"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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07 février 2016
Saint Richard, roi du Wessex & Confesseur
Mort en 722. Une fois christianisés, les Anglo-Saxons se sont distingués pour le patronage royal accordé à l'Église Chrétienne, et par la manière dont les rois et leurs familles ont oeuvré à répandre l'Évangile dans leurs propres pays et au-delà des mers. Saint Richard et sa famille sont des exemples remarquables. Il fut un des rois ou princes du Wessex, parent de la maison royale du Kent, et épousa Winna, elle-même descendante de Cerdic et tante de Boniface de Crediton.
Richard fut élevé chrétiennement et sa Foi était réelle et solide. Quand son fils aîné Willibald eut 3 ans, il tomba gravement malade, et il ne semblait pas y avoir d'espoir de le voir guérir. Son père l'enveloppa dans un linge et, montant sur son cheval, il parcourut à travers la nuit jusqu'à un crucifix à un carrefour près du village où ils habitaient. Butler nous rapporte :
"Saint Richard, pendant qu'il vivait, obtint par ses prières la guérison de son jeune fils Willibald, qu'il déposa au pied d'un grand crucifix érigé dans un lieu public en Angleterre, alors que la vie de l'enfant était en grand danger suite à une maladie grave."
Richard plaça l'enfant au pied de la croix et s'agenouilla en prière, suppliant pour la vie de son fils. Willibald guérit, et 2 ans plus tard, il fut confié à Egbald, abbé de Warham, près de Winchester, afin d'être élevé.
Quand Willibald fut adulte, il retourna dans sa famille avec le désir de répandre la Foi au loin, et il persuada son père et son frère de l'accompagner en pèlerinage à Rome et en Terre Sainte. Richard avait une fille, Walburge, née d'un second mariage, et elle entra au Couvent de Wimborne, sous l'abbesse Tetta. Quand Richard renonça à ses territoires royaux, il fit voile avec ses 2 fils depuis Hamblehaven près de Southampton. Ils firent un voyage d'agrément à travers la France, passant du temps dans divers centres Chrétiens, dont Rouen, et il semblerait que durant ce voyage, Richard fit profession monastique.
Ils atteignirent l'Italie et parvinrent à Lucca, où la cathédrale avait été bâtie par un moine Irlandais appelé Frigidian, mais appelé Frediano par les habitants du coin. Richard, qui était devenu âgé et infirme durant ses voyages, succomba à la chaleur et mourut. Ses fils assistèrent à ses funérailles dans la cathédrale Saint-Frediano puis continuèrent leur voyage. Par la suite, ils rejoignirent leur oncle saint Boniface et leur soeur sainte Walburga, pour aider à l'oeuvre de conversion des Germains. Saint Richard, leur père, est encore et toujours vénéré à Lucca. Le fils de son cousin, le moine Hugeburc, a rédigé le célèbre récit de leur pèlerinage, appelé "Hodoeporicon". (S. Baring-Gould).
Dans l'art, le roi saint Richard est représenté en pèlerin royal (avec un manteau d'hermine), avec 2 fils - un évêque et un abbé. Sa couronne être posée sur un livre. (Roeder). Il est vénéré à Heidenheim et Lucca. (Roeder).
30 janvier 2016
Sainte Bathilde, reine des Francs, puis moniale et diaconnesse (+ vers 680)
Sainte Bathilde, reine puis veuve, moniale & diaconesse
(Bathildis, Bathild, Baldechilde, Baldhild, Bauteur)
Née au Ciel le 30 janvier 680.
Bathilde, comme saint Patrick, avait été esclave. Née Anglo-Saxonne, elle fut capturée en 641 par des pirates Danois, et vendue à Erchinoald, le maire du palais de Clovis 2, roi des Francs. Elle en gagna vite les faveurs, car elle avait charme, beauté, et une nature gracieuse et douce. Elle gagna aussi l'affection de ses compagnons de servitude, car elle était serviable envers eux aussi, nettoyant leurs chaussures, réparant leurs vêtements, et son tempérament radieux et attirant la rendait chère à tous.
Le ministre, attiré par ses belles qualités, souhaita en faire sa femme, mais Bathilde, effrayée à l'idée, se déguisa avec des vieilles loques et se cacha parmi les serviteurs de rang inférieur dans le palais; et lui, ne la trouvant plus à sa place habituelle dans ce palais de Soissons - capitale des Francs à l'époque -, il pensa qu'elle s'était enfuie, et se maria avec une autre femme.
