"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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05 septembre 2019

Vous êtes plus libre que vous ne le pensez (s. Antoine)


Si vous le souhaitez, vous savez être esclave des passions, et si vous le souhaitez, vous savez en être libre et ne pas vous soumettre à leur joug. Car Dieu vous a créé avec ce pouvoir.
saint Antoine le Grand

30 août 2019

Vie de vertu (s. Antoine)


On ne devrait jamais dire qu'il est impossible de parvenir à une vie vertueuse. Mais on doit plutôt dire que ce n'est pas facile.
Saint Antoine le Grand

07 mars 2019

Êtes-vous un(e) bon(ne) pratiquant(e)? (saint Antoine le grand)

Un jour, alors que saint Antoine était assis avec un certain moine, une vierge s'approcha et dit à l'Ancien : " Abba, je jeûne six jours par semaine et je répète quotidiennement par cœur des parties de l'Ancien et du Nouveau Testament.
L'Ancien répondit : " La pauvreté signifie-t-elle pour toi la même chose que l'abondance ? Non, répondit-elle.
"Ou subir le déshonneur c'est la même chose que la louange?" "Non, abba."
"Tes ennemis sont-ils semblables pour toi à tes amis ?""Non", répondit-elle.
Le sage Ancien lui a dit : "Va et commence à oeuvrer, tu n'as encore rien accompli. "
Saint Pierre Damascène







"One day, while St. Antony was sitting with a certain Abba, a virgin came up and said to the Elder: 'Abba, I fast six days of the week and I repeat by heart portions of the Old and New Testament daily.' To which the Elder replied: 'Does poverty mean the same to you as abundance?' 'No', she answered. 'Or dishonour the same as praise?' 'No, Abba.' 'Are your enemies the same for you as your friends?' 'No', she replied. At that the wise Elder said to her: 'Go, get to work, you have accomplished nothing.' "
+St. Peter of Damaskos

17 janvier 2019

Qui sont les véritables bienheureux?


Les véritables bienheureux, ce ne sont pas ceux qui accomplissent des miracles, ou qui voient les Anges : les véritables bienheureux sont ceux qui sont capables de voir leurs propres péchés.
Saint Antoine le Grand

17 mai 2018

L'inversion des valeurs (st Antoine)


Viendra le temps où les gens deviendront fous, et lorsqu'ils verront quelqu'un de normal, ils se moqueront de lui en disant "Vous êtes fou, car vous n'êtes pas comme nous."
Saint Antoine le Grand

07 mars 2018

Saint Paul de Thèbes, dit saint Paul le (très) simple, disciple de saint Antoine et ermite (+ 341)


La simplicité du coeur humain est d'une grande valeur auprès de la nature simple du Dieu tout-puissant.
Saint Grégoire le Grand, Dialogues, livre 3, chapitre 15

Tropaire de Saint Paul le Simple ton 8
En toi, Ô Vénérable Père Paul,
L'Image de Dieu brilla alentour,
Car tu portas ta Croix et suivis le Christ.
Ce faisant, tu nous enseignes à ne pas nous attacher à la chair qui passe,
Mais de prendre soin de notre âme qui est immortelle,
Et c'est pour cela que ton âme se réjouit à jamais avec les Anges!




