En effet, le mystère du Christ court le risque de ne pas être cru, précisément parce qu'il est si incroyablement merveilleux.
Saint Cyril d'Alexandrie
"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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19 juillet 2018
08 juin 2018
Il faut la paix du Christ pour connaître les mystères de Dieu (st Seraphim)
Il n'y a rien de mieux que la paix en Christ, car elle apporte la victoire sur tous les mauvais esprits sur terre et dans les airs. Quand la paix habite dans le cœur d'un homme, elle lui permet de contempler de l'intérieur la grâce de l'Esprit Saint. Celui qui demeure en paix recueille les dons spirituels comme avec une pelle, et il répand la lumière de la connaissance sur les autres. Toutes nos pensées, tous nos désirs, tous nos efforts et toutes nos actions doivent nous faire dire constamment avec l'Église : "Seigneur, donne-nous la paix !"
Quand un homme vit en paix, Dieu lui révèle des mystères.....
Saint Seraphim de Sarov
There is nothing better than peace in Christ, for it brings victory over all the evil spirits on earth and in the air.
When peace dwells in a man’s heart it enables him to contemplate the grace of the Holy Spirit from within.
He who dwells in peace collects spiritual gifts as it were with a scoop, and he sheds the light of knowledge on others.
All our thoughts, all our desires, all our efforts, and all our actions should make us say constantly with the Church: “O Lord, give us peace!”
When a man lives in peace, God reveals mysteries to him…
St. Seraphim of Sarov
Quand un homme vit en paix, Dieu lui révèle des mystères.....
Saint Seraphim de Sarov
There is nothing better than peace in Christ, for it brings victory over all the evil spirits on earth and in the air.
When peace dwells in a man’s heart it enables him to contemplate the grace of the Holy Spirit from within.
He who dwells in peace collects spiritual gifts as it were with a scoop, and he sheds the light of knowledge on others.
All our thoughts, all our desires, all our efforts, and all our actions should make us say constantly with the Church: “O Lord, give us peace!”
When a man lives in peace, God reveals mysteries to him…
St. Seraphim of Sarov
07 janvier 2015
Le Mystère caché d'avant les siècles (saint Maxime le Confesseur)
Le Mystère caché depuis tous les siècles et toutes les générations, est à présent devenu manifeste par la véritable et parfaite Incarnation du Fils de Dieu, Qui a unit notre nature à Lui-même de manière inséparable et sans confusion.
Saint Maxime le Confesseur
The mystery hidden from the ages and from the generations, was now made manifest by the true and perfect incarnation of the Son of God, Who united our nature to Himself inseparably and unconfusedly.
St Maximos the Confessor
ndt : Bonne fête de Noël à mes frères et soeurs en "ancien calendrier"
Saint Maxime le Confesseur
The mystery hidden from the ages and from the generations, was now made manifest by the true and perfect incarnation of the Son of God, Who united our nature to Himself inseparably and unconfusedly.
St Maximos the Confessor
ndt : Bonne fête de Noël à mes frères et soeurs en "ancien calendrier"
02 janvier 2015
Pourquoi avons-nous besoin d'aller à l'église? Quid si on n'en ressent rien? (P. John)
Pourquoi avons-nous besoin d'aller à l'église? Quid si on n'en ressent rien? (P. John)
Lectures du jour: Héb 11,8, 11-16 & Mc 12,1-12
Q: Pourquoi avons-nous besoin d'aller à l'église et de célébrer Dieu? Et qu'en est-il si on n'en retire rien?
R: Les Chrétiens Orthodoxes se rassemblent pour louer Dieu afin d'entrer en union avec Lui et Son peuple (l'Église) à travers l'Eucharistie (sainte Communion) et les autres Sacrements ou Mystères. Par eux, nous recevons la force qui nous donne l'audace pour continuer sur le chemin du Salut et anticiper "la vie du monde à venir." Dans notre culte liturgique, nous nous tenons devant le Trône de Dieu (l'Autel), nous aimant les uns les autres "afin que d'un même esprit nous confessions le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstancielle et indivisible." Et dans notre culte liturgique, en particulier la Divine Liturgie, nous reconnaissons et participons à tout ce que le Christ a fait pour nous - Son Incarnation, Sa vie, Passion, mort, ensevelissement, Résurrection et Ascension - tout en anticipant Sa seconde et glorieuse venue. [Parousie, ndt]
Le but fondamental des offices liturgiques de l'Église, c'est le culte rendu à Dieu. Le culte Chrétien Orthodoxe est toujours Théocentrique, "centré sur Dieu", plutôt que sur l'homme. En d'autres termes, ce n'est pas à propos de vous, mais à propos de Dieu. Le culte n'est pas là pour apporter un divertissement, mais pour inspirer (ce qui signifie "dans l'esprit"), et il nous permet un unique avant-goût de Son Royame Céleste. Dans notre culte, nous nous efforçons de plaire à Dieu, pas à nous-mêmes - et c'est un grand honneur. En essence, le culte liturgique ne se déroule pas par rapport à ce que vous pourriez ou non "en ressentir", mais tourne autour de tout ce que vous pourriez "donner" à Dieu
P. John
Today's Scripture Readings:
Hebrews 11:8, 11-16 & St. Mark 12:1-12
Q: Why do we need to go to church and worship God? What if we don’t get anything out of it?
A: Orthodox Christians gather together to worship God in order to enter into union with Him and His People (The Church) through the Eucharist (Holy Communion) and other Sacraments, or Mysteries. Through these we receive strength to embolden us as we continue on the road of salvation and anticipate “the life of the world to come.” In our worship, we stand before the throne of God (the Altar), loving one another so “that with one mind we might confess Father, Son, and Holy Spirit, the Trinity one in essence and undivided.” And in our worship, especially in the Divine Liturgy, we acknowledge and participate in all that Christ has done for us – His incarnation, life, passion, death, burial, resurrection, and ascension – while anticipating His second and glorious coming.