Son prétendant suivant, cependant, ne sera rien de moins que le roi en personne, car lorsqu'elle se débarassa de ses vieilles hardes et reprit sa place, il remarqua sa grâce et sa beauté, et lui déclara sa flamme. En réalité, c'est le maire de palais Archimbaut qui, voulant conserver son pouvoir et connaissant les penchants de son roi, lui présenta la jeune femme... Ainsi donc, en 649, l'esclave de 19 ans, Bathilde, devint reine des Francs. Elle mit 3 fils au monde pour Clovis : Clotaire 3, Childéric 2 et Thierry 3 - qui tous deviendront rois. A la mort de Clovis (vers 655-657, mort jeune après être devenu fou), elle fut nommée régente au nom de son fils aîné, qui n'avait que 5 ans, et dirigea avec compétence durant 8 ans, avec saint Eloi (1er décembre) pour conseiller personnel.
Ce fut une excellente reine et une dirigeante avisée. Contrairement à beaucoup d'entre ceux qui accèdent soudainement à une haute place et grande fortune, elle n'oublia jamais qu'elle avait été esclave, et fit tout ce qui était en son pouvoir pour libérer ceux vivant en captivité.
Tout en régnant, elle partagea le royaume entre ses 3 jeunes fils, l'aîné Clotaire recevant le siège principal à savoir la Neustrie, Childéric l'Austrasie, et Thierry la Bourgogne.
On nous rapporte que "la reine Bathilde était la plus sainte et pieuse des femmes; sa pieuse munificence ne connaissait pas de bornes; se souvenant de son propre esclavage, elle utilisa de grandes sommes pour le rachat de captifs." Bathilde aida à promouvoir le Christianisme en secondant le zèle de saint Ouen (24 août), saint Léodegaire (2 octobre) et de nombreux autres évêques.
A cette époque, les plus pauvres habitants des pays Mérovingiens étaient souvent obligés de vendre leurs enfants comme esclaves, afin de payer les taxes qui les écrasaient - la tristement célèbre "capitation". Bathilde réduisit ces taxes, interdisit d'acquérir des esclaves Chrétiens et la vente de sujets de son royaume, et déclara que tout esclave posant le pied sur le sol de son pays serait dès cet instant libre. C'est ainsi que cette lumineuse femme gagna l'amour de son peuple et fut une pionnière dans l'abolition de l'esclavage. Cela ne lui valut pas une grande popularité parmi les riches...
Un écrivain Anglais contemporain, Eddius (le biographe de saint Wilfrid) prétend que la reine Bathile fut responsable de l'assassinat politique de l'évêque saint Annemond (Dalfinus) de Lyon (28 septembre) et de 9 autres évêques. Ce qui a réellement eu lieu est fort obscur, l'époque étant troublée, et il est totalement improbable que Bathilde soit coupable de ce crime. Parmi les décisions de sainte Bathilde, fidèle enfant spirituelle de saint Éloi, il y avait la sanction contre la simonie, interdisant aux évêques de percevoir des revenus pour les sacrements accomplis. Elle avait aussi fait interdire la pratique qui valait que les rejetons des nobles touchent une partie des revenus des abbayes. Vu les moeurs de l'époque, elle n'a pas dû que se faire des amis, y compris parmi tous ceux qui devaient leur siège épiscopal non pas aux grandes écoles monastiques "colombaniennes", mais au "fait du prince" dont souvent ils étaient un parent. Sa volonté à voir un clergé conforme à la Foi lui aura donc valu bien des calomnies. Le plus probable est que le coupable était le très cruel et peu chrétien maire de palais de son fils, Ebroïn, à la réputation épouvantable historiquement établie, qui n'hésitait pas à persécuter l'Église, et c'est de sa propre initiative que cet terrible meurtre aura eu lieu.
Sainte Bathilde fonda aussi nombre d'abbayes sous la Règle de saint Colomban, telles que Corbie, Saint-Denis et Chelles, qui devinrent des implantations de civilisation dans des régions éloignées et sauvages, habitées seulement de loups rôdant et autres bêtes féroces. Sous sa direction, les forêts et les terres en friches furent regagnées, des champs et des paturages prennant la place, et l'agriculture devint florissante. La Gaule se relevait à peine de grandes invasions qui avaient ramené sa population de 8 à 5 millions.. Suite à toutes ces invasions, le nord de la Gaule était largement déchristianisé, et les évêques missionnaires avaient beaucoup de travail pour tout relever. On trouve quantité de saintes femmes auprès de piètres rois, à cette époque, saintes qui toutes épauleront le mouvement missionnaire, souvent au péril de leur vie.