Ce Saint fut surnommé le Simple, parce qu'il était exempt de toute malveillance et à cause de son ignorance de toutes les connaissances humaines. Il fut un des plus célèbres disciples de saint Antoine le grand, et peut-être le plus ancien.
Il embrassa fort tard la vie monastique, ayant vécu dans le mariage jusqu'à l'âge de soixante ans ou environ, dans un village de la Thébaïde, où il faisait le métier de laboureur.
L’ayant surprise en adultère, la mauvaise conduite de sa femme le détermina à se retirer dans la solitude. Après avoir erré huit jours dans le désert, il arriva au lieu où saint Antoine demeurait et prit la résolution d'être le disciple d'un si excellent maître.
Il frappa à la porte de la cellule du Saint, et lui exposa son projet d’embrasser la vie monastique. Mais Antoine, jugeant qu'il était trop vieux pour imiter sa vie à cet âge, lui dit d'aller plutôt dans quelque village gagner sa vie du travail de ses mains, ou s'il avait absolument résolu de quitter le monde, d'entrer chez des moines conventuels, dont les pratiques étaient moins austères que celles des anachorètes, et dont il serait encore mieux secouru dans sa vieillesse. Et après cette réponse, il se renferma dans sa cellule.
Paul ne se rebuta point: il demeura au même endroit, en attendant que le Saint ouvrit de nouveau sa porte, et qu'il accordât à sa persévérance ce qu'il lui avait d'abord refusé. Il passa aussi trois jours et trois nuits à attendre avec une humble patience, jusqu'à ce qu'au quatrième jour saint Antoine étant sorti, il se présenta encore devant lui, lui adressa de nouvelles demandes, et protesta qu'il voulait mourir en ce lieu. Le Saint, qui s'aperçut qu'il n'avait aucune nourriture en provision, craignit qu'un si long jeûne, auquel il n'était pas accoutumé, ne mit Paul en danger de mourir, et que sa conscience n'en fût chargée. Il le reçut donc, mais dans la résolution de l'obliger à se retirer ensuite de lui-même, en le dégoûtant par les rudes épreuves auxquelles il le soumettrait, car il ne pouvait se persuader qu'il supporterait les travaux de la vie solitaire dans un âge si avancé.
Il lui dit donc qu'il pouvait réussir à se sanctifier, s'il voulait se soumettre entièrement à l'obéissance; ce que Paul lui promit dans la sincérité de son coeur. La première preuve qu'il exigea de sa soumission fut de demeurer en prière hors de la cellule, et de n'en pas bouger jusqu'à ce qu'il vint lui apporter de quoi travailler; pendant ce temps-là, il se renferma dans sa cellule, observant discrètement par sa fenêtre s'il s'acquittait bien de ce qu'il lui avait prescrit. Il le laissa ainsi exposé à l'ardeur du soleil dans le jour, et à la fraîcheur de la nuit, sans que Paul changeât jamais de situation, ni se détournât de sa prière.
Après cette longue et pénible épreuve où le Saint eut tout lieu d'admirer sa docilité et sa patience, il apporta des branches de palmier, et lui dit de travailler de la manière qu'il lui verrait faire; et quand il eut fini l'ouvrage, il lui montra qu'il n'avait pas bien travaillé, et lui ordonna de le défaire, pour le refaire en mieux, ce qui rendit le travail encore plus long et plus pénible; ce que Paul fit, sans qu'il parût sur son visage la moindre marque d'inquiétude.
Saint Antoine lui proposa ensuite de manger, et lui ordonna de dresser la table, sur laquelle il mit quatre pains de 200g qui devaient faire tout le repas. Il était naturel qu'après un si rude travail et un si long jeûne, Paul s'y portât avec avidité; et c'était où le Saint l'attendait pour bien juger de son obéissance; mais le disciple, qui voulait se conformer en tout à son maître, l'observait autant qu'il en était observé, afin de se régler sur lui, et ne montra pas moins d'indifférence que le Saint pour les pains qui étaient devant ses yeux.
Il attendit sans peine que son maître eût récité douze Psaumes et douze prières, qu'il fit aussi avec lui avant de se mettre à table, et par surcroît de modération, il se soumit avec la même docilité, quand le Saint, au lieu de lui permettre de manger, voulut qu'il se contentât d'avoir vu la table dressée, lui ordonna d'aller se coucher, sans avoir pris aucune nourriture, l'éveilla à minuit pour prier, et ne lui dit enfin de manger que le lendemain au soir, après avoir récité de nouveau les douze Psaumes et les autres prières.
Il fut permis alors à Paul de prendre son repas. Mais toujours plus attentif à imiter son maître, il ne voulut manger qu'un pain comme il lui vit faire, quoique le Saint le pressât d'en manger davantage, alléguant pour raison qu'il voulait être moine comme lui; parce que saint Antoine lui avait dit qu'il ne mangeait qu'un pain du fait qu'il était moine.
Après quelque temps passé en de pareilles épreuves, pendant lesquelles saint Antoine avait augmenté ses austérités, pour voir s'il n'en serait pas découragé, et ayant eu tout sujet d'être satisfait de son obéissance et de sa ferveur, il lui dit enfin: "Mon frère, si tu peux vivre tous les jours comme tu l’as ces jours-ci, j’accepte que tu demeure avec moi». A quoi il répondit: "Je ne sais pas si vous avez quelque chose de plus difficile à me prescrire; mais je ne sens pas de peine à pratiquer ce que je vous ai vu faire jusqu'à présent". Alors saint Antoine, ne doutant plus que Dieu ne le lui eût envoyé pour imiter son genre de vie, le reçut tout à fait sous sa conduite par ces consolantes paroles qu'il lui dit: " Mon frère, te voilà devenu moine au nom de notre Seigneur!"
Paul, ainsi déclaré moine par son bienheureux Père, s'appliqua de toute l'affection de son coeur à se conformer à ses avis salutaires, et le Saint de son côté lui donna tous ceux qui pouvaient le conduire à la perfection monastique. Il lui recommanda, entre autres choses, d'adoucir par le travail des mains les peines de la solitude; d'élever fréquemment son esprit à Dieu, tandis que ses doigts seraient occupés à des ouvrages matériels; de ne manger que le soir, et de ne se rassasier jamais, surtout concernant la boisson, ne fût-ce qu'avec de l'eau.
Comme saint Antoine comprenait qu'il devait le faire marcher par la voie de l'obéissance, il ne cessa de l'éprouver sur cette vertu, et de lui en faire produire des actes, lui commandant souvent des choses qui paraissaient choquer la raison, afin qu'il ne trouvât jamais à redire à ce qu'il lui commanderait, et qu'il parvint à ce parfait renoncement du jugement propre, qui fait qu'on ne discute pas ce qu’a recommandé son père spirituel.
Ainsi il lui ordonna une fois de tirer durant tout un jour de l'eau d'un puits, et de la répandre à terre. Il lui dit de même de défaire des paniers qu'il avait faits, et de les refaire à nouveau; de découdre son habit, puis de le coudre, et après de le découdre encore; et dans une rencontre, comme on lui avait porté un pot de miel, il lui ordonna de le casser, de laisser répandre le miel, et ensuite de le ramasser avec une coquille, lui recommandant de prendre garde qu'il ne s'y mettait aucun déchet; et dans toutes ces choses l'obéissance de Paul fut toujours rapide et décidée.
Il était même si attentif aux moindres signes de saint Antoine, qu'il les prenait tous à la lettre, comme s'ils eussent été des ordres de Dieu. Quelques solitaires des plus renommés étant venus voir le Saint, on vint à parler des matières les plus élevées de la vie spirituelle, et on entra ensuite dans un long échange au sujet de Jésus-Christ et des prophètes. Paul était présent, et demanda avec simplicité si les prophètes étaient avant Jésus-Christ, ou Jésus-Christ avant les prophètes. Saint Antoine rougit pour lui d'une demande si peu sensée; lui fit signe avec beaucoup de douceur, selon qu'il avait coutume d'en user envers des plus simples, de se retirer et de se tenir dans la silence.
