"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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26 janvier 2018

Exposition & conférences iconographiques Bruxelles 27-28.01.2018

Source photo


Académie de peinture d’icônes, Bruxelles
XXVe exposition-examen de fin de semestre
le samedi 27 et dimanche 28 janvier 2018
au 102 avenue Albert, 1190 Bruxelles

L’exposition sera ouverte au public à partir de 10.30 jusqu’à 19.00 (dimanche à 18.00).
L’exposition sera accompagnée de deux conférences:
le samedi 11:00 : La peinture d’icône en Russie - situation actuelle et défis à l’avenir
par Mme Ekaterina Shéko – Directrice de la Faculté d’Iconographie de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon à Moscou
et:
le samedi à 14:00 - L’approche médievale et l’approche académique de la peinture d’icône,
par Mme Irina Gorbounova-Lomax, directrice de l’Académie

La conférence de Mme Shéko sera redonnée le dimanche à 16.00 en russe

Entrée libre
Informations : 02-346-5165 / 0475 71 38 30 et lomax@skynet.be





Saint Martin de Tours, d'après l'icône du Mont-Sinaï
Icône d'Irina Gorbounova-Lomax
source photo

31 décembre 2016

Hiéromartyr Nestor (Savchuk), défenseur des saintes icônes, maître de karaté

Vous cherchez un saint patron pour les arts martiaux? Voici un hiéromartyr en Russie, saint Nestor Savchuk, massacré sous les Bolchéviks en 1993. Il était maître en arts martiaux, ce prêtre-moine, dont le taï-chi et le karaté!


Hiéromartyr Nestor (Savchuk), défenseur des saintes icônes
Nestor Savchuk naquit en Crimée, dans le sud de la Russie, en 1960. Jeune homme, il excellait en boxe, lutte, arts martiaux et peinture.
Vers 20 ans, il commença à travailler comme apprenti pour les fresques religieuses à Odessa. C'est là que de vieux iconographes lui parlèrent de récits de saints Russes. Inspirés par ces saints, il en acquit de l'amour pour Dieu, et Nestor partit ainsi vers le monastère de Pochaev (13ème s.) pour y devenir moine. Son amour y grandit naturellement et s'exprima par sa dévotion et sa prière devant les saintes icônes, qui seraient un jour la source de son martyre.
Après son ordination, son père spirituel lui conseilla de partir vers le village isolé de Zharky. Là il trouva une église qui avait beaucoup de vieilles icônes, qui le remplit d'un sentiment mystique d'y être invité. Il y rencontra aussi beaucoup d'obstacles et de difficultés. L'église fut victime d'un incendie, et devint la cible de vols d'icône de la part de la maffia russe.
Nestor restait debout la nuit pour monter la garde dans l'église. Il fut touché d'un désir pour demander la grâce du martyre. Il pria de longues heures. Un ami le mit en garde contre cette prière, et lui recommanda de plutôt demander de souffrir longtemps pour tout ça. Nestor répondit "oui, je comprends, mais peut-être que si je prie pour le martyre, peut-être que je serai capable alors de prier pour ça aussi."
Le 31 décembre 1993, Nestor fut retrouvé assassiné, à l'extérieur de sa maison à Zharky
Saint néo-martyr Nestor, prie pour nous!

Adapté d'une brève notice biographique dans
"Youth of the Apocalypse", par le moine John Marler et Andrew Wermuth


voir aussi :
https://orthodoxwiki.org/Nestor_%28Savchuk%29
http://www.johnsanidopoulos.com/2010/12/priest-monk-nestor-new-martyr-of-zharky.html





17 juillet 2016

Les cloches, nos icônes chantantes (p. John)

L'utilisation de cloches n'est pas seulement pratique, mais aussi considérée comme spirituelle. On parle parfois "d'icônes chantantes" à propos des cloches, car elles installent l'espace accoustique d'une église orthodoxe, de la même manière que les icônes peintes et l'hymnographie définissent respectivement son espace visuel et noétique.
P. John





The use of bells is not only practical, but is also considered to be spiritual. Bells are sometimes referred to as "singing icons," because they establish the acoustic space of an Orthodox temple just as painted icons and hymnography define its visual and noetic space, respectively.

Fr. John

06 mai 2015

Écrire ou peindre une icône? (p. John)

Techniquement parlant, les iconographes ne peignent pas les icônes, mais on dit qu'ils les "écrivent", car elles sont considérées par l'Église comme étant de la "théologie en couleur", pas des oeuvres d'art.

