"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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18 janvier 2019

L'infaillibilité, le Protestantisme et l'Église (st Justin)

Les protestants n'ont fait qu'accepter ce dogme[d'infaillibilité] dans son essence, et l'ont développé en des proportions et dimensions monstrueuses.
En fait, le protestantisme n'est rien d'autre que le papisme appliqué en général, dont le principe de base est appliqué dans la vie par chaque personne, individuellement.
A l'instar de l'homme infaillible de Rome, tout Protestant est une copie de cet homme infaillible, car il revendique une infaillibilité personnelle en matière de foi.
On pourrait dire que le protestantisme est la vulgarisation du papisme, mais sans mysticisme, sans autorité et sans contrôle.
Saint Justin Popovic, L'homme et le Dieu-homme, fondement de la Vérité de l'Orthodoxie.






Protestants have merely accepted this dogma [of infallibility] in essence, and developed it to monstruous proportions and dimensions.
In fact, Protestantism is nothing other than papism applied in general, whose basic principle is carried out in life by each person individually.
Following the example of the infallible man in Rome, every Protestant is a duplicated infallible man, for he claims personal infallibility in matters of faith.
One could sayt that Protestantism is the vulgarization of papism, but bereft of mysticism, authority and control.
Saint Justin Popovic, Man and the God-man, the foundation of the Truth of Orthodoxy.

22 janvier 2018

Demandez-vous à votre maman de prier pour vous? (pJohn)

Demandez à votre maman de prier pour vous, et personne ne réagit. Mais demandez à la Bienheureuse Vierge Marie de prier pour vous, et le monde des Protestants s'indigne.
P. John





Ask your mother to pray for you and no one bats an eye. Yet ask the Blessed Virgin Mary to pray for you and the Protestant world is up in arms.
Fr. John

19 janvier 2018

La source d'autorité pour le chrétien

Et Jésus dit aux foules, "En vérité, Je vous le dis, la Bible est votre seule source d'autorité."



Et ils murmurèrent entre eux, disant "mais bon sang, c'est quoi ça, une Bible?"

16 janvier 2017

La vénération de la Vierge Marie dans le protestantisme originel

"La Vénération de Marie est inscrite au plus profond du coeur humain."
Martin Luther

"Nul ne pourrait nier qu'élisant et destinant Marie à être la mère de Son Fils, Dieu lui accorda le plus grand des honneurs."
Jean Calvin

"J'ai la plus grande estime pour la Mère de Dieu, la toujours chaste et immaculée Vierge Marie."
Ulrich Zwingli

21 janvier 2016

Catholicisme-romain et Protestantisme: très proches l'un de l'autre.. très loin de l'Orthodoxie! (saint Justin Popovic)

"Le grand théologien contemporain Saint Justin Popovic (25 mars 1894-25 mars 1979), phare de l'Orthodoxie, canonisé le 29 avril 2010 a bien vu les liens unissant le protestantisme et le catholicisme romain" (p. Luc D.) :


"Le catholicisme romain et le protestantisme sont des christianismes selon l'invention de l'orgueilleux homme européen, et non pas selon l'humble Dieu-Homme."
(La mission intérieure de notre Eglise - La réalisation de l'Orthodoxie, 1923)

"Avec persévérance et constance, le papisme s'est efforcé de remplacer le Dieu-Homme par l'homme, jusqu'à ce que dans le dogme de l'infaillibilité humaine, le Dieu-Homme soit remplacé en tout par l'homme infaillible. Car par ce dogme, l'homme (le pape) a été proclamé clairement et définitivement comme quelque chose de plus grand, non seulement que l'homme, mais que les saints Apôtres et les saints Pères et les conciles oecuméniques. En apostasiant ainsi le Dieu-Homme, le maximalisme papiste a dépassé même Luther, le créateur du minimalisme protestant. Et en fait, la première ''protestation'' contre l'Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Et c'est dans cette protestation que réside l'origine du Protestantisme... En fait le protestantisme n'est qu'un papisme appliqué à tous, dont le principe fondamental - l'infaillibilité de l'homme - est appliqué à la vie de chaque homme en particulier. A l'exemple de l'homme infaillible de Rome, chaque protestant devient infaillible, car il revendique sa propre infaillibilité sur les points de foi."
(La valeur suprême et le critère ultime en orthodoxie, 1935)

"Dans l'histoire du genre humain, il y a eu trois chutes principales : celle d'Adam, celle de Judas, et celle du Pape."
(Remarques sur l'infaillibilité de l'homme européen, 1967)

27 mai 2014

Pourquoi nos Offices ne sont pas à la mode, modernes? (P. John)

Messe à la cathédrale catholique-romaine de Los Angeles

Lectures du jour : Actes 17,19-28 & Jn 12,19-36

"et Moi, une fois élevé de terre, Je les attirerai tous à Moi." (Jn 12,32)

Dans l'Amérique du Nord actuelle [et aussi en Europe; ndt], nombreuses parmi les confessions protestantes et fondamentalistes déploient de grands efforts pour "attirer" les gens vers leurs offices. Ils font appel à du rock chrétien, des guitaristes modernes, des marionnetistes, des sermons spectaculaires, des spectacles de lumière laser, et toutes sortes d'idées très à la mode conçues pour inciter les gens à venir.

Que pense l'Église Orthodoxe de toutes ces incitations inovantes? Pourquoi ne suivons-nous pas, pourquoi ne souscrivons-nous pas à toutes ces pratiques emballantes, contemporaines, à la mode? La réponse est simple : nous avons le Sauveur - et le Sauveur nous suffit. Jésus-Christ doit être le centre d'attention, pas les marionnettes d'un spectacle. Le Christ est Celui Qui accomplit les miracles, pas l'homme qui met en oeuvre les spots laser. Le Saint Esprit "remplit toutes choses" de sorte que l'Église n'a pas besoin d'inventer "des choses" pour remplir les églises.

De plus, nous prions de la manière dont Dieu nous a instruit à le faire. De la manière dont le Christ, Lui-même, a prié : avec solennité, respect, dignité, et tel que prescrit par la Sainte Écriture. Nos Offices continuent de suivre l'agencement et la forme reçue depuis les Apôtres, née de siècles de pratique vétéro-testamentaire.

Les engouements sont des engouements, et les modes vont et viennent, mais l'Église du Christ est ancrée dans la tradition et la stabilité jusqu'à la fin des temps - et le Christ est l'unique "attraction" nécessaire!


XB!
P. John





Pâques dans l'Orthodoxie


Today's Scripture Readings:
Acts 17:19-28 & St. John 12:19-36

"And I, when I am lifted up from the earth, will draw all men to myself." (John 12:32)

In America today, many of the Protestant denominations and fundamentalist churches go to great lengths to "attract" people to their services. They advertise Christian rock music, contemporary guitar services, puppet shows, comedy sermons, laser light shows, and all sorts of other trendy-sounding ideas aimed at enticing people to attend.

So what does the Orthodox Church think about such innovative enticements? Why don't we follow suit and subscribe to these fad-like, contemporary, hip and trendy practices? The answer is, because we have the Savior - and the Savior is enough. Jesus Christ must be the draw, not the puppets of a puppet show. Christ is the One Who works wonders, not the man who runs the laser lights. The Holy Spirit "fills all things" so that the Church need not invent "things" to fill the churches.

In addition, we worship the way God instructed us to worship; the way Christ, Himself, worshiped: solemn, respectful, dignified, and as prescribed in Holy Scripture. Our services still follow the formula and format passed down by the Apostles, born from centuries of Old Testament practice.

Fads are fads and trends come and go, but Christ's Church is anchored in tradition and stability until the close of the age - and Jesus is the only "draw" needed!

XB!
Fr. John






10 février 2014

Sola Scriptura & interprétation personnelle (2 Pi 1,20 / P. John)

Lectures du jour : 2 Pi 1,20-2,9 & Mc 13,9-13

"Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d’Écriture n’est objet d’explication personnelle" (2 Pi 1,20)

Le verset ci-dessus met particulièrement en garde contre quiconque voulant imposer sa propre interprétation de l'Écriture et / ou utiliser la Parole de Dieu pour justifier son propre agenda. Au contraire, notre rôle comme lecteurs est d'accepter l'entièreté du message de la Bible dans son intégralité. Lorsque quiconque utilise des versets isolés, tirés hors contexte, ou lit dans l'Écriture ce qu'il pense que ça devrait dire, il diminue la parole divine et la transforme en sa propre version de la Bible. Un des cas les plus célèbres (en Amérique du Nord) est probablement la soit-disante Bible jeffersionneinne, dans laquelle Thomas Jefferson avait littéralement découpé et conservé ce qui lui plaisait de la vraie Bible et jeté le restant.

P. John




Today's Scripture Readings:
2nd Peter 1:20-2:9 & St. Mark 13:9-13

"First of all you must understand this, that no prophecy of scripture is a matter of one's own interpretation." (2nd Peter 1:20)

The above verse specifically warns against anyone imposing their own interpretations to scripture and/or utilizing God's Word to justify their own agendas. Instead, our role as readers is to accept the entire message of the Bible as a whole. Whenever anyone uses isolated verses out of context or reads into scripture what they think it ought to say, they diminish God's word and turn it into their own version of the Bible. Perhaps one of the most famous incidences of this was so-called Jeffersonian Bible, in which Thomas Jefferson literally cut and pasted what he liked from the Bible into a new book and discarded the rest.

Fr. John

24 janvier 2014

Hétérodoxes: comment se comporter avec eux (p. Seraphim Rose, saint Silouane)

http://orthodoxinfo.com/inquirers/howtotreattheheterodox.aspx

Le bienheureux père Seraphim (Rose) de Platina

Quelques années avant de mourir, p. Seraphim reçu une lettre d'une Afro-américfaine qui, étant catéchumène apprenant l'Orthodoxie, était en lutte face à l'attitude peu charitable dont faisaient preuve certains Chrétiens Orthodoxes vis à vis de ceux qui sont hors de l'Église, une attitude qui lui rappelait comment son propre peuple avait été traité. "Je suis très troublée", disait-elle, "de voir comment ces Orthodoxes regardent ce que le monde appelerait les Chrétiens Occidentaux, c-à-d les Protestants et les Catholiques-Romains. J'ai lu nombre d'articles par nombre d'auteurs Orthodoxes, et quelques uns utilisent des termes tels que 'papistes', etc, ce que je trouve très troublant et offensant. Je les trouve offensants car étant d'une race qui a été victime de nombre de sobriquets peu amènes, je ne voudrais pas moi-même utiliser ces méthodes. Même 'hérétique' me perturbe.
Que dois-je faire de mes amis et de mes proches? Ils ne connaissent rien à propos de l'Orthodoxie ou ne la comprennent pas. Cependant, ils croient et célèbrent le Christ... Dois-je traiter mes amis et mes proches comme s'ils étaient des sans Dieu, ou sans Christ?.. Ou puis-je les appeler Chrétiens, mais qui simplement ne connaîtraient pas la véritable Église?
En vous posant cette question, je ne peux que penser à saint Innocent d'Alaska visitant les monastères franciscains en Californie. Il restait profondément Orthodoxe, et cependant il traitait les prêtres qu'il y rencontrait avec douceur et charité et sans leur coller un sobriquet. J'espère que c'est bien ça que l'Orthodoxie dit de faire pour traiter les autres Chrétiens.