Paul obéit si scrupuleusement à cet ordre, qu'il ne parlait plus du tout, et ne paraissait pas même avec les autres frères. On en avertit saint Antoine, qui lui en demanda la raison, et quand il l'eut apprise de sa bouche, admirant son exactitude à obéir à un ordre qu'il n'avait pas prétendu étendre si loin, il dit aux autres solitaires: " En vérité, celui-ci nous condamne tous; car au lieu que nous n'écoutons pas Dieu qui nous parle du haut du Ciel, vous voyez comment il observe la moindre parole qui sort de ma bouche".
Le Saint se servait aussi souvent de l'exemple de Paul auprès des frères, pour montrer que ceux qui veulent se rendre parfaits, ne doivent pas se conduire par eux-mêmes, ni suivre trop leurs propres sentiments, bien qu'ils leur paraissent justes; mais qu'il faut avant toutes choses s'accoutumer à renoncer à soi-même, surtout à sa propre volonté, conformément à l'exemple de notre Seigneur Jésus-Christ, qui disait qu'Il n'était pas venu dans le monde pour faire Sa volonté, mais pour accomplir celle de Son Père céleste.
Ce fut en effet par les grands progrès que son bienheureux disciple fit dans ce renoncement, qu'il arriva à une si haute perfection, que saint Antoine ne le regarda plus comme un élève, mais comme un solitaire qui pouvait vivre seul, et il lui bâtit pour cela une cellule à 1km environ de la sienne, en lui disant: "Te voilà devenu moine par la grâce de Jésus-Christ, demeure donc maintenant en solitaire, afin que tu apprennes à combattre contre les démons, et souviens-toi que ces fréquents combats qu'il faut soutenir dans le désert, nous obligent à une prière perpétuelle, qui est d'ailleurs un grand moyen pour acquérir la perfection".
Après cette séparation, le Saint ne cessait pas de venir le voir de temps en temps dans sa nouvelle retraite; et il avait la consolation de le trouver toujours occupé à exécuter fidèlement tout ce qu'il lui avait prescrit.
Paul eut passé à peine un an dans sa nouvelle cellule, que Dieu voulut manifester en lui l’appréciation qu’Il fait de la simplicité et de l'obéissance, et confirmer avec éclat l'estime que saint Antoine avait de sa vertu. Il lui accorda le don des miracles, et surtout une grâce si puissante pour chasser toutes sortes de démons des corps des possédés, qu'il faisait de plus grands prodiges, et même en plus grand nombre, que son bienheureux maître; en sorte qu'il devint très célèbre en peu de temps et qu'on venait à lui de bien loin pour être guéri.
Saint Antoine craignit que cette foule n'obligeât Paul à fuir dans le fond du désert, depuis qu'il avait goûté les ravissantes douceurs de la contemplation et de la solitude. Il lui recommanda de ne pas le quitter et se chargea de recevoir ceux qui venaient le voir; mais lorsqu'il se trouvait des malades ou des possédés qu'il ne pouvait guérir, il les lui envoyait, étant persuadé qu'il avait reçu en cela une grâce plus étendue; et en effet, Paul ne manquait jamais de les guérir.
Sa simplicité lui faisait avoir une extrême confiance en Dieu : on lui amena un jour un jeune homme possédé d'un démon des plus opiniâtres, et si furieux qu'il proférait des blasphèmes contre le ciel, et déchirait tous ceux qui osaient l'approcher. Le Saint, après avoir longtemps prié en vain avec ferveur, dit à Dieu: "En vérité, je ne mangerai à partir d'aujourd'hui si Tu ne le guéris pas." Et aussitôt, Dieu exauça cette personne qui l'aimait avec tendresse et qui Lui était si chère, et le possédé fut délivré.
Paul avait encore reçu la grâce particulière de connaître le fond du coeur de ceux qui entraient dans l'église, et l'état de leur conscience, qu'il voyait aussi clairement que les autres voient leur visage. Se trouvant à un monastère, où plusieurs des frères étaient assemblés pour parler des choses spirituelles, on se rendit à l'église après la conférence afin d’y célébrer les saints mystères. Paul observa ceux qui entraient, et il les voyait tous avec un visage lumineux, par lequel éclataient la joie et le bon état de leur âme, ayant chacun leur ange qui témoignait un grand contentement de leur sainte disposition. Mais il en vit un, dont la conscience souillée du péché le fit paraître à ses yeux le corps noir et couvert d'un sombre nuage, le démon le tenant lié, et son ange le suivant de loin en loin triste et abattu.
Quelque consolation qu'il eût de la vertu des autres, le déplorable état de celui-ci le toucha si fort, qu'il se mit à pleurer et à gémir, et demeura hors de l'église sans y vouloir entrer. Ceux des solitaires qui virent son affliction crurent que Dieu lui avait fait connaître que leur conscience était en mauvais état, et s'empressèrent de le lui demander, afin d'en faire pénitence. Mais il ne voulut rien dire, et demeura prosterné contre terre à la porte de l'église, ne cessant de pleurer et de gémir.
Il attendit que la sainte eucharistie fût achevée, pour voir si celui qui y avait assisté dans ces mauvaises dispositions n'en sortirait pas transformé. Mais Dieu, attentif à ses prières et à ses larmes, avait accordé à ce pécheur la grâce de la contrition et du repentir durant la Liturgie, et Paul le vit sortir avec une sainte joie peinte sur le visage, le corps aussi blanc qu'il lui avait paru noir auparavant; le démon ne le suivait plus que de loin, et son bon ange, qui était à son côté, témoignait un extrême contentement de sa conversion.
A cette vue, Paul se leva transporté hors de lui-même, dans l'admiration des miséricordes du Seigneur, et s'écria de toutes ses forces: "O bonté ineffable de Dieu ! O que sa compassion est grande ! O que son amour pour nous est immense !" Il courut en même temps se mettre sur un lieu éminent, et élevant sa voix de toutes ses forces, il disait: " Venez, venez voir les oeuvres de Dieu, combien elles sont merveilleuses. Venez voir comment il veut que tous soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité. Venez, adorons la Seigneur; prosternons-nous devant Lui, et disons:
C'est Toi seul, ô mon Dieu,  qui peut remettre les péchés ".
Tout le monde accourut autour de lui pour savoir ce que c'était. Il leur rapporta ce que Dieu lui avait fait connaîte et pria celui en qui il avait vu un si heureux changement, de dire comment il s'était fait en lui. Celui-ci ne put désavouer la vérité : il déclara qu'il avait vécu jusqu'alors dans le péché, mais qu'ayant entendu lire dans l'église un passage d'Isaïe, où Dieu promet de pardonner à ceux qui se convertiront sincèrement, il était rentré en lui-même, et avait adressé à Dieu cette prière dans le sentiment d'un vif repentir: " Mon Dieu, qui es venu en ce monde pour sauver les pécheurs, et qui nous a fait, par Ton prophète, les promesses que je viens d'entendre; fais-m'en ressentir l'effet, quoique je sois un grand pécheur et très indigne de Ta grâce. Je Te promets de tout mon coeur que dès ce moment je renonce au péché, que je n'y retomberai plus, et que je Te servirai désormais avec une conscience pure. Reçois-moi donc à présent, ô mon Dieu! puisque je veux faire pénitence. Pardonne à un pécheur qui Te supplie de lui remettre son péché, et qui renonce sincèrement au péché ".
La confession publique de ce pénitent édifia tous les assistants, ils n'admirèrent pas moins la miséricorde de Dieu, que la connaissance qu'Il avait donnée à Son serviteur de l'état de cet homme, et de la grâce qu'Il lui avait faite ; et ils en rendirent au Seigneur, à haute voix, de grandes actions de grâces.
Dieu révéla encore à Son serviteur le pardon qu'il avait accordé à la pénitente Thaïs. (1)

