoslave et de la délivrance de passeports à des Albanais du Kosovo. Ce n'est qu'après le changement de pouvoir en Serbie (le 5 octobre 2000) que s'est constitué le Centre de Coordination du gouvernement de Serbie, dirigé par Nebojsa Covié, qui sera à l'origine de toute une série d'activités destinées à normaliser tant bien que mal la vie dans les enclaves serbes du Kosovo et de la Métochie.
Au cours de l'été 1999, la répression sur ce qui restait de la population serbe s'est trouvée accrue, en particulier dans la région du Pomoravlje du Kosovo. Assassinats, enlèvements, attaques des maisons individuelles et menaces de toutes sortes sont devenus un fait quotidien à Gnjilane et à Vitina, où les Serbes qui y étaient restés vivaient encore aux côtés des Albanais. A l'issue de toute une série d'agressions, un nombre significatif de Serbes décida de quitter Vitina le 19 juillet 1999. Ce jour-là, des extrémistes albanais jetèrent une bombe sur les Serbes à proximité de l'église orthodoxe de Vitina, ce qui fit deux blessés.

Ce même jour, dans un autre secteur, en Métochie, le hiéromoine Stéphane Purié, chargé du service liturgique dans la dépendance du Patriarcat de Pec à Budisavci, fut enlevé en compagnie d'un instituteur serbe par des extrémistes albanais de confession catholique-romaine. Aucun renseignement fiable n'a pu être obtenu à ce jour à leur propos, bien que le moine David Perovic, qui séjournait à l'époque au Patriarcat de Pec, ait été informé par des Albanais que le hiéromoine Stéphane avait été amené, après sa capture, dans la région d'Istok ou à Istok même, où il aurait été torturé et maltraité par des Albanais avant d'être égorgé et jeté dans un puits à Istok, en compagnie d'autres Serbes qui venaient d'être tués. En dépit de tous les efforts pour retrouver la trace du hiéromoine Stéphane et d'autres Serbes, kidnappés dans cette région par des extrémistes albanais, ni le diocèse de Raska-Prizren ni le Patriarcat n'ont, jusqu'à aujourd'hui, rien appris concernant le destin du hiéromoine Stéphane.

Les nouvelles d'enlèvements de Serbes et de Roms arrivaient quotidiennement, de sorte que le diocèse installé à Gracanica commença dès les premiers jours à tenir à jour les listes des personnes disparues, qui étaient systématiquement adressées aux représentants de la MINUK et de la KFOR, en les appelant constamment à entreprendre quelque chose pour les retrouver et les libérer. De diverses sources arrivaient des nouvelles de personnes enlevées, qui, quand elles n'étaient pas tuées aussitôt, étaient conduites dans des centres pénitentiaires de l'UCK, dirigés par des membres de l'UCK officiellement dissoute, mais en fait jamais dispersée. De telles informations n'étaient jamais officiellement confirmées, mais non plus totalement démenties. Quant à la localisation de ces camps, la KFOR se contentait d'y répondre à l'avance par des démentis. Comme dans d'autres secteurs de la Province, les principaux organisateurs des enlèvements et des tortures des Serbes étaient les chefs locaux de l'UCK [...]"
memorandum p.76-77


"On note une évolution semblable en ce qui concerne le nombre d'immeubles détruits, en particulier d'églises et de monastères, car au cours de 2000, quoiqu'avec moins d'intensité, on a continué à détruire des églises et à ravager les cimetières, de sorte que le nombre de Sanctuaires détruits a largement dépassé le chiffre de 100. Il reste toutefois à établir, par des recherches détaillées et la mise en évidence des dommages subis, le nombre exact d'églises détruites. Jusqu'à aujourd'hui, on a pu déterminer qu'il y a eu 112 Sanctuaires détruits et profanés. Car il faut savoir que l'Église orthodoxe serbe ne dispose pas, jusqu'à aujourd'hui, d'un accès aux nombreuses églises situées dans des localités à majorité albanaise, puisque la KFOR évite de donner des assurances permettant des visites techniques et l'examen approprié de toutes les églises et sanctuaires considérés.