La question épineuse de cette femme était en faite très habituelle parmi les gens se joignant à la Foi Orthodoxe. Approchant du terme de sa courte vie et ayant tiré un trait sur l'amertume de sa jeunesse, p. Seraphim répondit ceci:

"J'ai eu beaucoup de joie à lire votre lettre - de la joie non pas parce que vous êtes dans la confusion avec cette question qui vous perturbe, mais parce que votre attitude révèle que dans la vérité de l'Orthodoxie vers laquelle vous êtes attirée, vous aimeriez aussi trouver place pour une attitude pleine d'amour et de compassion pour ceux qui sont hors de la Foi Orthodoxe.

Je crois en effet fermement que c'est ce que l'Orthodoxie enseigne...

Je vais brièvement vous exposer ce que je crois être l'attitude Orthodoxe envers les Chrétiens hétérodoxes.

1. L'Orthodoxie est l'Église fondée par le Christ pour le Salut de l'humanité, et dès lors nous devrions protéger de notre vie la pureté de son enseignement et notre propre fidélité à ce dernier. Il n'y a que dans l'Églie Orthodoxe que la grâce est donnée par les Sacrements (la plupart des autres églises ne considèrent même pas avoir des sacrements dans un sens réel du terme). Seule l'Église Orthodoxe est le Corps du Christ, et si le Salut est déjà si difficile au sein de l'Église Orthodoxe, combien plus l'est-il assurément en dehors de l'Église!

2. Cependant, ce n'est pas à nous de définir l'état de ceux qui sont hors de l'Église Orthodoxe. Si Dieu souhaite accorder le Salut à certains qui sont Chrétiens de la meilleure manière qu'ils peuvent, mais même sans connaître l'Église Orthodoxe - c'est Lui qui le décide, ce n'est pas notre affaire. Mais lorsque Dieu agit de la sorte, c'est en dehors de la voie normale qu'Il a établie pour le Salut - qui est dans l'Église, en tant que membre du Corps du Christ. Je peux accepter quant à moi l'expérience de Protestants "nés de nouveau" en Christ; j'ai rencontré des gens qui ont entièrement changé de vie suite à leur rencontre avec le Christ, et je ne peux pas nier leur expérience rien que parce qu'ils ne sont pas Orthodoxes. J'appelle ces gens des Chrétiens "subjectifs" ou "débutants." Mais jusqu'à ce qu'ils soient unis à l'Église Orthodoxe, ils ne sauraient avoir la plénitude du Christianisme, ils ne savent pas être objectivement Chrétiens comme appartenant au Corps du Christ et recevant la grâce des Sacrements. Je pense que c'est aussi pour cette raison qu'il existe nombre de sectes parmi eux - ils commencent la vie Chrétienne par une authentique conversion au Christ, mais ils ne savent pas continuer la vie Chrétienne de manière convenable tant qu'ils ne sont pas unis à l'Église Orthodoxe, et dès lors ont substitué leur propres opinions et expériences subjectives pour les enseignements et sacrements de l'Église.

Dès lors, concernant ces Chrétiens qui sont hors de l'Église Orthodoxe, je dirais ceci : ils n'ont pas encore la plénitude de la vérité - peut-être qu'elle ne leur a pas encore été révélée, ou peut-être est-ce de notre faute parce que nous ne vivons pas ni n'enseignons la Foi Orthodoxe d'une manière qu'ils peuvent comprendre. Nous ne saurions être uns de Foi avec eux, mais il n'y a pas de raison pour que nous les considérions comme totalement étrangers ou égaux aux païens (quoique nous ne devrions pas non plus être hostiles envers les païens - eux non plus n'ont pas encore rencontré la vérité!). Il est vrai que nombre d'hymnes non-Orthodoxes contiennent des enseignements ou au moins une orientation vers ce qui est faux - en particulier l'idée que lorsque quelqu'un est "sauvé", il n'a plus rien besoin d'autre puisque le Christ aurait tout accompli. Cette idée empêche les gens de voir la vérité de l'Orthodoxie, qui met l'accent sur l'idée de lutte pour le Salut même après que le Christ nous l'ai donné, comme le dit saint Paul " travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre Salut" (Phil 2,12). Mais presque tous les chants de Noël sont corrects, et sont repris par les Chrétiens Orthodoxes en Occident (certains sont même chantés dans les monsatères les plus stricts!).

Le terme "hérétique" (comme nous l'exposons dans notre article sur le p. Dimitri Doudko) est en effet utilisé à tort et à travers de nos jours. Il avait une signification précise et une fonction, pour distinguer les nouveaux enseignements par rapport à l'enseignement Orthodoxe. Mais très peu des actuels Chrétiens hétérodoxes sont de vrais "hérétiques", et ce n'est vraiment pas correct de les appeler ainsi.

Pour finir, je pense que l'attitude du p. Dimitri Doudko est la bonne : nous devrions voir les hétérodoxes comme des gens à qui l'Orthodoxie n'a pas encore été révélée, des gens qui sont potentiellement Orthodoxes (si seulement nous-mêmes étions capables de leur donner un meilleur exemple!). Il n'y a pas de raison pour laquelle nous ne pourrions pas les appeler Chrétiens, et être en bons termes avec eux, reconnaissant que nous avons au moins notre foi en Christ en commun, et vivre en paix en particulier avec nos propres familles. L'attitude de saint Innocent vis à vis des catholiques-romains en Californie est un bon exemple pour nous. Une attitude dure et polémique ne devrait être adoptée que lorsque les hétérodoxes essaient de détourner nos fidèles ou changer nos enseignements..

Quant aux préjugés - ils appartiennent au monde, pas à l'Église. L'Orthodoxie ne vous demande pas d'accepter le moindre préjugé ou opinion à propos d'autres races, nations, etc."

De "Pastoral Guidance", Chapitre 84 du livre "Father Seraphim Rose: His Life and Works."
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Saint Silouane l'Athonite

(Archimandrite Sophrony) : Nous avons eu connaissance d'une conversation entre le Starets et un archimandrite qui exerçait une activité missionnaire parmi les non-Orthodoxes. Cet archimandrite estimait beaucoup le Starets et vint à diverses reprises s'entretenir avec lui lors de ses séjours à la Sainte Montagne. Le Starets lui demanda comment il prêchait. L'archimandrite, qui était encore jeune et inexpérimenté, s'écria en gesticulant et en secouant tout son corps :
Je leur dis : « Votre foi, c’est de la fornication. Chez vous, tout est déformé, tout est faux, et vous ne serez pas sauvés si vous ne vous repentez pas ».
Le Starets l’écouta, puis lui demanda : - Et dites-moi, Père archimandrite, croient-ils en Jésus Christ, croient-ils qu’il est le vrai Dieu
- Oui, cela, ils le croient.
- Et vénèrent-ils la Mère de Dieu ?
- Oui, ils la vénèrent; mais leur doctrine à son sujet est fausse.
– Vénèrent-ils les saints ?
- Oui, ils les vénèrent, mais quels saints peut-il donc y avoir chez eux depuis qu’ils se sont séparés de l’Eglise ?
- Ont-ils des offices dans leurs églises, lisent-ils la Parole divine ?
- Oui, ils ont des offices et des églises, mais si vous pouviez voir ce que sont ces offices en comparaison des nôtres, quel froid, quelle absence de vie !
- Eh bien ! Père archimandrite, leur âme sait qu’ils font bien de croire en Jésus Christ, de vénérer la Mère de Dieu et les saints, de les invoquer dans leurs prières; et si vous leur dites que leur foi c’est de la fornication, ils ne vous écouteront pas … Mais dites aux gens qu’ils font bien de croire en Dieu; qu’ils font bien de vénérer la Mère de Dieu et les saints; qu’ils font bien d’aller à l’église pour les offices, de prier à la maison, de lire la Parole divine, et le reste; mais que, sur tel ou tel point, ils sont dans l’erreur, qu’il faut corriger cette erreur et qu’alors tout sera bien. Le Seigneur se réjouira en eux, et ainsi nous serons tous sauvés par la miséricorde de Dieu. Dieu est Amour; c’est pourquoi toute prédication doit, elle aussi, procéder de l’amour, et alors elle sera salutaire et pour celui qui prêche, et pour celui qui l’écoute. Mais si vous condamnez, l’âme du peuple ne vous écoutera pas, et il n’en résultera aucun bien.

Archimandrite Sophrony, "Le starets Silouane" P. 62-63 Ed. Présence Paris. 1996

22 janvier 2014

Liturgie ou rock à l'église? (oecuménisme)

Les instruments de musique étaient utilisés dans le temple juif, c'est pourquoi nous avons des tambours, des guitares et un groupe de rock dans notre église.
Mais la Liturgie, les Autels, les chants, l'encens et les jours de fête sont totalement de l'idolâtrie...

17 octobre 2013

Les illusions du Pentecôtisme / Charismatiques (p. Païssios l'Athonite)



Père, on raconte des choses à propos de ceux qui vont chez les Charismatiques / Pentecôtistes - c-à-d des visions, parler en langues, etc. Est-ce que c'est le produit de leur imagination, ou des influences démoniaques?

Il y a des énergies d'influence démoniaque. Parce que lorsqu'ils rejoignent les Pentecôtistes et se font rebaptiser, ils méprisent en réalité et renient le saint Baptême : "Je confesse un seul Baptême pour la rémission des péchés," comme l'exprime le Credo. Ainsi, ils se débaptisent eux-mêmes et deviennent sensibles aux influences démoniaques, et ensuite ils divaguent en prétendant parler dans des langues étranges. "C'est l'Esprit Saint de la Pentecôte qui parle," nous disent-ils. Mais ça n'est pas l'Esprit Saint. C'est un fameux paquet d'esprits impurs. Quelles langues? Ils ne font que prononcer des divagations que personne ne saurait comprendre. Ils peuvent même enregistrer ces divagations, ensuite en faire des statistiques, et parvenir à la conclusion "Cette langue comporte tellement de alleluia, et il y a tellement d'autres langues dedans.."  Bien sûr, au milieu d'un tel vacarme de babillages, vous ne manquerez pas d'entendre quelque chose qui ressemblera au mot "alleluia" dans une des langues du monde! Et comme vous voyez, alors que c'est quelque chose de démoniaque, ils croient réellement que ce qui est démoniaque serait l'énergie du Saint Esprit, et qu'ils expérimenteraient ce quel les Apôtres avaient expérimenté le jour de la Pentecôte! Ils croient en des blasphèmes, c'est pourquoi ils sont devenus possédés.

Père, pourquoi se font-ils rebaptiser?