XB!
P. John





Technically speaking, Iconographers do not paint icons, but are said to "write them," for they are considered by the Church to be "theology in color," not works of art.

XB!
Fr. John

03 juillet 2014

N'écoutez que l'Église, pas le Serpent (saint Jean Damascène)

Écoutez-moi, vous les peuples de toutes les nations, hommes, femmes, et enfants, vous tous qui portez le nom de Chrétien : si l'un d'entre vous vous prêcher quelque chose de contraire à ce que la sainte Église catholique a reçu des saints apôtres et pères et conciles, et qu'elle a gardé jusqu'à nos jours, ne l'écoutez pas. N'acceptez pas le conseil du serpent, comme Eve le fit, et pour qui cela donna la mort. Si un ange ou un empereur vous enseigne quelque chose de contraire à ce que vous avez reçu, bouchez-vous les oreilles.
Saint Jean Damascène
(Apologie de saint Jean Damascène contre ceux qui décrient les saintes images)






La Barque du Christ - monastère de Zoographou, 1817, Mont Athos




"Listen to me, people of all nations, men, women, and children, all of you who bear the Christian name: If any one preach to you something contrary to what the holy catholic Church has received from the holy apostles and fathers and councils, and has kept down to the present day, do not heed him. Do not receive the serpent’s counsel, as Eve did, to whom it was death. If an angel or an emperor teaches you anything contrary to what you have received, shut your ears."
St. John of Damascus
(Apologia of St. John Damascene Against Those Who Decry Holy Images)

16 juin 2013

Commémoration des Pères du 1er Concile Oecuménique (7ème dimanche après Pâques & 29 mai)


L'empereur Constantin et le saint Concile de Nicée. A leurs pieds, destruction par le feu des livres ariens. Enluminure sur vellum. Manuscrit MS CLXV, Biblioteca Capitolare, Vercelli, compendium de droit canon produit dans le nord de l'Italie vers 825. Les humbles et saints Pères conciliaires y sont représentés comme ils devaient effectivement être revêtus (quoiqu'avec une tonsure bénédictine!), et pas comme sur nos icônes où ils ressemblent à des nobles de la cour impériale croulant sous les dorures.

Texte:

"Sinodus Niceni u[bi?] [f?]ui[t?] numerus / s[an]c[t]o[rum] patr[um] . CCCXVIII . et omnes / subscrip/seru/n/t."
"Constantinus imp(erator)".
"Heretici / Arriani / damnati"

Traduction:

"[du?] Synode de Nicée [où le] nombre / des saints pères [était] 318 [.] et tous / ont souscrit."
"Constantin l'empereur."
"Les hérétiques ariens condamnés."

source image
http://en.wikipedia.org/wiki/File:Constantine_burning_Arian_books.jpg

22 avril 2012

Dimanche de Thomas - iconographie



Tropaire dimanche de Thomas (ton 7)
Tu T'élances hors du tombeau scellé, ô Christ-Dieu, Vie qui se lève du sépulcre. Tu entres chez tes disciples, les portes étant fermées; par eux, Tu renouvelles en nous l'esprit de droiture, selon ta grande Miséricorde, Toi, la Résurrection de tous. Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Kondakion dimanche de Thomas (ton 8)
De sa main curieuse, Thomas scruta ton Côté vivifiant, ô Christ-Dieu, lorsque Tu entras, les portes étant fermées. Et s'unissant aux autres apôtres, il Te cria : Tu es mon Seigneur et mon Dieu. Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.



Psautier Hunterian, université de Glasgow




enluminure bas-germanique



Silos, Espagne - fin de la période orthodoxe



église Saint-Germain-l'Auxerrois
Manéglise, Normandie


06 juin 2011

Icône miraculeuse à Bruxelles


"dimanche dernier, notre amie Chantal nous parlait de cette Icône qui s'était soudainement mise à exsuder de "l'huile" (myron) parfumée.
Henri Jean nous parlait d'une Icône de saint Eugen Rodionoff (néo-martyr russe) qui a récemment aussi manifesté un tel phénomène
Ce dimanche, ça continuait encore un peu à Bruxelles: on a tous pu voir cette manifestation, comme une "nimbe" humide autour de l'image de la Vierge Marie tenant le Christ. Impressionnant. Le prêtre nous a expliqués, à Sophie et moi, que la semaine dernière, comme ça arrive parfois, plus rien n'allait - chorale en souci, enfants bruyants, etc - et ce signe s'est produit avec l'Icône la moins remarquable de la nef, mais qui est utilisée pour le lutrin lors de chaque "paraclesis" (office de prière), le mercredi
Doxa o Theos imôn!
paroisse des saints Martin de Tours et Silouane l'Athonite - dimanche 5 juin 2011"


source : des paroissiens via Facebook et le prêtre en fin de Liturgie

13 mars 2011

L'honneur rendu aux images saintes (dimanche de l'Orthodoxie - saint Jean Maximovitch, saint Basile, saint Grégoire, etc)



