"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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10 février 2016

Saint Caedmon, père de la poésie anglo-saxonne (+ 670)


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Mort en 670. Saint Bede (25 mai) rapporta la vie de Caedmon, le vacher de l'abbaye de Whitby, qui bien que grossier et non-instruit, par la puissance de Dieu, dans ses dernières années, se mit à la chanson et deviendra le père de la poésie anglaise. Certains disent qu'il était très vieux lorsqu'il découvrit son don. La légende veut que durant des années, à cause de sa timidité, il était honteux de son incapacité de prendre son tour de chant dans les occasions festives, qu'il se dérobait et allait se cacher. "Dès lors, étant parfois à des fêtes, lorsque tous étaient d'accord pour l'amour du chant de chanter à tour de rôle, à peine voyait-il la harpe l'approcher qu'il se levait de table et rentrait chez lui."

Une nuit, cependant, alors qu'il avait quitté la fête et trouvé refuge dans l'étable, il entendit une voix lui dire : 'Chante, Caedmon. Chante Moi une chanson.' Caedmon bégaia : 'Je ne sais pas chanter.' 'Mais tu chanteras,' répliqua la voix. 'Que vais-je chanter?' demanda Caedmon, surpris. La voix répondit : 'Chante le début des choses créées.' Et à ce moment-là, Caedmon, tentant de chanter, s'aperçut que sa langue hésitante avait été libérée.

Au matin il se rappella des mots de sa chanson et, y ajoutant des versets, il se présenta à l'abbesse Hilda (17 novembre), à qui il raconta son étrange histoire. Il lui chanta la chanson qu'il avait chantée durant la nuit, et elle et tous ceux qui l'entendirent furent émerveillés, et reconnurent "que la grâce céleste lui avait été conférée par le Seigneur."

Il devint frère convers, et, toujours à la grande abbaye de Whitby, ses compagnons moines lui enseignèrent les vérités de la Bible; et lui les transforma en poésie "si douce à entendre que ses maîtres devinrent ses auditeurs."
"Il chantait", dit Bède, "la Création du monde, les origines de l'homme, et l'histoire d'Israël, l'Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ, et l'enseignement des Apôtres." Ce premier Anglo-Saxon auteur de poésie religieuse paraphrasa ainsi toute l'Ecriture Sainte, et bien que "d'autres après lui s'efforcèrent de composer des poèmes religieux, personne ne parvint à l'égaler, car il n'avait pas appris la poésie grâce à des hommes mais par Dieu."

Il serait mort en état de sainteté et de parfaite charité envers tous, ayant montré qu'il savait que sa vie était arrivée à son terme, bien qu'il ne fut pas gravement malade. Il demanda à être emmené à l'infirmerie et à recevoir la sainte Communion. Avec l'Époux en sa main, il regarda autour de lui et demanda si quelqu'un avait quelque grief contre lui. La réponse étant que nul n'en avait, il dit alors "Moi aussi j'ai l'esprit en paix avec tous les serviteurs de Dieu," il consomma la Communion, se signa de la Croix, se coucha et s'endormit, ne se relevant plus en ce monde.

La poésie de Caedmon est un exemple remarquable de la puissance de la Bible à stimuler l'imagination et à réveiller le génie naturel. C'est ainsi que Caedmon apporta au petit peuple l'énergie et le réalisme des Écritures, qui, entrant profondément dans la vie de la nation, n'a jamais cessé au cours des siècles de ravigorer et d'inspirer la culture du monde anglophone. Bien que seules 9 lignes d'une de ses hymnes, "Rêve du Crucifix," qui aurait été composée en songe, aient survécu, il est appelé 'Père de la poésie sacrée anglaise'. Sa fête est toujours célébrée à Whitby.


Nu we sculon herigean     heofonrices weard,
meotodes meahte     ond his modgeþanc,
weorc wuldorfæder,     swa he wundra gehwæs,   
ece drihten,     or onstealde.
He ærest sceop      eorðan bearnum
heofon to hrofe,     halig scyppend;
þa middangeard     moncynnes weard
ece drihten,     æfter teode
firum foldan,     frea ælmihtig.


A présent il nous faut louer le Gardien des Cieux,
la puissance du Seigneur et Sa providence,
l'oeuvre du Glorieux Père; car Lui,
Dieu Éternel, a fait toutes merveilles,
Lui, le Saint Créateur, a d'abord façonné
le Ciel comme toit pour les fils des hommes.
Ensuite le Gardien de l'Humanité a orné
cette basse terre, le monde des hommes,
Lui l'Éternel Seigneur, le Roi Tout-puissant.




Paraphrase latine de l'hymne de saint Caedmon, par saint Bede le Vénérable:
Nunc laudare debemus     auctorem regni caelestis
potentiam Creatoris,     et consilium illius
facta Patris gloriae:     quomodo ille,
cum sit aeternus Deus     omnium miraculorum auctor exstitit;
qui primo     filiis hominum
caelum pro culmine tecti
dehinc terram     custos humani generis
omnipotens     creavit.

source : BEDE'S STORY OF CAEDMON,  text and facing translation





Versets religieux saxons. Au 19ième siècle, les morceaux épars de la Croix Ruthwell furent déterrés et réassemblés. La croix, qui fait près de 6m de haut, comportait, en plus de magnifiques images, une longue inscription en latin et en runes (lettres runniques), connue sous le nom de Rêve du Saint Crucifix. La tête de la croix porte les mots, "Caedmon m'a fait(e)", qui est similaire au "Caedmon a fait cette chanson", qui se trouve dans les plus anciens manuscrits. Il appert que les plus célèbres des poèmes anglo-saxons ont été composés par saint Caedmon.



http://www.dumfriesmuseum.demon.co.uk/ruthwellcross.html
http://www.gettysburg.edu/academics/english/britain/anglo-saxon/RUTHWELL/ruthwell.html

"Rood and Ruthwell:
"Le Poème et la Croix"
http://www.flsouthern.edu/eng/abruce/rood/home.htm

"The Dream of the Rood" (le rêve du crucifix)
Une traduction versifiée en anglais, par Douglas B. Killings:
http://www.georgetown.edu/cball/oe/rood-trans.html

"The Dream of the Rood", en Anglo-Saxon:
http://www.georgetown.edu/labyrinth/library/oe/texts/a2.5.html

HILDA ET CAEDMON: 'THE DREAM OF THE ROOD'
LE PLUS ANCIEN POEME ANGLAIS :
http://www.umilta.net/hilda.html

Poésie attribuée à saint Caedmon:
http://sunsite.berkeley.edu/OMACL/Junius/

08 février 2016

Saint Cuthman de Steyning, Ermite

Dans le bas-Sussex, pas loin de Brighton, se trouve le village de Steyning avec l'église fondé par Saint Cuthman. Parmi les anciens saints Anglo-Saxons on retrouve ce Cuthman, natif du Devon ou des Cornouailles - d'après son nom, quelques documents anciens semblent indiquer qu'il serait probablement né à Chidham près de Bosham, vers 681.