The fundamental purpose of the Church’s liturgical services is the worship of God. Orthodox Christian worship is always “God-centered,” rather than “man-centered;” in other words, it’s not about you, but about God. Worship is not meant to entertain, but to inspire (meaning “in the spirit”) and allows us a unique foretaste of His Heavenly Kingdom. In our worship we strive to please God, not ourselves – and this is a great honor. In essence, worship doesn’t revolve around what you might or might not “get out of it,” it’s all about what you “give” to God.
Fr. John
Lectures du jour: Héb 11,8, 11-16 & Mc 12,1-12
Q: Pourquoi avons-nous besoin d'aller à l'église et de célébrer Dieu? Et qu'en est-il si on n'en retire rien?
R: Les Chrétiens Orthodoxes se rassemblent pour louer Dieu afin d'entrer en union avec Lui et Son peuple (l'Église) à travers l'Eucharistie (sainte Communion) et les autres Sacrements ou Mystères. Par eux, nous recevons la force qui nous donne l'audace pour continuer sur le chemin du Salut et anticiper "la vie du monde à venir." Dans notre culte liturgique, nous nous tenons devant le Trône de Dieu (l'Autel), nous aimant les uns les autres "afin que d'un même esprit nous confessions le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstancielle et indivisible." Et dans notre culte liturgique, en particulier la Divine Liturgie, nous reconnaissons et participons à tout ce que le Christ a fait pour nous - Son Incarnation, Sa vie, Passion, mort, ensevelissement, Résurrection et Ascension - tout en anticipant Sa seconde et glorieuse venue. [Parousie, ndt]
Le but fondamental des offices liturgiques de l'Église, c'est le culte rendu à Dieu. Le culte Chrétien Orthodoxe est toujours Théocentrique, "centré sur Dieu", plutôt que sur l'homme. En d'autres termes, ce n'est pas à propos de vous, mais à propos de Dieu. Le culte n'est pas là pour apporter un divertissement, mais pour inspirer (ce qui signifie "dans l'esprit"), et il nous permet un unique avant-goût de Son Royame Céleste. Dans notre culte, nous nous efforçons de plaire à Dieu, pas à nous-mêmes - et c'est un grand honneur. En essence, le culte liturgique ne se déroule pas par rapport à ce que vous pourriez ou non "en ressentir", mais tourne autour de tout ce que vous pourriez "donner" à Dieu
P. John
Today's Scripture Readings:
Hebrews 11:8, 11-16 & St. Mark 12:1-12
Q: Why do we need to go to church and worship God? What if we don’t get anything out of it?
A: Orthodox Christians gather together to worship God in order to enter into union with Him and His People (The Church) through the Eucharist (Holy Communion) and other Sacraments, or Mysteries. Through these we receive strength to embolden us as we continue on the road of salvation and anticipate “the life of the world to come.” In our worship, we stand before the throne of God (the Altar), loving one another so “that with one mind we might confess Father, Son, and Holy Spirit, the Trinity one in essence and undivided.” And in our worship, especially in the Divine Liturgy, we acknowledge and participate in all that Christ has done for us – His incarnation, life, passion, death, burial, resurrection, and ascension – while anticipating His second and glorious coming.
The fundamental purpose of the Church’s liturgical services is the worship of God. Orthodox Christian worship is always “God-centered,” rather than “man-centered;” in other words, it’s not about you, but about God. Worship is not meant to entertain, but to inspire (meaning “in the spirit”) and allows us a unique foretaste of His Heavenly Kingdom. In our worship we strive to please God, not ourselves – and this is a great honor. In essence, worship doesn’t revolve around what you might or might not “get out of it,” it’s all about what you “give” to God.
Fr. John
29 juin 2013
L'ontologie de la papauté catholique-romaine (métropolite Hierotheos Vlachos)
Traduit pour et publié en la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l'Église du Christ. L'auteur ci-dessous ne sera sûrement jamais invité pour être encensé lors de la célèbre "semaine de prière" qui a lieu chaque année en janvier, mais il rappelle des faits théologiques et historiques, avec ses conclusions propres, que chacun partagera ou pas, mais que personne ne devrait ignorer, me semble-t'il.
Métropolite Hierotheos de Nafpaktos et Agiou Vlasiou
http://www.johnsanidopoulos.com/2013/04/the-ontology-of-papacy.html
On connaît la décision du Saint Synode à propos d'une visite du pape en Grèce. Il recevra le pape comme un dirigeant séculier, comme le chef de l'État du Vatican, qui a accepté une invitation du chef de l'État grec et qui est en visite en Grèce. C'est dans ce cadre que l'Église de Grèce va définir sa position.
J'aimerais cependant exprimer quelques réflexions à propos de l'existence même de cette papauté.
1. Église et papauté.
Certains parlent erronément d'Église Catholique, mais puisque le terme Catholique coïncide avec Orthodoxe, il appartient à l'Église Orthodoxe, de même que le terme Église qui n'est pas approprié pour le Vatican.
La papauté est hors de l'Église, et cela est démontré par 2 Synodes, qui sont considérés comme Oecuméniques par les Orthodoxes, et qui ont été réunis à cause du Filioque et des énergies incréées de Dieu.
Au 8ème Concile Oecuménique avec saint Photios le Grand, auquel ont participé les représentants de celui qui était alors le pape Orthodoxe de Rome, les évêques Francs furent condamnés, qui avaient ajouté le Filioque au Credo, parce qu'un tel ajout "introduit volontairement quelque chose d'inconnu et est une attaque inexcusable contre les Pères", et c'est pourquoi ils furent "soumis à la défrocation complète s'il s'agit d'un membre du clergé, ou renvoyé avec un anathème s'il s'agit de laïcs" (Horos du 8ème Concile Oecuménique)/ Bien entendu, cette même condamnation s'applique au pape de Rome, depuis que le premier pape franc (Serge IV) a occupé le trône de Rome et introduit le Filioque dans sa lettre d'intronisation en 1009, et Benoît VII l'introduisit officiellement en 1014 dans le Credo qui était lu à la Liturgie. Il est à remarquer que le Synodikon de l'Orthodoxie dit que ceux qui aliènent "Dieu le Verbe et consubstantiel, et le co-glorifié Esprit Paraclet de Dieu égal en honneur et adoration, sont anathèmes."