Elle fit construire des hôpitaux publics et vendit ses bijoux pour venir en aide aux nécessiteux. Mais tout cela aussi la rendait détestable aux yeux des grands du royaume. Avant de se cloîtrer à Chelles, Bathilde n'avait pas su empêcher le maire du palais Ebroïn de dominer par ses intrigues, contre les avis de saint Léger d'Autun, conseiller de la reine. Ce fut Ebroïn qui parvint à gouverner et poussera la reine à se retirer. Par là même, s'ouvrira cette terrible période de luttes intestines du royaume franc, qui s'achèvera avec l'arrivée de Charles Martel et ses Carolingiens.
Pour finir, lorsque Clotaire fut en âge de règner, elle fut donc forcée à se retirer (et sous escorte militaire!) dans sa propre abbaye royale de Chelles, à Lagny, près de Paris, où elle servit les autres moniales avec humilité et obéissance envers l'abbesse, comme si elle était la moindre des soeurs. Elle était tellement détestée des "grands" qui se souciaient très peu du bien du peuple et de l'unité du royaume, qu'elle ne sortit plus du monastère même après le début des conflits entre les royaumes de ses fils. L'assassinat d'un de ses conseillers et ami évêque lui fut un sérieux avertissement.
Peu après son arrivée au monastère, elle s'occupa des funérailles de son père spirituel, saint Éloi, qui l'avait avertie en songe de s'empresser de quitter les affaires de ce monde. Rapidement, des filles de familles influentes ou de la noblesse comme sainte Hereswithe d'Angleterre, arrivée en 655 et sa soeur sainte Hilde (614-680), ou sainte Mildred de Kent (+ 732) fondatrices d'abbayes en Angleterre, vinrent à Chelles, qui rayonnait tant spirituellement qu'au niveau de la civilisation mérovingienne.
Elle mourrut à Chelles avant d'avoir atteint ses 50 ans. La mort la toucha délicatement; étant occupé à mourrir, elle dit qu'elle vit une échelle montant de l'Autel jusqu'au ciel, et elle y grimpa en compagnie des Anges.
Selon certains auteurs, comme moniale, elle aurait été ordonnée diaconnesse. C'est tout à fait plausible, car cela aurait été une manière de la rendre intouchable aux yeux d'une partie importante des dirigeants mérovingiens qui la détestaient mais n'auraient pas osé lever la main sur un membre du clergé. Et une telle ordination "de protection" avait aussi été faite par saint Médard pour sainte Radegonde.
Sa sainteté fut reconnue de son vivant, son culte fut même étendu au diocèse de Rome par l'évêque et pape Nicolas Ier (858-867). L'essentiel de ses saintes reliques repose toujours à l'église Saint-André de Chelles, le restant se trouvant à l'abbaye de Jouarre, et à la cathédrale de Meaux.
Sa Vie fut écrite par un contemporain. Le monastère de Chelles avait beaucoup de contacts avec l'Angleterre anglo-saxonne, ce qui amena à répandre son culte dans les Îles Britaniques.
On dépeint généralement Sainte Bathilde en reine couronnée, ou en moniale devant l'Autel de la Vierge Marie, 2 Anges supportant un Enfant sur une échelle (cette échelle étant aussi un jeu de mot sur le nom du monastère, Chelles), et aussi avec la vision qu'elle dit avoir eu de sa mort. On peut aussi la représenter :
(1) tenant un balai, rappel de son ancien esclavage;
(2) donnant l'aumône ou du pain;
(3) portant un modèle de l'abbaye de Chelles (Roeder, White).
Elle est la sainte patronne des enfants (Roeder).
Tunique ou "chasuble" de sainte Bathilde, Musée municipal "Bono" à de Chelles. Cette sorte de chasuble était placée dans son cercueili, et par son style de couture, elle imite les brodures de bijoux helléniques. Réalisé en soie sur lin.
Source
Voir à ce sujet (en allemand) "Brettchenweben"
Tropaire de sainte Bathilde, ton 6
Vendue comme esclave n'étant encore que petite fille,*
Tu devins par la suite l'épouse du roi Clovis II et la reine des Mérovingiens.*
Devenue régente après la mort de ton époux terrestre,*
Tu fis abolir l'esclavage et tu fonda nombre de monastères et d'hôpitaux publics. *
Fidèle aux enseignements de nos saints pères Éloi et Ouen, *
Quand ton fils devint roi, tu te fis moniale à Chelles. *
Sainte Bathilde, prie Dieu pour notre salut !
