"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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01 août 2018

Saint Æthelwold, évêque de Winchester et rénovateur de la vie monastique (+ 984)



En Angleterre éclata au 10ième siècle un véritable réveil monastique (revival, comme dit dom David Knowles), qui agit sur le pays tout entier. Saint Dunstan sema la graine qui devait produire l'arbre magnifique. Sa conversion intime fut suivie vers 943 par l'abbatiat, à Glastonbury, dans le Somerset. Il y éleva une famille monastique dans l'esprit de la Règle bénédictine. Parmi ses jeunes, il y avait notre Ethelwold (Æthelwold / Aethelweald), fils d'une haute famille de Winchester. Dans sa jeunesse il fit partie de la maison (cornitatus) du roi Aethelstan, puis fut tonsuré par saint Elphège (Aelfheah) le Chauve, évêque de Winchester de 936 à 951. Il resta quelque temps auprès du prélat, puis entra au monastère de Glastonbury sous saint Dunstan. Ethelwold fut un moine zélé pour l'étude, la prière et les humbles travaux comme ceux du jardin ou de la cuisine. Son zèle rêvait de dépasser Dunstan, d'aller sur le continent étudier la vie des monastères illustres. Mais la reine pressentant que, s'il partait, ce serait une perte irréparable, réussit à lui faire interdire tout voyage d'études à l'étranger. Le roi concéda à Ethelwold, vers 954, le monastère d'Abingdon qui était abandonné et en ruines. Le prince aida le vaillant moine à le rebâtir. Un jour il vint inspecter les travaux. L'abbé l'invita à déjeuner. Ce fut une petite fête très réussie : le déjeuner devint lunch, puis souper. On servit libéralement de l'hydromel à tout ce beau monde. On avait fermé les portes pour que nul ne pût déserter la royale beuverie. Au soir, tous ces Northumbriens se retirèrent joyeux, "in ebrietate suatim". L'hydromel n'avait pas manqué. Comme notre saint Eloi, Ethelwold était un artisan habile : il fit 2 cloches et une «roue d'or» toute pleine de clochettes. Il accomplit par le moine Osgar, qu'il envoya à Fleury-sur-Loire, son projet irréalisé d'enquête sur l'observance d'outremer. Lui-même faisait des rondes dans son monastère, pour tout surveiller. Il s'intéressait de près à toutes les constructions. Un jour il reçut une planche énorme tombant d'un échafaudage, qui lui brisa plusieurs côtes.
Le 29 novembre 963, Ethelwold fut consacré évêque de Winchester. Saint Dunstan, lui, avait été exilé par le roi Edwy. Il avait visité avec grand intérêt les monastères de Flandre et de Lorraine. Rentré en 957, il avait reçu alors l'évêché de Worcester; plus tard il aurait celui de Londres et enfin celui de Cantorbéry.
Un troisième grand moine, d'origine danoise, devait briller dans l'Église anglaise à ce moment, c'était saint Oswald, profès de Fleury-sur-Loire, dépendance de Cluny, puis évêque de Worcester et archevêque d'York. Ce triumvirat monastique, animé d'un même idéal, appuyé par un roi jeune et zélé, exerça une influence profonde sur le pays grâce à Glastonbury, Abingdon et Ramsey, le monastère d'Oswald, dans les Fens ou marais, terres basses conquises sur la baie de Wash. Ramsey avait une colonie de moines venus de Fleury.
Pour faire régner l'ordre il fallut expulser ou transférer, avec l'appui du roi, les clercs trop peu zélés. Ethelwold fut le chef de ce mouvement, jusque-là sans équivalent exact en Occident, par lequel des moines remplacèrent des clercs ou des chanoines à l'église cathédrale, où un évêque-abbé présida désormais. Ethelwold fut imité par Oswald, peut-être par Dunstan; Winchester, Worcester, plus tard Sherborne et Cantorbéry devinrent cathédrales monastiques.
Dunstan, le principal conseiller du roi Edgar, fit convoquer un synode qui se tint en 970 sous le patronage du roi et de la reine. Aux représentants du monachisme insulaire s'étaient joints des délégués de Gand et de Fleury. Mandaté par cette haute assemblée, Ethelwold rédigea une "Regularis concordia" (P. L., t. 137, col. 475) qui donnait avec quelques modifications la pratique courante des grandes abbayes du continent au 10ième siècle. Le nouveau code monastique fut accepté librement et demeura en vigueur jusqu'à la conquête normande, les monastères gardant leurs libertés locales.
Les abbayes fournirent au pays des intellectuels, des artistes, des évêques, le meilleur de son élite. Pour Dunstan, et, à un degré moindre, Ethelwold et Oswald, l'ordre monastique ne devait pas être un club d'ascètes en marge de la nation, mais le coeur même de la nation, intellectuel et spirituel. L'Église, l'État, les moines étaient étroitement solidaires. On avait une concorde des ordres : roi, évêques, moines.
Par sa réforme vigoureuse des monastères, Ethelwold souleva bien des haines. On essaya de l'empoisonner. La tentative fut vaine. Au reste, le prélat était pâle, avait souvent des douleurs aux jambes, au ventre, et dormait mal. Cependant il marchait quand même, évitait de manger oiseaux ou quadrupèdes, conformément à la Règle. Il aimait enseigner la jeunesse, lui traduire en anglais les livres latins, lui parler de grammaire ou de métrique. Ce maître souriant était un merveilleux animateur pour le bien. Dans ses inspections, il était un «lion» pour les déréglés, une "colombe" pour les bons (Aelfric).
«L'Aigle du Christ», le "père des moines", mourut à Beddington, dans le Surrey, le 1er août 984. Il avait plus de 20 ans d'épiscopat. Il fut inhumé à Winchester. Douze ans après son décès, son corps fut élevé par saint Elphège, son successeur, futur archevêque de Cantorbéry et martyr; Sa "depositio" est marquée aux anciens calendriers le 1er août. Deux calendriers seulement ont sa translation, plus exactement l'élévation de ses reliques par saint Elphège, un 10 septembre. En revanche. ils n'ont pas sa "depositio", à cause des Maccabées et de saint Pierre. On a attribué à Ethelwold un travail sur le cercle dédié à Gerbert (le pape de Rome Silvestre 2). Il existe un "bénédictionnaire de saint Ethelwold" qui est un fort beau manuscrit. Cf. E. - G. Millar, "La miniature anglaise du 10ième au 13ième siècle", Paris-Bruxelles.
Bibl. - Très bonne Vie par Aelfric, dans Chron. d'Abingdon, t.2, p. 255 (Rolls séries). Bonne Vie par Wulistan, dans Mabillon, Acta sanct. ord. .S. Bened., saec. 5, p. 608, P. L., t. 137, col, 83, ou Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 89.