On a souvent répété la déclaration de l'évêque Artemije affirmant que même les églises qui ont survécu à 500 ans de joug turc, n'ont pu survivre à dix-huit mois de paix internationale! Bien que la KFOR ait mis en place dès août 1999 une protection active de plusieurs églises et monastères, les Albanais ont mis à profit tout moment d'inattention ou de négligence pour détruire des sanctuaires serbes, faisant ainsi clairement savoir aux Serbes qu'il n'y a pas de place pour eux aux côtés des Albanais au Kosovo et en Métochie, et qu'il ne peut pas y en avoir.

C'est ainsi que, malgré la présence de la KFOR et en dépit de sa protection, on a détruit les églises à Pomazatin, à Banjska près de Vucitrn et quelques autres. La destruction des églises et monastères orthodoxes serbes et la dévastation des cimetières et des monuments culturels font partie d'une stratégie albanaise plus large, dont le but est de modifier non seulement la situation démographique, mais l'identité culturelle et historique de la Province. Simultanément, la nouvelle science historique albanaise ainsi que le système d'enseignement correspondant, imposent une pseudo-identité à certains grands sanctuaires serbes, tels que Decani et le Patriarcat de Pec.

Dans cette entreprise, un rôle déshonorant est joué par certains groupes catholiques, notamment parmi les Albanais eux-mêmes, qui affirment que les Serbes "ont occupé" les soi-disant églises catholiques albanaises qui auraient été bâties par des monarques illyriens et albanais (!?). Une telle affirmation a été soutenue à plusieurs reprises devant des représentants internationaux par le prêtre catholique don San Zefi et une telle pseudo-instruction est enseignée aux élèves albanais dans la Province. L'évêque catholique de Prizren, Mgr Marco Sopi, a, dans un entretien accordé à propos du Kosovo et publié en 2001 par Caritas-Vincenza, justifié ouvertement la destruction d'églises orthodoxes serbes construites après la guerre, sous le prétexte qu'il s'agissait d'églises "politiques." Dans la même interview, l'évêque Sopi a proféré une contre-vérité en soutenant que le siège de l'Église Orthodoxe serbe n'a été transféré au Kosovo et en Métochie qu'au XIX ème siècle, après le congrès de Berlin, à l'évidence dans le but de tromper l'opinion. En dépit des demandes du diocèse de Raska-Prizren ainsi que des représentants de l'organisation américaine "Conférence des religions mondiales pour la paix" de New York, qui est active dans le dialogue entre les religions, l'évêque Sopi n'a jamais voulu revenir sur ses affirmations. Dans cette entreprise malhonnête de capture de l'histoire et de la culture d'autrui, les musulmans et les catholiques albanais se présentent unis, alors que la jeune génération des Albanais du Kosovo croit fermement que le Patriarcat de Pec, Decani, Gracanica et d'autres sanctuaires orthodoxes serbes ont été construits par des individus dénommés Gai, Prend, Agron et d'autres figures obscures et imaginaires de la nouvelle "histoire kosovare." Ajoutons que les terroristes albanais ont essayé à plusieurs reprises d'atteindre avec des grenades les monastères de Decani (2 fois) et le Patriarcat de Pec.