Fils de berger, il habitait à l'origine dans l'ouest du pays, et passa de longues heures à veiller sur le troupeau de son père. Une légende dit qu'il avait une pierre préférée sur laquelle il s'asseyait et qu'un jour il traça un cercle avec la pointe de son bâton autour du roc et ordonna à ses bêtes, au Nom du Christ, de ne pas en sortir pendant qu'il allait chercher à manger. Le troupeau obéit à ses instructions et ne partit point, et les gens du coin commencèrent à considérer Cuthman et sa pierre avec vénération.
A la mort de son père, sa mère resta seule et pauvre. Cuthman se montra un bon fils et travailla dur pour leur gagne-pain commun, mais lorsqu'elle tomba malade il ne put la laisser seule et ils devinrent dépourvus.

Cuthman décida de se déplacer vers l'Est à la recherche de nouveaux pâturages, et comme sa mère était percluse d'âge, il fini par construire une brouette en bois  à 2 roues, dans laquelle il plaça sa mère et leurs rares biens, et avec ses 2 poignées soutenues par une corde passée autour de son cou, parti mendier de porte à porte. Mais le rêve de sa vie était de construire une église, et bien qu'il n'avait pas la moindre idée de comment faire, il résolu de quitter les Cornouailles et ses landes désertes et battues par les vents et de voyager vers l'Est.

Il voyagea de cette façon de nombreux jours durant jusqu'à ce qu'un jour, comme il passait par un champ de maïs à Steyning dans l'Ouest du Sussex, la corde cassa, ce qui fit rire les ouvriers agricoles oeuvrant au champ. Cuthman substitua à la corde une branche d'aulne et cela tenu pour quelques jours, mais quand cela recassa, il estima que Dieu lui signifiait qu'il devait s'installer à cet endroit. Il pria au bord de la route: "O Père Tout-Puissant, qui a mis un terme à mon voyage, Tu sais que je suis pauvre et ouvrier depuis ma jeunesse, et je ne peux rien faire sans Ton secours." Il construisit près de la rivière Adur, dans un endroit isolé et calme des Downs, une cabane pour sa mère et commença à poser les fondations d'une église.


Les gens du coin étaient aimables avec lui; l'ayant observé creusant à la main les fondations, coupant le bois et construisant les murs, ils lui offrirent 2 boeufs pour l'aider. L'endroit est décrit comme "un endroit de retiré et calme, au dessous de la colline ronde où 2 ruisseaux se rencontrent". C'était un domaine boisé. Cependant, un jour les boeufs s'éloignèrent et furent volés par 2 jeunes qui refusèrent de les rendre. Alors Cuthman se fâcha. "Je n'ai pas besoin d'eux pour faire mon propre travail mais pour oeuvrer pour Dieu." Et... il attela les 2 jeunes à sa charrette pour la tirer. "Ca doit être déplacé, et c'est vous qui le ferez," leur dit-il.

En une autre occasion, Cuthman trouva qu'un des piliers pliait sous le poids du toit, et la structure entière était sur le point de s'effondrer. A ce moment un homme d'un "d'un aspect grave et beau" apparu, et l'aida à le redresser. Il demanda à l'homme qui il était, et il répondit : "je suis Jésus pour qui Tu construis cette maison", et aussitôt Il disparu.

Dans le porche de l'église actuelle il y a une ancienne pierre avec ce qu'on pense être des gravures pré-Chrétiennes sur un côté sur une longueur de 6 pieds. Autrefois on pensait qu'il devait s'agir de la pierre tombale de Saint Cuthman, mais maintenant c'est considéré comme l'origine du nom du lieu. En saxon "Stenninga s" signifie "les Gens de la Pierre", et ceci est peut-être la pierre "sacrée" qui se trouvant au centre d'un bosquet païen converti, conformément à la politique de Saint Grégoire, en sanctuaire Chrétien par Saint Cuthman. La pierre a été utilisée comme seuil jusqu'en 1938, quand les sépultures ont été découvertes.

Ainsi Cuthman construisit cette église et prêcha et encouragea les gens. Il mourut là où il avait oeuvré, et fut enterré à côté de la rivière Adur, alors appelée le Bramber, qui était navigable jusqu'aussi loin que Steyning, et l'endroit était devenu connu comme le "port de Saint Cuthman". Les rois Saxons avaient ici une propriété, et Ethelwulf, père du Roi Alfred, y est enterré dans l'église.

Le nom de Cuthman se retrouve dans plusieurs des plus anciens calendriers médiévaux et dans le vieux Missel qui était utilisé par les Anglo- Saxons avant la conquête des Normands (conservé au monastère de Jumièges, il contient une Liturgie dédiée pour sa fête), un martyrologe allemand indique clairement un culte d'avant la conquête, et l'église à Steyning semble lui avoir été dédiée par le passé.

Au 11ième siècle, saint Edouard le Confesseur (13 octobre) a donné cette église et ce manoir à l'abbaye de Fécamp en Normandie, qui se fit transférer les reliques de saint Cuthman. Le non-paiement des revenus de Steyning fut un des prétextes de Guillaume le Conquérant pour lancer son invasion de la Grande-Bretagne par ses Normands et en faire une "guerre sainte". Au 12ième siècle les moines de Fécamp ont reconstruit l'église de pierre actuelle pour remplacer celle en bois de Saint Cuthman.
La mémoire de ce saint autrefois oublié a été ranimée par Christopher Fry dans sa pièce d'un-acte "Le garçon avec une Charrette" (1939).