"L'honneur rendu à l'image passe à celui que l'image représente"
saint Basile le Grand, Traité du Saint-Esprit, XVIII 45, P.G. 32, cοl. 149 C



Au 6ème siècle, le pape de Rome, en tant que métropolite pour la Provence, s'adressait à Serenus, évêque de Marseille, qui avait fait enlever les saintes icônes dans ses églises :
"Ce n'est pas sans raison que l'antiquité a permis de peindre dans les églises la vie des saints. Εn défendant d'adorer ces images, vous méritez l'éloge; en les brisant, vous êtes dignes de blâme. Autre chose est d'adorer une image, autre chose d'apprendre par le moyen de l'image à qui doivent aller nos adorations. Οr ce que l'Écriture est pour ceux qui savent lire, l'image l'est pour les illettrés..."
saint Grégoire le Grand, pape de Rome, lettre 1,9 P.L. LXXVII cοl. 949



"Gardant les lois de l'Église observées par nos pères, nous peignons les images, nous les vénérons de notre bouche, de notre coeur, de notre volonté, celles du Christ et de tous les saints. L'honneur et la vénération adressés à l'image remontent au prototype: c'est la doctrine des Pères inspirés de Dieu, c'est celle que nous suivons"
saint Théophane le Marqué, chant 6 du Canon des Matines



"A l'avenir, quiconque enlèvera, anéantira, déshonorera ou insultera les images du Seigneur ou de Sa sainte Mère ou des Apôtres, etc..., ne pourra recevoir le Corps et le Sang du Seigneur et sera exclu de l'Église."
Concile de Rome, 731
Charles-Joseph Hefele & Henri Leclerc, Histoire des Conciles, Letouzey & Ané, Paris 1910, t.III, p. 677


Le Dimanche de l'Orthodoxie
(saint Jean Maximovitch)




Le Grand Carême – tous ses Offices sont unis par une même idée : préparer pour la sainte Pâques, pour aller rencontrer avec un coeur pur le Christ Ressuscité. Pourquoi nous préparons-nous de la sorte? Qu'est donc Pâques? Pâques est un avant-goût de la joie du Paradis! Qu'est donc cette joie? C'est celle de la vision de Dieu et de Sa gloire! L'Église aime la gloire du Seigneur! Lorsqu'elle célèbre la Fête de l'Orthodoxe, elle célèbre la fête du jour du rétablissement de la vénération des Icônes. Une icône est simplement un rappel du Christ, le Dieu-homme sur terre. Les icônes de saints nous rappellent tous ceux qui ont suivi le Christ, qui Lui ont été fidèles et dévoués, et qui ont brûlé d'amour pour Lui. La vénération des saintes Icônes est la vénération de la gloire du Seigneur. Celui qui se réjouit de la gloire de Dieu et de tout ce qui la lui rappelle dans cette vie-ci, s'en réjouira aussi dans la Vie à venir. Celui qui a lutté pour Dieu en cette vie se pressera vers Lui avec joie lorsqu'au Jugement redoutable, il entendra les paroles "Venez à Moi, vous les bénis..."