Le Synode de 1341 avec saint Grégoire Palamas dit dans son Tomos synodal que ceux qui acceptent les énergies de Dieu comme créées, et en particulier ceux qui acceptent que la Lumière de la divinité est créée, comme l'enseignait l'uniate scolastique Barlaam de Calabre, et, bien sûr, c'est un élément clé de la papauté comme on le lit dans les oeuvres de Thomas d'Aquin, ceux-là sont considérés comme hors de l'Église. Il est écrit que ceux qui maintiennent de telles opinions et ne s'en repentent pas "doivent être retirés et rejetés de la sainte Église catholique et apostolique du Christ, et de son établissement Chrétien Orthodoxe."
Le Synodikon de l'Orthodoxie lance l'anathème sur quiconque accepte les idées de Platon, à savoir les conceptions métaphysique et ontologique d'Analogia Entis, qu'il y aurait une analogie entre Dieu et le monde, et Analogia Fidei, qu'il y aurait une similarité entre Dieu et la Sainte Écriture. L'anathème est aussi lancé sur ceux qui n'acceptent pas les dogmes avec une foi pure et simple, et de tout leur coeur, "mais attendent des preuves et des explications logiques," c'est à dire ceux qui introduisent la méthode scolastique de connaissance de Dieu.
En analysant plus avant tout cela, nous pouvons mentionner les grands pères et théologiens de la papauté, Anselme de Canterbury et Thomas d'Aquin, dont les enseignements sont acceptés dans la théologie papale.
Anselme de Canterbury a élaboré et introduit la doctrine de la satisfaction de la justice divine, que le péché d'Adam aurait changé la justice de Dieu, et le sacrifice du Christ sur la Croix apaisé la divine justice et restauré l'ordre dans la Création. Cette distorsion de la vérité à propos de Dieu, qui montre que Dieu aurait les qualités d'un homme livré aux passions, qui est offensé et affecté, est aussi une distorsion du mystère de la divine Incarnation du Christ et de Son sacrifice sur la Croix. Bien entendu, la théologie de la divine justice et de la satisfaction adoptèrent le système féodal avec toutes ses conséquences théologique et sociale.
Thomas d'Aquin est le représentant le plus caractéristique de la scolastique, qui tenta de combiner les théories d'Aristote et Augustin. Entre autre choses, il identifia les énergies incréées de Dieu avec l'essence incréée, après avoir parlé à propos des soi-disant "actus purus", et il introduit la vue erronée des énergies de Dieu comme créées, présentant donc un Dieu eudémoniste qui est en fait inaccessible, inconnaissable, impersonnel, et bien entendu, enseigne que l'homme est en communion avec les énergies créées de Dieu. C'est donc que l'amour, la grâce divine et la paix de Dieu seraient des énergies créées de Dieu. De cette perspective bien l'enseignement que le Saint Esprit procède à la fois du Père et du Fils (Filioque), le feu du purgatoire, l'infaillibilité, etc. Ces théories furent condamnées par le 7ème Concile Oecuménique et par les Conciles Palamites que l'on considère comme 9ème concile Ocuménique, comme mentionné dans le Synodikon de l'Orthodoxie. On y a anathémisé tous ceux qui ne confessent pas qu'il y a "à la fois essence et essentielle, énergie naturelle."
Pour toutes ces raisons, saint Grégoire Palamas dit "Ceux qui sont de l'Église du Christ, sont aussi de la vérité ; et ceux qui ne sont pas de la vérité, ceux-là ne sont aussi pas de l'Église du Christ." Saint Irénée, évêque de Lyon, disait la même chose : ceux qui sont "hors de l'Église" sont automatiquement "hors de l'Église" car ils n'acceptent pas les traditions des Apôtres et la Foi de l'Église. Suivant saint Irénée, nous les considérons "comme hérétiques et cacodoxes, ceux qui se sont arrachés d'eux-mêmes (de l'Église) par orgueil et insolence."
2. Succession apostolique et papauté.
Puisqu'ils sont hors de l'Église, ils n'ont pas les Mystères (Sacrements), c'est pourquoi le clergé de la papauté et le pape lui-même, pour nous Orthodoxes, n'ont pas la prêtrise, et ont été retranchés de la succession apostolique.
Bien entendu, tout ceci peut paraître un peu étrange, mais c'est la réalité qui découle de la théologie Orthodoxe.
La succession apostolique n'est pas simplement une série d'ordination, mais en même temps elle se situe dans le partage de la vérité révélée. Lorsqu'une église se coupe d'elle-même du troc de l'Église Orthodoxe à cause de différences doctrinales, cela signifie qu'elle n'a plus le mystère de la prêtrise. C'est à dire que lorsque la vérité révélée est perdue et que des opinions hérétiques sont adoptées, cela a des implications sur la succession apostolique. Les Apôtres ont transmis le don de la prêtrise, mais en même temps ils ont donné, par la régénération, l'entière tradition de révélation.
A ce point, il est bon de rappeler l'enseignement de saint Irénée, évêque de Lyon, dans lequel il montre clairement que l'Église est très intimement liée à l'Orthodoxie et l'Eucharistie, ce qui signifie que lorsque la foi Orthodoxe est perdue, il n'y a plus ni Église ni Divine Eucharistie. Dès lors, le clerc qui perd sa Foi Orthodoxe est retranché de l'Église, et bien entendu, pour lui la tradition et la succession apostoliques sont perdues. Que saint Irénée lie la succession apostolique non seulement à la prêtrise, mais à la préservation de la vraie Foi, cela se voit dans ce passage "c'est pourquoi il faut écouter les presbytres qui sont dans l'Église, ils sont les successeurs des apôtres, ainsi que nous l'avons montré, et avec la succession dans l'épiscopat, ils ont reçu le charisme assuré de la vérité selon la volonté du Père." (Adv. Haer. IV,26,2)
Puisque dès lors, il n'y a plus de prêtrise pour ceux qui sont sous la papauté, pour cette même raison il n'y a plus de mystères, et ce qu'ils accomplissent ne sont pas des mystères sanctifiants. Mais si, comme certains le prétendent, le pape a la prêtrise, alors leur Eucharistie est valie et le pain présent sur leur autel est le Christ. Mais ceux-là tombent dans 2 erreurs : ils violent nombre de canons sacrés et se détournent ainsi du Christ Lui-même.