Dans l'art, saint Cuthman est toujours représenté parmi les moutons parce qu'il était berger à Steyning. Jusque dans les années 60', sa fête s'est maintenue dans la plupart des monastères bénédictins catholiques-romains de Normandie.








http://www.conservancy.co.uk/environment/documents/arch_EarlyMedieval.pdf
"On trouve son histoire en latin, la Vita Sancti Cuthmanni, qui subsiste dans 4 manuscrits : un à la Forschungsbibliothek de Gotha, un second à la Bibliothèque Municipale de Rouen, et 2 autres ne sont connus que par l'édition des Bollandistes Acta Sanctorum: Feb II (Antwerpen 1658). L'histoire ne rapporte pas le lieu de naissance de Saint Cuthman, mais on l'a identifiée avec Chidham dans un memorandum de la fin du 15ième siècle, où une note rédigée sur la feuille de garde indique : 'Chydham a myll from Bosham, ther was Send Cudman borne. He is shryned at Vescom in Normandy' (Blair 1997).
Soit "Chydham un hammeau de Bosham, là naquit saint Cuthman. Il est enterré à Fécamp en Normandie."
[..]
Cuthman fut vénéré comme saint dès avant la Conquête Normande, et son église à Steyning existait déjà en 857, l'année où le roi Ethelwulf y fut enterré. Steyning fut un important centre religieux, et la tombe de saint Cuthman devint un lieu de pèlerinage aux 10ième et 11ième siècles.
Il y avait une confrérie saint Cuthman à Chidham en 1522/3, et en 1541 il y eu des plaintes à cause de la perte des grands dons qui y étaient fait auparavant à son image. (Blair 1997). Il y a aussi des similitudes évidentes reliant Cuthman et Chidham. Une charte de Chidham, aussi dite "glebe terrier" (enregistrement du terrain assigné à une église paroissiale) de 1635 reprend un acre (superficie anglaise) de terre 'se trouvant dans un champs appelé habituellement le champ de saint Cuthman, près du Vallon de Saint Cuthman' que l'on identifie avec l'acutelle Cullimer's Field et Cullimer's Pond sur la carte 'Chidham Tithe map and Apportionment' de 1846. Un examen des enregistrements de la paroisse (Anon ?1960s) semble aussi suggérer que le nom 'Cullimer's Field' dans la partie sud de la péninsule de Chidham est une corruption du nom 'Cullinans Field', lui-même une corruption de 'Cuthmans Field.' Blair dit 'qu'il est hautement probable qu'ici [Chidham] se trouve le lieu supposé par les sources de la Vita.'
Cependant, Blair fait remarquer que les noms de champs sont problématiques et laissent des questions sans réponse. 'Cullman' ressemble plutôt à l'antique nom Irlandais 'Colmán' qu'à 'Cuthman.' Le texte de l'histoire de Cuthman a aussi un caractère fortement Celtique et particulièrement Irlandais, avec ses inclusions de détails topographiques et son souci des miracles de la nature. Blair propose plusieurs explications : que 'Cullman' serait simplement une déformation tardive du nom Cuthman; que c'est une étymologie populaire de Cullimer(e) conditionnée par la connaissance du saint local; ou que cela se réfèrerait à un vrai saint Colman de Bosham, dont la légende aurait été intermèlée à l'histoire de saint Cuthman, peut-être en important des éléments Irlandais dans l'histoire. Le caractère Irlandais suggère aussi la possibilité d'un lien entre Cuthman et le monastère Irlandais du 7ième siècle à Bosham".



Pa pierre de l'église de Steyning, anciennement église Saint-Cuthman, datant de l'époque saxonne :




et l'église en question :
http://homepages.ihug.co.nz/~gr8banks/steyning_st_andrew.htm


On parle de lui sur Orthodox England, du père Philip :
http://orthodoxengland.org.uk/oe10000.htm



Article en anglais sur le site officiel de l'Eglise Orthodoxe de Russie:
http://www.pravoslavie.ru/english/68721.htm




20 novembre 2015

Le roi-martyr saint Edmond, un des rares souverains ouvertement morts pour sa Foi


Saint Edmond le roi-martyr
(Edmund)
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Né en 841; mort à Hoxne, Suffolk, Angleterre, en 869 ou 870. Est aussi fêté le 2 Novembre.

Le jour de la Noël 855, le jeune Edmund, âgé de 14 ans, fut acclamé roi de Norfolk par les dirigeants et le clergé de ce pays. Les années qui suivirent, les personnages principaux du pays l'acceptèrent aussi comme leur roi.

15 ans durant, Edmund régna sur les Est Angles, d'une manière qui démontrait dignité et justice de Chrétien. Lui-même semble avoir modelé sa piété sur celle du saint roi David de l'Ancien Testament, étant devenu en particulier fort versé dans la récitation des Psaumes dans les Offices publics.

A partir de 866, son royaume fut de plus en plus menacé par les invasions des Danois. Durant 4 ans, les Est Angles s'efforçèrent de maintenir une paix assez relative, souvent brisée par les Danois. Puis les envahisseurs brûlèrent Thetford. L'armée du roi Edmund attaqua les Danois, mais elle fut vaincue par ces pirates. Edmund fut fait prisonnier et servit de cible pour les archers Danois.

Dans un récit plus tardif, la "Chronique Anglo-Saxonne", réputée être le récit d'un témoin occulaire, Abbo de Fleury compare saint Edmund avec saint Sebastien, et lui aussi devint un saint invoqué contre la peste. Edmund fut capturé à Hoxne. Il refusa de partager son royaume Chrétien avec les envahisseurs païens, suite à quoi il fut attaché à un arbre et percé de flèches, jusqu'à ce que son corps soit "comme un chardon couvert de picots"; puis ils lui tranchèrent la tête. Il mourut avec le Nom de Jésus sur ses lèvres.

Le récit continue en rapportant que les Danois "tuèrent le roi et envahirent tout le pays.. ils détruisirent toutes les églises qu'ils rencontrèrent, et en atteignant Peterborough, ils tuèrent l'abbé et les moines et brûlèrent et détruisirent tout ce qu'ils y trouvèrent".