Parce qu'ils affirment : "lorsque j'ai été baptisé, j'étais jeune et je ne comprenais pas; maintenant je suis baptisé et pleine conscient." Ils sont rebaptisés et ainsi justifient leurs péchés. Si l'Église ne baptisait pas les enfants, que se passerait-il pour les enfants morts avant leur Baptême? C'est pour cela que les parrain et marraine deviennent les garants de l'enfant, et récitent pour lui le Credo, et portent la responsabilité de l'enfant jusqu'à ce qu'il soit en âge responsable. Est-ce que l'enfant est traité de manière indigne, simplement pour avoir été baptisé jeune? Non, au contraire, il est aidé car il reçoit ensuite la sainte Communion. Et lorsque l'enfant a grandit et été baptisé, même si un péché est commis, il y a toujours la repentance et la confession, qui peut laver ce péché - et non pas en se faisant rebaptiser!


Père Païssios l'Athonite, "Conseils spirituels : la lutte" volume 3


 

02 avril 2013

L'Église a écrit la Bible! Impact sur la théologie et compréhension biblique Orient / Occident (dr. Carlton, p. Bernstein)

Lorsque Jésus est monté vers le Père, Il n'a laissé qu'une chose derrière Lui. Il n'a pas laissé un livre ou un manuel d'instruction - pour autant que nous le sachions, la seule chose qu'Il ai jamais écrit l'a été sur du sable. Il n'a pas laissé une école. Au contraire, Il a laissé Son corps et envoyé Son Esprit. Jésus a promit Sa présence vivante dans Son Corps, l'Église, qui est la plénitude de Celui Qui est tout en tout (Eph. 1,23). Il a promis d'envoyer le Saint Esprit, Qui guiderait l'Église dans la vérité toute entière (Jn 16,13). Le fait est que l'Église a écrit la Bible. Ce n'est pas la Bible qui a créé l'Église. Au contraire, l'Église a décidé quels livres étaient canoniques et quels livres ne l'étaient pas. Et seule l'Église définit avec justesse la Parole de Vérité.
Dr. Clark Carlton

 

"When Jesus ascended to the Father, He left only one thing behind. He did not leave a book or instruction manual - as far as we know the only thing He ever wrote was a scribble in the sand. He did not leave a school. Rather, 'He left His body and sent His Spirit.' Jesus promised His abiding presence to His Body, the Church, which is the fullness of Him Who filleth all in all (Eph. 1:23). He promised to send the Holy Spirit Who would guide the Church into all truth (John 16:13). The fact is, the Church wrote the Bible; the Bible did not create the Church. The Church decided which books were canonical and which were not, and the Church alone rightly defines the Word of Truth." 
Dr. Clark Carlton



L'Évangile chrétien originel



Vous pourrez être étonné d'apprendre que l'Évangile originel - la Bonne Nouvelle prêchée par Jésus-Christ et Ses disciples - est plutôt différent de ce qui est majoritairement exposé de nos jours par la grande majorité du christianisme en Occident. Pour nombre de chrétiens, entendre cet Évangile originel nécessitera un changement de paradigme majeur - un changement radical de conceptions à propos de Dieu et du Salut, qui sont au coeur de l'Évangile.
 

L'Évangile Chrétien originel commence par - l'amour...

Jean 3,16-17 dit: "Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.  Car Dieu n’a pas envoyé Son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Son entremise." Par ailleurs, l'Apôtre Jean dit "Dieu est amour" (1 Jn 4,8).


Qu'est-ce que l'Amour de Dieu ?

La compréhension chrétienne originelle de l'amour et du salut est, de manière frappante, radicalement différente de ce qui est habituellement exposé dans les confessions chrétiennes non-orthodoxes.

Tout d'abord : Dieu est amour – bien avant même qu'Il ne crée. Son amour n'est pas juste une expression de Sa volonté envers la Création, ou simplement un attribut, mais plutôt Dieu aime par nature – par le fait même de Celui qu'Il est. L'amour est intrinsèque à Son Essence inconnaissable.

Mais comment, dès lors, ce Dieu Un, Qui est parfait et ne manque de rien, pourrait-Il être amour, lorsque l'amour nécessite une relation à autrui ? La question de qui Dieu aime avant la Création de l'univers est résolue par l'Orthodoxie Trinitaire. Dieu est compris comme n'étant pas une unité ou monade absolue, mais une unité composée, une Trinité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Chaque Personne de la Sainte Trinité est pleinement divine et pour l'éternité aime les deux autres. La Trinité est une éternelle union d'amour, existant avant la Création de l'univers.

Cette compréhension de ce qu'est l'amour de Dieu diffère de la compréhension des principales dénominations chrétiennes non-orthodoxes, qui tendent à voir l'amour comme un attribut créé de Dieu et non pas essentiel à Son Être ou essence. Pour le Chrétien Orthodoxe biblique, l'amour de Dieu est incréé. L'amour, plus que toute autre qualité – plus que la justice, la miséricorde, la connaissance, ou la puissance – nous communique de manière unique quelque chose d'essentiel sur Qui Dieu est.

L'amour de Dieu se manifeste dans Sa création de l'univers, et dans cette condescendance qui amène à créer des créatures ayant un authentique libre arbitre – et peuvent même choisir de résister à Son amour. Pour créer un univers capable de résister à Sa volonté, Dieu devait, à un certain point, retirer Sa toute puissance – c'est-à-dire de S'abstenir d'exercer un contrôle forcé sur Ses créatures. Cette sorte de distanciation crée un espace dans lequel Ses créatures, dotées du libre arbitre, seront à même de répondre à Son amour sans y être forcées. En quoi cela est-il essentiel ? L'amour forcé – ce que certains protestants calvinistes appellent la grâce irrésistible – n'est pas un véritable amour, parce qu'il n'est pas donné librement.
 

Dieu est-Il Humble?

Est-ce que la condescendance de Dieu dans l'amour – en créant l'univers, et Son Incarnation comme homme, Jésus-Christ – c'est la même chose que de l'humilité ?
Nous voici au coeur et au point crucial de l'Évangile originel. Parce que Dieu est amour, et aime Sa Création, à laquelle il a donné un authentique libre-arbitre, et condescend même de S'incarner en homme, Jésus-Christ, l'amour de Dieu est une manifestation d'humilité. C'est-à-dire : Dieu est humble !
Le célèbre auteur et conférencier le métropolite Kallistos (Timothy) Ware exprime cela ainsi : "Il est aussi naturel pour Dieu d'être humble qu'il est naturel d'être Tout-Puissant." Il dit aussi "Dieu est aussi humble qu'Il est Tout-Puissant." C'est-à-dire, Dieu est à la fois tout-puissant et humble.
Nous avons souvent entendu que Jésus est humble. Mais nous avons toujours compris que ce n'était qu'en Son humanité qu'Il était humble, pas en Sa Divinité. L'Évangile originel et le métropolite Kallistos disent que Dieu Lui-même – le divin Créateur du ciel et de la terre – est humble.
D'un côté, Dieu est l'omnipotent, l'omniscient, l'omniprésent Créateur de l'univers, éternel et n'ayant besoin de rien. De l'autre côté, Dieu est humble ! Non seulement Dieu en Christ, mais aussi dans les deux autres Personnes de la Trinité – Dieu le Père Lui-même, et le Saint Esprit de Dieu.

Les Saintes Écritures parlent de l'humilité de Dieu


"Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus:  Lui étant dans la forme de Dieu n’a pas usé de Son droit d’être traité comme un Dieu mais Il S’est dépouillé prenant la forme d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à Son aspect comme un homme  Il S’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort à la mort sur une Croix." (Phil. 2,5-8)


Jésus dit : "Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai. Chargez-vous de Mon joug et mettez-vous à Mon école, car Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes" (Mt 11,28-29). Et de fait, la Passion du Christ – Sa dernière semaine avant Sa Crucifixion " est appelée dans l'Église Orthodoxe Son "extrême humilité."


L'humilité du Christ était vue par les Chrétiens des origines, càd Orthodoxes, non pas comme une faiblesse morale mais comme une force morale. L'humilité de Dieu n'est pas une expression de faute ou d'incapacité, mais une manifestation de perfection. A savoir que du fait que Dieu est parfait amour, Il est humble. Dieu ne cesse pas d'être humble après la Résurrection, comme si l'humilité n'avait pas de réalité éternelle – comme si elle n'était qu'une qualité créée, utilitaire, temporaire, nécessaire pour sauver l'homme. Au contraire, Dieu ne cesse pas d'être humble parce qu'Il nous aime, nous nourrit et nous soutient sans fin. Et c'est une raison pour laquelle les Chrétiens des origines croyaient que le corps humain glorifié de Jésus conservait ses blessures après la Résurrection (comme le vit Thomas) : parce qu'elles sont un rappel visuel permanent de Son humilité plein de condescendance.


Que le Dieu Chrétien est un Dieu d'amour, qu'il est amour et manifeste Son amour dans l'humilité, cela a de stupéfiantes implications pour nous. Pour commencer, cela signifie que puisque Dieu aime, nous devrions aimer ; puisque Dieu est humble, nous devrions être humbles. Cela signifie aussi que Dieu nous aime tous, inconditionnellement – le juste et l'injuste, maintenant et pour toujours – parce qu'il n'est dans la nature de Dieu que d'aimer, pas de haïr.


Jésus dit : "Vous avez entendu dire 'tu aimeras ton prochain et haïra ton ennemi'. Et bien Moi Je vous dis, aimez vos ennemis .. afin que vous puissiez être enfants de votre Père Qui est dans les Cieux" (Mt 5,43-45). Jésus nous dit que nous devrions aimer nos ennemis parce que Dieu le père aime Ses ennemis. En effet, même du haut de la Croix, le Dieu-Homme crucifié pria pour Ses ennemis, disant "Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font !" Et en aimant nos ennemis, Dieu dit que nous devenons enfants de notre Père dans les Cieux – c'est-à-dire que nous devenons semblables à Dieu, d'authentiques enfants de Dieu. Et le verset conclut en disant "car Il (càd le Père) fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons."


Cette compréhension du soleil brillant autant sur tous a été utilisée par les premiers Chrétiens comme exemple de la nature inconditionnelle de l'amour de Dieu. C'est-à-dire que le soleil rayonne toujours de la lumière – jamais des ténèbres. Dès lors, d'où proviennent les ténèbres ? Les ténèbres que nous expérimentons ne viennent pas de ce que le soleil retiendrait sa lumière ; cela ne vient que du fait que nous nous cachons de la lumière, nous fermons nos yeux à la lumière. Nos ténèbres ne viennent que de notre propre aveuglément.

Saint Antoine le Grand, fondateur en Égypte du monachisme au 4ème siècle, exposait cela parfaitement : "Dire que Dieu Se détournerait des méchants, c'est comme dire que le soleil se cacherait des aveugles."

Alors quelle est la cause de la souffrance pour ceux qui rejettent la lumière de Dieu dans leurs vies? Leur souffrance vient de l'impossibilité d'échapper à la lumière. La lumière et l'amour de Dieu sont omniprésents; ils imprègnent l'univers, un peu comme la Divine Lumière de Dieu dans le Buisson Ardent - ce buisson qui brûlait sans jamais se consumer. Et c'est ce que David dit dans le Psaume 139 : "Où irai-je loin de Ton Esprit, où fuirai-je loin de Ta face? Si j’escalade les cieux, Tu es là, qu’au shéol je me couche, Te voici."