La tragédie des Serbes du Kosovo et de la Métochie est visible à chaque pas, mais elle est particulièrement notable à Pristina, où la population serbe atteignait 40.000 habitants avant la guerre, mais où ne subsistaient plus à la mi-2000, que 200 à 300 personnes, qui continuent pour la plupart à vivre dans un immeuble résidentiel (YU
archipretre Miroslav PopadicProgramme) entouré de fils de fer barbelé, sous la protection des gardes de la KFOR en armes. Il est heureux de pouvoir noter que la vieille église paroissiale de Saint Nicolas à Pristina est restée active tout le temps, avec son prêtre, l'archiprêtre Miroslav Popadic qui a souvent risqué sa vie en se rendant chez les fidèles à Prigtina et dans les environs. Mais, comme on le verra plus tard, cette église et son prêtre sont la cible d'attaques de plus en plus fréquentes d'Albanais en colère. Le nombre d'habitants à Gnjilane et à Orahovac s'est sensiblement réduit au cours de 2000, tombant au début de 2001 à 400 à Gnjilane (contre 12.000 avant la guerre) et à 450 à Orahovac. C'est ainsi qu'à la veille de la guerre le petit village de Gorazdevac, avec le retour d'un certain nombre de réfugiés, devint pratiquement le centre démographique le plus important de Métochie, où vivent maintenant environ 1000 habitants. A Pec, il ne subsiste plus de Serbes, alors que le nombre de Serbes à Prizren est tombé au-dessous de 200, avant de se réduire à 68 personnes, essentiellement âgées. A Djakovica, 6 vieilles Serbes continuent à végéter."
memorandum p.87-88
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L'ONU n'a jamais reconnu publiquement que les civils du Kosovo étaient victimes de véritables chasse à l'homme pour raisons raciale et religieuse. Pourtant, des preuves, il y en a. Le bouquin cité plus haut publie la liste (arrêtée en 2004) des victimes, par nom, village, et circonstances de la disparition. C'est effarant.

Car voyez par exemple cette photo-choc, terrible, forte et éloquente.
observez-la bien
a. les victimes ont toutes reçu au moins une balle dans la tête
b. elles sont en civil - ce sont tout simplement des civils
c. celle de droite a les mains liées: c'est une exécution.


Jeunes et vieux, tout convient aux barbares avides de massacres, sous l'oeil indifférent voire complice de certains militaires occidentaux. Ach, la guerre, gross katastrof, aber les ordres sont les ordres, comme chez Adolf Hahahaha!C'est diabolique, mais ça continue..


Dimitrije Popovic, un gamin Serbe, tué dans un resto' à hamburger par des extrémistes Albanais du Kosovo à Granica, 5 juin 2004.


Mme Borka Jovanovic, 75 ans, blessée par les émeutiers Albanais à Pristina, 29 novembre. Son beau-fils, le professeur Dragoslav Basic, fut tué et sa femme blessée dans la même émeute. Madame Borka mourut quelques jours plus tard de ses blessures.


Un garçonnet Rom (gitan) blessé par des extrémistes Albanais.

Car il n'y a pas que les Serbes et nos médias n'en pipent mot : l'épuration ethnique réelle vise toutes les ethnies et religions qui ne plaisent pas aux Albanais. C'est ainsi que les Roms' ont été quasiment totalement exterminés et chassés par les Albanais du Kosovo. Ca fait partie de la Résolution 1244 de l'ONU sur le Kosovo? Au moins dans un codicille secret?


Kosovo - "L’Europe a renié ses valeurs en consacrant un Etat mafieux"
http://www.francesoir.fr/etranger/2008/03/03/kosovo-l-europe-a-renie-ses-valeurs-en-consacrant-un-etat-mafieux.html
[vu copie sur divers blogues, je mentionne cependant le site d'origine à qui appartient le (c)]

Alexandre del Valle, le lundi 3 mars 2008 à 04:00
Auteur d’un rapport sur le Kosovo pour le Parlement européen (*), Alexis Troude est chercheur à l’Académie internationale de géopolitique. Il décrypte la situation inédite née de la récente proclamation d’indépendance de l’ex-province serbe.

FRANCESOIR. L’Europe est-elle divisée sur le Kosovo ? La Kfor demeurera-t-elle indéfiniment ?

Alexis Troude. L’Europe est divisée : dix pays de l’UE l’ont reconnu, six l’ont refusé, et les autres sont dans l’embarras. Paradoxe : on a donné l’indépendance au Kosovo en envoyant l’Eulex (composée de policiers, de gendarmes et de juges), doublon européen de la Minuk (Mission des Nations unies au Kosovo) qui lui a transféré ses pouvoirs, comme si le Kosovo demeurait un protectorat ! Le Premier ministre Kostunica a qualifié Eulex « d’hold-up », car elle contourne la résolution 1.244 de l’ONU confirmant le Kosovo comme province serbe. Quant à la Kfor (Force de l’Otan au Kosovo), elle aura moins de soldats sur le terrain (16.000 aujourd’hui) mais demeurera très longtemps.