Tous ceux qui ne savent pas comment se réjouir dans la gloire de Dieu, tous ceux en qui le Royaume divin et ses règles provoquent un état de non-joie, ceux qui aiment le faste et l'apparence, ceux qui n'aiment pas la Lumière, ceux-là ne répondront pas à ce "Venez à Moi." Ils reculeront indignés, sans joie, dans la jalousie et la colère envers l'humble et le doux qui iront vers la Lumière, celle de Dieu Lui-même, Qu'ils vont commencer à blamer pour être dans leur état. Ils vont même se détruire d'eux-même, car ils ne voudront pas reconnaître leur faute. Un tel état est une véritable souffrance. L'Hadès ("enfer") n'est pas un lieu, un endroit, mais un état de l'âme. Cela commence ici, sur terre. De même, le Paradis commence dans l'âme d'un homme ici dans la vie terrestre. Ici nous sommes déjà en contact avec le divin, au jour de la Radieuse Résurrection, et lorsque nous recevons dignement la sainte Communion. Il est nécessaire de se préparer pour la confession : toute écharde doit être enlevée, car s'il en subsiste quoi que ce soit, l'infection commencera. Il est nécessaire de prier pour la repentance, et pour la joie de la purification, de sorte qu'un rayon de lumière puisse toucher notre âme, et elle en viendra à aimer la Lumière.. Il est nécessaire de prier pour rencontrer avec un coeur pur le Christ Ressuscité, afin de goûter au moins un tout petit peu à la joie du Royaume des Cieux.
Jean, archevêque de Bruxelles, Shangai & San Francisco, 7/20 mars 1954


dimanche de l orthodoxie

les familles apportent à l'église une de leurs icônes - ici des enfants qui posent avec l'icône devant l'iconostase d'une paroisse antiochienne, aux USA
A l'origine, après la crise iconoclaste qui avait écrasé l'Orient chrétien 2 siècles durant, cette procession des icônes familiales ce dimanche précis avait une fonction essentielle : veiller à l'orthodoxie des icônes utilisées à domicile. Car tout le monde n'étant pas théologien, le pasteur a(vait) le devoir sacré de veiller à ce que les fidèles n'apprennent pas n'importe quoi et n'importe comment. Quand on voit ce que certains fidèles annoncent fièrement de nos jours avoir comme "icône" à domicile, voire déclarent avoir peint / écrit, on comprend mieux à quel point, plus que jamais, connaissant le rôle pédagogique et spirituel de l'icône, cela est grandement nécessaire..


04 juillet 2009

Découverte du plus ancien portrait de saint Paul à Rome (Times)


Ce portrait du 4ème siècle a été découvert dans les catacombes de Sainte-Thècle, pas loin de la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs

Richard Owen à Rome

Des archéologues travaillant au vatican ont découvert ce qu'ils disent être le plus ancien portrait connu de saint Paul. Le portrait, qui a été découvert il y a 2 semaines mais n'a été rendu public qu'après restauration, montre saint Paul avec son front proéminent, des yeux creusés et une longue barbe pointue, confirmant l'image familière des représentations postérieures.
L'Osservatore Romano, quotidien du vatican, qui a consacré 2 pages à la découverte, explique que le portrait oval, daté du 4ème siècle, a été trouvé dans les catacombes de Sainte-Thècle, non loin de la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, où l'apôtre est enterré. La découverte est un "événement extraordinaire" a déclaré Gianfranco Ravasi, chef du département de la culture au vatican.
Barbara Mazzei, restauratrice de l'oeuvre, dit que des siècles de couches saletés avaient été enlevées avec un laser.


Fabrizio Bisconti, professeur d'iconographie chrétienne à l'université de Rome et membre de l'équipe qui a fait la découverte, dit qu'il semble que cela décorait la tombe d'un noble ou d'un haut personnage de l'Église.
Le professeur Bisconti ajoute que les catacombes contenaient des centaines de Chrétiens qui avaient voulu être enterrés auprès de sainte Thècle, une martyre chrétienne romaine – à ne pas confondre avec l'amie de saint Paul connue par l'écrit apocryphe "Actes de Paul et Thècle" ni avec l'homonyme moniale bénédictine anglaise du 8ème siècle.[..]
D'avis largement partagé, la diffusion du christianisme n'aurait pas été possible sans saint Paul. Juif romain habitant ce qui est devenu à présent la Turquie, il fonda des églises partout dans l'empire romain. Il fut exécuté pour sa foi en l'an 65 – on pense qu'il fut décapité.

31 janvier 2009

La Panagia de Jérusalem, vénérée par le p. Païssios l'Athonite


grâce à notre ami organisateur Roland, lors du pèlerinage au Mont Athos d'octobre 2008, j'ai eu le privilège et l'immense bonheur de pouvoir visiter la cellule du p. Païssios. Et mieux encore, vénérer le lainage qu'il portait, voir les Icônes qu'il avait accrochées près de sa place dans la chapelle (dont celle son amie céleste, sainte Euphémie), et... la "Ierosolymitissa," cette Icône de la Mère de Dieu "de Jérusalem," qu'il vénérait particulièrement et avait rajoutée à l'iconostase. Et surprise lors du dernier endroit visité le dernier jour du voyage, à Thessaloniki, la basilique Agios Dimitrios : à l'entrée à droite, c'est cette même Icône majestueuse qui acceuille le fidèle et le pèlerin.