Cet amour de Dieu qui tout imprègne était le thème central de l'Évangile originel. Mais le temps passant, cette compréhension de l'amour a été grandement distordue et pervertie par des enseignements non-bibibliques, non-Orthodoxes.

Examinons une de ces déformations de l'Évangile originel, qui imprègne le catholicisme-romain et le protestantisme : l'idée que la mort vient de Dieu. Ce point de vue erroné est un développement de la fausse doctrine qui prévaut parmi les dénominations non-Orthodoxes, affirmant que la culpabilité du péché qu'Adam a commis et ayant entraîné la Chute, passe de génération en génération à toute l'humanité. C'est ce qui est appelé "l'héritage de la culpabilité du péché originel." Cet enseignement non-biblique, ni les Juifs ni l'Église Chrétienne Orthodoxe ne l'ont jamais soutenu, ni aux temps bibliques ni de nos jours.

La mort vient-elle de Dieu?

Les saintes Écritures disent "Et le Seigneur Dieu fit à l’homme ce commandement: "Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement" (Gen 2,16-17). Peu importe la manière dont le passage est interprété – que ça soit littéralement ou symboliquement – toutes les interprétations considèrent que l'homme s'est détourné de Dieu, et qu'il en résulta qu'il perdit son intimité avec Dieu et chuta dans un état de confusion et de mort. C'est ce qui est appelé "la Chute." Péché, mortalité et mort, tant spirituelle que physique, furent le résultat direct de la désobéissance de l'homme.


Jusque là tout va bien. Jusqu'à la prochaine principal affirmation : que la mort était le résultat direct d'une phrase punitive prononcée par Dieu. C'est-à-dire que Dieu a établi la loi "vous ne mangerez pas de ce fruit, sinon vous en mourrez, sûrement" – et lorsqu'Adam et Eve ont enfreint cette loi, la mort a suivi la proclamation punitive de Dieu. C'est-à-dire que Dieu Lui-même les aurait alors rendus mortels – et les aurait fait mourir. L'action et la punition qui en résulte sont comprises comme étant de nature juridique. Dans cette compréhension non-orthodoxe de la Chute, Dieu n'avait pas d'autre choix que de déclarer qu'Adam et Eve allaient mourir. L'action punitive était requise par une nécessité à laquelle Dieu Lui-même était liée – la nécessité d'être juste.


Par contraste avec cette vision juridique, la vision biblique orthodoxe expose que lorsque Dieu a dit à Adam qu'il mourrait s'il mangeait du fruit défendu, ce n'était que le simple exposé d'un fait. Le Seigneur disait en substance que "si tu te détourne de Moi, la seule source de vie, alors la mort en sera la conséquence." Dieu n'a pas dit "Je vais te tuer," mais plutôt "tu mourras." Puisque Dieu seul a la vie en Lui-même et est la source de toute vie, seule la vie sait sortir de Lui. En se détournant de Dieu, la fontaine vivifiante, l'homme s'est tourné vers la mort.
En mangeant du fruit, Adam et Eve ont cessé de désirer Dieu. Ils ont cessé de chercher après Lui pour leur subsistance, pour leur nourriture, et au contraire ont mangé d'un fruit qui représente le monde. En mangeant le monde, ils ont regardé vers la Création elle-même pour leur subsistance au lieu de vers Dieu. Ainsi donc par cet acte, les premiers parents ont cherché à exclure Dieu de leurs vies, et à vivre de manière autonome – indépendamment de Dieu.


Dans l'Orthodoxie, le péché est bien plus qu'un manquement moral ou l'échec à mener une vie conforme à quelque code comportemental externe. Le péché, c'est ne pas parvenir à mener une vie d'amour et de communion, ne pas parvenir à la plénitude, ne pas être sain, complet. C'est le rejet de la communion personnelle avec Dieu. Le péché nous limite nous-mêmes, nous isolant afin de vivre de manière autonome, indépendante, à mener une vie où l'on se suffit à soi-même. En un sens, le péché est un amour de soi obsessionnel. Pour l'Orthodoxe, l'autonomie absolue de l'individu est un péché, c'est en effet le "péché des origines." Notre offense vers Dieu n'est pas que nous aurions "offensé Son honneur," mais plutôt que nous nous serions détournés de la vie elle-même. Le péché, c'est nier l'image de Dieu en l'homme, et celle de Dieu Lui-même. C'est de l'auto-destruction. Dieu hait le péché, non pas pour ce que cela Lui causerait, mais pour ce que cela nous cause.


La différence entre ces deux conceptions ne saurait être surestimée : la conception non-orthodoxe (qui est communément acceptée par les catholiques-romains et les protestants) insiste que la mort est le jugement rétributif direct de Dieu sur l'homme pour avoir enfreint Sa loi. La lecture Orthodoxe insiste que la mort est une condition que l'homme s'est lui-même imposée en s'étant détourné de Dieu, seule source de vie. En ce sens, c'est un suicide spirituel et physique.
La différence entre ces deux vues est cruciale, car si je crois que al mort viendrait quelque part de Dieu, je serai tenté de voir Dieu Lui-même comme un obstacle qui doit être vaincu si je veux gagner le salut. Clairement, le but alors, c'est d'apaiser un Dieu en colère. Hélas, certains chrétiens voient même la Trinité ainsi : Dieu le Père est vu comme cette figure totalement inapprochable de l'Ancien Testament, avec une longue barbe blanche flottante – féroce, dur, vindicatif et antipathique. Il est le Dieu de justice et de jugement, comme le dieu viking Odin qui écrasait d'éclairs de tonnerre les chétifs, fragiles et mortels humains. Par contraste, Jésus-Christ est vu comme le gentil, aimable et compatissant Agneau de Dieu qui comme Fils cherche à apaiser Son colérique père. (le Saint Esprit est une étrange Personne d'où Il est souvent ignoré).
Dans la compréhension originelle Orthodoxe de l'Évangile, le problème n'est pas légal ou juridque, mais ce qu'on appelle ontologique en théologie. C'est-à-dire qu'il touche à l'essence même de ce que nous sommes – l'état intérieur de notre coeur.


Le refus Orthodoxe de considérer la Chute et le péché comme étant d'abord un problème juridique a un très profond impact sur les développements théologiques qui le suivent. Puisque la mort n'est pas vue comme un problème juridique, alors sa guérison ne l'est pas non plus. Dans le protestantisme, le salut signifie essentiellement échapper à l'enfer et aller au ciel. Dans l'Orthodoxie, le salut signifie non pas être sauvé de la vengeance de Dieu, mais de la puissance, du contrôle, de l'aiguillon et du poison des trois grands ennemis : le péché, la mort et le diable.

A quel point en est notre chute ?


La réponse à cette question dépend de deux choses : quel état l'état à partir duquel nous avons chuté, et dans quel état avons-nous chuté ? Dans le christianisme non-orthodoxe, tant la hauteur dont nous sommes tombés que la profondeur dans laquelle nous avons chuté sont considérées comme bien plus grandes que dans l'Orthodoxie. La forme extrême de cette vision, le calvinisme, voit l'homme comme ayant chuté d'un état de perfection absolue vers un état de totale dépravation, n'ayant conservé aucune capacité en lui de revenir à Dieu.


Dans son livre "L'Église Orthodoxe," le métropolite Kallistos Ware dit que les Orthodoxes "ne peuvent être d'accord avec saint Augustin lorsqu'il écrit que les humains sont dans un état de 'nécessité irrésistible' de commettre le péché, et que 'la nature humaine a été vaincue par la faute dans laquelle elle a chuté, et ainsi vint le manque de liberté.'" La position Orthodoxe est que "l'image de Dieu est déformée par le péché, mais jamais détruite." Il continue en rappelant "dans les paroles d'une hymne chantée par les Orthodoxes à l'Office des Funérailles : 'Je suis l'image de Ta gloire inexprimable, quand bien même je porte les cicatrices du péché.' Et parce que nous conservons toujours l'image de Dieu, nous conservons toujours le libre-arbitre, bien que le péché en limite les capacités. Même après la Chute, Dieu 'ne retire pas à l'homme la capacité de volonté – celle de Lui obéir ou non.'"


Selon saint Irénée (2ème siècle), l'état originel de l'homme était celui de l'enfance spirituelle, de l'innocence et de la simplicité jointe à la pureté morale. L'homme devait parvenir à la ressemblance divine par un lent processus. Il ne voit pas la chute de l'homme comme une rébellion totale mais plutôt comme le désir impulsif de grandir avant que n'en soit venu le temps.


La métaphore de l'oeil endommagé est utile pour comprendre la différence entre les deux points de vue. Le modèle de la dépravation totale voit la Chute comme ayant détruit l'oeil spirituel de l'homme, de sorte qu'il n'est plus capable de la moindre vue spirituelle. Son seul espoir c'est de recevoir un tout nouvel oeil de Dieu. Dans le calvinisme, Dieu décide unilatéralement qui recevra un nouvel oeil et qui n'en recevra pas. C'est appelé la double prédestination, parce que Dieu seul décide (prédestination) qui recevra la grâce irrésistible et ira au ciel, et qui ne recevra pas la foi et ira en enfer.


Par contraste, dans la vision biblique originelle Orthodoxe, la Chute a endommagé l'oeil spirituel mais ne l'a pas complètement détruit [1]. Nous ne sommes pas complètement aveugles. Pourquoi ? Parce qu'ayant été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous conservons encore le libre-arbitre et un certain désir de Dieu.


La manière dont un problème est défini détermine le type de solution qui est recherché. C'est-à-dire que si nous avons un problème légal / juridique, nous irons chez un avocat. Si, d'un autre côté, nous avons un problème médical, nous irons chez un médecin. Très tôt dans le Christianisme occidental, la vue erronée de notre état de chute comme étant principalement un problème juridique a eu pour résultante des solutions proposées dont l'Église Orthodoxe n'a jamais ressenti le besoin.


La vision de la mort comme une malédiction ou un jugement de Dieu a eu pour conséquence le développement parmi les non-orthodoxes de diverses théories d'apaisement ou d'expiation qui n'ont aucun fondement biblique. Ces visions déformées d'expiation – ou de moyen de salut – présentent le Dieu Chrétien comme un Dieu vengeur, vindicatif qu'il convient d'apaiser avant qu'Il ne nous détruise.

Solutions à des problèmes qui n'existent pas.


Historiquement, le christianisme occidental (2) a développé 4 théories expiatoires majeures.

1. Faudra-t'il payer le diable ?
La première importante théorie expiatoire non-bibliques est appelée la théorie de la "rançon" ou "négociation". Elle soutient que dans la Chute, Adam et Eve ont vendu l'humanité au diable. De ce fait, nous sommes devenus la propriété du diable, et la justice demande qu'il lui soit payé une rançon pour notre liberté. C'est de cette idée que vient l'expression "il faudra payer le diable."
La solution présentée par cette théorie, c'est que Dieu a trompé le diable en lui faisant accepter la mort de Jésus comme rançon. La mort et l'Hadès n'ont pas pu retenir Jésus, mais Son sacrifice et Sa mort ont cependant satisfait l'exigence de justice du diable. En S'offrant Lui-même comme l'Agneau sacrificiel de Dieu, Jésus a libéré l'humanité déchue de la revendication que le diable avec sur nous. Ce point du vue a prévalu dans le christianisme occidental mille ans durant après le Christ.