Peut-on parler d’une réaction civilisationnelle et géo-économique orthodoxe ?
Oui ! Les pays orthodoxes de l’UE ont refusé la reconnaissance du Kosovo. Position appuyée sur des liens historiques de solidarité forts. En 1999, durant les bombardements de l’Otan sur la Serbie, la Roumanie refusa l’utilisation de ses bases aériennes de l’Otan, qu’elle venait pourtant d’intégrer. Son président actuel, Traian Basescu, demeure l’un des plus ardents défenseurs des Serbes dans la région. La Slovaquie, en partie orthodoxe, la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Bulgarie sont les premiers à avoir dit que la sécession est « illégale » bien que membres de l’UE et en opposition avec la position de la Commission de Bruxelles. La Grèce avait dénoncé « l’agression de l’Otan » en Bosnie en 1994 contre les forces serbes, puis contre la Serbie en 1999. En décembre dernier, le Parlement slovaque a voté une résolution rejetant l’indépendance du Kosovo. A cela s’ajoute un groupe d’Etats orthodoxes (ou en partie) hors Union européenne : Russie, Biélorussie et Ukraine, opposés à la reconnaissance du Kosovo.

Mais ce bloc orthodoxe est-il vraiment solidaire ?
Dans les manifestations massives contre l’indépendance du Kosovo dans le monde, on note l’engouement des jeunes Serbes de Bosnie, du Kosovo, du Monténégro et de Serbie centrale, brandissant des photos… de Poutine ! Parmi eux, nombre de Russes et de Grecs. Les peuples « frères » sont pro-Serbes. Mais les gouvernements grec et russe ne sont pas prêts à faire la guerre.

Les Russes concoctent-ils un plan de partition du Nord-Kosovo ?
C’est possible. On peut craindre une partition du Kosovo et un émiettement de toute la région. Le lendemain de la Déclaration d’indépendance, le 18 février, les maires albanais de trois communes de Serbie du sud ont déclaré vouloir se rattacher au Kosovo. Les Albanais de Macédoine ont demandé au Parlement de Skopje une quasi-indépendance, alors qu’ils jouissent d’une autonomie. Les Serbes de Bosnie songent à un référendum sur l’indépendance, et les Hongrois de Roumanie pourraient être tentés…

Se dirige-t-on vers la réalisation du « Grand Kosovo » ?
L’indépendance du Kosovo est une étape dans le développement du nationalisme albanais dans la région. En Macédoine, le mouvement terroriste UCPMB a lancé des roquettes en décembre 2007 sur une enclave serbe au sud du Kosovo. But : ouvrir la frontière entre le Kosovo et la partie albanophone de la Macédoine. Des anciens de l’UCK (l’UCK a disparu officiellement en 2001) sont entrés dans la nouvelle police du Kosovo, la TMK, qui est tout sauf impartiale. Ces ex-UCK ont créé une zone d’instabilité au nord du Kosovo : ils ont des camps au Monténégro, avec leur mouvement terroriste local, l’ANA, au nord-est du Monténégro. D’autres ex-membres de l’UCK agissent dans le couloir entre le Monténégro et le Kosovo qui passe au sud de la Serbie (Sandjak), où la police serbe a pris d’assaut en 2007 des camps d’entraînement wahhabites soutenus par al-Qaida…