Vie des Pères des déserts d'Orient, dans l’Histoire Lausiaque de Pallade

(1) Voir saint Paphnuce et sainte Thaïs au 8 octobre.

20 février 2018

Que faire pour être sauvé? (st Antoine)


- Que dois-je faire pour être sauvé?
- Ne fais pas confiance en ta propre droiture. Ne te soucie pas du passé. Et mets un frein à ta langue et à ton estomac!
Saint Antoine le Grand

02 juin 2017

Souvenez-vous des saints (st Antoine)

Souvenez-vous de la vie des saints, de sorte que leur exemple inspire votre âme à la vertu, et l'empêche d'aller vers le vice.
Saint Antoine le Grand

28 juin 2016

Se débarrasser du démon (saint Antoine)

Le diable a peur de nous lorsque nous prions et faisons des sacrifices. Il a aussi peur lorsque nous sommes humbles et bons. Il est particulièrement effrayé lorsque nous aimons beaucoup Jésus. Il s'enfuit lorsque nous faisons le signe de Croix.
saint Antoine le Grand

10 octobre 2015

Le temps des fous (saint Antoine)


Il viendra une époque où les hommes deviendront fous, et lorsqu'ils verront quelqu'un qui ne l'est pas, ils l'attaqueront en disant "tu es fou, tu n'es pas comme nous."
Saint Antoine le Grand

20 juillet 2015

Les véritables bienheureux (saint Antoine le Grand)

Les véritables bienheureux, ce ne sont pas ceux qui accomplissent des miracles ou voient des Anges. Les véritables bienheureux sont ceux qui savent voir leurs propres péchés.
Saint Antoine le Grand

15 janvier 2015

SAINT PAUL L'ERMITE (saint Jérôme)


"Belles Heures" du duc de Berry - folio 191v :
 Saint Antoine cherchant l'ermitage de saint Paul


Plusieurs ont douté quel a été celui d'entre tous les solitaires qui a le premier habité les déserts; et il y en aqui, remontant bien loin jusque dans les siècles passés, veulent que les premiers auteurs d'une si sainte retraite soient le bienheureux Elie et saint Jean-Baptiste; dont l'un me semble devoir plutôt être considéré comme un prophète que comme un solitaire, et l'autre a commencé à prophétiser avant même que de naître. D'autres assurent, et c'est la commune opinion, que saint Antoine doit être considéré comme le maître de ce projet; ce qui est vrai en partie puisque, bien qu'il n'ait pas été le premier de tous les solitaires qui en fuyant le monde ait passé dans le désert, il a été le premier qui par son exemple a montré le chemin et excité l'ardeur de tous ceux qui se sont portés à embrasser une vie si sainte; car Amatas et Macaire, 2 de ses disciples dont le premier l'a mis en terre, nous assurent encore aujourd'hui qu'un nommé Paul Thébéen a été celui qui a commencé à vivre de cette sorte, en quoi je suis bien de leur avis. Il y en a aussi d'autres qui, feignant sur cela tout ce qui leur vient en fantaisie, voudraient nous faire croire que Paul vivait dans un antre souterrain, et que les cheveux lui tombaient jusque sur les talons; à quoi ils ajoutent d'autres semblables contes faits à plaisir, et que je n'estime pas devoir prendre la peine de réfuter, puisque ce sont des mensonges ridicules et sans apparence.

Or, d'autant que l'on a écrit très exactement, tant en grec qu'en latin, la vie de saint Antoine, j'ai résolu de dire quelque chose du commencement et de la fin de celle de saint Paul, plutôt à cause que personne ne l'a fait jusqu'ici que par la créance d'y pouvoir bien réussir; car quant à ce qui s'est passé depuis sa jeunesse jusqu'à sa vieillesse, et aux tentations du diable qu'il a soutenues et surmontées, personne n'en a connaissance.

Du temps de la persécution de Dèce et de Valérien, lorsque le pape Corneille à Rome et saint Cyprien à Carthage répandirent leur sang bienheureux, cette cruelle tempête dépeupla plusieurs Eglises dans l'Egypte et dans la Thébaïde. Le plus grand souhait des Chrétiens était alors d'avoir la tête tranchée pour la confession du Nom de Jésus-Christ. Mais la malice de leur ennemi le rendait ingénieux à inventer des supplices qui leur donnassent une longue mort, parce que son dessein était de tuer leurs âmes et non pas leurs corps; ainsi que saint Cyprien, qui l'a éprouvé en sa propre personne, le témoigne lui-même par ces paroles: "On refusait de donner la mort à ceux qui la désiraient." Et afin de faire connaître jusqu'à quel excès allait cette cruauté, j'en veux rapporter ici 2 exemples pour en conserver la mémoire.

Un magistrat païen, voyant un martyr demeurer ferme et triompher des tourments au milieu des chevalets et des lames de fer sortant de la fournaise, commanda qu'on lui frottât tout le corps de miel, et qu'après lui avoir lié les mains derrière le dos on le mit à la renverse, et qu'on l'exposât ainsi aux plus ardents rayons du soleil, afin que celui qui avait surmonté tant d'autres douleurs cédât à celles que lui feraient sentir les aiguillons d'une infinité de mouches.

Il ordonna que l'on menât un autre qui était en la fleur de son âge dans un jardin très délicieux, et que là, au milieu des lys et des roses, et le long d'un petit ruisseau qui avec un doux murmure serpentait à l'entour de ces fleurs, et où le vent en soufflant agréablement agitait un peu les feuilles des arbres, on le couchât sur un lit, et qu'après l'y avoir attaché doucement avec des rubans de soie pour lui ôter tout moyen d'en sortir, on le laissât seul. Chacun s'étant retiré, il fit venir une fort belle courtisane qui se jetta à son cou avec des embrassements lascifs, et, ce qui est horrible seulement à dire, porta ses mains en des lieux que la pudeur ne permet pas de nommer, afin qu'après avoir excité en lui le désir d'un plaisir criminel, son impudence victorieuse triomphât de sa chasteté. Ce généreux soldat de Jésus-Christ ne savait en cet état ni que faire ni à quoi se résoudre, car se fût-il laissé vaincre par les délices après avoir résisté à tant de tourments? Enfin par une inspiration divine il se coupa la langue avec les dents, et en la crachant au visage de cette effrontée qui le baisait, il éteignit, par l'extrême douleur qu'il se fit à lui-même, les sentiments de volupté qui eussent pu s'allumer dans sa chair fragile.

Au temps que ces choses se passaient Paul, n'étant âgé que de 15 ans et n'ayant plus ni père ni mère mais seulement une soeur déjà mariée, se trouva maître d'une grande succession en la basse Thébaïde. Il était fort savant dans les lettres grecques et égyptiennes, de fort douce humeur et plein d'un grand amour de Dieu. La tempête de cette persécution éclatant de tous côtés, il se retira en une maison des champs assez éloignée et assez à l'écart.

Son beau-frère se résolut de découvrir celui qu'il était si obligé de cacher, sans que les larmes de sa femme, les devoirs d'une si étroite alliance ni la crainte de Dieu, qui du haut du Ciel regarde toutes nos actions, fussent capables de le détourner d'un si grand crime; et la cruauté qui le portait à cela se couvrait même d'un prétexte de religion.