2. Un paiement pour apaiser un Dieu Courroucé ?
Au 11ème siècle, Anselme, archevêque de Canterbury (3) écrivit "Pourquoi Dieu S'est-Il fait homme ?" Cette critique de la théorie de la rançon / négociation a eu pour effet son abandon virtuel. La critique d'Anselme est que le diable est un bandit et n'a rien à revendiquer de l'humanité. Dès lors Dieu n'a pas à lui payer quoi que ce soit afin de nous libérer.
Le principe expiatoire d'Anselme a été appelé la théorie de la "dette" ou "satisfaction". Il se base en partie sur le concept de dépravation totale, qui affirme que le péché de l'homme contre Dieu (qui est total) doit être absolument puni par Dieu. Selon cette théorie, l'honneur et la justice de Dieu demandent que pour éviter cette punition, la dette que la race humaine a envers Lui soit payée ou satisfaite. De nous-mêmes, nous ne saurions payer la dette envers Dieu, parce que nous sommes déchus et pécheurs. Il n'y a que Jésus-Christ Qui pourrait payer ce que nous devons à Dieu, parce qu'Il est sans péché et parfait. En mourant sur la Croix, le Christ a complètement payé cette dette pour chacun d'entre nous. Si nous croyons l'expiation de substitution de Jésus, alors nous sommes pardonnées, et Dieu est libre de nous accorder Sa grâce et Sa miséricorde.
Dans la théorie de la rançon ou négociation, la dette était due au diable. Dans la théorie de la dette ou de la satisfaction, la dette est due à Dieu. Dans cette compréhension, même si nous nous repentons, Dieu est carrément incapable de nous pardonner nos péchés parce qu'Il est contraint par la nécessité de ce qui est appelé "justice divine." La justice divine et l'honneur offensé demandent un dédommagement, un sacrifice, et une punition afin de rencontrer l'exigence de justice avant que Dieu ne puisse nous pardonner. Bien que Dieu est amour, à moins que Sa terrible vengeance ne soit appliquée, selon ce point de vue, Il n'aurait pas d'autre choix que de punir les pécheurs.


Au centre de cette théorie expiatoire de la dette ou de la satisfaction, on trouve le concept de "nécessité." Cette nécessité est analogue au Destin impersonnel (en grec "anangke") qui dirigeait les divinités païennes. Le problème avec ce concept de nécessité, c'est qu'il peut créer un Dieu au dessus de Dieu. Si Dieu est vraiment souverain, alors Il n'est limité par aucune nécessité que ce soit. Il est ce qu'Il est et Il fait ce qu'Il veut sans la moindre contrainte.
Une vue essentiellement légale du péché mène inévitablement à une vue légale du Salut. Si le salut est en tout premier une question de Père punissant le Fils Incarné à notre place, alors comme nécessité juridique, nous incapacité à croire en Jésus force Dieu à nous punir. De telles théologies voient la Croix comme nous sauvant d'une colère punitive de Dieu, légalement déterminée – Dieu le Fils nous sauvant de Dieu le Père. Voir Dieu comme étant vindicatif peut nous causer de grands torts, en particulier si nous croyons que les dégâts physiques et spirituels que nous nous causons par le péché viennent de Dieu (alors qu'en réalité ils viennent de nous). Confondre notre culpabilité avec la colère de Dieu peut nous provoquer la crainte et nous faire Le fuir, ce qui ne fera qu'aggraver notre affaiblissement.
La théorie de la dette ou satisfaction est devenue la théorie expiatoire dominante dans virtuellement toutes les églises non-Orthodoxes. Elle se reflète dans les paroles de nombres d'hymnes occidentales, y compris les paroles d'une hymne protestante populaire, "He paid a debt He did not owe; I owed a debt I couldnot pay" ("Il a payé la dette qu'Il ne devait pas ; j'avais une dette que je ne savais pas payer").


3. La théorie expiatoire de la Substitution Pénale
Les Réformateurs protestants ont retravaillé la théorie de la satisfaction et développé une 3ème théorie expiatoire appelée "substitution pénale." Alors que la théorie de la dette ou satisfaction souligne que le Christ a payé la dette que nous devons à Dieu, la théorie pénale souligne que le Christ a reçu la punition que nous méritons. Selon cette vue, la justice demande que nos péchés soient punis. En souffrant et en mourant sur la Croix, le Christ a reçu la punition de Dieu pour nous, afin que nous n'ayons plus besoin d'être punis. Ce point de vue a acquis une grande popularité et c'est probablement le plus connu des 3 théories non-orthodoxes expiatoires que nous ayons évoquées jusqu'à présent.

Au niveau populaire, les théories expiatoires de la rançon/négociation, de la dette/satisfaction et de la substitution pénale sont combinées, ce qui donne que dans la mort du Christ, on voit un payement effectué à la fois au diable à et à Dieu le Père, et en plus le Christ est puni pour nos péchés.

Une autre variante intéressante de cette théorie expiatoire pénale qui a gagné en importance dans certains milieux protestants, c'est le point de vue que puisque Jésus a souffert la punition que nous devions subir, alors nous n'aurions plus à souffrir dans cette vie-ci ni dans la suivante. Selon cette opinion, que l'on appelle "l'évangile de la prospérité," si les Chrétiens réclament dans la foi la guérison du fait des souffrances de Jésus à notre place, nous n'aurons plus à souffrir et nous seront prospères de toutes les manières. Ce point de vue extrême est celui de petits groupes en pleine croissance dans le protestantisme, et est en particulier populaire parmi les télé-évangélistes.

Il peut être difficile pour nous, qui vivons à une époque si sécularisée et prospère, de comprendre l'énorme impact que la compréhension juridique de l'expiation a eu sur le christianisme non-orthodoxe. Voir Dieu comme un Juge féroce – colérique, vindicatif, déversant Sa divine vengeance sur Son Fils Jésus par "amour" pour nous pécheurs, cela apparaît comme grotesque pour d'innombrables non-Chrétiens. Cela explique en partie pourquoi ils sont si nombreux à ressentir de la répulsion pour les églises institutionnelles et n'admettent admirer Jésus qu'à un niveau strictement privé et non-institutionnel. Cette vision est exprimée avec une force incroyable dans le célèbre sermon de Jonathan Edwards "Pécheurs entre les mains d'un Dieu Courroucé" (cité dans mon livre "Surprised by Christ", ConciliarPress, 2008, pp. ).

Bien entendu, il est nécessaire de reconnaître que sans la Grâce de Dieu, nous sombrerions tous dans les abysses de l'éternelle affliction et peine. Mettre l'accent sur le jugement que nous méritons peut amener quelque repentance. Cependant, cette représentation de Dieu comme vindicatif, carrément brutal – un dictateur dont la colère exprimerait quelque part un amour sous-jacent – n'est pas en accord avec le Dieu Qui nous est pleinement révélé en Jésus-Christ. Il n'est pas étonnant que tant de personnes à qui on a présenté cette image de Dieu ont fuit vers d'autres religions, ou sont devenus athées et anti-Chrétiens.


4. Trop dur à supporter : la théorie expiatoire de l'exemplarité morale.
Ces conceptions juridiques ont été de véritables repoussoirs pour bien d'autres que moi. Les chrétiens progressistes des 19 et 20ème siècles ont désiré découvrir un Dieu plus doux, plus gentil et plus approchable, ce qui les a amenés à retravailler la 4ème vision de l'expiation, appelée la théorie de "l'exemplarité morale", qui avait déjà été popularisée au 11ème siècle par le théologien Pierre Abélard.
Peu après qu'Anselme aie présenté sa vision dette / satisfaction de l'expiation, Pierre Abélard a réagit énergiquement contre la doctrine d'Anselme en demandant pourquoi Dieu aurait exigé la satisfaction pour des péchés qu'Il sait tout simplement pardonner. Abélard exposait que le Père n'avait pas besoin du sacrifice de Son Fils, et que le but premier de la vie du Christ était d'apporter un modèle moral parfait et un exemple d'amour que nous puissions suivre. Abélard réduisit l'importance de la Crucifixion et mit l'accent sur la vie d'amour du Christ. Des centaines d'années plus tard, le point de vue d'Abélard fut repris par les théologiens progressistes qui cherchaient à mettre en avant un évangile social de douceur, bonté et amour.

Bien qu'il y aie du vrai dans cette vision du Christ – car Jésus dit "suivez-Moi" – les Orthodoxes exposent que la vision de l'exemplarité morale est inadéquate. Elle sous-estime l'unicité de la vie, la mort et la Résurrection de Jésus comme Dieu Incarné. Elle ignore aussi la dimension spirituelle, mystique, ontologique et eschatologique – et même cosmique – de la vie du Christ, et au contraire confine Sa vie à une dimension strictement terrestre, morale.


L'origine biblique de la compréhension Orthodoxe du Salut.

La compréhension originelle Chrétienne Orthodoxe de la réconciliation est incarnationnelle. Elle n'a pas son fondement dans la loi ou dans le tribunal, mais dans l'amour et la grâce inconditionnelles de Dieu. Nous commençons avec la compréhension que le pardon et l'expiation (au sens littéral de réconciliation avec Dieu) ne sont pas dans leur essence des concepts légaux ou juridiques. Ils sont principalement de nature thérapeutique, organique, synergique, transformante et pour finir ontologique. En fat, le terme grec traduit par "salut" est "soterias", dont la signification de la racine signifie "santé."
Donc être sauvé signifie bien plus qu'être sauvé de quelque chose, comme la mort ou l'enfer. Cela signifie aussi être guéri, ou retrouver la plénitude. Lorsque Jésus dit "ta foi t'a sauvé" (Lc 7,50), Il veut dire "ta foi t'a guéri," ou "ta foi t'a fait revenir à la plénitude." Le pardon et la réconciliation appartiennent à la participation de Dieu à Sa Création afin de renouveler Son image et ressemblance en nous, et nous amener à la plénitude et l'épanouissement. Pour être soigné, nous n'allons pas chez un avocat ou chez un juge. Pour guérir, nous allons chez un médecin – et Jésus est le Grand Médecin.

Dans l'Orthodoxie, nous n'expérimentons pas Dieu comme seulement un Juge, mais dans les Offices nous parlons de Lui comme "le Philanthrope" [ami de l'Homme]. La théologie incarnationnelle Orthodoxe, qui est au coeur de l'Évangile originel, enseigne que Dieu Lui-même, la seconde Personne de la Trinité, S'est incarné, non pas pour payer une dette au diable ou à Dieu le Père, non pas pour être une offrande de substitution pour apaiser un Dieu juste, mais afin de nous sauver de notre condition déchue et nous transformer, nous permettant de parvenir à la déification. La manière que Dieu a choisie pour nous délivrer de notre condition – notre maladie, chute, mortalité, corruption et péché – a été d'assumer Lui-même notre nature humaine et de participer avec nous aux limitations que l'état de créature implique. Pardonner nos péchés n'est qu'une infime partie d'un tout, car le pardon en lui-même n'est pas suffisant pour assurer la guérison, la purification, la plénitude et la transfiguration. La participation organique actuelle à la vie du Dieu Incarné est requise, en plus d'être pardonné.