Voir aussi + source icône:
http://orthodoxologie.blogspot.be/2011/05/sainte-bathilde-moniale-de-chelles-et.html
A (re)lire aussi, ce texte de 2007 :
Saintes Aldegonde, Bathilde, Martine & les 3 saints Docteurs
http://stmaterne.blogspot.com/2007/01/saintes-aldegonde-bathilde-martine-les.html
Sacramentaire de Ratoldus, abbé de l'abbaye royale de Corbie (dit "grégorien", en réalité de type "gélasien"), anno 975, réédition latine, texte critique & notes :
http://www.boydellandbrewer.com/store/viewItem.asp?idProduct=11738
Collégiale de l'ancienne abbaye de Corbie, fondation de sainte Bathilde. Un trésor de saintes reliques s'y trouve exposé sur tout le pourtour intérieur de l'église!
Carte routière depuis la paroisse des saints Anargyres à Péronnes-lez-Binche (B) jusqu'à la collégiale Saint-Etienne à Corbie (F)
Source ("couture de saints patrons sur vêtements")
23 décembre 2015
Saint Dagobert II, roi d'Austrasie et martyr (+ 679)
Synaxe de saints de Belgique orthodoxe, avec saint Dagobert II (2ème en bas à droite)
icône en latin, par Irina Gorbounova-Lomax
Paroisse Saint Seraphim de Sarov, Namur, Belgique
icône en latin, par Irina Gorbounova-Lomax
Paroisse Saint Seraphim de Sarov, Namur, Belgique
Le roi Dagobert II était le fils du roi d'Austrasie Sigebert III, que son père Dagobert 1er avait installé comme roi à l'âge de 5 ans, en 634. Il était né de Sigebert II et de la reine Himmechilde, alors que Sigebert III avait depuis longtemps adopté le fils de son tout-puissant maire du palais Grimoald, auquel on avait donné le nom de Childebert. A la mort de Sigebert III, le 1er février 656, Dagobert fut écarté du trône par Grimoald qui y plaça son propre fils, le pseudo-Childebert III et chargea l'évêque de Poitiers, Didon, de conduire le jeune Dagobert dans un monastère en Irlande, où il resta une vingtaine d'années. L'Irlande était encore terre de profonde Orthodoxie, qui fut donc la Foi dans laquelle le futur roi Dagobert II fut élevé.
Cependant, il y fut si oublié des siens que lorsque Childebert III disparut en 662, on ne pensa pas à lui. Le trône fut attribué à son cousin, le deuxième fils de Clovis II et de sainte Bathilde, qui devint Childéric II. Mais quand ce dernier eut été assassiné en 675, les grands d'Austrasie qui ne voulaient pas être gouvernés par le maire de Neustrie Ebroïn se souvinrent de leur roi disparu depuis si longtemps et prièrent saint Wilfrid, le métropolitain d'York, de bien vouloir le leur ramener.
Dagobert fut accueilli par tous ses sujets, aussi bien ceux de l'Austrasie proprement dite que ceux des parties austrasiennes de l'Aquitaine et de la Provence, mais il fut bientôt attaqué par Ébroïn qui gouvernait la Neustrie au nom de son cousin Thierry III. Il semble que cette guerre n'eut pas d'autre résultat que de ravager la région de Langres.
Contrairement aux coutumes de cette époque trouble, où les prélatures s'achetaient, saint Dagobert II soutint saint Arbogast, évêque de Strasbourg et il appela l'ermite saint Florent à succéder à ce dernier.
Au printemps de 679, Wilfrid se rendant en pélerinage à Rome rencontra le roi Dagobert III qui, sachant les difficultés qu'il connaissait en Angleterre, lui offrit le siège épiscopal de Strasbourg. Wilfrid refusa et continua son voyage. Quand il revint, Dagobert était mort: il avait été assassiné le 23 décembre 679 dans la forêt de Woëvre et son corps avait été enseveli à Stenay. Wilfrid fut arrêté par un évêque qui l'invectiva durement "Comment es-tu assez téméraire pour passer chez les Francs, toi qui es digne de mort pour nous avoir envoyé un tel roi qui ruinait les cités, méprisait les conseils des anciens, humiliait les peuples par le tribut, tel Roboam, fils de Salomon, abaissait les églises de Dieu avec leurs prélats? Il a subi le châtiment de ses crimes, il est tué et enterré." Wilfrid répondit : "Par le Christ Jésus, je dis la vérité et par saint Pierre, je ne mens pas, c'est selon le précepte donné par Dieu à Israël qui avait habité en terre étrangère qne j'ai reçu cet exilé, que je l'ai aidé, nourri, élevé pour votre bien et non pour votre malheur, pour qu'il soit, comme il l'avait promis, bâtisseur de villes, consolateur des citoyens, conseiller des vieillards et défenseur des églises de Dieu, O très juste évêque, qu'aurais-tu fait d'autre si un exilé était venu vers ta Sainteté? " Et l'évèque s'humilia "Je vois que tu es plus juste que moi..."