sur l'enluminure ci-dessous, qui provient de son Bénédictionnaire, vous pouvez voir derrière saint Aethelwold l'Antependium ou Pallium altaris, à savoir le drap d'Autel comme on l'utilisait en Occident à l'époque Chrétienne Orthodoxe.




07 février 2016

Saint Richard, roi du Wessex & Confesseur


Mort en 722. Une fois christianisés, les Anglo-Saxons se sont distingués pour le patronage royal accordé à l'Église Chrétienne, et par la manière dont les rois et leurs familles ont oeuvré à répandre l'Évangile dans leurs propres pays et au-delà des mers. Saint Richard et sa famille sont des exemples remarquables. Il fut un des rois ou princes du Wessex, parent de la maison royale du Kent, et épousa Winna, elle-même descendante de Cerdic et tante de Boniface de Crediton.

Richard fut élevé chrétiennement et sa Foi était réelle et solide. Quand son fils aîné Willibald eut 3 ans, il tomba gravement malade, et il ne semblait pas y avoir d'espoir de le voir guérir. Son père l'enveloppa dans un linge et, montant sur son cheval, il parcourut à travers la nuit jusqu'à un crucifix à un carrefour près du village où ils habitaient. Butler nous rapporte :

"Saint Richard, pendant qu'il vivait, obtint par ses prières la guérison de son jeune fils Willibald, qu'il déposa au pied d'un grand crucifix érigé dans un lieu public en Angleterre, alors que la vie de l'enfant était en grand danger suite à une maladie grave."

Richard plaça l'enfant au pied de la croix et s'agenouilla en prière, suppliant pour la vie de son fils. Willibald guérit, et 2 ans plus tard, il fut confié à Egbald, abbé de Warham, près de Winchester, afin d'être élevé.

Quand Willibald fut adulte, il retourna dans sa famille avec le désir de répandre la Foi au loin, et il persuada son père et son frère de l'accompagner en pèlerinage à Rome et en Terre Sainte. Richard avait une fille, Walburge, née d'un second mariage, et elle entra au Couvent de Wimborne, sous l'abbesse Tetta. Quand Richard renonça à ses territoires royaux, il fit voile avec ses 2 fils depuis Hamblehaven près de Southampton. Ils firent un voyage d'agrément à travers la France, passant du temps dans divers centres Chrétiens, dont Rouen, et il semblerait que durant ce voyage, Richard fit profession monastique.