En général, nous devons dire que le Vatican n'est pas une Église, mais un système politico-économique, situé hors de l'Église, et le pape ensemble avec tout le "clergé" du Vatican ne sont pas des successeurs des Apôtres, et n'ont ni la tradition ni la succession apostolique.
Dès lors, il faut insister que c'est nous les Chrétiens Orthodoxes qui sont les Romanoi – les Romains, c'est à dire les descendants de l'empire romain ; et les Catholiques, c'est à dire Orthodoxes puisque ce terme de Catholique se réfère à tous les Orthodoxes. Les papistes sont les franco-latins, depuis que les Francs se sont emparés du trône de Rome, et sont des hérétiques.
En ces temps de confusion, comme notre époque l'est, nous devons être des confesseurs de la Foi, des martyrs pour la vérité, et des pasteurs qui veillent sur le peuple de Dieu selon des critères et conditions qui sont ecclésiologiques, qui mènent au Salut.
Source: Paremvasis, Mars 2001
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A (re)lire :
Grippe & Sainte Communion (encyclique du métropolite Nicolas de Mesogaia et Lavreotiki, 08/2009)
http://stmaterne.blogspot.be/2010/02/grippe-sainte-communion-encyclique-du.html
Commentaire perso : handle with care :-)
carpe diem!
http://www.johnsanidopoulos.com/2013/04/the-ontology-of-papacy.html
On connaît la décision du Saint Synode à propos d'une visite du pape en Grèce. Il recevra le pape comme un dirigeant séculier, comme le chef de l'État du Vatican, qui a accepté une invitation du chef de l'État grec et qui est en visite en Grèce. C'est dans ce cadre que l'Église de Grèce va définir sa position.
J'aimerais cependant exprimer quelques réflexions à propos de l'existence même de cette papauté.
1. Église et papauté.
Certains parlent erronément d'Église Catholique, mais puisque le terme Catholique coïncide avec Orthodoxe, il appartient à l'Église Orthodoxe, de même que le terme Église qui n'est pas approprié pour le Vatican.
La papauté est hors de l'Église, et cela est démontré par 2 Synodes, qui sont considérés comme Oecuméniques par les Orthodoxes, et qui ont été réunis à cause du Filioque et des énergies incréées de Dieu.
Au 8ème Concile Oecuménique avec saint Photios le Grand, auquel ont participé les représentants de celui qui était alors le pape Orthodoxe de Rome, les évêques Francs furent condamnés, qui avaient ajouté le Filioque au Credo, parce qu'un tel ajout "introduit volontairement quelque chose d'inconnu et est une attaque inexcusable contre les Pères", et c'est pourquoi ils furent "soumis à la défrocation complète s'il s'agit d'un membre du clergé, ou renvoyé avec un anathème s'il s'agit de laïcs" (Horos du 8ème Concile Oecuménique)/ Bien entendu, cette même condamnation s'applique au pape de Rome, depuis que le premier pape franc (Serge IV) a occupé le trône de Rome et introduit le Filioque dans sa lettre d'intronisation en 1009, et Benoît VII l'introduisit officiellement en 1014 dans le Credo qui était lu à la Liturgie. Il est à remarquer que le Synodikon de l'Orthodoxie dit que ceux qui aliènent "Dieu le Verbe et consubstantiel, et le co-glorifié Esprit Paraclet de Dieu égal en honneur et adoration, sont anathèmes."
Le Synode de 1341 avec saint Grégoire Palamas dit dans son Tomos synodal que ceux qui acceptent les énergies de Dieu comme créées, et en particulier ceux qui acceptent que la Lumière de la divinité est créée, comme l'enseignait l'uniate scolastique Barlaam de Calabre, et, bien sûr, c'est un élément clé de la papauté comme on le lit dans les oeuvres de Thomas d'Aquin, ceux-là sont considérés comme hors de l'Église. Il est écrit que ceux qui maintiennent de telles opinions et ne s'en repentent pas "doivent être retirés et rejetés de la sainte Église catholique et apostolique du Christ, et de son établissement Chrétien Orthodoxe."
Le Synodikon de l'Orthodoxie lance l'anathème sur quiconque accepte les idées de Platon, à savoir les conceptions métaphysique et ontologique d'Analogia Entis, qu'il y aurait une analogie entre Dieu et le monde, et Analogia Fidei, qu'il y aurait une similarité entre Dieu et la Sainte Écriture. L'anathème est aussi lancé sur ceux qui n'acceptent pas les dogmes avec une foi pure et simple, et de tout leur coeur, "mais attendent des preuves et des explications logiques," c'est à dire ceux qui introduisent la méthode scolastique de connaissance de Dieu.
En analysant plus avant tout cela, nous pouvons mentionner les grands pères et théologiens de la papauté, Anselme de Canterbury et Thomas d'Aquin, dont les enseignements sont acceptés dans la théologie papale.
Anselme de Canterbury a élaboré et introduit la doctrine de la satisfaction de la justice divine, que le péché d'Adam aurait changé la justice de Dieu, et le sacrifice du Christ sur la Croix apaisé la divine justice et restauré l'ordre dans la Création. Cette distorsion de la vérité à propos de Dieu, qui montre que Dieu aurait les qualités d'un homme livré aux passions, qui est offensé et affecté, est aussi une distorsion du mystère de la divine Incarnation du Christ et de Son sacrifice sur la Croix. Bien entendu, la théologie de la divine justice et de la satisfaction adoptèrent le système féodal avec toutes ses conséquences théologique et sociale.