Y a-t-il eu purification ethnique des Serbes du Kosovo ?
Oui, depuis 1999, les 18.000 soldats de la Kfor et l’administration de la Minuk n’ont pas pu l’empêcher. Sur 2 millions d’habitants répartis en 22 communautés, 235 000 non-Albanais, (Serbes, Goranis, Tziganes, Egyptiens, Turcs, Juifs) ont été expulsés. On dénombre 1.700 meurtres ethniques et 3.000 disparus non-Albanais (rapport 2006 de l’OSCE). Depuis les années 1990, 650.000 Serbes ont été déplacés et réfugiés dans l’ex-Yougoslavie, ce qui est énorme sur 8 millions de Serbes. Les institutions albanaises de Pristina ont supprimé les enseignements en serbe, en turc et en rom à l’université de Pristina, alors qu’avant, même sous Milosevic, toutes les langues y étaient représentées. La régression est terrifiante…

Peut-on parler d’un Etat mafieux ?
Un quasi-Etat aux mains de la Mafia albanaise s’est installé au Kosovo. 80 % de l’héroïne consommée en Europe passe par là. 100.000 filles d’Europe de l’Est, y compris Albanaises, sont kidnappées par la Mafia albanaise et « conditionnées » au Kosovo, zone de non-droit. Sur 18.000 plaintes enregistrées, selon le médiateur du Kosovo (l’Ombudsperson), par des Serbes, dont les maisons ont été confisquées, une dizaine a été traitée ! Les juges de la Minuk ne sont pas soutenus par la Kfor. Ils sont impuissants et leur police est doublée par la police kosovare, la KPS. C’est l’échec du « Kosovo multiethnique » et d’un « Building State ». L’Europe a renié ses valeurs en consacrant cet Etat mafieux dirigé par des gens recherchés pour crimes de guerre…

* « Rapport 2008 sur le Kosovo-Métochie au Parlement européen », du Collectif pour la paix au Kosovo-Métochie.

Edition France Soir du lundi 3 mars 2008 n°19736 page 16

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"Alexis Troude, professeur d’histoire-géographie, a travaillé à l’IEP de Paris sur le processus d’intégration nationale des musulmans de l’espace yougoslave et à l’Institut national des langues orientales sur la question nationale serbe. Expert international à la deuxième conférence internationale sur le " Génocide dans l’Etat oustachi (1941-1945) ", il a participé aux travaux de la commission d’histoire socio-culturelle des armées du CEHD sur le thème « guerre et société dans les Balkans ». Cet ouvrage offre une synthèse précieuse, parfaitement documentée et toujours d’actualité car les guerres yougoslaves ne sont pas terminées. Plus de dix ans après les accords de Dayton les questions de réfugiés, de frontières nationales, d’oppositions identitaires restent posées. Sur cet échiquier balkanique explosif, la Serbie, grande perdante de l’explosion de la Yougoslavie et entourée de voisins au seuil de l’Union européenne, cherche sa place. Preuves historiques à l’appui, Alexis Troude soutient que cet Etat a été la victime plus que le bourreau dans les guerres de décomposition de la Yougoslavie ; agressé par les géopolitiques allemande, américaine et islamique, c’est en cherchant à se défendre qu’il a été entraîné sur la pente de la radicalisation extrême. Menacé de minorisation, le peuple serbe va devoir affronter de nombreux défis. La transition économique vers l’économie de marché, les relations avec le Monténégro indépendant, le statut du Kosovo-Métochie, la perspective de l’Union européenne...
4/02/2008
Sources : SGA/CEHD"



M. Alexis Troude a visité la Serbie & Montenegro pendant 20 mois (2003-2004), et en marge de son étude de géopolitique, il a apporté le matériel pour la réalisation du premier guide touristique en français à avoir été publié après 1999.
(voir sur Amazon.fr)


Quelques images de la crise... 12 mars 2008
Merci à Sasha Ressetar pour m'avoir fourni la plupart de ces images [..] Ce sont des photos qui valent plus que mille discours.
"Vara"





Prêtre Orthodoxe bénissant des soldats Grecs. Si le conflit devait éclater, les Grecs sont à 97% derrière la Serbie.. Bush et Rice auraient bien fait d'en prendre conscience.


Soldat Russe se signant devant les reliques de saint Alexandre Nevsky



Soldats Russes portant l'Icône et les reliques de saint Alexandre Nevsky