Panagia Ierosolymitissa
Παναγία Ιεροσολυμίτισσα

http://orthodoxwiki.org/Panagia_Ierosolymitissa


La Panagia Ierosolymitissa (grec Ιεροσολυμίτισσα – très sainte Mère de Dieu de Jérusalem) est une Icône très populaire de la Théotokos, car elle est exposée au dessus de la tombe vide de la Mère de Dieu à son sépulcre, à Gethsemani, bénissant les innombrables pèlerins qui visitent la Terre Sainte de Jérusalem. La tombe sous-terraine de la Vierge Marie se trouve dans la vallée du Cédron, au pied du Mont des Oliviers, où le Sauveur pria si souvent avec Ses disciples. Elle est attribuée à la Théotokos puisqu'on croit que les Apôtres se sont rassemblés en ce lieu et y ont enterré le tout pur corps de la Mère de Dieu. Son Icône demeure ici comme une infinie source de bénédictions pour tous les Chrétiens, célébrée (ou vénérée) sous le nom de "Panagia Ierosolimitissa."

L'église
Depuis 1757, l'entièreté du site appartient au patriarcat de Jérusalem. Il est partagé avec l'église arménienne et diverses autres communautés ecclésiales ont des droits mineurs sur le site, comme l'église copte, l'église syriaque et d'autres. Des sources extérieures à l'Église mettent en doute l'authenticité du site.

Histoire de l'Icône
D'après la sainte Tradition, cette Icône miraculeuse fut peinte suite à la révélation de la sainte Théotokos à une moniale appelée Tatiana, du saint monastère de sainte Marie Madeleine, vers 1870. Voici comment cela nous a été rapporté :
En 1870 vivait là une moniale iconographe appelée Tatiana. Une nuit, une femme lui apparût en songe, lui disant, "soeur Tatiana, je viens pour que tu puisses me peindre." Tatiana répondit "qu'il en soit ainsi, bienheureuse soeur; cependant, je ne suis qu'une iconographe, pas une peintre." La femme répondit : "fort bien, tu devrais me représenter en faisant appel à ton style iconographique." Soeur Tatiana fut fâchée de l'audace de la réponse de la femme et dit "je n'ai pas de planche de bois pour ça."
Obéissant cependant à sa mystérieuse visiteuse, la soeur commença son iconographie. Soeur Tatiana jeta un coup d'oeil vers sa visiteuse et elle la vit être transfigurée devant elle. Le manteau devint doré et sa face brillait intensément. Ce changement dans l'apparence de la femme fit peur à Tatiana, mais la femme lui dit : "Ô bienheureuse Tatiana, tu es la seule personne, après les Apôtres et l'Évangéliste Luc, qui a cette opportunité de peindre à nouveau une Icône de moi." Soeur Tatiana réalisa alors qu'elle était en présence de notre très sainte Mère la Théotokos. Apeurée, elle se réveilla de son songe.
Elle partit aussitôt informer l'higoumèna de la vision, racontant dans le détail. La mère ne crût pas l'histoire, mais lui dit de retourner se coucher, et que le lendemain, avec sa bénédiction, elle pourrait peindre une Icône de la Panagia.
Obéissante, Tatiana retourna à sa cellule, et avant d'en pousser la porte, elle remarqua une grande lumière irradiant à travers la porte. Elle se hâta de retourner chez l'higoumèna, de la ramener à sa cellule afin qu'elle constate elle aussi et comprenne qu'il n'y avait pas invention. Elles revinrent donc ensemble à la cellule de Tatiana. A l'intérieur, elles sentirent un merveilleux parfum, tout céleste, et la lumière était si forte que ce n'est qu'alors qu'elles réalisèrent que parfum et lumière provenaient d'une Icône de la Vierge Marie.
Cette apparition mystérieuse et miraculeuse de l'Icône choqua les soeurs, mais notre sainte Mère la Théotokos apparu à nouveau à Tatiana et lui dit : "A présent, ramène-moi à ma maison à Getsemani, près de Jérusalem." C'est ce que l'abatissa et la soeur firent ensuite.
En iconographie, on appelle ce phénomène "acheiropoeito", en grec "une image non-peinte de main humaine," et elle se trouve à présent exactement là où la Panagia voulait qu'elle soit, dans sa "maison," le lieu de son repos final près de sa sainte tombe à Getsémani. Le nom "Ierosolymitissa" a été adopté depuis lors, car signifiant "très sainte Mère de Jérusalem," et cette Icône est particulièrement miraculeuse.
En janvier 2000, l'Icône fut envoyée par avion de Getsémani jusqu'à la région métropolitaine de Kitiou, afin de célébrer les 2000 ans depuis la Nativité du Christ. Cette procession officielle a eu lieu l'après-midi à l'église métropolitaine de Sotiros.