Ce jeune garçon qui était très sage, ayant appris ce  dessein et se résolvant à faire volontairement ce qu'il était obligé de faire par force, s'enfuit dans les déserts des montagnes pour y attendre que la persécution fût cessée; et en s'y avançant peu à peu, et puis encore davantage, et continuant souvent à faire la même chose, enfin il trouva une montagne pierreuse au pied de laquelle était une grande caverne dont l'entrée était fermée avec une pierre, qu'il retira; et, regardant attentivement de tous côtés par cet instinct naturel qui porte l'homme à désirer de connaître les choses cachées, il aperçut au-dedans, comme un grand vestibule qu'un vieux palmier avait formé de ses branches en les étendant et les entrelaçant les unes dans les autres, et qui n'avait rien que le ciel au-dessus de soi. Il y avait là une fontaine très claire d'où il sortait un ruisseau, qui à peine commençait à couler qu'on le voyait se perdre dans un petit trou, et être englouti par la même terre qui le produisait. Il y avait aussi aux endroits de la montagne les plus difficiles à aborder diverses petites maisonnettes où l'on voyait encore des burins, des enclumes et des marteaux dont on s'était autrefois servi pour faire de la monnaie; et quelques mémoires égyptiens portent que cela avait été une fabrique de fausse monnaie, durant le temps des amours d'Antoine et de Cléopâtre.

Notre saint, concevant de l'attrait pour cette demeure qu'il considérait comme lui ayant été présentée de la main de Dieu, y passa toute sa vie en oraisons et en solitude; et le palmier dont j'ai parlé lui fournissait tout ce qui lui était nécessaire pour sa nourriture et son vêtement; ce qui ne doit pas passer pour impossible, puisque je prends à témoin Jésus-Christ et Ses Anges que, dans cette partie du désert qui en joignant la Syrie tient aux terres des Arabes, j'ai vu parmi des solitaires un frère qui, étant reclus, il y avait 30 ans, ne vivait que de pain d'orge et d'eau bourbeuse, et un autre qui, étant enfermé dans une vieille citerne, vivait  de 5 figues par jour. Je ne doute pas néanmoins que cela ne semble incroyable aux personnes qui manquent de foi, parce "qu'il n'y a que ceux qui croient, à qui telles choses soient possibles."

Mais pour retourner à ce que j'avais commencé de dire, il y avait déjà 113 ans que le bienheureux Paul menait sur la terre, une vie toute céleste; et Antoine, âgé de 90 ans (comme il l'assurait souvent), demeurant dans une autre solitude, il lui vint en pensée que nul autre que lui n'avait passé dans le désert la vie d'un parfait et véritable solitaire; mais lorsqu'il dormait il lui fut, la nuit, révélé en songe qu'il y en avait un autre, plus avant dans le désert, meilleur que lui, et qu'il se devait hâter d'aller voir.

Dès la pointe du jour ce vénérable vieillard, soutenant son corps faible et exténué avec un bâton qui lui servait aussi à se conduire, commença à marcher sans savoir où il allait; et déjà le soleil, arrivé à son midi, avait échauffé l'air de telle sorte qu'il paraissait tout enflammé, sans que néanmoins il se pût résoudre à différer son voyage, disant en lui-même:
"Je me confie en mon Dieu, et ne doute pas qu'Il ne me fasse voir Son serviteur ainsi qu'Il me l'a promis." Comme il achevait ces paroles il vit un homme qui avait en partie le corps d'un cheval, et était comme ceux que les poètes nomment Hippocentaures. Aussitôt qu'il l'eut aperçu il arma son front du Signe salutaire de la Croix et lui cria: " Holà! en quel lieu demeure ici le serviteur de Dieu?" Alors ce monstre, marmottant je ne sais quoi de barbare et entrecoupant plutôt ses paroles qu'il ne les proférait distinctement, s'efforça de faire sortir une voix douce de ses lèvres toutes hérissées de poil, et, étendant sa main droite, lui montra le chemin tant désiré; puis en fuyant il traversa avec une incroyable vitesse toute une grande campagne, et s'évanouit devant les yeux de celui qu'il avait rempli d'étonnement. Quant à savoir si le diable pour épouvanter le saint avait pris cette figure, ou si ces déserts si fertiles en monstres avaient produit celui-ci, je n'en saurais rien assurer.

Antoine, pensant tout étonné à ce qu'il venait de voir, ne laissa pas de continuer son chemin; et à peine avait-il commencé à marcher qu'il aperçut dans un vallon pierreux un fort petit homme qui avait les narines crochues, des cornes au front et des pieds de chèvre. Ce nouveau spectacle ayant augmenté son admiration, il eut recours, comme un vaillant soldat de Jésus-Christ, aux armes de la foi et de l'espérance; mais cet animal, pour gage de son affection, lui offrit des dattes pour le nourrir durant son voyage. Le saint s'arrêta et lui demanda qui il était. Il répondit : "Je suis mortel et l'un des habitants des déserts que les païens, qui se laissent emporter à tant de diverses erreurs, adorent sous le nom de Faunes, de Satyres et d'Incubes. Je suis envoyé vers vous comme ambassadeur par ceux de mon espèce, et nous vous supplions tous de prier pour nous celui qui est également notre Dieu, lequel nous avons su être venu pour le salut du monde, et dont le nom et la réputation se sont répandus par toute la terre."

A ces paroles ce sage vieillard et cet heureux pèlerin trempa son visage des larmes que l'excès de sa joie lui faisait répandre, en abondance, et qui étaient des marques évidentes de ce qui se passait dans son coeur; car il se réjouissait de la gloire de Jésus-Christ et de la destruction de celle du diable, et admirait en même temps comment il avait pu entendre le langage de cet animal et être entendu de lui. En cet état, frappant la terre de son bâton, il disait: "Malheur à toi, Alexandrie, qui adores des monstres en qualité de dieux! malheur à toi, ville adultère qui es devenue la retraite des démons répandus en toutes les parties du monde. De quelle sorte t'excuseras-tu maintenant? Les bêtes parlent des grandeurs de Jésus-Christ, et tu rends à des bêtes les honneurs et les hommages qui ne sont dus qu'à Dieu seul!" A peine avait-il achevé ces paroles que cet animal si léger s'enfuit avec autant de vitesse que s'il avait eu des ailes. Et s'il se trouve quelqu'un à qui cela semble si incroyable, qu'il fasse difficulté d'y ajouter foi, il en pourra voir un exemple dont tout le monde a été témoin et qui est arrivé sous le règne de Constance; car un homme de cette sorte, ayant été mené vivant à Alexandrie, fut vu avec admiration de tout le peuple; et, étant mort, son corps, après avoir été salé de crainte que la chaleur de l'été ne le corrompit, fut porté à Antioche pour le faire voir à l'empereur.

Mais, pour revenir à mon discours, Antoine, continuant à marcher dans le chemin où il s'était engagé, ne considérais autre chose que la piste des bêtes sauvages et la vaste solitude de ce désert, sans savoir ce qu'il devait faire ni de quel côté il devait tourner.