Dans la Vita Wilfridi, Eddi, le biographe de Wilfrid, attribue sa mort "à la ruse des ducs et au consentement des évêques". Le martyrologe de Liège qui raconte qu'il fut assassiné par son filleul Jean : Lors d'une sieste qu'il prenait après une grande chasse aux cerfs, Dagobert dormait au pied d'un arbre, proche d'une fontaine appelée Arphays. Un coup fatal lui fut porté par celui dont il était en droit d'attendre la loyauté.
Ceux qui profitèrent de la mort de Dagobert II furent les maires du palais, celui de Neustrie, Ébroïn, qui lui avait déjà fait la guerre, et celui d'Austrasie, Pépin, qui s'empressa de reprendre le pouvoir. A une époque aussi brutale, de tels ambitieux ne reculaient pas devant un assassinat. Et l'on comprend que le souvenir de ce malheureux roi ait touché le coeur du peuple et qu'il ait fini par le vénérer comme martyr. Vox populi, vox Dei!
A l'élévation des reliques, l’empereur Charles II le Chauve (+877) fera édifier la basilique Saint-Rémy à Stenay pour y déposer le corps du saint. Il ne reste de cette basilique qu’un portail redécouvert en 1965. Avant le Schisme d'Occident et la destruction de la majeure partie de ses saintes reliques & lieux consacrés au cours des guerres de religion en France, il était commémoré dans les diocèses de Nancy, Toul, Strasbourg et Verdun (ce dernier conservait ses reliques et Dagobert II y avait établi sa capitale à Stenay).
Mouzay, vitrail de saint Dagobert II, 1860
Fontaine de saint Dagobert II, à Charmoy, près de Stenay
Crâne-reliquaire de saint Dagobert II. Ce crâne fait actuellement partie du "Trésor des Sœurs Noires", patrimoine mobilier conservé à Mons.
Stèle du martyre de saint Dagobert II, Stenay
Tropaire de saint Dagobert II, ton 4
Exilé dans un saint monastère de la verte Irlande,
formé aux grandes vertus et aux devoirs de monarque,
tu régnas ensuite sur nos terres avec trop de droiture aux yeux de tes pairs,
car trop céleste pour ces puissants aux moeurs corrompues.
Désirant la gloire supranaturelle de Dieu,
tu Lui resta fidèle jusqu'à la fin, ô saint roi Dagobert, second du nom.
Nous qui te commémorons ce jour, nous implorons tes prières,
car elle est puissante, l'intercession d'un martyr, pour obtenir que le Christ sauve nos âmes.
Oratio.
Deus, qui pópulo tuo sanctum dedísti rectórem Dagobértum : concéde, quǽsumus ; ut, tanti intercessóris précibus et tuæ pietátis defensióne, ab ómnibus ubíque libéremur adversis, et tranquílla prosperitáte in tua laude lætémur. Per Dóminum.
Concede, quǽsumus, omnípotens Deus : ut quos culpæ miséria fecit hic éxsules ; beáti Dágoberti, Regis et Mártyris tui, intercéssio gloriósa regni cæléstis fáciat esse coherédes. Per Dóminum.
A ne PAS confondre avec Dagobert I, qui bien que politiquement un monarque acceptable, fut moralement un paillard invétéré faisant la désolation de saint Eloi - en tout cas c'est ce qu'affirme la chansonnette populaire de 1750 encore bien connue des cercles estudiantins de nos régions ;-)
Bibl. - Vie de Dagobert (Biblioth. hag. lat., n. 2081), dans Mon. Germ. Hist., Scriptores rerum merov., t. 2, p. 511-524. Ce texte n'a d'intérêt que pour l'histoire du culte. Les rares indications sur Dagobert II sont très dispersées : Liber Historiae Francorum, c. 43, dans Mon. Germ. Hist., Script. rer. merov., t. 2, p. 316. -Vie de saint Wilfrid par Eddi (Bibtioth. hag. lat., n. 8889), c. 27 et 31, dans Mabillon, Acta sanct. ord. S. Bened., saec. 4, 1a p., p. 691 et 695-696. Vie de sainte Salaberge (Biblioth. hag. lat., n. 7463), c. 13, dans Mabillon, op. cit., saec. 2, p. 427; Acta sanct., 22 sept., t. 6, p. 525; Mon. Germ. Hist., Script. rer. merov., t. 5, p. 57.