Thomas d'Aquin est le représentant le plus caractéristique de la scolastique, qui tenta de combiner les théories d'Aristote et Augustin. Entre autre choses, il identifia les énergies incréées de Dieu avec l'essence incréée, après avoir parlé à propos des soi-disant "actus purus", et il introduit la vue erronée des énergies de Dieu comme créées, présentant donc un Dieu eudémoniste qui est en fait inaccessible, inconnaissable, impersonnel, et bien entendu, enseigne que l'homme est en communion avec les énergies créées de Dieu. C'est donc que l'amour, la grâce divine et la paix de Dieu seraient des énergies créées de Dieu. De cette perspective bien l'enseignement que le Saint Esprit procède à la fois du Père et du Fils (Filioque), le feu du purgatoire, l'infaillibilité, etc. Ces théories furent condamnées par le 7ème Concile Oecuménique et par les Conciles Palamites que l'on considère comme 9ème concile Ocuménique, comme mentionné dans le Synodikon de l'Orthodoxie. On y a anathémisé tous ceux qui ne confessent pas qu'il y a "à la fois essence et essentielle, énergie naturelle."
Pour toutes ces raisons, saint Grégoire Palamas dit "Ceux qui sont de l'Église du Christ, sont aussi de la vérité ; et ceux qui ne sont pas de la vérité, ceux-là ne sont aussi pas de l'Église du Christ." Saint Irénée, évêque de Lyon, disait la même chose : ceux qui sont "hors de l'Église" sont automatiquement "hors de l'Église" car ils n'acceptent pas les traditions des Apôtres et la Foi de l'Église. Suivant saint Irénée, nous les considérons "comme hérétiques et cacodoxes, ceux qui se sont arrachés d'eux-mêmes (de l'Église) par orgueil et insolence."
2. Succession apostolique et papauté.
Puisqu'ils sont hors de l'Église, ils n'ont pas les Mystères (Sacrements), c'est pourquoi le clergé de la papauté et le pape lui-même, pour nous Orthodoxes, n'ont pas la prêtrise, et ont été retranchés de la succession apostolique.
Bien entendu, tout ceci peut paraître un peu étrange, mais c'est la réalité qui découle de la théologie Orthodoxe.
La succession apostolique n'est pas simplement une série d'ordination, mais en même temps elle se situe dans le partage de la vérité révélée. Lorsqu'une église se coupe d'elle-même du troc de l'Église Orthodoxe à cause de différences doctrinales, cela signifie qu'elle n'a plus le mystère de la prêtrise. C'est à dire que lorsque la vérité révélée est perdue et que des opinions hérétiques sont adoptées, cela a des implications sur la succession apostolique. Les Apôtres ont transmis le don de la prêtrise, mais en même temps ils ont donné, par la régénération, l'entière tradition de révélation.
A ce point, il est bon de rappeler l'enseignement de saint Irénée, évêque de Lyon, dans lequel il montre clairement que l'Église est très intimement liée à l'Orthodoxie et l'Eucharistie, ce qui signifie que lorsque la foi Orthodoxe est perdue, il n'y a plus ni Église ni Divine Eucharistie. Dès lors, le clerc qui perd sa Foi Orthodoxe est retranché de l'Église, et bien entendu, pour lui la tradition et la succession apostoliques sont perdues. Que saint Irénée lie la succession apostolique non seulement à la prêtrise, mais à la préservation de la vraie Foi, cela se voit dans ce passage "c'est pourquoi il faut écouter les presbytres qui sont dans l'Église, ils sont les successeurs des apôtres, ainsi que nous l'avons montré, et avec la succession dans l'épiscopat, ils ont reçu le charisme assuré de la vérité selon la volonté du Père." (Adv. Haer. IV,26,2)
Puisque dès lors, il n'y a plus de prêtrise pour ceux qui sont sous la papauté, pour cette même raison il n'y a plus de mystères, et ce qu'ils accomplissent ne sont pas des mystères sanctifiants. Mais si, comme certains le prétendent, le pape a la prêtrise, alors leur Eucharistie est valie et le pain présent sur leur autel est le Christ. Mais ceux-là tombent dans 2 erreurs : ils violent nombre de canons sacrés et se détournent ainsi du Christ Lui-même.
En général, nous devons dire que le Vatican n'est pas une Église, mais un système politico-économique, situé hors de l'Église, et le pape ensemble avec tout le "clergé" du Vatican ne sont pas des successeurs des Apôtres, et n'ont ni la tradition ni la succession apostolique.
Dès lors, il faut insister que c'est nous les Chrétiens Orthodoxes qui sont les Romanoi – les Romains, c'est à dire les descendants de l'empire romain ; et les Catholiques, c'est à dire Orthodoxes puisque ce terme de Catholique se réfère à tous les Orthodoxes. Les papistes sont les franco-latins, depuis que les Francs se sont emparés du trône de Rome, et sont des hérétiques.
En ces temps de confusion, comme notre époque l'est, nous devons être des confesseurs de la Foi, des martyrs pour la vérité, et des pasteurs qui veillent sur le peuple de Dieu selon des critères et conditions qui sont ecclésiologiques, qui mènent au Salut.
Source: Paremvasis, Mars 2001
A (re)lire :
Grippe & Sainte Communion (encyclique du métropolite Nicolas de Mesogaia et Lavreotiki, 08/2009)
http://stmaterne.blogspot.be/2010/02/grippe-sainte-communion-encyclique-du.html
Commentaire perso : handle with care :-)
carpe diem!