Déjà le second jour était passé depuis qu'il était parti, et il en restait encore un 3ème afin qu'il acquit par cette épreuve une entière confiance de ne pouvoir être abandonné de Jésus-Christ. Il employa toute cette seconde nuit en oraisons, et à peine le jour commençait à poindre qu'il aperçut de loin une louve qui, toute haletante de soif, se coulait le long du pied de la montagne. Il la suivit des yeux et, lorsqu'elle fut fort éloignée, s'étant approché de la caverne et voulant regarder dedans, sa curiosité lui fut inutile, à cause de son obscurité était si grande que ses yeux ne la pouvaient pénétrer; mais, comme dit l'Écriture, "le parfait amour bannissant la crainte,"  après s'être un peu arrêté et avoir repris haleine, ce saint et habile espion entra dans cet antre en s'avançant peu à peu et s'arrêtant souvent pour écouter s'il n'entendrait point de bruit. Enfin, à travers l'horreur de ces épaisses ténèbres, il aperçut de la lumière assez loin de là. Alors, redoublant ses pas et marchant sur des cailloux, il fit du bruit. Paul l'ayant entendu, il tira sur lui sa porte qui était ouverte, et la ferma au verrou.

Antoine, se jetant contre terre sur le seuil de la porte, y demeura jusqu'à l'heure de Sexte et davantage, le conjurant toujours de lui ouvrir et lui disant : "Vous savez qui je suis, d'où je viens, et le sujet qui m'amène. J'avoue que je ne suis pas digne de vous voir, mais je ne partirai néanmoins jamais d'ici jusqu'à ce due j'aie revu ce bonheur. Est-il possible que, ne refusant pas aux bêtes l'entrée de votre caverne, vous la refusiez aux hommes? Je vous ai cherché, je vous ai trouvé; et je frappe à votre porte afin qu'elle me soit ouverte : que si je ne puis obtenir cette grâce, je suis résolu de mourir en la demandant; et j'espère qu'au moins vous aurez assez de charité pour m'ensevelir."

"Personne ne supplie en menaçant et ne mêle des injures avec des larmes," lui répondit Paul "vous étonnez-vous donc si je ne veux pas vous recevoir, puisque vous dites n'être venu ici que pour mourir?" Ainsi Paul en souriant lui ouvrit la porte; et alors, s'étant embrassés à diverses fois, ils se saluèrent et se nommèrent tous 2 par leurs propres noms. Ils rendirent ensemble grâces à Dieu; et, après s'être donné le saint baiser, Paul, s'étant assis auprès d'Antoine, lui parla en cette sorte :

"Voici celui que vous avez cherché avec tant de peine, et dont le corps flétri de vieillesse est couvert par des cheveux blancs tout pleins de crasse; voici cet homme qui est sur le point d'être réduit en poussière; mais, puisque la charité ne trouve rien de difficile, dites-moi, je vous supplie, comment va le monde : fait-on de nouveaux bâtiments dans les anciennes villes? qui est celui qui règne aujourd'hui ? et se trouve-t-il encore des hommes si aveuglés d'erreur que d'adorer les démons?"

Comme ils s'entretenaient de la sorte ils virent un corbeau qui, après s'être reposé sur une branche d'arbre, vint de là, en volant tout doucement, apporter à terre devant eux un pain tout entier. Aussitôt qu'il fut parti Paul commença à dire : "Voyez, je vous supplie, comme Dieu, véritablement tout bon et tout miséricordieux, nous a envoyé à dîner. Il y a déjà 60 ans que je reçois chaque jour de cette sorte une moitié de pain; mais depuis que vous êtes arrivé Jésus-Christ a redoublé ma portion, pour faire voir par là le soin qu'Il daigne prendre de ceux qui, en qualité de ses soldats, combattent pour Son service."

Ensuite, ayant tous 2 rendu grâces à Dieu, ils s'assirent sur le bord d'une fontaine aussi claire que du cristal, et voulant se déférer l'un à l'autre l'honneur de rompre le pain, cette dispute dura quasi jusqu'à Vêpres, Paul insistant sur ce que l'hospitalité et la coutume l'obligeaient à cette civilité, et Antoine la refusant à cause de l'avantage que l'âge de Paul lui donnait sur lui. Enfin ils résolurent que chacun de son côté, prenant le pain et le tirant à soi, en retiendrait la portion qui lui demeurerait entre les mains. Après, en se baissant sur la fontaine et mettant leur bouche sur l'eau, ils en burent chacun un peu, et puis, offrant à Dieu un sacrifice de louanges, ils passèrent toute la nuit en prières.

Le jour étant venu, Paul parla ainsi à Antoine : "Il y a longtemps, mon frère, que je savais votre séjour en ce désert; il y a longtemps que Dieu m'avait promis que vous emploieriez comme moi votre vie à Son service; mais parce que l'heure de mon heureux sommeil est arrivé, et qu'ayant toujours désiré avec ardeur d'être délivré de ce corps mortel pour m'unir à Jésus-Christ, il ne me reste plus, après avoir achevé ma course, que de recevoir la couronne de justice, notre Seigneur vous a envoyé pour couvrir de terre ce pauvre corps, ou, pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre."

A ces paroles Antoine, fondant en pleurs et jetant mille soupirs, le conjurait de ne pas l'abandonner et de demander à Dieu qu'il lui tint compagnie en ce voyage; à quoi il lui répondit : "Vous ne devez pas désirer ce qui vous est plus avantageux, mais ce qui est plus utile à votre prochain : il n'y a point de doute que ce ne vous fût un extrême bonheur d'être déchargé du fardeau ennuyeux de cette chair pour suivre l'Agneau sans tache, mais il importe au bien de vos frères d'être encore instruits par votre exemple. Ainsi, si ce ne vous est point trop d'incommodité, je vous supplie d'aller quérir le manteau que l'évêque Athanase vous donna, et de me l'apporter pour m'ensevelir." Or si le bienheureux Paul lui faisait cette prière, ce n'est pas qu'il se souciât beaucoup que son corps fût plutôt enseveli que de demeurer nu, puisqu'il devait être réduit en pourriture, lui qui depuis tant d'années n'était revêtu que de feuilles de palmier entrelacées, mais afin qu'Antoine étant éloigné de lui, il ressentit avec moins de violence l'extrême douleur qu'il recevrait de sa mort.

Antoine fut rempli d'un merveilleux étonnement de ce qu'il lui venait de dire de saint Athanase et du manteau qu'il lui avait donné; et, comme s'il eût vu Jésus-Christ dans Paul et adorant Dieu résidant dans son coeur, il n'osa plus lui rien répliquer; mais, pleurant sans dire une seule parole, après lui avoir baisé les yeux et les mains il partit pour s'en retourner à son monastère, qui fut depuis occupé par les Arabes; et, bien que son esprit fit faire à son corps affaibli de jeûnes et cassé de vieillesse une diligence beaucoup plus grande que son âge ne le pouvait permettre, il s'accusait néanmoins de marcher trop lentement. Enfin après avoir achevé ce long chemin, il arriva tout fatigué et tout hors d'haleine à son monastère.