Miracles de saint Memmie de Châlons (Biblioth, hag. lat., n. 5910-5911) dans Acta sanct., 5 août, t. 2, p. 7.
E.-J. Tardif, Les chartes mérovingiennes de Noirmoutier, Paris, 1899, a montré que Dagobert II avait été reconnu jusqu'en Poitou.
B. Krusch, Chronologica regum Francorum stirpis Merovingicae, dans Mon. Germ. Hist., Script. rer. merov., t. 7, p. 494-495. - L. Levillain, La succession d'Austrasie au 7ième siècle, dans Revue historique, t. 112, 1913, p. 63-93. - F. Lot, dans Hist. gén. de Glotz, Moyen Age, t. 1, p. 282-287. - E. Vacandard, Vie de saint Ouen, p. 283-286. - V. Leroquais, Les bréviaires mss., t. 5, p. 76; Les psautiers mss. latins, t. 2, p. 262.
21 janvier 2015
Je suis Louis!
Comme tous les 21 janvier, "je suis Louis" - à la mémoire du roy Louis XVI, assassiné par la révolution athée, prélude à l'extermination de la Vendée, et à bien des horreurs qui frappent encore aujourd'hui la planète.
"Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France."
Roy Louis XVI, au pied de l'échaffaud
"Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide"
Ernest Renan
"Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France."
Roy Louis XVI, au pied de l'échaffaud
"Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide"
Ernest Renan
24 décembre 2014
Discours de Noël de s.m. le roi Philippe de Belgique 24.12.2014
http://monarchie.be/fr
Discours de S.M. le Roi à l’occasion de Noël et du Nouvel An – 2014
Mesdames et Messieurs,
Il y a peu de temps, la Reine Fabiola nous a quittés. Aux côtés du Roi Baudouin, elle a adopté notre pays et l'a aimé de tout son cœur. Par des mots et des gestes simples, elle avait le don d'insuffler de l'espoir à chacun. Elle s'est dévouée sans réserve à ceux que la vie avait durement frappés. Nous sommes très profondément reconnaissants pour tout ce qu'elle a fait, pour tout ce qu'elle a été. Au nom de notre famille, je voudrais vous dire merci pour les nombreux témoignages de sympathie et d'affection que vous nous avez exprimés à l'occasion de son décès.
La Reine Fabiola nous laisse un grand témoignage d'espoir et d'optimisme. Ce témoignage a une valeur inestimable à une époque marquée par la peur. La peur du lendemain, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de l'autre. Lorsqu'elle se fait trop envahissante, la peur paralyse, elle engendre le repli sur soi et la solitude, et fait perdre le goût de l'avenir.
Je comprends votre inquiétude et le sentiment de découragement devant l'immensité des défis de notre génération, la faible croissance de notre économie, l'augmentation de la précarité. Pourtant, refusons de nous laisser gagner par la résignation. Tous ensemble, en partageant les efforts, nous pouvons surmonter la crise. Il faut un certain courage pour réagir à la morosité.
Essayons d'abord de changer notre regard sur le monde. Un vrai regard positif libère l'action et la créativité, chez celui qui porte ce regard mais aussi chez celui sur qui il est porté. Je pense notamment à ces nombreuses personnes que la Reine et moi avons rencontrées et qui puisent dans une difficulté ou un échec la force pour un nouveau départ. Le regard positif mène à l'engagement. Il possède aussi une réelle puissance d'entraînement. Cet état d'esprit renforce les complémentarités et la cohésion dans notre société. Il sécurise, il sort de l'isolement, il crée des ponts, il donne un souffle à l'avenir.
Ensuite, regardons autour de nous. Nous avons la chance de vivre dans une société où sont à l'œuvre de nombreuses forces positives. Je pense à tous ceux qui s'engagent, souvent bénévolement, en faveur des jeunes, des personnes âgées, des malades, des isolés ou des plus démunis. Je pense à la solidarité dont nous faisons preuve à tous les niveaux, à nos administrations publiques, quotidiennement au service de la population, à ces entreprises et ces services publics qui allient avec succès efficacité et humanité. Je pense à l'impressionnante capacité d'innovation de nos entreprises et de nos scientifiques. Cette capacité d'innovation aussi est l'expression d'un regard d'espoir et d'optimisme. C'est d'abord par un regard positif que se façonne toute avancée même discrète.