Ils atteignirent l'Italie et parvinrent à Lucca, où la cathédrale avait été bâtie par un moine Irlandais appelé Frigidian, mais appelé Frediano par les habitants du coin. Richard, qui était devenu âgé et infirme durant ses voyages, succomba à la chaleur et mourut. Ses fils assistèrent à ses funérailles dans la cathédrale Saint-Frediano puis continuèrent leur voyage. Par la suite, ils rejoignirent leur oncle saint Boniface et leur soeur sainte Walburga, pour aider à l'oeuvre de conversion des Germains. Saint Richard, leur père, est encore et toujours vénéré à Lucca. Le fils de son cousin, le moine Hugeburc, a rédigé le célèbre récit de leur pèlerinage, appelé "Hodoeporicon". (S. Baring-Gould).

Dans l'art, le roi saint Richard est représenté en pèlerin royal (avec un manteau d'hermine), avec 2 fils - un évêque et un abbé. Sa couronne être posée sur un livre. (Roeder). Il est vénéré à Heidenheim et Lucca. (Roeder).



31 janvier 2016

Saint Adamnan de Coldingham, ascète et confesseur (+ vers 689)

Adamnan, Écossais d'origine, était jeune encore quand il se rendit coupable d'une faute grave, et, par une grâce spéciale, en ressentit une profonde douleur à la pensée du Jugement divin qu'il devrait subir. Il se confessa donc auprès d'un prêtre pour en obtenir le pardon. Il déclara être prêt à subir toutes les pénitences qu'on lui imposerait. En sage directeur, le prêtre lui dit "Contentez-vous d'un jeûne de 3 jours, après quoi je vous dirai ce que vous devez faire et pour combien de temps." Adamnan commença donc sa pénitence. Mais, avant que les 3 jours fussent expirés, il apprit que le prêtre était retourné en Irlande et venait de mourir. Il considéra cet événement comme un signe que Dieu voulait lui faire continuer sa pénitence toute sa vie. Il alla donc se présenter à l'abbaye double de Coldingham, y devint moine et se condamna aux pratiques de pénitence les plus austères. Bède, qui raconte le fait, ajoute que cette pénitence dura longtemps.

Un jour, Adamnan était sorti avec un autre moine. Comme ils rentraient et qu'ils étaient encore à quelque distance du monastère, Adamnan se mit à verser des larmes. Son compagnon lui en demanda la raison. "C'est que, dit-il, le temps approche où tous ces édifices que vous voyez seront consumés par le feu." Le propos ayant été rapporté à l'abbesse Ebba, celle-ci fit venir Adamnan. "Que signifie, lui dit-elle, une pareille prédiction?"
- "C'est que, répondit Adamnan, pendant que je priais la nuit, une personne s'est montrée à moi et m'a déclaré qu'un incendie détruirait le monastère, en punition du relâchement qui s'est introduit parmi les religieuses."
- "Et pourquoi ne m'avez-vous pas avertie plus tôt?"
- "J'ai pour vous un très grand respect et ne voulais pas vous causer cet excès de trouble; d'ailleurs, une consolation vous est ménagée, le chàtiment n'arrivera pas durant votre vie."
Ebba avertit ses moniales, qui, pour un moment, redoublèrent de ferveur et d'austérité. Cela ne dura guère. Le châtiment arriva et le monastère de Coldingham fut incendié en 686. Adamnan vécut 3 ans encore.




Tropaire de saint Adamnan de Coldingham, ton 2
Tu as mené une vie peu édifiante,*
Tu te convertis après un pèlerinage,*
Alors tu devins moine à Coldingham,*
Et tu servis le monastère de sainte Ebbe.*
Menant une vie de grande ascèse et prière.*
Saint Adamnan, prie Dieu pour qu'Il sauve nos âmes!