L'Évangile biblique originel parle souvent du Salut comme d'une expérience organique qui est par excellence non-juridique. Les mots et les phrases utilisés incluent : être crucifié avec, mourir avec, être enseveli, ressuscité et vivre avec le Christ et en Christ ; être uni et avec le Christ, de même que revêtir le Christ. Ils parlent aussi de demeurer en Lui et Lui en nous, d'être un avec lui, marié au Christ, membres de Son Corps, et un de chair avec le Christ.

Placer la Chute, le péché et la mort dans un cadre légal mène à voir la Personne et les oeuvres du Christ comme faisant partie de ce même cadre légal. Accepter notre héritage de la faute d'Adam mène à une compréhension de culpabilité juridique pour le péché comme étant notre principal problème, ce qui résulte dans la croyance qu'une fois la justice divine satisfaite sur la Croix, la rédemption est complète. C'est pour cela que nombre d'expressions du Christianisme semblent creuses et simplistes : sanctification, vertu, sainteté, vie en Christ, transfiguration, union et communion avec Dieu étant vues comme à ajouter à la rédemption et au salut, et pas partie intégrante de leur essence même.

L'Évangile originel insiste que Jésus assume notre humanité afin de la purifier, guérir, illuminer et transfigurer. Nous sommes sauvés de quelque chose (à savoir la mort, le péché, et le diable) afin d'être sauvés pour quelque chose d'autre (l'union et la communion avec Dieu). L'union et la communion avec Dieu, c'est un voyage d'amour s'approfondissant sans cesse, qui commence dans cette vie-ci et – parce que l'amour de Dieu est infini – se poursuit éternellement.

P. James
A. Bernstein

Saint Paul Orthodox Church, Brier (Seattle), WA, USA
Ce livret est adapté d'une conférence donnée par le p. James Bernstein à Oklahoma City, Oklahoma USA, le 19 juin 2009.

© 2009 Conciliar Press. Publié à l'origine sous forme de livret par Conciliar Press, www.conciliarpress.com . Utilisé avec autorisation. Traduction "blog Saint Materne" couverte par le même copyright. Toute reproduction (même partielle) de cette publication, en ligne ou imprimée, requiert la permission écrite préalable de l'éditeur, Conciliar Press




Source : "the original Christian gospel"






Cette brillante conférence mérite cependant selon moi quelques précisions et / ou éclaircissements, d'où ces "Notes de traduction" :

1. Que l'on se rappelle que Caïn et Abel présentaient des offrandes à Dieu. Et que la Bible mentionne que dès la "génération suivante" (au sens symbolique bien entendu, pas paléontologique), Henoch commença à invoquer le Nom du Seigneur. L'oeil spirituel est bien endommagé mais pas détruit, c'est "biblique."

2. L'auteur parle ici du catholicisme-romain, protestantisme, etc. Pas du Christianisme occidental tel qu'on le trouvait jusqu'aux Carolingiens, qui lui était bien Orthodoxe et n'a jamais développé doctrinalement de telles théories non-bibliques. Orthodoxes, saint Ambroise de Milan, saint Colomban de Luxueil ou saint Eleuthère de Tournai ne l'étaient pas moins que saint Jean Chrysostome ou saint Grégoire de Nysse ; au Concile Oecuménique de Chalcédoine, c'est saint Léon le Grand, évêque et pape de Rome, qui a été acclamé par les pères conciliaires comme "champion de la Foi" ; et saintBasile le Grand n'aurait jamais rédigé sa "Lettreaux évêques d'Italie et des Gaules sur l'état des Églises" pour demander leur aide face aux innombrables hérésies déchirant un Orient pas si Orthodoxe si au contraire chez nous, la Foi de l'Église n'avait pas été parfaitement Orthodoxe.. On pourrait multiplier les exemples à l'envi, jusqu'au 8ème Concile Oecuménique compris (879-880). Le terme "christianisme occidental" est très mal utilisé de nos jours dans l'Église et c'est dramatique.

Lorsqu'il évoque la "rançon" du Christ descendant dans l'Hadès et trompant ainsi le diable, que l'on relise bien des hymnes dans la Liturgie hellénique et on trouvera ce genre d'image où "la mort" est personnifiée et présentée comme ainsi trompée, voire le diable roulé. Exemple avec cet apostiche des Vêpres du Vendredi Saint :
"Quand, Rédempteur de l'univers, Tu fus déposé pour tous dans le tombeau nouveau - l'enfer joué fut terrifié de Te voir - Ses verrous rompus et ses portes brisées - les sépulcres s'ouvrirent et les morts ressuscitèrent - Alors Adam rendit grâce et se réjouit de Te dire - Gloire à ta descente parmi nous, Dieu qui aimes l'homme. "
Une expression poétique n'est pas à prendre au pied de la lettre, n'est pas un Canon doctrinal de Concile Oecuménique. Je ne souscris donc pas totalement à ce point particulier de la démonstration de l'auteur. D'autant que sur les innombrables auteurs de l'époque d'avant la "chute de l'Occident" déjà lus, je n'ai jamais rencontré une sorte de fondement dogmatique d'un tel point de vue.

3. Par contre, la théorie d'Anselme est, elle, bel et bien devenue leur théologie très longtemps durant, et toujours actuelle chez leurs "tridentins." On rappelera que Canterbury n'était plus Orthodoxe depuis 1066 et l'invasion militaire de l'Angleterre, avec appui du pape germano-romain, et toute l'Église avait vu sa Foi apostolique remplacée par la religion des envahisseurs.


Il faut faire attention aux amalgames et aux anachronismes en matière d'Occident et de Foi, telle est ma remarque finale. Il circule beaucoup d'affirmations sur l'Occident du 1er millénaire qui ne sont pas souvent assorties des éléments probants. Tel auteur cite tel Père occidental mais il ne l'a pas lu "dans le texte" (et en latin de préférence), non, il l'a lu chez untel qui cite untel qui cite untel qui.. et c'est en vain qu'on va lire le Père occidental incriminé, on n'y retrouve pas la citation qui base l'affirmation. Par contre il m'est arrivé de retrouver sur telle ou telle polémique la citation comme venant.. des célèbres "chaînes" de Thomas d'Aquin (qui a compilé des sources carolingiennes dont on connaît le peu de fiabilité et les volontaires falsifications); mais rien chez l'auteur originel.. L'amalgame est facile. Saint Photios le Grand, lui, allait lire chez les auteurs latins et en latin. Il n'a pas trouvé à redire de la Foi de l'Église en Occident et la pleine communion de Foi régnait à son époque avec le pape romain Jean VIII - d'où ils ont souscrit ensemble au 8ème Concile Oecuménique. Cette vérité théologique me suffit comme conclusion.




26 février 2013

Évangéliser une population déjà chrétienne? Étonnant récit d'Irak

On rapporte cette histoire de missionnaires Protestants qui étaient partis pour l'Irak dès que cela était devenu possible. Ils étaient entrés dans un village et avaient découvert que les gens y étaient déjà Chrétiens. Surprise des missionnaires, qui demandèrent qui avait converti le village.
Après quelques instants de réflexions, on leur répondit "Ce fut saint Paul"...
[..]
"La Tradition de l'Orthodoxie remonte loin dans les siècles - jusqu'aux Apôtres eux-mêmes. Et ceci est universellement accepté dans le christianisme. Il y a une "nuée de témoins" pour le prouver. Les Apôtres, Pères, Saints, Martyrs, etc. Même les historiens non-religieux reconnaîtraient l'Orthodoxie comme l'antique forme de la Foi Chrétienne."

source
http://www.orthodoxchristianity.net/forum/index.php?topic=45651.40;wap2



There was a story going around about Protestant Missionaries who went to Iraq after it became possible. They drove into a village and found out that the people there were already Christians. Surprised, the missionaries asked who had converted the village.
After a moment or two, they replied "It was St. Paul"
[...]
"Tradition of Orthodoxy going back centuries - to the apostles themselves. And this is universally accepted in Christendom. There is a "cloud of witnesses" to this. The Apostles, Fathers, Saints, Martyrs and so on. Even a secular historian would recognise Orthodoxy as an ancient form of the Christian faith"



Rien n'a arrêté les Chrétiens Orthodoxes depuis le temps de leurs ancêtres les Apôtres! Rien!

22 janvier 2013

S'opposer au mal (pasteur-martyr Dietrich Bonhoeffer)

Garder le silence en face du mal, c'est un mal en soi : Dieu ne nous tiendra pas pour innocent. Ne pas parler, c'est quand même exprimer quelque chose. Ne pas agir, c'est quand même faire quelque chose.
Pasteur Dietrich Bonhoeffer





Silence in the face of evil is itself evil: God will not hold us guiltless. Not to speak is to speak. Not to act is to act.
Dietrich Bonhoeffer

19 janvier 2013

P. Païssios, un Protestant, des saints et des icônes

Le père Païssios répond à des questions de Protestant sur les saints et les icônes.
Question: Le Seigneur nous a enseignés à prier Dieu le Père. L'Église Orthodoxe prie la Theotokos / Mère de Dieu et les saints, qui n'étaient que des humains. Est-ce exact?

Réponse: Écoutez, toutes les prières vont à Dieu. Nous prions la Panagia et les saints, en fait nous leur demandons qu'ils prient eux aussi le Seigneur pour nous. Leur prière a grande puissance.

Question: Oui mais la Panagia et les saints étaient des humains, et ils sont morts. Ils ne nous entendent pas, et ne sont plus présents nulle part. Peut-être même que Dieu est fâché que nous les prions.

Réponse: Mon enfant, pour Dieu, personne ne meurt. Lorsque quelqu'un meurt physiquement, il est mort pour nous qui vivons encore ici sur terre. Il n'est pas mort pour Dieu. Et si cette personne a de l'audace devant Dieu, il apprend du Christ que nous sollicitons ses prières, il écoute et se réjouit à travers le Christ. La prière des justes a grande puissance.

Question: Le Seigneur a dit "Je suis le Seigneur ton Dieu. Ne te fabrique pas d'idoles ou d'images. Ne les vénère pas, ne les adore pas, car Je Suis le Seigneur ton Dieu, et Je Suis un Dieu jaloux" L'Église Orthodoxe vénère des icônes. Est-ce vrai?