Saint Edmund demeure le seul souverain Anglais à être mort pour sa Foi Orthodoxe de même que la défense de son trône. Edmund fut vite vénéré comme martyr, et sa vénération se répandit largement à travers le Moyen-Age.

On dépeint généralement le roi Saint Edmund en roi barbu tenant son emblème - une flèche. Parfois on le représente attaché à un arbre et abattu, ou avec sa tête entre les pattes d'un loup - rappel qu'un loup hurlant indiqua l'emplacement du chef royal décapité.

Il est vénéré à Bury-Saint-Edmunds, où son corps fut enchâssé et une grande abbaye bâtie en 1020. On n'y possède plus que 3 dents. Son corps est dans le chateau d'Arundel Castle et sa tête à Toulouse.

On commémore aussi ce jour Saint Humbert des Est Angles, évêque et Martyr. Saint Humbert couronna roi Saint Edmund, le jour de la Noël en 855. Comme son seigneur séculier, Saint Humbert fut martyrisé par les envahisseurs Danois.


Par les prières du saint martyr Edmund et de tous les saints de Grande-Bretagne, Christ notre Dieu, fais-nous Miséricorde et sauve nous!



Tropaire de saint Edmond le roi-martyr, ton 4
Dans ses souffrances le roi-martyr Edmond échangea
une couronne terrestre contre une céleste,
et s'étant réjouit dans Ta puissance, Ô Christ notre Dieu,
il vainquit ses bourreaux et écrasa les vanités des démons.
Que tous les peuples de cette terre se réjouissent à présent avec lui
afin que par ses prières nos âmes soient sauvées.





Sermon pour la fête de saint Edmund (en anglais)
http://www.orthodoxengland.org.uk/sermsted.htm

Office pour la fête de saint Edmund (en anglais)
http://www.orthodoxengland.org.uk/sersted.htm


Troparion of saint Edmund the king-martyr, tone 4
In his sufferings the martyr King Edmund exchanged an earthly crown for a heavenly one, and, making glad in thy strength, O Christ our God, he overcame his tormentors and laid low the vanities of the demons. Now let all the peoples of this land make glad with him that through his praises our souls may be saved. 

 


19 août 2015

Saint Credan d'Evesham (+ 780)

Saint Credan d'Evesham est mort vers 780. Nous savons que Saint Credan, 8ième abbé de l'abbaye d'Evesham, gouverna durant le règne du roi Offa de Mercie (757-796) parce que son nom apparait dans plusieurs chartes du roi. Il faisait l'objet d'un culte actif avant l'arrivée des Normands, qui tinrent tout ce qui était Anglo-Saxon en suspicion. Les reliques de Credan et d'autres saints locaux d'Evesham furent livrées à la destruction par le feu en 1077. On rapporte qu'elle émergèrent intactes et durant la translation qui s'ensuivit, elles auraient brillé comme l'or. Les reliques de Credan et son tombeau résistèrent aussi aux dégâts lorsque le clocher de l'église s'effondra en 1207.

 

06 décembre 2008

Néo-Martyr Nicolas Karamos de Smyrne (+ 1657)


Saint Nicolas Karamos, néo-martyr Grec,
pendu à Smyrne

http://www.abbamoses.com/months/december.html

Nicolas était un Chrétien vivant à Smyrne durant le joug Ottoman. Un jour, il perdit son calme dans une dispute et s'exclama qu'il deviendrait "Turc" avant qu'il n'abandonne la partie. Aussitôt, des Turcs qui avaient vu la dispute s'emparèrent de Nicolas et le traînèrent devant le juge, afin qu'il y honore sa promesse. Nicolas, qui avait retrouvé son calme, déclara : "Plaise à Dieu, mais jamais je ne renierai mon Seigneur Jésus-Christ, le Vrai Dieu qui viendra juger les vivants et les morts." Le juge fit flageller et torturer l'humble confesseur pendant 36 jours, mais il demeura ferme dans sa confession du Christ, même malgré les larmes de sa mère et de sa femme. Pour finir, le juge le fit pendre, le 19 mars 1657. Ses tourments et sa fermeté dans la Foi avaient été vus par des visiteurs occidentaux; ils en furent si touchés qu'ils allèrent récupérer son corps à la mer (où il avait été jeté après la pendaison) et l'emmenèrent en Europe.

Dieu est admirable en Ses saints! Psaume 67,36 (LXX)

Tous les néo-martyrs de Grèce, tous les saints de Grande Bretagne (diacre Michael)
http://www.orthodox-christian-comment.co.uk/properofseason-all_the_new_martyrs_of_greece_&_all_saints_of_britain.htm

[homélie pour le 3ème dimanche de Matthieu]

Aujourd'hui, nous nous souvenons de ceux qui ont rendu témoignage au Christ durant les siècles de l'occupation turque. Nous devrions penser à la Grèce non pas seulement en terme du territoire que nous voyons à présent définit comme Grèce, mais aussi le pays qu'à présent nous appelons la Turquie. Parmi ces martyrs, on trouve le dernier empereur qui mourut en combattant aux portes de Constantinople; l'entièreté de la noblesse et des dirigeants tués le 29 mai 1453, et tous les Chrétiens, paysans, marchands, et fonctionnaires de quelque rang que ce soit, qui au cours des siècles qui suivirent eurent à faire le choix suivant : Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique?
Nombreux furent ceux qui eurent à affronter pareille question en Russie pendant la Révolution, et le 5/7, nous commémorons sainte Élisabeth, la grande duchesse qui fut assassinée en 1918 avec sa fidèle compagne la moniale Barbara. Élisabeth avait été l'épouse bien souffrante de l'arrogant grand duc Sergei, assassiné en 1905. Après cela, elle changea complètement de vie, devenant moniale. Elle fonda un monastère, d'où en furent fondés bien des autres dans les provinces de Russie. Hôpitaux et senioreries lui envoyaient leurs cas les plus graves, et elle s'en occupait elle-même. Élisabeth vivait sa Foi en agissant, ce qui amenait des changements dans le monde qui l'entourait. En 1918, elle fut jetée vivante au fond d'un puits de mine, avec sa compagne de martyre, et on leur jeta des grenades. Avant d'être poussée en bas, Élisabeth chanta le "Phos ilaron" – "joyeuse Lumière." Alors qu'elle était à genoux à attendre d'être massacrée, elle priait : "Toi, Dieu bien-aimé, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Ryabov, un des meurtriers, qui avait jeté les grenades dans le fond, a rapporté l'horreur que lui inspirait le chant des victimes depuis le fond de la mine, qui chantaient "Seigneur, sauve Ton peuple." Lorsque les corps furent retrouvés, il fut évident que sainte Élisabeth avait pansé blessures et fractures avec des bandes de vêtements. Voilà la Foi active, courageuse, aimante. Le Christ avant tout, pas ma survie.