Mesdames et Messieurs,
En cette période de Noël et à l'aube d'une année nouvelle, posons sur nous-mêmes et sur ceux qui nous entourent un regard d'espoir. Ayons le goût de l'avenir. C'est ce que la Reine et moi vous souhaitons, ainsi qu'à tous ceux qui vous sont chers.
video
24 décembre 2013
Discours de Noël du roi Philippe de Belgique 24.12.2013
http://www.monarchie.be/fr/node/16097
« En cette veille de Noël et de Nouvel An, je suis heureux de pouvoir m’adresser à vous.
Lors de mon accession au trône, vous m’avez réservé un accueil inoubliable. J’ai été frappé par l’intensité des échanges entre les personnes participant massivement à cette journée. Votre enthousiasme et votre confiance m’ont véritablement ému.
Depuis le 21 juillet, mon épouse et moi avons rencontré un très grand nombre d’entre vous. Nos Joyeuses Entrées et nos contacts nous ont permis d’aborder avec vous vos soucis et vos espoirs. Nous nous sommes imprégnés davantage de ce qui vit dans les secteurs les plus divers de la société. J’ai réuni par exemple les Ministres de la Culture et des artistes du Nord et du Sud du pays pour un échange de grande richesse à la suite de l’accord culturel entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre. Je souhaite poursuivre et approfondir ce dialogue que nous avons commencé à nouer avec vous.
En 2013, notre pays s’est mis en valeur dans plusieurs domaines. La qualité de notre recherche scientifique a été récompensée et encouragée par l’attribution du Prix Nobel de physique. Nos équipes B-Fast ont apporté une aide d’urgence très efficace aux Philippines. Nos militaires sont engagés avec succès dans des opérations de maintien de la paix. Nos sportifs de haut niveau remportent des succès mérités. Avec vous, je me réjouis de ce que nos Diables Rouges participeront à la Coupe du monde de football. A côté de cela, il y a aussi le résultat du travail quotidien de chacun d’entre vous.
Toutes ces réussites ne peuvent occulter les difficultés. Dans notre pays, un jeune sur quatre ne trouve pas de travail et une personne sur sept vit dans la pauvreté. Des fermetures et restructurations d’entreprises nous ont très durement touchés. Trop de gens vivent dans l’isolement.
Dans un contexte socioéconomique difficile, le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux ont pris des mesures encourageantes visant à consolider nos finances publiques, protéger notre pouvoir d’achat et notre compétitivité, soutenir nos entreprises et préserver notre modèle social. Je suis confiant que cet effort sera poursuivi.
Ces derniers mois et ces dernières années, mon épouse et moi avons rencontré quantité de jeunes Belges débordant de créativité et d’énergie. Nous avons aussi rencontré des personnes dont les talents n’ont pas pu se manifester ou être reconnus.
Faire s’épanouir les qualités de chacun est notre responsabilité à tous. L’enseignement et la formation sont pour cela des leviers essentiels. Ils transmettent le savoir, préparent à l’emploi, à l’insertion dans la société et à l’exercice de la citoyenneté. En développant l’esprit critique et le travail en équipe, ils donnent aux jeunes la possibilité de devenir des hommes et des femmes engagés et responsables. En tant que parents, mon épouse et moi saluons avec vous le travail admirable des enseignants et des éducateurs. Nous savons que leur tâche est difficile.
Il est tout aussi important de tisser des liens entre toutes les composantes de notre société. Les liens entre l’école et le monde du travail. Parce que chaque fois que l’enseignement et les entreprises s’ouvrent l’un à l’autre, de nouvelles opportunités d’emploi voient le jour. Les liens entre les générations. Les personnes âgées sont une source considérable d’expérience et de sagesse pour les jeunes. Et enfin, les liens entre tous les Belges.
Il y a quinze jours, j’étais en Afrique du Sud pour rendre hommage à Nelson Mandela, qui a si bien personnifié cette volonté de jeter des ponts. Mandela nous a montré que le dialogue et la réconciliation peuvent changer le monde. Puisse cette force intérieure être aussi la nôtre.