Pâques de la Théotokos
En l'honneur de la "Pâques de la Théotokos" (un autre nom pour la Dormition), une ancienne tradition est préservée à Jérusalem, répétant la procession de la croix avec le linceul de la Théotokos, qui porte une Icône à double-face et un couvercle d'argent. Ce linceul est conservé tout au long de l'année à Getsémani, juste en face de l'église de la Résurrection du Christ. Et ce n'est que pendant la période de la Dormition que ce linceul miraculeux est placé sous un baldaquin spécial au Sépulcre de la Mère de Dieu. Les fidèles le vénèrent en passant à genoux sous le baldaquin.

02 décembre 2008

Pèlerin à Vatopedi (guide 1993 du monastère - Athos)

Vatopedi, la cour, le réfectoire, etc, vus de l'hôtellerie ce 29/10/2008


http://en.wikipedia.org/wiki/Talk:Vatopedi_monastery



Theotokos Pyrovolithissa


J'entrai dans le monastère à midi en passant par une lourde double porte en bois toute cloutée. Au dessus de moi, dans un coffret en verre, une Icône de la bienheureuse Vierge appelée la "Pyrovolitisa." Comme je l'apprendrai par la suite, l'Icône tient son nom du fait qu'un soldat turc lui avait tiré dessus ("pyrovolo" – tirer) en 1822; la balle avait troué la main droite de la Vierge. Suite à cela, le soldat devint fou, et se pendit à un olivier en dehors du monastère. Cette Icône est une des nombreuses Icônes locales de la sainte Vierge; chacune a sa propre histoire, inspirante, et des événements miraculeux qui lui sont associés. L'influence de la Vierge est ressentie partout dans le monastère, comme elle l'est partout sur la sainte montagne de l'Athos. L'église principale de Vatopedi (katholikon) est dédiée à l'Annonciation, et le monastère renferme aussi une sainte relique de la Vierge, la sainte Ceinture. Le nom du monastère provient de 2 mots grecs, "vatos", qui signifie un buisson de ronces, et "paidi" qui signifie un enfant. Arcadios, le fils de l'empereur Théodose de Constantinople, fut sauvé de la noyade par l'intervention de la sainte Vierge : il fut miraculeusement ramené à terre, et par la suite, des marins le retrouvèrent endormi sous un buisson de ronces. En remerciement pour ce miracle, l'empereur reconstruisit le monastère, qui avait été détruit auparavant par Julien l'Apostat.

La Mère de Dieu sauve Arcadios
détail d'une chalcographie du monastère, 1792



Théodose, monnaie impériale


Afin d'atteindre la maison d'accueil, j'ai dû parcourir la cour intérieure. On la dirait sortie d'un conte de fées, avec son pavement de vieilles dalles tout en pente, et tout autour ces bâtiments colorés et majestueux. L'église centrale, toute rouge, datant du 10ème siècle, qui possède une tour à horloge, est au fond de la cour. A côté de l'église se trouve la tour avec le clocher – le plus grand et le plus vieux de l'Athos. En face de l'église on trouve le magnifique réfectoire en forme de croix grecque, dont l'intérieur est orné de fresques du 18ème siècle. Dans cette cour, on trouve aussi les chapelles des saints Côme et Damien ainsi que de la Sainte Ceinture, le magasin à huile, et la boulangerie. La cour elle-même est entourée par les bâtiments qui s'élèvent haut, faisant ressembler les murs du monastère à une forteresse. Ces bâtiments comportent le secrétariat, les quartiers de l'higoumène, l'infirmerie, la bibliothèque, l'hôtellerie principale et les cellules des moines. Cette apparence de forteresse est un héritage du turbulent passé de Vatopédi, qui a été dévasté par les Arabes, pillé par les Turcs et mis à sac par les pirates Catalans.