13 juin 2011
Compréhension de la Foi et repentance (p. Nicolas Deputatov)

Les mystères de notre Foi sont inconnus et incompréhensibles pour ceux qui ne se repentent pas.
archiprête Nicolas Deputatov, ‘Awareness of God’, "Orthodox Word Magazine", Juillet-août 1976
24 avril 2011
L'Eucharistie et le Baptême, homélie pascale de saint Augustin d'Hippone
Je n'ai pas oublié ma promesse. Je vous avais promis, à vous qui avez été baptisés, un entretien sur le Sacrement de la Table du Seigneur que vous voyez maintenant encore et auquel vous avez pris part la nuit dernière. Vous devez savoir ce que vous avez reçu, ce que vous recevrez, ce que vous devriez recevoir chaque jour. (1)
Ce pain, que vous voyez sur l'Autel, consacré par la Parole de Dieu, est le Corps du Christ. La Coupe ou plutôt le contenu de la coupe consacré par la Parole de Dieu est le Sang du Christ. Par eux, le Seigneur Christ a voulu nous confier Son corps et Son sang, qu'Il a répandus pour nous en rémission de nos péchés. Si vous les avez reçus dans de bonnes dispositions, vous êtes ce que vous avez reçu. L'apôtre dit en effet : "Nous sommes nombreux, mais un seul pain, un seul corps" (1 Co 10,17). C'est ainsi qu'il explique le Sacrement de la Table du Seigneur "Nous sommes nombreux, mais un seul pain, un seul corps." Il vous est démontré avec ce pain combien vous devez aimer l'unité. Car ce pain est-il fait d'un seul grain? Les grains de blé n'étaient-ils pas au contraire fort nombreux? Mais avant d'être du pain, ils étaient séparés; ils ont été liés par de l'eau, après avoir été broyés (2). Si le blé n'est pas moulu et pétri avec de l'eau, il n'arrivera pas du tout à former cette chose qu'on nomme pain.
Vous aussi vous avez commencé par passer en quelque sorte sous la meule de l'humiliation du jeûne et du Sacrement de l'exorcisme. Vint le Baptême et avec l'eau vous avez été en quelque sorte pétris pour devenir du pain. Mais sans le feu, ce n'est pas encore du pain. Que symbolise donc le feu, c'est-à-dire l'onction d'huile (3)? Assurément l'huile nourricière du feu (4) est le sacrement du Saint-Esprit. Remarquez ce qu'on lit dans les Actes d'Apôtres. On vient de commencer la lecture de ce livre. C'est aujourd'hui qu'on commence la lecture du livre intitulé Actes d'Apôtres. Qui veut faire des progrès peut en tirer profit. Quand vous vous réunissez pour l'assemblée, cessez vos inutiles bavardages, soyez attentifs aux Écritures. Nous sommes vos livres. Réfléchissez donc et regardez par quelle voie le Saint-Esprit doit venir à la Pentecôte. Voici comment Il viendra : Il Se montre en langues de feu. Il nous insuffle la charité pour que, par elle, nous soyons enflammés pour Dieu et méprisions le monde, que nous fassions brûler nos scories et que notre coeur soit purifié comme l'or. Vient donc l'Esprit-Saint, après l'eau, le feu, et vous devenez le pain qui est le Corps du Christ. Ainsi en quelque sorte est symbolisée l'unité.
Vous connaissez les Mystères dans leur déroulement.
En premier lieu, après la prière (5), on vous invite à tenir votre coeur en haut; cela convient à des membres du Christ. En effet si vous êtes devenus membres du Christ, où se trouve votre tête? Les membres du corps ont une tête. Si la tête n'avait pas dirigé le mouvement, les membres ne suivraient pas. Où est allée notre tête? Qu'avez-vous récité dans le Symbole de la Foi? "Le troisième jour Il est ressuscité des morts, Il est monté au Ciel, S'est assis à la droite du Père." (6) C'est donc au Ciel qu'est notre tête. Aussi quand on dit : "élevons nos coeurs!" (7), vous répondez : "Nous le tenons vers le Seigneur." Et pour que vous n'attribuiez pas ce fait, d'avoir votre coeur vers le Seigneur, à vos propres forces, à vos propres mérites, à vos propres efforts, car c'est un don de Dieu d'avoir son coeur en haut, l'évêque, ou le prêtre qui offre, après la réponse du peuple : "Nous tenons notre coeur en haut vers le Seigneur", continue : "Rendons grâces au Seigneur notre Dieu", parce que nous tenons notre coeur en haut, "rendons grâces", car si ce n'était pas un de Ses dons, nous aurions notre coeur à terre. Et vous l'attestez en disant : "Il est digne et juste" que nous Lui rendions grâces, à Lui qui a fait que nous tenions notre coeur en haut vers notre tête.
Ensuite, après la sanctification du sacrifice de Dieu, parce qu'Il a voulu que nous soyons nous-mêmes Son sacrifice, ce qui est clairement indiqué dès qu'a été déposé ce sacrifice de Dieu que nous sommes nous aussi — ou plutôt le signe qui nous représente — voici donc qu'est achevée la sanctification, nous disons la Prière du Seigneur que vous avez apprise et récitée. Ensuite on dit : "La paix soit avec vous", et les Chrétiens s'échangent une sainte accolade. C'est le signe de la paix. Ce qu'expriment les lèvres doit se réaliser dans la conscience, c'est-à-dire que, de même que tes lèvres s'approchent de la joue de ton frère, de même ton coeur ne doit pas s'éloigner de son coeur.
Ce sont donc de grands, de très grands mystères. Veux-tu savoir à quelles conditions ils nous sont confiés? L'apôtre dit : "Celui qui mange indignement le Corps du Christ ou boit la Coupe du Seigneur se rend coupable du Corps et du Sang du Seigneur" (1 Co 11,27). Que signifie recevoir indignement? Recevoir avec dérision, recevoir avec mépris. Ne prends pas cela pour chose banale parce que tu le vois de tes yeux. Ce que tu vois passe, l'invisible qui est manifesté ne passe pas, mais demeure. Voici qu'on Le reçoit, qu'on Le mange, qu'on Le détruit... Le Corps du Christ est-Il détruit? L'Église du Christ est-elle détruite? Les membres du Christ sont-ils détruits? Non, vraiment! Ici ils sont purifiés, là-haut couronnés. Par conséquent ce qui est signifié demeurera quoique ce qui
signifie semble passer. Recevez-le donc pour y conformer votre pensée, pour conserver l'unité dans vos coeurs, pour fixer votre coeur en haut. Ne placez pas votre espoir sur la terre, mais dans le Ciel. Que votre foi en Dieu soit solide, que Dieu daigne l'agréer. Ce que vous ne voyez pas ici maintenant et que vous croyez, vous le verrez là-haut où sans fin vous vous en réjouirez.