Deux de ses disciples qui le servaient depuis plusieurs années ayant couru au-devant de lui et  lui disant : "Mon père, où avez-vous demeuré si longtemps?" il leur répondit : "Malheur à moi, misérable pécheur, qui porte si indignement le nom de solitaire! J'ai vu Elie, j'ai vu Jean dans le désert, et, pour parler selon la vérité, j'ai vu Paul dans un paradis." Sans en dire davantage et en se frappant la poitrine il tira le manteau de sa cellule; et ses disciples le suppliant de les informer plus particulièrement de ce que c'était, il leur répondit : "Il y a temps de parler et temps de se taire"; et, sortant ainsi de la maison sans prendre aucune nourriture, il s'en retourna par le même chemin qu'il était venu, ayant le coeur tout rempli de Paul, brûlant d'ardeur de le voir et l'ayant toujours devant les yeux et dans l'esprit, parce qu'il craignait, ainsi qu'il arriva, qu'il ne rendit son âme à Dieu durant son absence.

Le lendemain au point du jour, lorsqu'il y avait déjà 3 heures qu'il était en chemin, il vit au milieu des troupes des Anges et entre les choeurs des prophètes et des apôtres Paul, tout éclatant d'une blancheur pure et lumineuse, monter dans le Ciel. Soudain, se jetant le visage contre terre, il se couvrit la tête de sable et s'écria en pleurant : "Paul, pourquoi m'abandonnez-vous ainsi? pourquoi partez-vous sans me donner le loisir de vous dire adieu? Vous ayant connu si tard, faut-il que vous me quittiez si tôt?"

Le bienheureux Antoine contait, depuis, qu'il acheva avec tant de vitesse ce qui lui restait de chemin qu'il semblait qu'il eût des ailes, et non sans sujet puisque, étant entré dans la caverne, il y vit le corps mort du saint qui avait les genoux en terre, la tête levée et les mains étendues vers le ciel. Il crut d'abord qu'il était vivant et qu'il priait, et se mit de son côté en prières; mais, ne l'entendant pas soupirer ainsi qu'il avait coutume de le faire en priant, il alla se jeter à son cou pour lui donner un triste baiser, et reconnut que par une posture si dévote le corps de ce saint homme, tout mort qu'il était, priait encore Dieu auquel toutes choses sont vivantes.

Ayant roulé et tiré ce corps dehors, et chanté des hymnes et des Psaumes selon la tradition de l'Eglise, il était fort fâché de n'avoir rien pour fouiller la terre, et pensant et repensant à cela avec inquiétude d'esprit, il disait : "Si je retourne au monastère il me faut 3 jours pour revenir, et si je demeure ici, je n'avancerai rien : il vaut donc beaucoup mieux que je meure et que, suivant Votre vaillant soldat, ô Jésus-Christ, mon cher maître, je rende auprès de lui les derniers soupirs."

Comme il parlait ainsi en lui-même, voici 2 lions qui, sortant en courant du fond du désert, faisaient flotter leurs longs crins dessus le cou. Ils lui donnèrent d'abord de la frayeur, mais, élevant son esprit à Dieu, il demeura aussi tranquille que s'ils eussent été des colombes, ils vinrent droit au corps du bienheureux vieillard, et, s'arrêtant là et le flattant avec leurs queues, ils se couchèrent à ses pieds, puis jetèrent de grands rugissements pour lui témoigner qu'ils le pleuraient en la manière qu'ils le pouvaient. Ils commencèrent ensuite à gratter la terre avec leurs ongles, en un lieu assez proche de là, et, jetant à l'envi le sable de côté et d'autre, firent une fosse capable de recevoir le corps d'un homme; et aussitôt après, comme s'ils eussent demandé récompense de leur travail, ils vinrent, en remuant les oreilles et la tête basse, vers Antoine, et lui léchaient les pieds et les mains. Il reconnut qu'ils lui demandaient sa bénédiction, et soudain, rendant des louanges infinies à Jésus-Christ de ce que même les animaux irraisonnables avaient quelque sentiment de la divinité, il dit: "Seigneur, sans la volonté duquel il ne tombe pas même une seule feuille des arbres ni le moindre oiseau ne perd la vie, donnez à ces lions ce que Vous savez leur être nécessaire"; et après, leur faisant signe de la main, il leur commanda de s'en aller.

Lorsqu'ils furent partis il courba ses épaules affaiblies par la vieillesse sous le fardeau de ce saint corps, et, l'ayant porté dans la fosse, jeta du sable dessus pour l'enterrer selon la coutume de l'Eglise. Le jour suivant étant venu, ce pieux héritier, ne voulant, rien perdre de la succession de celui qui était mort sans faire de testament, prit pour soi la tunique qu'il avait tissée de ses propres mains avec des feuilles de palmier, en la même sorte qu'on fait des paniers d'osier, et retournant ainsi à son monastère, il conta particulièrement à ses disciples tout ce qui lui était arrivé; et aux jours solennels de Pâques et de la Pentecôte il se revêtait toujours de la tunique du bienheureux Paul.

Je ne saurais m'empocher, sur la fin de cette histoire, de demander à ceux qui ont tant de biens qu'ils n'en savent pas le compte, qui bâtissent des palais de marbre, qui enferment dans un seul collier de diamants ou de perles le prix de plusieurs riches héritages, ce qui a jamais manqué à ce vieillard tout nu. Vous buvez dans des coupes de pierres précieuses; et lui avec le creux de sa main satisfaisait au besoin de la nature; vous vous parez avec des robes tissées d'or, et lui n'a pas eu le plus vil habit qu'eût pu porter le moindre de vos esclaves; mais, par un changement étrange, le Paradis a été ouvert à cet homme si pauvre, et vous, avec votre magnificence, serez précipités dans les flammes éternelles; tout nu qu'il était, il a conservé cette robe blanche dont Jésus-Christ l'avait revêtu au Baptême, et vous, avec ces habits somptueux, vous l'avez perdue; Paul, n'étant couvert que d'une vile poussière, se relèvera un jour pour ressusciter en gloire, et ces tombeaux si élaborés et si superbes qui vous enferment aujourd'hui ne vous empêcheront pas de braver misérablement avec toutes vos richesses. Ayez pitié de vous-mêmes, je vous prie, et épargnez au moins ces biens que vous aimez tant. Pourquoi ensevelissez-vous vos morts dans des draps d'or et de soie? Pourquoi votre vanité ne cesse-t-elle pas même au milieu de vos soupirs et de vos larmes? Est-ce que vous croyez que les corps des riches ne sauraient pourrir que dans des étoffes précieuses?

Qui que vous soyez qui lirez ceci, je vous conjure de vous souvenir du pécheur Jérôme, lequel, si Dieu lui en avait donné le choix, aimerait incomparablement mieux la tunique de Paul avec ses mérites due la pourpre des rois avec toute leur puissance.