Et les saints de Grande Bretagne – que savons-nous d'eux? Pour les Orthodoxes, la Grande Bretagne ne semble pas être un endroit très probable pour trouver des saints. Mais jusqu'au 11ème siècle, lorsque les Orthodoxes furent pour finir distingués des christianismes latins d'Occident par des différences religieuses, les saints britanniques étaient en un sens aussi nos saints. Les Chrétiens de Grande Bretagne et d'Irlande étaient en relation avec les Églises d'Orient, et avaient une vie de prière et spirituelle qui étaient comme celles de l'Orthodoxie. Des saints tels Columba, Patrick, Ninian, David, Cuthbert. D'autres dont les noms ne sont à présent plus grand chose d'autre que des noms de lieux, tels les saints de Cornouailles. Cependant, chacun de ces saints pouvait chanter cette antique hymne de l'Église, Phos ilaron, avec une joie, un but, une Foi. "Joyeuse Lumière de la sainte gloire du Père.. il est digne de Te célébrer en tout temps par des louanges, ô Fils de Dieu et donateur de Vie: c'est pourquoi le monde entier Te glorifie!"

L'épître de la Liturgie du jour éclaire cette Foi (Rom. 5,1/10). Paul exprime les qualités de vie d'un croyant. Paul écrit aux Romains, qui avaient été baptisés étant déjà adultes. Ils avaient changé leurs vies, accepté l'Évangile, et vivaient avec un conflit conscient entre le bien et le mal. Devant eux, la vision de la gloire de Dieu. Tout autour d'eux, les tentations du monde païen. Paul dit que "Étant donc justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. À Lui, nous devons d'avoir accès à cette grâce où nous demeurons fermes, et nous mettons notre fierté en l'espérance de la gloire de Dieu." Mais Paul dit que ce n'est pas qu'en ça que nous pouvons "mettre notre fierté." Il y a aussi nos souffrances : "nous mettons notre fierté jusque dans nos afflictions, car nous savons que l'affliction produit la patience, la patience mène à la fidélité, et la fidélité conduit à l'espérance. Or, l'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné." Paul dit que lorsque le Christ mourut pour nous, nous étions dans l'impasse : "À peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être, pour un homme de bien, consentirait-on à mourir. Mais voici une preuve de l'amour de Dieu pour nous: au temps où nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous." Ceci est vrai même pour les saints, et vrai pour nous qui luttons pour arriver à leur ressembler. Paul continue : "Si, étant encore ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de Son Fils, à plus forte raison après réconciliation, serons-nous sauvés par Sa vie." Le langage de Paul fait référence au baptême que ses lecteurs avaient vécu comme adultes, expérimentant leur cheminement vers la lumière de la véritable connaissance d'eux-mêmes et de leur Sauveur. Le Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique? Paul avait eu à faire face à la question et avait choisi le Christ. Ainsi en fut-il de tous les martyrs.

L'Évangile, c'est uniquement 2 versets (Mt 6,22-23). La signification est limpide. "La lampe du corps, c'est l'oeil. Ton oeil est-il sain, ton corps entier jouira de la lumière; ton oeil est-il malade, ton corps entier sera dans les ténèbres. Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien épaisses seront les ténèbres elles-mêmes." Jésus dit que l'oeil apporte la lumière intérieure, ou la clairvoyance, ou la sagesse, au corps tout entier. La différence entre vue et aveuglément, c'est la capacité de l'oeil à percevoir la lumière et à la communiquer au cerveau afin que l'image soit comprise, et devienne sujet de réflexion. Le même processus, qu'il prenne une milliseconde ou une minute. "Si l'oeil est sain," dit Jésus; et le terme pour sain, "aplous," peut signifier seul, ou simple ou généreux. Dans un verset antérieur de ce chapitre, Jésus a dit qu'un disciple devrait être généreux dans ses dons à Dieu; et dans la Prière du Seigneur (v. 9-13), Il a ramené la question de nos relations à Dieu à des termes très simples : Foi, bonnes oeuvres, repentance, et pardon des offenses d'autrui. Cette constance que Jésus avait enseignée dans ce chapitre, est en contraste avec l'inconstance et le double jeu des hypocrites. Le mot pour malade, "poneros," comporte la suggestion de fausseté ou de tromperie : du mal, dans le sens de la Prière du Seigneur.

Ainsi donc, Jésus enseigne que si votre oeil spirituel est concentré sur la source de lumière, Dieu notre Père céleste, vous verrez l'intérieur de votre coeur avec clarté; mais si vous avez une vision à 2 niveaux, une vision spirituelle défectueuse, si vous êtes un hypocrite, vous ferez l'impossible – vous tenterez de servir des buts contradictoires, Dieu et l'argent, comme Jésus l'explique plus loin au verset 24. Dieu, pas le système; le Christ, pas ma survie physique.

Parfois, nous pourrions penser que si nous pouvions vivre dans une situation entièrement Orthodoxe, en Grèce, à Chypre, ou dans quelqu'autre patrie de la Foi, notre propre vie spirituelle serait bien plus complète, plus sainte. C'est une illusion. La vérité est que dans chaque pays il y a des problèmes pour la Foi et des tentations pour la vertu. Toujours la même question : Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique? Il y a toujours besoin de lutter; il y a toujours besoin de prier "alla risai imas apo tou ponirou." Les Nouveaux Martyrs de Grèce, et de Russie, et tous les saints de Grande Bretagne ont tous vécu la même lutte. Simplement, cette lutte c'est pour voir la Lumière, pour être pleinement baigné de lumière, et pour refléter cette Lumière au monde. Et quand nous réalisons cet effort, même si nous échouons et que nous avons à recommencer la lutte, alors nous permettons aux autres de voir la gloire. Car, comme le disait saint Irénée de Lyon, "la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu" (S. Irenaeus, Adv. Haer. IV, xx, 6).