Amen
+ Augustin
(1) Comme il convient et comme c'était le cas à la grande époque patristique de l'Église, à Hippone aussi, on célébrait la Divine Liturgie tous les jours.
(2) saint Irénée de Lyon, Adversus Haereses 3,17 (2)
(3) saint chrême ou myron
(4) symboliquement, puisque dans les lampadas, c'est l'huile qui alimente le feu brûlant devant les Icônes
(5) Dans la Divine Liturgie, les prières qui suivent la proclamation de la Parole
(6) Version de Carthage, pas le Credo "des Apôtres", autre version canonique en usage dans tout l'Occident Orthodoxe au 1er millénaire
(7) saint Cyprien de Carthage, De oratione Dominica, 31

Homélie 227 de saint Augustin, évêque d'Hippone, "sur les Mystères", adressée aux nouveaux baptisés le saint jour de Pâques
08 septembre 2007
Mystère et fête de la Nativité de la Mère de Dieu

par l'archevêque Stylianos d'Australie

Le mot "mystère" provient du grec, et date des temps pré-Chrétiens. Pour les anciens Grecs, les "mystères" étaient ces rites religieux qui impliquaient une sorte de processus "d'initiation", c'est à dire une introduction dans et une familiarisation avec quelque vérités "mystiques" et cachées. Les mieux connus de ces rites étaient les rites "Eleusiniens."
C'est du verbe "muw" (initier) – qui signifie "je ferme mes yeux à moitié" de sorte que je puisse mieux examiner et réfléchir en limitant la lumière externe qui ne me permet pas de me concentrer au dedans de moi-même – c'est de ce verbe que dérivent les mots "mystère", "mystique", "mystagogie", etc, qui tous se réfèrent
à l'éternelle, insondable réalité de profondeur aux multiples facettes, par contraste avec la plate présence de la surface. Le Christianisme en a emprunté ce terme "mystère", lui donnant par là une profondeur encore plus importante et une signification plus sacrée. Les "mystères" des idolâtres étaient aussi éloignés des "mystères" de l'Église que les vérités de ce monde ne le sont des vérités de Dieu.Le terme "sacrement" est souvent utilisé pour "mystère" dans la terminologie moderne de l'Église, afin d'exprimer "l'action" visible dans le contexte du culte, par lequel la grâce invisible est transmise au fidèle. C'est pourquoi nous parlons de 7 principaux mystères ou Sacrements de l'Église, sans que cela bien entendu ne signifie que la Grâce salvatrice de Dieu soit nécessairement ou exclusivement liée à ces "actions" concrètes.
Cependant, il y a une signification plus générale pour le terme "mystère", qui exprime le total indéfini des vérités connues et inconnues qui règle la position et les relations de la personne avec Dieu et avec ses frères en humanité, au sein de l'entièreté du plan de la Divine Économie. Car, comme il a été dit avec beaucoup de justesse, "aucun homme n'est une île" (John Donne, 1572-1631)
Au coeur de cette signification plus large et plus générale, toute personne humaine possède son propre mystère, comme une unique empreinte digitale, peu importe l'apparence externe de la vie de cette personne.
Ce mystère, bien que sans aucun doute inconnu d'autrui, demeure largement inconnu même de la personne concernée.
Cependant, quand le mystère de la personne individuelle a une signification décisive pour le Salut des autres – et ceci est principalement vrai dans le cas des saints – alors le mystère personnel ne reste plus un secret scellé de 7 sceaux. Car, comme le disait feu le père Païssios, "le saint se cache lui-même, mais la Grâce de Dieu le révèle." Elle le "révèle" bien entendu non pas pour "la louange du peuple," mais pour le Salut de nombreuses personnes.
Ainsi, la confession et la gratitude d'entre ceux qui en bénéficient deviennent, sans même essayer, une révélation et un commentaire étonnant des aspects cachés de leur mystère personnel.
Si cela amène à la question de "décoder" l'aspect non-visible du mystère de chaque "vase d'élection" et instrument de la divine Grâce en ce monde, alors il n'est que naturel que cela devrait avoir lieu de manière bien plus approfondie avec l'incomparable "mystère" de la Vierge Marie.
La période de componction qui s'étend sur les 15 premiers jours d'Août, avec les traditionnels jeûne et offices quotidiens de supplication, nous donne à nouveau cette année une occasion de nous rappeler quelques unes des nombreuses bontés de la Mère de Dieu envers l'humanité tout entière. Ces vérités surpassent cependant toute logique, c'est pourquoi nous ferons appel à la conscience des fidèles, plutôt qu'à leur logique. Et nous rappellerons plusieurs des bienfaits uniques en leur genre que la Vierge Marie, étant "comblée de Grâce", nous a apportés, et qu'elle continue à prodiguer parmi nous à travers ses incessantes "intercessions."
Saint Grégoire Palamas, l'éminent théologien et archevêque de Thessalonique au 14ème siècle, admirant l'insondable "mystère" que la Vierge Marie cristallise silencieusement au centre de la Divine Économie, va même aussi loin que jusqu'à dire que Marie la Mère de Dieu est "la cause de tous ceux qui sont venus avant elle, et la gardienne de tous ceux qui sont venus après elle." Peu importe l'étrangeté que cette description peut avoir au sujet d'une créature de Dieu – même s'il s'agit de la Vierge Marie – nous allons voir ci-après que ce n'est pas une exagération d'amour due à l'enthousiasme, ni une formule rhétorique qui ne serait qu'une sorte de "liberté poétique." Au contraire, cette affirmation est la définition théologique la plus précise et la plus profonde, digne du grand Docteur de l'Orthodoxie.
Si la théosis, c'est-à-dire la déification de la personne humaine était la "volonté pré-éternelle" de Dieu, qui considérait à l'avance l'Incarnation, il est clair que le "don" de la nature humaine par la Vierge Marie au Fils et Verbe de Dieu fut le but le plus haut de la Création toute entière. Pour cette raison, "tout ce qui était avant elle" est à juste titre considéré comme étant dirigé vers la Vierge Marie, en tant que "cause finale." Et précisément parce qu'elle a une telle relation cruciale avec tous ceux qui sont venus avant elle, dès lors elle est la protectrice de "tous ceux qui sont venus après elle." De cette manière, la Mère de Dieu est présentée comme étant la "clé" de toute la Création.