17 janvier 2014

Saint Antoine le grand, père du Désert (17/1)

Tropaire, ton 4
Imitant Élie en son zèle par ton genre de vie,
et du Baptiste aussi suivant les droits chemins,
vénérable père Antoine, tu as peuplé le désert
et as affermi l'univers par tes prières.
Aussi, prie le Christ notre Dieu
pour que nos âmes soient sauvées
.

Kondakion, ton 2

Ayant écarté les tumultes de cete vie,
tu as passé ta vie dans la tranquilité
et de toutes les façons
tu as imité le Baptiste, ô très saint.
Aussi, avec lui nous te glorifions,
Antoine, père des Pères en vérité
.

Ikos

Obéissant à l'appel du Christ,
tu marchas à la suite de Ses Commandements,
te dépouillant de la vie et rejetant tout souci
des richesses, des biens, des serviteurs,
et l'affection de ta soeur, Antoine théophore;
et tout seul dans le désert tu reçus la grâce de la connaissance
en conversant purement avec Dieu.
Envoie sur moi cette grâce que je puisse te glorifier,
Antoine, père des Pères en vérité
.

Synaxaire
Le 17 janvier, mémoire de notre vénérable père Antoine le Grand (+ 356)
 
Le Ciel possède-t'il plus illustre qu'Antoine
lorsqu'il accueille en lui le plus grand des ascètes.
Le dix-sept, on enlève d'ici-bas Antoine
.

Ce même jour, mémoire des :
saint Théodose le grand, empereur, mort en paix (+ 395)
saint Achile, ascète à Scété, mort en paix (5ème s.)
saint Antoine le Nouveau, ascète et thaumaturge à Bérée en Macédoine (12ème s.)
saint Georges de Ioannina, néo-martyr, palefrenier, mort pendu par la main des Musulmans à Ioannina (+ 1838)
saint Antoine, fondateur du monastère de Dymsk (Novgorod 1273)
saint Antoine le Romain, à Novgorod
saint Antoine de Krasnyi-Kholm, mort en paix (+ 1481)
saint Antoine, fondateur du monastère de la Mère de Dieu sur les rives du Lac Noir (Tchernoïezirsk) dans la région de Novgorod (16ème s.)
saint Antoine de Vologda, successeur de Joseph de Volokolamsk.
saint Macaire Kaloyeras, moine et directeur d'école à Patmos, mort en paix (+ 1737)
saint Genou, évêque de Cahors, et son père saint Genit (vers 250)
saint Marcel, évêque de Die (+ 510)
saint Sulpice le Pieux, évêque de Bourges (+ 647)
saint Richmir, fondateur du monastère de Saint-Rigomer-des-bois (+ 715)
sainte Mildgyth, vierge à Canterbury, arrière-petite-fille de saint Ethelbert, premier roi chrétien du Kent, moniale (vers 676)
saints Diodore, prêtre, et Marien, diacre, martyrs à Rome (vers 257).
sainte Yolaine, vierge et martyre au diocèse de Soissons (4ème siècle)
saints Iounilla et Tourvon, martyrs en Cappadoce
saint Sabin ou Savin, évêque de Plaisance, thaumaturge qui apaisa les eaux du Pô (fin 4ème siècle)
saint Diogène, évêque de Grenoble (vers 390)
saint Nennius, abbé en Irlande (6ème siècle)
saints Antoine, Merule et Jean, moines au monastère de Saint-André à Rome (6ème siècle)
saint Joseph, évêque de Freising (764)
saint Paul, prêtre, martyr par la main des Communistes (Russie 1938)
Par les prières de Tes saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.



Agrypnie jeudi 16 janvier 2014 à la paroisse des saints Anargyres, pour saint Antoine le Grand et saint Georges de Ioannina

21 avril 2013

La Providence de Dieu (saint Antoine le Grand)


La Providence de Dieu contrôle l'univers. Il est partout présent. La Providence est le souverain Verbe de Dieu, imprimant sa forme à l'informe matérialité du monde, créant et façonnant toutes choses. La matière n'aurait pas pu acquérir une structure articulée s'il n'y avait eu la puissance directrice du Logos, Qui est l'Image, l'Intelligence, la Sagesse et la Providence de Dieu.
saint Antoine le Grand



God’s Providence controls the universe. It is present everywhere. Providence is the sovereign Logos of God, imprinting form on the unformed materiality of the world, making and fashioning all things. Matter could not have acquired an articulated structure were it not for the directing power of the Logos Who is the Image, Intellect, Wisdom, and Providence of God.
St Anthony the Great

11 mars 2013

La vie de vertu (saint Antoine le Grand)

Nul ne devrait dire qu'il est impossible de parvenir à une vie de vertu; mais chacun devrait dire que ce n'est pas chose facile. De même ceux qui y sont parvenus ne trouvent pas facile de la maintenir. Ceux qui ont une vie pieuse et dont l'esprit se réjouit de l'amour de Dieu participent à la vie vertueuse. Cependant, l'intelligence ordinaire est mondaine et désordonnée, produisant aussi bien de bonnes que de mauvaises pensées, parce qu'elle est instable par nature et orientée vers les biens matériels. Mais l'intelligence qui se réjouit de l'amour de Dieu punit le mal qui surgit spontanément en l'homme du fait de sa paresse.
saint Antoine le Grand

 





One should not say that it is impossible to reach a virtuous life; but one should say that it is not easy. Nor do those who have reached it find it easy to maintain. Those who are devout and whose intellect enjoys the love of God participate in the life of virtue; the ordinary intellect, however, is worldly and wavering, producing both good and evil thoughts, because it is changeful by nature and directed towards material things. But the intellect that enjoys the love of God punishes the evil which arises spontaneously because of man's laziness.
St. Anthony the Great

02 octobre 2012

Mourir chaque jour (saint Antoine)

Mourrez au quotidien, afin que vous puissiez vivre éternellement, car celui qui craint Dieu vivra à jamais.
Saint Antoine le Grand




 

 "Die daily, that you might live eternally, for one who fears God will live forever."
St. Anthony the Great

05 mai 2012

Prière, Croix et humilité désarment le démon (saint Antoine le Grand)

Le diable a peur lorsque nous prions et nous nous sacrifions. Il a aussi peur lorsque nous sommes humbles et bons. Il est particulièrement effrayé lorsque nous aimons beaucoup Jésus. Il fuit à chaque fois que nous faisons le Signe de la Croix.
Saint Antoine le Grand



The devil is afraid of us when we pray and make sacrifices. He is also afraid when we are humble and good. He is especially afraid when we love Jesus very much. He runs away when we make the Sign of the Cross.
Saint Anthony of Egypt