 

source tropaire
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.be/2013/02/racines-orthodoxes-31-janvier13-fevrier.html

11 septembre 2013

La première célébration orthodoxe de saints d'Occident (métropolite Antoine Bloom)


http://www.metropolit-anthony.orc.ru/eng/eng_07.htm

Dès les premiers jours de son existence, l'Église a vénéré et aimé et chanté les louanges de ses saints, de ces gens qui ont été les héraults de l'amour de Dieu, et qui ont témoigné de leur fidélité, de leur engagement ferme, de leur amour, non seulement en paroles, mais par toute leur vie, et par leur mort aussi. Le premier martyr, Étienne, et après lui tant de martyrs et de témoins, et tous ceux qui ont vécu et brillé, et qui ont été sur terre le resplendissement de Dieu, la brillance de Son amour, la tendresse de Sa compassion, la pureté de Son message, ont été commémorés avec grande gratitude. Certains de ces saints sont connus, d'innombrables noms sont tombés dans l'oubli, mais tous sont commémorés et tous sont parmi nous, et c'est leur foi, leur fidélité, leur message qui ont fait qu'il nous est possible à nous d'appartenir au Corps du CHrist, d'entrer sur le chemin qu'ils ont suivit si glorieusement. Certains de ces saints sont connus dans le monde entier, d'autres vénérés localement, dans l'un ou l'autre pays, ou simplement dans une région limitée où ils ontbrillé et où leur mémoire est préservée avec vénération.

Un des premiers saints de l'Occident qui a été appelé à la vénération des émigrés Russes Orthodoxes en Europe occidentale a été sainte Geneviève de Paris, et lorsque je dis qu'elle nous a appelés à la vénérer, à la commémorer ensemble avec les nombreux autres saints Orthodoxes d'Occident, j'utilise ce terme à dessein. Dans une de nos plus pauvres et plus petites communautés à Paris, une femme se vit en songe quelque part dans les fourrés près d'un bois, et se sentit poussée à regarder ce qui s'y trouvait. Elle découvrit une porte, la franchit et marchea, et se retrouva devant la statue d'une femme, qui tenait en ses mains un livre et une gerbe de blé, et cette femme la regardait avec tristesse et lui dit : "Comment se fait-il que le peuple de ma cité, qui partage ma foi, ne m'honnore pas?" La femme se réveilla, mais elle ne savait pas quel nom donner à cette vision. Elle en parla, mais ne reçut pas de réponse avant plusieurs semaines, lorsqu'en allant à un petit endroit pas loin de Paris, appelé Sainte Geneviève des Bois, elle reconnu le lieu de son rêve, les fourrés. Elle y entra, elle trouva la porte, et découvrit la même statue, mais cette fois une inscription lui révéla que c'était sainte Geneviève, la sainte patronne de Paris avec saint Denis. Et elle rapporta la nouvelle, et dans notre petite communauté, nous avons commencé à la prier, plus tard nous avons fondé une paroisse à son nom, et ce fut le début de l'Orthodoxie française (*).

Cet événement a ouvert nos esprits et nos coeurs à quelque chose que nous avions négligé, car ayant perdu notre pays et tout ce que nous aimions, nous avions tendance à nous enfermer dans notre vie russe, ne nous souvenant que de nos ancêtres russes, à la fois spirituels et matériels, du pays que nous aimons, du peuple qui est notre parent, et des saints qui étaient la gloire de la Russie. Et voilà que soudainement, nous devenions conscients que nous étions en Occident, non pas dans une partie du monde qui nous était étrange et étrangère, mais dans une partie du monde qui avait partagé pendant près de mille ans la même foi avec nous, la même plénitude d'unité, la même joie d'appartenir tous ensemble au monde Chrétien. Nous avons commencé à nous intéresser aux saints d'Occident et dans tous les pays, à présent, cette prise de conscience a grandit, et lorsque nous venons dans un pays du monde occidental, nous savons qu'au delà de mille ans de séparations, nous rencontrons la mémoire, les prières, les noms et la présence de ces saints de l'Orthodoxie qui sont et ont été sa gloire, le resplendissement devant Dieu, nous venons auprès de notre propre peuple. Et c'est quelque chose qui est si merveilleux, et pour lequel nous sommes si profondément reconnaissants. Nous ne sommes pas des étrangers dans ce pays, des myriades d'hommes et de femmes y ont partagé notre foi. Nous ne sommes étrangers en aucun pays car l'ininterrompue unicité de l'Église il y a des centaines d'années fait de nous les parents de ceux qui en sont leur resplendissement et leur gloire.

Par la suite nous avons écrit à ce sujet à un des plus grands hommes de l'Église de Russie, au patriarche Serge à l'époque où il était encore le "locum tenens" du Siège de Moscou et toute la Russie. Il nous a encouragés, nous a appelés à la re-création, à ramener à la vie l'Orthodoxie de l'Occident. Il nous a appelé à traduire les offices, à célébrer dans la langue du pays, à rendre l'Orthodoxie vivante et accessible pour ceux qui l'avaient perdue et cependant aspiraient après sa plénitude. Et c'est ce que nous avons fait dans tous les pays dans lesquels l'Orthodoxie de tradition russe a été apportée par la tragédie de la Révolution russe et les années qui l'ont suivie.