Diacre Michael R. Brett-Crowther, 6 juillet 2003

Le diacre Michael est un clerc du patriarcat de Constantinople; avec la bénédiction du métropolite roumain Joseph, il sert dans la paroisse roumaine de la Protection de la Mère de Dieu à Toulouse, France.


Αγιος Νικόλαος, Αρχιεπίσκοπος Μύρων της Λυκίας, ο Θαυματουργός
Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie et thaumaturge

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20 novembre 2008

Saint Edmond le roi-martyr, saint patron originel de l'Angleterre (+ 870)


source: Saint John the Wonderworker Orthodox Church, Felixstowe
Wadgate Road, Felixstowe, Suffolk, IP11 2LP, ENGLAND


Le saint patron Orthodoxe de l'Angleterre, autrefois elle aussi terre du Christ comme la Belgique ou la France (e.a.), ou actuellement encore la Grèce ou la Russie (e.a.), c'était saint Edmond, le roi-martyr. C'est un souverain catholique-romain, Edouard III (+ 1377), bien entendu de très mauvaise réputation (voyez sa vie, associée à celle du terrible "chevalier noir" & la guerre de 100 ans), qui changera ce saint patronage pour saint Georges, associé hélas à l'Ordre de la Jarretière. Chez ces gens-là, rien n'est impossible, sauf ce qui est bien.. hélas..
En 2006, les politiciens du Suffolk relayeront une pétition populaire pour réinstaller saint Edmond à sa place légitime, pétition ayant atteint l'échelle nationale et diffusée par la BBC. Mais le premier ministre Tony Blair (anglican puis catholique-romain) la rejettera. Le Suffolk reprendra alors saint Edmond comme saint patron régional.
Voici quelques textes sur saint Edmond, où l'historique se croise avec le mythique, mais du légendaire portant des messages spirituels, pas simplement des histoirettes pour faire rêver.


Saint Edmund le Martyr, roi
(Edmond)
http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/3245

Né en 841; mort à Hoxne, Suffolk, Angleterre, en 869 ou 870. Aussi fêté le 2 Novembre.

Le jour de la Noël 855, le jeune Edmund, âgé de 14 ans, fut acclamé roi de Norfolk par les dirigeants et le clergé de ce pays. Les années qui suivirent, les principaux dirigeants du pays l'acceptèrent aussi comme leur roi.

15 ans durant, Edmund régna sur les Est Angles, d'une manière qui démontrait une dignité et justice de Chrétien. Lui-même semble avoir modelé sa piété sur celle du saint roi David de l'Ancien Testament, étant devenu en particulier très compétent dans la récitation des Psaumes lors des Offices publics.

A partir de 866, son royaume fut de plus en plus menacé par les invasions des Danois. Durant 4 ans, les Est Angles s'efforcèrent de maintenir une paix assez relative, souvent rompue par les Danois. Puis les envahisseurs brûlèrent Thetford. L'armée du roi Edmund attaqua les Danois, mais elle ne vainquit pas ces pirates. Edmund fut fait prisonnier et devint une cible pour les archers Danois.

Dans un récit plus tardif, la "Chronique Anglo-Saxonne," réputée être le récit d'un témoin oculaire, Abbo de Fleury compare saint Edmund avec saint Sébastien, et lui aussi devint un saint invoqué contre la peste. Edmund fut capturé à Hoxne. Il refusa de partager son royaume Chrétien avec les envahisseurs païens, suite à quoi il fut attaché à un arbre et percé de flèches, jusqu'à ce que son corps soit "comme un chardon couvert de picots"; puis ils lui coupèrent la tête. Il mourut avec le Nom de Jésus sur ses lèvres.

Le récit continue en rapportant que les Danois "tuèrent le roi et envahirent tout le pays.. ils détruisirent toutes les églises qu'ils rencontrèrent, et en atteignant Peterborough, ils tuèrent l'abbé et les moines et brûlèrent et détruisirent tout ce qu'ils y trouvèrent."

Saint Edmund demeure le seul souverain Anglais jusqu'à Charles 1er à être mort pour sa Foi de même que la défense de son trône. Edmund fut vite vénéré comme martyr, et sa vénération se répandit largement à travers le Moyen-Age.

On dépeint généralement le roi Saint Edmund en roi barbu tenant son emblème - une flèche. Parfois on le représente attaché à un arbre et abattu, ou avec sa tête entre les pattes d'un loup.
Il est vénéré à Bury-Saint-Edmunds (arrondissement de Saint Edmund), où son corps fut enchâssé et une grande abbaye bâtie en 1020. On n'y possède plus que 3 dents. Son corps est dans le château d'Arundel Castle et sa tête à Toulouse.

Par les prières du saint martyr Edmund et de tous les saints de Grande-Bretagne,
Christ notre Dieu, fais-nous Miséricorde et sauve nous!

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même après le Schisme, il a continué à être vénéré, jusqu'à la Déforme, où on a détruit presque toutes ses saintes reliques.

Collecte pour la Liturgie de l'ancien rite romain orthodoxe, en la fête de saint Edmond
"Ô Dieu d'inexprimable miséricorde, Qui accorda la victoire sur l'ennemi à ton bienheureux roi Edmund en lui permettant de mourir pour Ton Nom: accorde miséricordieusement à Ta famille que par son intercession, nous puissions être dignes d'éteindre en nous-mêmes les provocations de l'ancien Ennemi, et d'ainsi le vaincre. Par notre Seigneur Jésus-Christ, Ton Fils, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles. Amen" (src: Sarum)

Saint Humbert d'Est-Anglie, évêque et Martyr
(Humbertus, Humbryct ou Hunbeorht)

Mort le 20 novembre 870. Il fut consacré évêque d'Elmham entre 816 et 824. Saint Humbert couronna roi Saint Edmund, le jour de la Noël en 855. Comme son seigneur séculier, Saint Humbert fut martyrisé par les envahisseurs Danois.