Dans l'hôtellerie datant du 18ème siècle, on m'a offert un loukoum, un verre d'eau et un petit verre d'une boisson semblable à l'ouzo. Les grandes chambres se trouvant en haut sous les toits étaient propres, et pouvaient héberger 6 personnes fort confortablement. La fourniture de propres essuies, bien rangés sur le lit, et d'une paire de pantoufles en dessous du lit, donnait une sensation de chez soi. La vue depuis la chambre était spectaculaire; du genre que si cela avait été un hôtel, j'aurais payé cher pour avoir celle-là. Vatopedi est situé sur la partie nord-est de la péninsule de l'Athos, et est tournée vers la Mer Égée, où de petits bateaux de pèche blancs vifs sillonnent silencieusement ses eaux sereines, pendant que des cormorans plongent merveilleusement et frôlent sa surface.

Les Vêpres commençaient à 19 heures, alors que l'horloge de la cour en indiquait 22. La vie monastique à Vatopedi est fixée sur l'heure de l'empire romain du temps de Constantinople, une heure qui varie entre 3 et 6 heures de plus par rapport à notre temps "du monde de dehors;" un rappel que vous êtes de passage dans ce monde ancien. L'Office était bref par rapport à l'Office de 4 heures en pleine nuit, et fut suivit du souper. Ce dernier fut partagé dans le réfectoire, où je me retrouvai assis avec les autres hôtes à une table en marbre en forme de fer à cheval. La nourriture était simple, saine et abondante, comportant fruits frais et légumes, olives et pain. Il n'était pas permis de parler pendant le repas; un moine lisait un saint livre depuis un pupitre élevé au centre du bâtiment. De temps à autres, l'higoumène faisait arrêter la lecture, et il développait ou expliquait un passage. Il fallait manger avec une certaine hâte, car après 10 minutes, à la suite des prières, les moines sortaient, suivis de tous les hôtes.




L'Office de Complies était ensuite célébré dans le katholikon. Après l'Office, on nous fit faire la visite de l'église principale. En plus d'un bref aperçu historique du monastère, on nous raconta l'histoire de certaines des Icônes, y compris celle de la Théotokos Esphagmeni ("sphago," massacrer). Le sacristain de l'église, à l'époque de l'empire, à cause de ses charges, arrivait souvent en retard pour ses repas, et un jour, le moine en charge du réfectoire lui refusa le repas. Il retourna à l'église, en colère, et se tourna vers la Vierge en disant "combien de temps encore vais-je devoir te servir et peiner ainsi, alors que toi tu ne te soucie même pas de ce que je devrais manger?" Puis il prit un couteau et frappa l'Icône, en pleine face de la Vierge. Aussitôt du sang en jaillit, et le moine tomba aveugle et fou. Il resta 3 ans durant dans cet état, années pendant lesquelles il ne cessa d'implorer le pardon de la Vierge. Elle apparu un jour à l'higoumène, lui disant que le sacristain avait été pardonné, et que sa santé mentale et sa vue seraient guéries, mais que la main ayant causé l'offense serait condamnée lors de la Parousie. Lorsque le moine mourût, et que quelques années plus tard son corps fut déterré [pour porter le crâne à l'ossuaire; ndt], tout son corps était décomposé, sauf la main de l'offense, qui resta intacte mais totalement noire.
Une autre importante Icône, c'est celle de la Théotokos Paramythia; une Icône qui montre toute l'étendue de l'amour de la Mère de Dieu pour l'humanité, et la liberté d'une mère pour parler et implorer son Fils. A l'époque de l'empire, l'higoumène entendît l'Icône dire "n'ouvrez pas les portes du monastère ce jour, mais allez sur les murs et chassez les pirates." L'Icône répéta les paroles, et alors que l'higoumène faisait demi-tour, il vit le Saint Enfant placer Sa main sur la bouche de la sainte Vierge et dire : "Mère, ne veille pas sur ce troupeau de pécheurs; laisse-les passer par l'épée, car ses impiétés se sont multipliées." La sainte Vierge, retirant la main du Christ de sa bouche, tourna sa tête vers le côté et répéta pour la 3ème fois à l'higoumène les mots qu'elle avait dit. Le monastère fut ainsi sauvé d'une attaque de pirates.