Ayant l'événement sotériologique suprême et central de l'Incarnation comme fondement, nous pouvons facilement vérifier diverses autres caractéristiques correspondantes de la Vierge Marie, qui fournissent un aperçu plus détaillé de son incomparable mystère personnel et de sa grandeur.
C'est précisément cette position si centrale et cette relation de la Vierge Marie avec l'entièreté du plan de la Divine Économie qui a permis aux Pères de l'Église de former et développer non seulement un parallèle typologique, mais aussi un parallèle substantiel entre la Vierge Marie et l'Église en général. L'axe central de ce parallèle est le fait que toutes les deux sont à la fois Mère et Vierge, ayant maternité et virginité absolues, puisque toutes deux sont fécondées "par le Saint Esprit." L'identification quasiment complète du mystère de la Vierge Marie avec le mystère de l'Église toute entière est parfaitement et précisément exprimée même jusque dans le verset psalmique "de glorieuses choses sont chantées à ton sujet, ô cité de Dieu" (Ps 87,3). C'est l'unique cas dans toute la Création où une personne seule "représente" la cité de Dieu toute entière, c'est-à-dire la multitude des "gens étant déifiés." Cette image seule suffirait déjà à exprimer à jamais la largeur et la profondeur du mystère de la Vierge Marie, ce qu'elle-même avait confessé avec contrition et gratitude lorsqu'elle avait prédit de manière doxologique : "désormais toutes les générations me diront bienheureuse" (Luc 1,48).
Le fait que la gestation et l'incarnation de Dieu le Verbe par la pure Mère de Dieu fut le paroxysme et un service unique rendu à l'humanité et à la Création toute entière, n'empêcha pas saint Maxime le Confesseur d'enseigner que l'exemple unique de la Vierge Marie devait, en quelque sorte, avoir une prolongation et se refléter dans la vie de chaque fidèle. Toute personne fidèle doit "faire naître" le Verbe de Dieu dans sa vie et devenir, d'une manière personnelle, une sorte de Porteur de Dieu (Theotokos). Ceci ne signifie bien entendu pas une répétition de "l'union hypostatique", ce qui serait une hérésie inacceptable et un blasphème. Cependant, ce qui est exprimé ici c'est bien entendu faire naître le Verbe de Dieu dans un sens moral en chaque personne, à travers la Grâce divine qui est communiquée par la communion au Saint Esprit, au sein de la vie sacramentelle de l'Église.
En tout cas, nous allons approcher le mystère de la Vierge Marie d'une manière encore meilleure en nous remémorant 3 aspects spécifiques de sa vie historique, qui tous 3 expriment 3 caractéristiques fondamentales de sa sainte personne:
1) son humilité et son obéissance
2) sa virginité perpétuelle
3) la divine élévation avec sa Dormition
2) sa virginité perpétuelle
3) la divine élévation avec sa Dormition
De prime abord, l'on pourrait croire que la première des 3 caractéristiques ci-dessus était en fait la cause d'où les 2 autres ont germé, comme une sorte de récompense de la part de Dieu. Cependant, un examen plus minutieux révélera que toutes les 3 caractéristiques sont équivalentes, ou, en d'autres termes, sont 3 perspectives d'une même réalité que Dieu par laquelle Dieu a dotée celle qui est "comblée de Grâce."
L'extrême humilité et obéissance de la Vierge Marie signifient qu'elle s'est entièrement abandonnée entre les mains de Dieu. Sur ce point précis, la "virginité perpétuelle" de la Mère de Dieu est fondée et scellée à jamais, et c'est aussi pour cela que nous ne devrions pas limiter cela uniquement à son intégrité corporelle, mais plutôt à sa conscience et à sa personne toutes entières, qui n'ont jamais admis la plus petite divergence (ou égarement) par rapport à la volonté divine.
Et quand la créature rationnelle de Dieu, qui est Son icône/image, choisit librement l'extrême humilité, par là maintenant la virginité continuelle par égard pour la volonté divine, alors il devient clair qu'une telle personne a, par la Grâce de Dieu, atteint l'incorruptibilité, ce que la Dormition suggère.
Il n'y a que de la sorte que la tombe ne sait plus être une banqueroute finale et une fin pénible à une vie tourmentée, mais au contraire, le début et le prélude au "Huitième Jour", quelque chose qui nous permet de chanter au sein du culte de l'Église :
"O merveille des merveilles!
La source de la Vie est déposée dans le tombeau,
et la tombe elle-même devient une échelle vers les Cieux..."
Pour cette raison-là, l'Église antique a considéré que "l'anniversaire" de quelqu'un n'était pas celui de sa naissance dans le monde, avec toutes les incertitudes qui allaient s'ensuivre, mais plutôt le jour de son endormissement dans le Seigneur, qui non seulement scellait définitivement son temps sur terre, mais aussi la physionomie finale de cette personne dans le Royaume de Dieu. C'est aussi pour cela que les Orthodoxes, quand ils gardent leur Tradition, célèbrent la fête du saint patron plutôt que les anniversaires terrestres.
Paru dans Voice of Orthodoxy, v. 18(8)
publié par l'archidiocèse d'Australie

Homélie du p. Alexander Schmemann, publiée ici l'an dernier :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/09/la-nativit-de-la-mre-de-dieu-8.html
Unité dans la diversité : Un de ces Rites est juste comme l'autre!Par le diacre Benjamin Johnson, un comparatif des textes liturgiques de la fête de ce jour pour le Rite Orthodoxye byzantin et l'ancien Rite Orthodoxe occidental romain
http://stmaterne.blogspot.com/2006/09/unit-dans-la-diversit-un-de-ces-rites.html

Dicton météo du jour:
A la Bonne-Dame de septembre,
tout fruit est bon à prendre!
Nativité de la ViergeBesançon - BM - ms. 0550, folio 054v
enluminure d'Herman de Valenciennes, fin 14ème s.
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