Réponse: Regarde, la mère qui a son enfant partit à la guerre craint pour lui jour et nuit. Elle est très inquiète pour lui. Soudain, elle reçoit une lettre de son enfant, avec une photo dedans. Lorsqu'elle la voit, que fait-elle? Elle la prend en main, et elle l'embrasse, elle la porte sur sa poitrine, contre son coeur. Alors que crois-tu? Une telle mère avec un tel désir passionné pour son enfant, crois-tu qu'elle embrasse une photographie? Elle fait comme si elle embrassait son enfant. C'est le même comportement pour ceux qui sont passionnés de la Panagia et des saints qu'ils vénèrent. Nous ne vénérons pas les icônes parce que ce sont des icônes, mais parce que ce sont des saints représentés dessus. Et eux, pas parce qu'ils existent, mais parce qu'ils ont souffert pour le Christ. C'est vrai que Dieu est un Dieu jaloux. Cependant pas pour Lui-même, mais pour le démon. Le Père n'est pas jaloux de Ses enfants. Ne vous en faites pas, le Seigneur Se réjouit lorsqu'Il vous voit honorer et aimer Sa mère et Ses saints.
P. Païssios l'Athonite



Question: The Lord taught us to pray to God the Father. The Orthodox Church prays to the Theotokos and the Saints who were people. Is this correct?

Answer: Listen, all prayers go to God. We pray to the Panagia and the Saints, that is, we request that they pray also to the Lord for us; their prayer has great power.

Question: Yes, but the Panagia and the Saints were people and they died. They do not hear us, nor are they present everywhere. Perhaps God is angry that we pray to them.

Answer: My child, to God no one dies. When someone dies, they died to us who still live on earth. They do not die to God. And if that person has boldness before God, they learn from Christ that we are requesting their prayers, though Christ listens and rejoices. The prayer of the righteous has great power.

Question: The Lord says: 'I am the Lord your God. Do not make idols or images. Do not venerate these, nor worship them, for I am the Lord your God and I am a jealous God.' The Orthodox Church venerates icons. Is this correct?

Answer: Listen, the mother who has her child in a war fears for him day and night. She has much to worry about. Suddenly she receives a letter from her child with a photo inside. When she sees it, what does she do? She takes it into her hands and kisses it, she puts it to her chest to touch her heart. So what do you think? Such a mother with such passionate desire that she has for her child, do you believe she is kissing a photograph? She believes she is kissing her child. The same is believed by those who have a passionate desire for the Panagia and the Saint they are venerating. We do not venerate icons because they are icons, but because of the Saints. And these not because they are people who exist, but because they suffered for Christ. It is true that God is jealous. Not however for His own, but for the devil. The Father is not jealous of His children. Do not worry, the Lord rejoices when He sees you honoring and loving His Mother and His Saints.

26 juin 2012

Comment l'Église (Orthodoxe) comprend l'Évangile (Fondation apologétique saint Justin)



https://www.facebook.com/notes/saint-justin-the-philosopher-foundation-for-orthodox-christian-apologetics/the-gospel-as-understood-by-the-orthodox-church/297233733686601

par Saint Justin the Philosopher Foundation for Orthodox Christian Apologetics, lundi 23 avril 2012, 10:44 ·


Nombre de Protestants demandent aux Chrétiens quelle est la lecture et compréhension Orthodoxe de l'Évangile. Voici notre essai de clarification quant à ce qu'est l'Évangile:

La bonne nouvelle, l'évangile, c'est que le Royaume des Cieux a fait irruption dans notre règne, par l'Incarnation, la vie, la mort et la Résurrection de Jésus Christ. Si nous avons une compréhension erronée de tout ce que cela signifie, alors cela mènera à de grandes erreurs de pratique, qui vont sérieusement gêner notre entrée dans le Royaume de Dieu. Par exemple, le théologien calviniste Sinclair Ferguson décrit sa vie spirituelle comme "apporter ses péchés devant la Croix." Par là, il veut dire la mise en pratique de la substitution pénale. Lorsqu'il pèche, il se sent coupable parce que Dieu serait en colère contre lui. A ce moment-là, il se souvient que Dieu a déjà punit Jésus pour ses péchés à lui, alors il les apporte devant la Croix pour se débarrasser d'une culpabilité. Mais est-ce que cela le déifie? Notez ce terme, "déifier." Fergusson n'a jamais utilisé ce mot pour parler du Salut. Permettez-moi de vous expliquer. Notre Seigneur, le Fils pré-éternel et Verbe du Père, est pleinement divin. De toute éternité, Il a eu toutes les propriétés de la divinité communes au Père, au Fils et au Saint Esprit. L'homme a été créé à l'Image et à la Ressemblance de Dieu. Les saints Pères l'interprètent ainsi: l'homme reflète certaines propriétés de Dieu, mais ne les reflète pas entièrement. Ce n'est pas un "manque", mais plutôt un constat que Dieu est infini, et que la luminosité de la réflexion de Dieu par l'homme peut croître indéfiniment. Ainsi, Adam était "très bon." Mais il n'était pas aussi bon qu'il aurait pu l'être. Si cela avait été le cas, le texte hébreux aurait dit "très très bon." Adam reçu autorité sur le Jardin. Participant à la Grâce de Dieu, il pouvait lui-même refléter Dieu plus brillamment, et, comme gestionnaire de la Création de Dieu, comme "grand prêtre" pourrait-on dire, il pouvait guider toute la Création à plus brillamment refléter la grâce de Dieu.

A ce point précis, il nous faut brièvement commenter la signification de la "grâce" d'après les saintes Écritures et les saints Pères. Les Protestants interprètent la grâce comme signifiant la "faveur de Dieu non-méritée." C'est une interprétation incorrecte.

La Grâce n'est pas une "faveur de Dieu non-méritée", mais fait référence à la puissance de Dieu actualisée dans le monde. Par exemple, dans le 1er chapitre de l'Évangile de saint Jean, notre Seigneur est décrit comme étant "plein de grâce et de vérité." Comment le Christ pourrait-Il être plein d'une "faveur non-méritée?" Dans le 3ème chapitre de l'Évangile de saint Luc, le Christ est décrit comme "croissant en grâce et en stature." Comment le Christ pourrait donc croître de faveur non-méritée? Une lecture plus en accord avec le texte biblique, c'est la compréhension de la grâce comme la "puissance de Dieu actualisée dans le monde." C'est cela que les Chrétiens signifient par les "énergies de Dieu." Dieu ne saurait être connu en Son Essence. Mais l'essence de Dieu est actualisée dans le monde par Ses énergies incréées. Ces énergies sont vraiment et réellement Dieu, et elles sont le moyen de participation à la vie de la divinité. Adam aurait grandit dans son reflet de la ressemblance divine en Ses énergies, mais puisque nul homme ou ange ne saurait avoir part à l'essence divine, il n'aurait jamais pu être "absorbé" en Dieu. Il aurait toujours été un Adam déifié, ne perdant jamais son existence personnelle. Quoiqu'il en soit, ce chemin de déification était la bonne voie, qu'Adam suivait. Hélas, par les événements que nous connaissons tous, Adam s'est détourné du droit chemin. Le serpent lui promit qu'il "serait comme Dieu." Vouloir être comme Dieu n'était pas l'erreur d'Adam - on notera en passant que le fait que nombre de Protestants le croient pourtant reflète à quel point ils ont complètement perdu la notion de déification. Nous devrions tous vouloir être comme Dieu. Le saint Apôtre Pierre dit que "nous avons à être saints, comme Lui est saint". Alors pourquoi voudrions-nous être autrement que Dieu? Non, l'erreur d'Adam était d'essayer d'être déifié (c-à-d refléter plus entièrement les propriétés de Dieu), mais HORS de Dieu. Ce n'était pas la fin de la Chute. Le Verbe pré-incarné apparut à Adam et lui demanda ce qu'il avait fait. Les Pères enseignent que si à ce moment-là, Adam avait honnêtement reconnu sa faute, repenti et promit dorénavant obéissance, le serpent aurait perdu, et Dieu aurait réconcilié Adam avec Lui-même. Mais Adam ne le fit pas. Adam mentit, et attribua la responsabilité à sa femme.

Ainsi, Adam fut chassé du Jardin d'Eden, et toute la Création dont il avait été fait le gestionnaire, sombra dans la corruption, la mort et la pourriture. Bien que l'image puisse être utilisée de manière métaphorique, la mort ne peut pas être décrite comme étant littéralement une punition de Dieu. Dieu n'avait pas dit à Adam "si tu en mange, Je te tuerai" mais "si tu en mange, assurément, tu mourras." La mort est simplement le résultat naturel de se détourner de l'unique source de vie. La corruption, la mort, la pourriture, dès alors, sont devenues des éléments de l'expérience humaine. Et dans un passage important mais souvent ignoré, Moïse écrit "lorsqu'Adam atteint l'âge de 130 ans, il enfanta un fils à sa propre ressemblance, à sa propre image, et l'appela Seth." Voilà "l'image d'Adam" décrite dans le Nouveau Testament. C'est l'image de Dieu dans un état de corruption et d'imperfection. L'Ancien Testament, même en ce qui concerne les prophètes et patriarches déifiés, est un récit décrivant comment l'homme essaie d'atteindre Dieu, et échoue sans cesse. Ils n'ont pas su atteindre cet idéal de sans cesse refléter plus encore l'Image divine. Même les saints de l'Ancien Testament n'ont pas su atteindre la pleine gloire, parce que l'humanité était réduite en esclavage.

C'est là qu'arrive le Christ. Le Verbe de Dieu, pré-éternel, infini et que rien ne saurait contenir, devint un être humain. L'éternel Logos divin acquis la nature humaine. C-à-d qu'Il acquit l'étendue des propriétés communes à tous les êtres humains. En assumant l'humanité en Lui-même, Il la déifia. La nature humaine fut parfaitement unie et amenée en communion avec le Logos de Dieu, et ainsi devint complètement déifiée au moment même de l'Incarnation. Le Christ, la parfaite Image de Dieu (Colossiens 1,15), a reconstruit l'Image de Dieu en l'homme en devenant Lui-même homme. Le Christ a grandit, sanctifiant toutes les étapes de la vie en Sa propre Personne. Lorsque le Christ annonça Son ministère public, ce n'était pas pour que ça soit une collection de pieuses maximes morales avant qu'Il n'arrive à ce qui aurait vraiment compté, c-à-d la Crucifixion. Non. Chaque miracle et acte du Christ, chaque parole qu'Il a prononcée, a une immense importance dans la vie Chrétienne. En se soumettant lui-même à la mort, Adam s'est soumis de lui-même à satan. Et satan était le "prince de ce monde", et le peuple de Dieu un petit mouvement de résistance. La plupart des faux dieux tout au long de l'histoire pré-Chrétienne étaient diaboliques. Nombre de civilisations pré-Chrétiennes étaient sous contrôle direct des légions de satan. C'est une vérité effrayante, mais si l'on lit le Livre de Daniel, on y trouve des références aux princes démoniaques et dirigeants de nations bien précises. Dès lors, lorsque le Christ annonça "le Royaume de Dieu est là", ce fut une vérité bouleversant le monde. Une déclaration de la fin de la toute puissance de satan, que Dieu était enfin venu pour tout redresser. Cependant, les Israélites attendaient cela dans un sens temporel. Ils attendaient que le Messie Juif viendrait et mènerait une armée pour chasser les Romains, et rétablir un gouvernement juif en Terre Sainte. L'infâme Empire Romain n'était qu'un symptôme de la maladie, notre Seigneur le savait bien, et dès lors Il S'attaqua à la source du problème - satan. Lorsqu'il chassait des démons, c'était une déclaration que Dieu en avait fini avec eux, qu'ils allaient être chassés pour de bon. Lorsque le Christ guérissait des malades, c'était déclarer que le règne de la corruption de la chair arrivait à sa fin. En clair, tout cela, c'était des moyens pour annoncer que la corruption, la mort, le règne démoniaque, tous touchaient à leur fin. Lorsque le Christ enseignait, Il nous donnait la véritable Torah, celle dont la Torah de Moïse n'était qu'une ombre. La Torah du Christ était celle du coeur. Le Christ exposait comment l'homme vivrait dans le Royaume. Cette Torah changea le coeur de l'homme, et c'est pour cela que le Seigneur dit que "le Royaume de Dieu est en vous" (Luc 17,21, texte grec). Ainsi donc, le ministère du Christ avait 2 fonctions étroitement liées. La première était d'annoncer la proximité du Royaume de Dieu, et la seconde, en prêchant une Torah du coeur, de décrire comment l'homme vivrait dans ce Royaume.