La Theotokos Paramythia
source


Il y a aussi nombre de saintes reliques dont : la sainte Ceinture fabriquée et portée par la sainte Vierge; le crâne de saint Jean Chrysostome; et une parcelle de la Vraie Croix. Vatopedi possède aussi une grande collection de manuscrits, dont "la géographie" de Ptolémée, et un fragment des 4 Évangiles datant du 6-8ème siècle.

[ndt: la sainte Ceinture a été ornée de fil d'or par une impératrice et a vécu une histoire mouvementée qui l'a vue finir en 3 morceaux..]

Au crépuscule, les portes extérieures du monastère sont refermées, et les moines se retirent pour une nuit de prière. L'Office matinal commençait à 4 heures (7 heures du matin en heure impériale, si vous préférez), et était annoncée par une rythmique frappée sur un talanton en bois [grande planche sculptée]. Les hôtes ne sont pas obligés de participer au long Office dans son entièreté. Cependant, assister à la transformation de l'église, passant des ténèbres à la lumière, avec les visages des saints sur les Icônes et les murs peints qui sont toujours plus illuminés alors que les rayons du soleil se diffusent depuis le haut; respirer le puissant et parfumé encens; écouter le profond et vibrant chant Orthodoxe oriental, tout cela, c'est assister et rendre témoignage à un acte de vénération qui est resté immuable depuis des siècles, et ça vaut vraiment l'effort.

Ensuite venait le petit déjeuner, qui n'aurait pas dénoté s'il avait eu lieu à l'heure du dîner, vu qu'il comportait du vin blanc bien rafraîchissant et des fèves cuites; puis je m'en allai, comblé des bénédictions des moines.

Entrer dans le monastère de Vatopedi, c'est entrer dans le monde historique de l'empire romain à l'époque de Constantinople, et bien que je sois heureux d'avoir pu le faire, je savais que je n'avais fait qu'effleurer la surface de ses trésors matériels et spirituels.

Source: "A Pilgrim’s Guide to The Great and Holy Monastery of Vatopaidi," Mount Athos, 1993


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notes de traduction:
1. Dans le texte original, au lieu de l'expression "empire romain au temps de Constantinople," il y a l'expression plus courte de "byzantin", que j'utilise régulièrement. C'est pourtant une erreur historique, même si ça raccourcit le texte! Car en 326, Constantin le Grand, qui avait déménagé de Trêves en Gaule Belgique vers Byzance (Βυζάντιον), et fait effectuer de grandissimes travaux dans cette ville, la fit renommer Constantinople (Κωνσταντινούπολις). Le mot "byzantin" pour qualifier l'empire romain et sa survivance en Orient après l'effondrement en Occident en 476 appartient aux intellectuels français du 19ème siècle, pas au langage de l'Église. Mais bon, admettons que c'est commode et rapide comme raccourci.. tant qu'on n'oublie pas la réalité que cela couvre!
2. La version francophone du guide ne possède pas ce texte, d'où sa traduction pour le lectorat de Saint-Materne.
ISBN-10: 960-85391-2-9

à (re)lire : saint Gennadios de Vatopedi et l'Icône de la Mère de Dieu Elaiovrytissa
http://stmaterne.blogspot.com/2008/11/saint-gennadios-de-vatopedi-et-licne.html


Vatopedi vu du ciel – ancienne photo (c) Unesco


David et le Lion, Psautier, 11ème s.
Monastère de Vatopedi, codex manuscrit 761m f1 1v.

Les moissons. Monastère de Vatopedi, codex 602, fol. 415v (13ème s.)



timbre de la poste de Grèce, pour le millénaire du monastère



Рождество Христово.
Ръкопис от XIV в. от Ватопедския манастир в Св. Гора (Атон).
Източник: The Friends of Mount Athos




(c'est sur la terrasse sur les "excroissances blanches" en haut à droite du batiment que je faisais sêcher ma lessive ;-)

les dalles du côté gauche dans le katholikon datent du 4ème siècle – c'était une église qui était ici, pas encore un monastère, petite erreur historique du récit du pèlerin ci-dessus.

Theotokos "Pantanassa," autre Icône miraculeuse du monastère
source des 5 photos & Icône ci-dessus

La Théotokos du Mont Athos, sainte souveraine de la sainte montagne
Света Гора (Атон) - ΑΓΙΟΝ ΟΡΟΣ - Святая гора Афон
(sainte montagne de l'Athos)


La Toute Sainte "Paramythia", Icône grecque moderne
ΠΑΝΑΓΙΑ Η ΠΑΡΑΜΥΘΙΑ

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