Sculpture d'un loup (fort approximatif!) tenant la tête de saint Edmund
banc d'église, 14 s.
Saint-Mary, Hadleigh, Suffolk


Tropaire de saint Edmond le roi-martyr, tron 4:
Dans ses souffrances, le roi-martyr Edmond
échangea sa couronne terrestre pour une céleste
et se réjouissant en Ta puissance, Ô Christ notre Dieu,
Il triompha de ses bourreaux et écrasa les vanités des démons.
Que tous les peuples de cette terre se réjouissent en lui,
afin que par ses prières, nos âmes soient sauvées.


Office (en anglais) à saint Edmond
http://www.orthodoxengland.org.uk/sersted.htm

Homélie pour la fête de saint Edmond, roi et martyr
http://www.orthodoxengland.org.uk/sermsted.htm

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit
Au 3ème siècle, Tertullien écrivit que "le sang des martyrs est semence de l'Église." Il savait cela d'expérience, car il avait été témoin de la fin de bien des martyrs du Christ. Ses paroles font écho au fait que l'Église a été fondée sur le sang du Christ, sur Sa Croix, sur Son sacrifice (*).
En effet, le progrès spirituel ne peut être réalisé que par la Croix, par le sacrifice. Cependant, il n'y a pas sacrifice là où l'Église ne devient qu'une simple institution, un rituel, une forme vide. Mais là où il y a sacrifice, martyre, la Croix, là est la vie spirituelle. Nous pouvons voir cela de manière très nette dans l'Ancien Testament. A l'époque du Christ, par exemple, la religion des Hébreux était devenue en grande partie une religion formelle, où on pinaillait et coupait les cheveux en 4, le pharisaïsme. De plus, tout au long de l'Histoire, certains Chrétiens sont souvent retombés dans cette sorte de religion vétéro-testamentaire. Cependant, la véritable religion et tout progrès spirituel, qui est le but de la religion, est toujours basé non pas sur une religion institutionnalisée, qui est la décadence spirituelle, mais sur le sacrifice, sur la Croix, sur les martyrs.
C'est pourquoi, afin de convertir l'immense empire romain au Christianisme, il fallut 3 siècles de martyrs dans tous les pays de cet empire. Le martyre fut la précondition de cette conversion. Sans lui, cette conversion n'aurait jamais eu lieu.
Cependant, les pays qui ne sont venus que plus tard à la Foi Orthodoxe n'ont que souffert de martyres, au moins au départ. Par exemple, entre les 10ème et 12ème siècles, en dehors de rares exceptions, la Conversion de la Russie a eu lieu pacifiquement. La Russie a commencé ses souffrances uniquement après cet âge d'or, avec l'invasion et les destructions par les Mongols. De la même manière que la Conversion de l'Angleterre (2) au Christianisme Orthodoxe, qui n'a commencé qu'à la fin du 6ème siècle, s'est déroulée dans une paix relative pendant quelque 200 ans. Cependant, ensuite, et pendant quelque 200 ans, l'Angleterre fut ravagée par les invasions de païens, les Vikings danois. De plus, ce fut cette région d'Angleterre, l'ancien royaume de l'Est Anglie, qui en souffrit le plus. Se trouvant sur la côte Est, faisant face à la patrie des Vikings danois, la côte Est souffrit plus que n'importe quel autre endroit.
A cette époque-là, l'Est Anglie était encore un royaume indépendant de la confédération anglaise. Il était dirigé par un jeune roi, encore célibataire, approchant de la trentaine. Il s'appelait Edmund, ce qui en Olde English (vieil anglais médiéval) signifie "noble protection." Et en effet, il vécut conformément à son nom, ayant une réputation de compassion et de protection, bon envers le pauvre, la veuve et l'orphelin. Son plus grand défi provenait de l'arrivée des destructeurs Danois. Il faut remarquer que les attaques et ravages des Vikings danois ne venaient pas d'une autre race. Les Danois et les Anglais étaient de la même race, de sorte qu'ils pouvaient grosso modo comprendre leurs langues respectives. Il n'y avait qu'une différence essentielle entre les Vikings danois et les Anglais – les premiers étaient païens, les derniers étaient Chrétiens.
Le roi Edmund engagea la résistance contre les attaques des Vikings, qui avaient détruit églises et monastères et maisons et villages un peu partout dans le pays. Se battant côte à côte avec le grand roi Chrétien Alfred, qui allait plus tard sauver l'Angleterre, Edmund fit de son mieux, mais pour finir, il fut submergé par la masse des Danois.
Le roi fut capturé à Hoxne, dans le nord du Suffolk. Là, les Danois lui firent une offre, devenir un roi fantoche, un collaborateur, sous leur tyrannie païenne, ou mourir. Edmund choisit de ne renoncer en rien à la Foi, et il choisit ainsi la mort. Un témoin oculaire de l'époque rapporte comment il fut tabassé et ligoté, puis lié à un chêne, et ensuite comment les Danois l'utilisèrent comme cible pour leur entraînement au tir à l'arc. Pendant tout ce martyre, le Nom du Sauveur ne quitta pas ses lèvres. Enfin, déchiré de douleur par ses innombrables blessures, le roi Edmund fut décapité. C'était vers 869.
Un des récits les plus connus de la région rapporte comment les Danois abandonnèrent le corps d'Edmund sans sépulture, avec sa tête jetée dans un buisson de ronces. Lorsque les hommes vinrent à sa recherche, ils ne trouvèrent que le corps, pas la tête; c'est un loup qui les appela, probablement le propre chien-loup de chasse d'Edmund qui leur indiqua le lieu où se trouvait la tête. C'est la scène que l'on voit sur l'Icône au centre de l'église.
Ils emportèrent le corps et la tête, les déposèrent dans une chapelle de branches construite à la hâte, et aussitôt les miracles commencèrent. Une lumière fut aperçue au dessus de la tombe, aveugles et malades furent guéris. La tête se rattacha miraculeusement au corps, ne laissant voir qu'une profonde cicatrice rouge à l'endroit de la cruelle coupure entre le torse et la tête. Les habitants du coin vinrent en pèlerins pour vénérer les reliques d'Edmund, qui restèrent intactes et incorrompues.
Trente ans passèrent, les enfants des Vikings s'étaient installés en Angleterre, et ils avaient été baptisés. Le corps d'Edmund fut transféré du petit village d'Hoxne vers la ville centrale du Suffolk, une ville qui allait bientôt être connue comme la Ville de saint Edmund – Bury St Edmunds. Les enfants des Danois et ceux des Danois encore en vie, ayant pris de l'âge, vinrent pour vénérer Edmund, et frappèrent des monnaies en l'honneur de Saint Edmund. Bien vite, il fut reconnu comme saint patron de toute l'Est Anglie. Son symbole des 3 couronnes, représentant sa royauté, son martyre et sa virginité, se rencontre encore de nos jours sur nombre d'emblèmes, d'écussons, de drapeaux, etc, dans toute l'Est Anglie.
Un peu plus tard, au 10ème siècle, le roi d'Angleterre de l'époque, Athelstan, construisit une grande route depuis le principal port d'Est Anglie, St Felix à Dunwich, jusque Bury St Edmunds. Cette route des pèlerins fut appelée "route du roi" et était l'équivalent d'une autoroute moderne. La vénération à saint Edmund se répandit dans toute l'Angleterre, et quelque 60 églises furent dédiées à sa mémoire, et il se vit proclamer premier saint patron de l'Angleterre. En entendant son nom, le cri qui suivait était "pour l'Angleterre et pour la liberté!"
Fait étrange, le dernier miracle rapporté auprès des reliques de saint Edmund semble avoir eu lieu au milieu du 11ème siècle. Au fur et à mesure que l'église à Bury St Edmunds devint de plus en plus riche, de plus en plus puissante, et de plus en plus institutionnelle et décadente, ainsi la vie spirituelle semble s'y être éteinte. Dès le 13ème siècle, lorsque l'abbaye à Bury St Edmund fut propriétaire de la moitié du Suffolk, son église était devenue la 3ème plus grande en taille, dépassée seulement par Sainte-Sophie à Constantinople et Saint-Pierre à Rome. C'est au début du 13ème siècle que les reliques de saint Edmund furent volées par des chevaliers français, et emmenées à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. Bien que l'abbaye continua à être riche et puissante, elle finit par s'écrouler et fut détruite au 16ème siècle. Nous savons que de nos jours, il ne subsiste que de gros pans de ruines de murailles dans les jardins de l'abbaye.
Cependant, au 19ème siècle, à Hoxne, le chêne auquel, selon la tradition, Edmund avait été attaché plus de mille ans auparavant, s'abattit. Lorsqu'il eut été scié, on trouva en son creux une pointe de flèche danoise. On peut la voir de nos jours au musée à Bury St Edmunds, une relique de toutes ces flèches qui avaient été tirées contre saint Edmund il y a si longtemps d'ici. Ensuite, au début du 20ème siècle, la plupart des reliques survivantes de saint Edmund furent restituées de France à l'Angleterre. Elles se trouvent en sécurité, mais cachées, dans une église catholique-romaine à Arundel, dans le Sussex. Un minuscule fragment de ces reliques a été apporté à l'église catholique-romaine de Bury St Edmunds dans les années 1960. Il existe une ancienne prophétie disant que toutes les reliques du saint seront ramenées à Bury St Edmunds avant la fin du monde. Cependant, pour que cela puisse avoir lieu, il faudra au préalable que les gens du lieu apprennent à les vénérer d'une manière appropriée.