Le grand et saint Vendredi, notre Seigneur Jésus fut crucifié pour nos péchés. Bien que cette phrase soit reconnue par à peu près tous ceux qui confessent le Nom du Christ, ce qu'elle signifie réellement est l'objet d'intenses débats. La plupart des protestants suggèrent que Dieu aurait déversé Sa colère sur le Christ de sorte qu'Il n'aurait plus à la déverser sur nous dans l'Hadès / enfer. (ndt: et le catholicisme-romain quelque part aussi, avec le concept "atonement" d'Anselme de Canterbury). Les scolastiques (Thomas d'Aquin etc; ndt) suggèrent que le Christ, en mourant d'une mort terrible et honteuse, aurait généré une réserve infinie de mérites honorables, qui seraient accessibles par les sacrements et les bonnes oeuvres. L'Église cependant, à travers ses prophètes, Apôtres et Pères, a une doctrine très différente. Il a été rappelé ci-dessus qu'Adam avait rendu la souffrance, la corruption et la mort parties de l'expérience humaine. Le Christ est venu pour reconstruire l'Image divine à travers Sa propre Personne incarnée. Afin de sanctifier la totalité de l'expérience humaine, la terrible vérité, c'est que Dieu avait à prendre part même à la mort. Il avait à descendre jusqu'au plus bas niveau de l'existence humaine. Et Il le fit. Le Christ souffrit énormément, et mourut d'une des plus honteuses morts connues de l'homme. Il endossa toutes nos souffrances, nos peines, nos maladies et nos afflictions. Et parce que c'était le Dieu infini Qui entrait dans toutes ces choses, Il les guérit toutes. C'est pourquoi le prophète Isaïe disait "par Ses blessures, nous sommes guéris." Satan, détenteur du pouvoir de la mort, crû avoir gagné. Il s'était emparé du Messie de Dieu. Ce qu'il n'avait pas réalisé, c'est que le Christ ne S'était jamais soumis à son autorité démoniaque. Le Christ n'était jamais entré dans la communion avec satan. Mais satan Le reçut quand même, et ce fut sa plus grande erreur. Satan n'ayant en réalité aucun pouvoir sur la mort, le Christ S'en libéra, et libéra et emmena en Paradis aussi les esprits qui étaient en communion avec Lui. Satan était désarmé. Le Christ avait dit qu'Il "désarmerait le fort", et Il le fit. Dans l'Apocalypse, le Christ dit que c'est LUI Qui "détient les clés de la mort et de l'Hadès / enfer;" C'est une profonde et glorieuse vérité. Le Christ était descendu dans les tréfonds de l'existence humaine. Il élevait à présent l'expérience humaine aux plus hautes cimes de l'expérience divine. C'est ça, le message de la Résurrection! La Résurrection, c'est l'introduction de l'humanité dans les lieux les plus élevés. C'est la déification du corps lui-même. Alors qu'auparavant, le corps avait été une prison de corruption, maladie et mort, à présent en Christ, c'était une glorieuse bénédiction. Il était renouvelé, déifié, rendu incorruptible.



Cependant, l'homme a toujours la liberté de choix. Dieu désire que tout homme entre en communion avec Ses énergies, Son amour. Mais l'amour véritable requiert la liberté. Si nous choisissons de ne pas être déifié, alors tel est notre choix. Si nous désirons ce merveilleux état de déification, alors comment faire? La première chose à faire, c'est avoir la foi. Car la foi est le fondement de toute la vie Chrétienne. Elle est cette attitude particulière qui ne considère pas Dieu comme un législateur distant, mais un Père tout proche, miséricordieux et bon. Celui qui agit en conformité à sa foi sera assurément sauvé. Il faut insister que la foi ne garantit pas qu'on agira en conformité avec la foi. On peut avoir la foi, mais si on n'agit pas en conformité avec elle, alors la foi meurt. Si quelqu'un AGIT conformément à la foi, alors il choisira d'être baptisé. Saint Paul nous le dit, ce Baptême nous revêt du Christ. Il nous revêt de Sa mort et Sa Résurrection. Il nous libère de la soumission à satan, qui s'empare de tout homme qui commet le péché, ne fut-ce qu'une seule fois. Ce système satanique est un système de loi. Une fois baptisés, nous en sommes libérés, car nous devenons "en Christ."
Comme satan n'avait nulle autorité sur le Christ, ainsi perd-t'il autorité sur tout homme qui est "en Christ." Nous nous retrouvons dans un autre système, un "système", où le but est "d'être participants à la nature divine" (2 Pierre 1,4), et d'être rendus "conformes à l'image de Son Fils" (Romains 8,29). Lorsque nous sommes oint de l'huile de Dieu - la Chrismation, décrite dans les Actes d'Apôtres et appelées "imposition des mains" - nous sommes habités par le Saint Esprit. Cette Chrismation fait vraiment partie du mystère du Baptême. Le Saint Esprit est notre seul espoir. Il est Celui Qui demeure en nous, Qui répand la grâce sur nous, et par Sa puissance nous pouvons accomplir toutes bonnes oeuvres, lesquelles sont requises pour le Salut. Ce n'est pas l'ouvrage que quelqu'un réalise sur son lieu de travail pendant un certain nombre d'heures et pour lequel le patron lui versera un salaire. Ça c'est le principe d'obligation, si fortement repoussé par saint Paul en Romains 4,4. Si nous oeuvrons ainsi, il n'y a pas de relation avec le patron. C'est simplement quelqu'un qui travaille et perçoit un juste salaire. Mais Dieu ne nous doit rien. Le Salut en lui-même requiert une COMMUNION intime avec Dieu, dès lors si quelqu'un accomplit ces oeuvres sans relation avec le Christ, la communion ne s'améliore pas, et ces oeuvres brûleront au Jugement Dernier. C'est pour cela que saint Seraphin de Sarov enseigne que seules les bonnes oeuvres accomplies pour l'amour du Christ nous apportent la grâce du Saint Esprit.
NT Wright décrit les oeuvres qui sauvent de la sorte. Les seules oeuvres qui apportent le bénéfice du salut sont celles qui sont organiquement liées à leur résultat. Par exemple, quand vous vous faites un nouvel ami, vous pourriez vous décrire comme "travaillant" à cette relation. Mais ce n'est qu'à prendre dans le sens que discuter, se fréquenter, lui consacrer du temps, cela produit naturellement une relation amicale. Si vous aviez été à sa maison, aviez tondu la pelouse, sans pour autant lui parler, cette "oeuvre" n'aurait pas produit de relation amicale. C'est la même chose avec Dieu. Prier, jeûner (car le jeûne étouffe les passions), communier aux vrais Corps et Sang du Christ dans l'Eucharistie, tout cela sont des moyens pour entrer en communion et relation avec Dieu. Ils produisent naturellement la communion avec Dieu.

Par Son Incarnation, Sa mort, et Sa Résurrection, le Christ a élevé le Peuple de Dieu - qui existait déjà sous la forme de l'ancien Israël - à l'état le plus haut et avancé qui puisse être, à savoir être Son propre Corps, que nous appelons l'Église.
L'Église est le Peuple de Dieu qui a pris part à la Nature divine de Jésus Christ et par le Saint Esprit. L'Église n'est "nécessaire pour le Salut" que parce que le Christ est nécessaire pour le Salut. C'est uniquement par le Christ que l'homme peut être sauvé, et l'Église est la présence du Christ dans le monde. C'est signifié d'une manière bien plus que symbolique. L'Église est une communauté eucharistique. C'est l'Eucharistie qui crée l'Église. Saint Paul dit "la Coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le Pain que nous rompons, n'est-il pas communion au Corps du Christ? Parce qu'il n'y a qu'un Pain, plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce Pain unique." (1 Corinthiens 10,16-17)
L'Église est la Présence du Christ au monde du fait de la sainte Eucharistie. Nous devenons "un seul corps en Christ" en participant au Corps du Christ dans la sainte Eucharistie. Telle est la condition normative des choses sous la Nouvelle Alliance. Le Bon Larron sur la croix était-il membre de l'Église? Oui, car il était uni au Christ pour la rémission des péchés dans le Salut. Bien entendu, comme à ce moment-là le Christ n'était pas encore ressuscité, et le Saint Esprit pas encore répandu, on ne pourrait considérer ce bandit en croix comme un exemple normatif menant au Salut.
Moïse et Élie étaient aussi membres de l'Église, parce que l'Église n'est pas une organisation qui existe en ce monde, elle est une réalité céleste, contenant TOUT le Peuple de Dieu, rendue manifeste et visible en ce monde sous la forme des Communautés Eucharistiques.
Bien qu'à sa mort, l'homme expérimente un avant-goût de cette destinée éternelle, lorsque son corps et son âme sont séparés, ça reste un état non-naturel. Le Jour du Jugement Dernier, le Seigneur reviendra sur terre pour juger toute l'humanité. Ce "Jugement" est simplement le fait de placer chaque personne dans la situation que la condition de son âme requiert. Le Christ déifiera la Nouvelle Création. La grâce de Dieu sera en tous et par tous. Pour celui qui sera orienté vers Dieu, cela signifie qu'il continuera éternellement son voyage de déification. Pour celui qui est détourné de Dieu, les énergies de Dieu n'inspireront qu'une augmentation de la résistance à Dieu. Ainsi, celui qui s'était prélassé en étant sur la mauvaise voie continuera à jamais en cette voie. Son Image divine sera déconstruite à jamais, il deviendra toujours plus mauvais et égoïste. L'état de vivre éternellement sans le moindre amour pour autrui, et de vivre avec d'autres qui sont pareils, c'est ça, l'Hadès, l'enfer. L'état de vivre éternellement, dans un corps déifié et glorifié, dans une condition d'amour et de béatitude éternellement croissants, et de vivre sous le règne direct du Christ, le Roi, avec tous les autres qui servent avec amour le Christ Roi, ça c'est le Paradis. Cela ne veut pas dire que nous n'aurions rien à faire sur la Nouvelle Terre. Non, nous les porteurs de l'Image de Dieu pour toute la Création, ensemble avec Jésus-Christ, Qui est l'ultime Image de Dieu, nous oeuvrerons à jamais à notre mission de déifier toute la Création. Ca, c'est la joie éternelle.