Et maintenant, pour la première fois nous avons célébré ici, après le Dimanche de Tous les Saints traditionnellement célébré après la Pentecôte, après le Dimanche de tous les saints de Russie qui est célébré suite à la décision du Concile de 1917-1918 au moment où la Révolution était occupée à détruire tout ce qui existait, nous avons à présent célébré le Dimanche de tous les saints des Îles Brittaniques. Aujourd'hui, ignorés du monde, nous avons commencé une tradition qui ne mourra pas, nous avons ressuscité la mémoire de tous ceux qui sont nos frères dans la Foi, des exemples à suivre pour nos vies, ces gens sur les prières desquels nous pouvons compter, qui sont un avec nous. N'oublions jamais cette unicité de l'Église de Dieu, n'oublions jamais la manière par laquelle les saints de l'Occident se sont adressés à nous, défiant notre fidélité en la personne de sainte Geneviève de Paris, n'oublions jamais la sagesse pleine d'amour du patriarche Serge qui nous a appelés à être comme une semence semée dans un Occident qui est voué à la mort, parce que nos générations croissent faiblement, et ceux qui ont porté des enfants sont à présent parmi les vieux de Russie. Souvenons-nous fidèlement, avec amour, et construisons sur les fondations des Saints, sur les fondations de la Foi qui leur a été remise, le Christ étant la pierre d'angle, une Église dont la caractéristique sera l'amour, l'abnégation, être prêt à mourir afin que les autres puissent vivre, pleine de joie, ouverte, tendre et vraie. Amen.


+ Antoine, métropolite de Sourozh
Dimanche 9 juillet  1978


(*) NDT : Mgr Antoine parle bien entendu de l'Orthodoxie française de tradition russe. Car l'Orthodoxie (gallo-romaine) était déjà là au tout début du 1er millénaire... sinon nous ne prierions pas sainte Geneviève comme sainte Orthodoxe :-)
 

19 avril 2013

prière de saint Alfred le Grand, roi de Wessex (9ème s)

Prière du roi saint Alfred le grand, roi de Wessex, sud-ouest de l'Angleterre, et par la suite roi de toute l'Angleterre de 871 à 899. Prière que l'on trouve à la fin de la traduction effectuée par le roi Alfred des "Consolations de la philosophie" de Boèce


Seigneur, Dieu tout puissant et Maître de toute la Création, je Te prie en Ta grande miséricorde, et par le signe de la Sainte Croix, et par la virginité de sainte Marie, et par l'obéissance de saint Michel, et par l'amour de tous Tes saints et leurs vertus, afin que Tu me guide mieux vers Toi que je n'ai réussi à le faire; et me guide dans Ta volonté, pour le bien de mon âme, mieux que moi je ne puisse le savoir. Et établisse mon esprit en ta volonté, pour le bien de mon âme. Et me renforce contre les tentations du diable. Et enlève de moi les passions malsaines et toute injustice. Et me protège contre mes adversaires, visibles et invisibles. Et m'enseigne à accomplir Ta volonté, afin que je puisse T'aimer avec ferveur par dessus tout, avec un esprit et un corps purs. Car Tu es mon Créateur, et mon Sauveur, mon Aide, mon Réconfort, ma Confiance et mon Espérance. A Toi soit la louange et la gloire, maintenant et toujours, et pour les siècles sans fin. Amen.
 




Prayer of King Alfred of Wessex in southwestern England, and later over all of England from AD 871 to 899:
To be found at the end of King Alfred's translation of 'On the Consolation of Philosophy'.

Lord, Almighty God, Maker and Ruler of all creation, I pray Thee by Thy great mercy, and by the sign of the Holy Cross, and by Saint Mary’s maidenhood, and by Saint Michael’s obedience, and by the love of all Thy Saints and their virtues, that Thou guide me better than I have wrought unto Thee; and guide me to Thy will, and to my soul’s good, better than I myself may know; and establish my mind in Thy will and to my soul’s good; and strengthen me against the Devil’s temptations; and remove from me foul lusts and all unrighteousness; and shield me against mine adversaries, seen and unseen; and teach me Thy will to work; that I may love Thee fervently above all things, with clean mind and with clean body. For Thou art my Creator, and my Redeemer, my Helper, my Comfort, my Trust, and my Hope. To Thee be praise and glory now and forever and ever, unto world without any end. Amen 

http://orthodoxengland.org.uk/athapray.htm