Mesdames, Messieurs, en ces moments de fête où nous resserrons les liens avec nos proches, nos pensées vont d’abord vers tous ceux qui souffrent et qui sont seuls. Nous vous souhaitons à toutes et à tous un joyeux Noël et une très heureuse nouvelle année. »
21 juillet 2013
Belgique: vive le roi Philippe 1er!
Depuis ce midi, nous avons donc un nouveau roi, Philippe 1er de Belgique. Que Dieu le bénisse, le garde et le guide. Et une bien méritée retraite au roi émérite Albert II, à qui je souhaite "longues années".. et le plaisir de retrouver sa moto :-)
A (re)lire :
La Belgique, 2500 d'Histoire, dont un millénaire d'Orthodoxie
01 mai 2012
Le testament d'une reine : Louise-Marie, première reine des Belges
La première reine du royaume de Belgique, Louise Marie, avait vécu un mariage arrangé, quasiment forcé, avec notre premier roi, Léopold I.
Elle était catholique-romaine, et lui protestant.
Elle était ouverte, vivante, accrochée à lui. Il était taciturne, il ne cherchait que la solitude.
etc
Un couple qui était en plus soumis à des devoirs qui dépassent l'entendement, dans un pays soumis à toutes les tensions, encore en état de guerre larvée avec son voisin du nord (Pays-Bas), un pays qui renaissait de ses cendres sous une forme politique nouvelle (royauté constitutionnelle) et où tout était à faire. Et à sa tête, un couple avec tant d'ennuis, si peu de vie privée.
On possède encore la lettre qu'elle lui a écrite comme testament, qu'il n'a reçue qu'après la mort de sa femme.
"Cher, cher ami,
Ce testament te sera remis lorsque je ne serai plus, lorsque mon coeur, ce coeur qui n'aura jamais battu que pour toi, aura cessé de
battre, lorsque mes yeux qui aimaient tant à te contempler seront fermés par la mort et que mon âme seule pourra veiller sur toi, lorsque enfin je n'aurai plus d'espoir de te revoir que dans ce monde inconnu, objet de tes préoccupations et de tes voeux et où, je
l'espère, Dieu nous fera la grâce d'être éternellement réunis. Puisses-tu trouver dans l'expression de mes dernières volontés et
deviner par-delà les mots une faible partie de l'affection et de la reconnaissance que j'éprouve pour toi et qu'aucun langage humain ne
pourra jamais rendre. Puisse Dieu se charger de la dette de ma reconnaissance et te remercier de ta bonté pour moi en te bénissant et en te protégeant en toutes choses comme mon coeur le désire et le lui demande sans cesse. Puisses-tu être heureux que je l'ai été par toi et près de toi. Puisses-tu être aimé, apprécié, chéri, admiré, j'allais presque dire adoré par beaucoup comme tu l'as été par moi. Puissent tes enfants être toujours pour toi une source de joie et de consolation. Puisse ta mort être douce comme celle du juste et tes derniers moments embellis par le souvenir de tout le bien que tu as fait à moi et aux autres. Puisses-tu, pendant l'éternité, jouir de ce bonheur immatériel et sans bornes pour lequel ton âme a été créée plus que toute autre et puissé-je te servir, toi et ceux que tu as aimés, ou seulement te voir de loin dans cette éternité bienheureuse et avoir la certitude de ton bonheur, même sans le partager.
Tels sont, cher ami, mes derniers et mes plus chers voeux car il n'y a pas un battement de mon coeur ni une pensée de mon âme qui ne soit à toi et pour toi. Mon affection pour toi, cette affection qui a été, je puis le dire, la vie de ma vie, le mobile et l'essence de mon existence ici-bas doit même, je le sens, être immortelle comme l'âme que Dieu m'a donnée pour L'adorer, Le servir, Le prier et apprécier Ses bienfaits et doit, comme elle, survivre à ce corps de boue. Quel que soit le moment où Dieu tout-puissant m'appellera à Lui et quelque déchirement que la pensée seule de me séparer de toi me fasse éprouver, je ne puis que bénir Son nom, adorer Ses décrets, m'y soumettre et Le remercier du bonheur si grand et si peu fait pour la terre qu'Il m'a départi en m'unissant à toi. D'ailleurs, que ma vie soit longue ou courte, j'aurai toujours assez vécu si je t'ai été bonne à quelque chose, ne fût-ce qu'un instant."
Cité par Madeleine Lassère, "Louise reine des Belges: 1812-1850", 2006, pp. 258-259
Avouez, c'est quand même autre chose que les frasques républicaines ou les écrits de nos politiciens...
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