Que pouvons-nous apprendre aujourd’hui du sacrifice de saint Edmund?
Tout d'abord, qu'aucun sacrifice n'est jamais vain. Un sacrifice inspire toujours et triomphe, quand bien même l'inspiration et la victoire ne viennent que plus tard, ou au prix de nos vies humaines.
Deuxièmement, nous pouvons apprendre que de même que saint Edmund libéra les païens de leurs illusions à travers son sacrifice volontaire, nous aussi, aujourd’hui, nous pouvons nous libérer nous-mêmes de notre propre royaume païen, à savoir notre péché, et cela par notre propre sacrifice.
Et troisièmement, nous pouvons apprendre qu'en confessant notre confiance en saint Edmund, nous confessons notre foi en autre chose que les valeurs de ce monde, les richesses et puissance institutionnelles, nous confessons les valeurs éternelles, et cela, ce sont les uniques valeurs qui nous sauverons, comme elles ont sauvé il y a bien longtemps nos pères, et tout le pays d'alors.
Saint martyr Edmund, prie Dieu pour nous!
Amen.
p. Andrew Philips

*-*-*-*-*-*-*-*


ndt :
(1) "..ce ne sont pas les martyrs qui font l'Évangile, mais c'est l'Évangile qui fait les martyrs."
lettre 27, aux prêtres et diacres qui sont à Rome
saint Cyprien, évêque de Carthage, Père de l'Église et martyr
C'est en étant fidèle à l'Évangile jusqu'au bout que saint Edmund est devenu une balise pour notre vie, ici et maintenant. Sa paternité est spirituelle et éternelle, et n'a pas de frontières.

(2) à comprendre bien entendu dans le sens "pays des Angles & Saxons," puisqu'avant l'invasion des Saxons, il y avait déjà le Christianisme Orthodoxe bien implanté sur cette île, sous sa forme celtique. Entre les peu documentées mais bien réelles présences & actions d'évangélisation de saint Joseph d'Arimathie et saint Aristobule, puis le bien documenté martyre de saint Alban au 3ème siècle, et saint Gildas le Sage qui décrivit au 5ème siècle l'invasion des Saxons, la Chrétienté insulaire, Orthodoxe bien entendu, était fertile et nous a laissé quantité de témoignages historiques et liturgiques, et beaucoup de sainteté pour nous inspirer en nos temps si difficiles.


Martyre de saint Edmund, peinture murale à Saint-Mary, Troston.
"Les fresques les plus émouvantes de ce lieu sont un extrait de ce qui semble être une représentation du 14ème siècle du martyre de saint Edmund. Troston se trouve à mi-chemin du lieu probable du martyre, Hoxne, et du lieu final du repos, Bury Abbey. Ces peintures se trouvent sur le mur nord."



Belle suite historique en travaux!