Saint Jacut eut pour père Fracan, cousin du roi breton Catoui, et pour mère Alba (ou Guen). Il naquit en Grande-Bretagne dans la première moitié du Ve siècle et eut un frère jumeau nommé Weithnoc ou Guethnoc. Tous deux étaient bien jeunes quand leurs parents, fuyant devant l'envahisseur saxon, traversèrent l'océan britannique et vinrent chercher la paix en Armorique, vers 460. On atterrit au port de Brahee, dans la baie de Saint-Brieuc. Là naquit un troisième enfant, nommé Guennolé, dont la renommée devait rejeter dans l'ombre celle des deux jumeaux Jacut et Weithnoc. On a lieu de croire que Fracan confia ses deux aînés à saint Rudoc et que ceux-ci, à l'abbaye de Lavré, se formèrent au travail des mains, à la prière, à la pénitence. Aspirant à une solitude plus complète, ils allèrent ensuite se fixer à Landoac, y bâtirent un ermitage pour y consacrer le jour au travail des mains et la nuit à l'oraison : ils convertirent la population qui vivait autour d'eux et formèrent ces nouveaux chrétiens à la mise en labour des terrains en friche. Bientôt ils eurent quelques disciples et ce fut comme le noyau de l'abbaye de Saint-Jacut; le nouveau monastère dut sans doute son accroissement aux émigrations de Grande-lretagne en Armorique. Une tradition conservée à l'abbaye de Saint-Jacut rapporte que vers la fin de sa vie, et pour une cause demeurée inconnue, Weithnoc se sépara de son frère sans qu'on puisse dire vers quel lieu il dirigea ses pas. Demeuré seul à Landoac, Jacut continua d'y mener une vie pleine de mérites. D'après Noël Mars, il mourut le 8 février, dans la première moitié du 6ième siècle. Son corps fut enterré dans l'église du monastère qui était dédié à Notre-Dame et qui plus tard a été appelé du nom de Saint-Jacut. A la descente des Normands en Bretagne, vers 878, les reliques de saint Jacut furent dispersées.
Bien qu'on ne possède plus les anciennes archives de l'abbaye on sait que le souvenir de saint Jacut s'y conserva même après 818, date de l'introduction de la règle bénédictine modifiée par les Carolingiens. La paroisse de Saint-Jacut-sur-Ars, près Redon, croit posséder depuis un temps immémorial des reliques de son saint patron : peut-être fut-ce là une des étapes des moines de Landoac, qui y auraient laissé une partie de leur trésor. Le culte de saint Jacut nous est attesté par les livres liturgiques dont s'est occupé de nos jours F. Duine, "Bréviaires et missels bretons"; par exemple un missel de 1503, conservé au British Museum, a deux fêtes en l'honneur de saint Jacut, l'une au 8 février comme dies natalis, l'autre au 5 juillet commémorant sans doute une translation.
Le saint était honoré même en des lieux où ses moines n'avaient pu contribuer à le répandre, comme à la paroisse de Besné, au diocèse de Nantes, en deux anciennes paroisses dont il était le patron dans le diocèse de Quimper.
Bibl. "La Vie de saint Jacût" extraite la Vie de son frère, saint Guennolé (voir 3 mars) - Comme travaux plus récents, voir F. Duine, Questions d'hagiographie, Paris, 1914. - A. Lemaeson, Saint Jacut, son histoire, son culte, ses légendes,Saint-Brieuc, 1912. - Molinier, Sources, n. 400.
Ni icône, ni tropaire, ni Office, "comme d'habitude et trop souvent" dès qu'il s'agit de saints de l'Église né en Occident...
photo : Saint-Jacut-de-la-mer, un village des Côtes d'Armor, nous y avons été le 18 août 2003
"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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08 février 2017
03 novembre 2016
Saint Gwenaël (ou Guénaël), Père abbé du monastère de Landévennec (Bretagne, 6ème siècle)
(icône trouvée via qwant sur une page de saints mélangeant chrétiens et hétérodoxes, donc je ne connais pas l'origine réelle)
Son prénom est bien sûr d'origine celtique : "gwenn" (blanc) et "maël" (prince). Arrivé très jeune et élevé au monastère de Landevennec (Finistère), qui avait été fondé par saint Guénolé, il y devint moine en 511, puis père abbé comme successeur de Guénolé à la tête de l'abbaye. En 539, il se remit son abbatiat à un successeur et partit en Irlande avec 11 de ses moines, pour d'y approfondir la vie monastique. Il y resta 34 ans et, à son retour vers 580, il s’installe sur l’île de Groix (Morbihan), puis fonde un monastère à Saint-Gwenhael sur la rive du Blavet, près de Lanester (région de Lorient), où il mourrut vers 590. On y trouve actuellement la chapelle saint Guénaël, le monastère ayant disparut au 10ème siècle avec les invasions normandes. Suite auxdites invasions, comme pour beaucoup de saints de Bretagne, ses reliques ont été mises en lieu sûr, et ainsi transférées à Courcouronne, puis à Corbeil-Essonnes. Elles sont dans l’église Saint-Spire, où le saint est honoré sous le nom de "saint Guénaud."
Nombre de lieux de Bretagne portent un nom de saint ou d'église sous une variante locale - c'est ainsi que son nom se retrouve dans des noms de lieux comme Saint-Guinel à Mauron (Morbihan), Saint-Guénal et Saint-Vénal à Landivisiau, Lanvenaël à Plomeur, Saint-Vénal à Saint-Pol-de-Léon (Finistère).
Tropaire de saint Gwenaël
Élevé au lait monastique sous saint Guénolé,
Nourrit du saint Évangile sur les terres illuminées par saint Columba d'Iona,
tu fis fleurir la Foi véritable sur les terres de Bretagne et d'Irlande,
saint Gwenaël notre père.
Nous sollicitons tes saintes prières,
afin que le Christ nous accorde abondante miséricorde.
Chapelle Saint-Guénaël, Lanester
Saint Gwenaël est le saint patron des :
Gaël
Enaël
Gaël
Gaëlle
Gaëlig
Gaëlla
Gaïl
Ganaël
Ganaëlle
Guénaël
Guénaëlle
Gwanaëlle
Gwenaëlle
16 novembre 2015
Saint Gobrien, abbé-évêque dans le pays de Vannes (6ème siècle)
Nous fêtons aussi aujourd'hui un saint dit "de Bretagne", saint Gobrien. Wo-Brian en gaélique puisqu'il est venu de la verte Irlande, au 6ième siècle, alors que la conquête celtique enserrait la ville gallo-romaine de Vannes (Gwened) et la disputait aux Francs. Les lieux où se dressaient des églises et chapelles consacrées à Gobrien, montrent qu'il est vraisemblablement venu via la Grande-Bretagne avec un groupe d'émigrés. Il a évangélisé la côte de la Domnonée, le pays de Dol, s'est enfoncé dans le Poutécroêt pour y mener la vie ascétique, a tenté des prédications aux contées gallo-franques de Rennes et de Nantes, mais dans la partie active de son existence a subi des échecs à Vannes. Ce double amour de solitude et d'action, et le double titre d'évêque et d'abbé, caractérisent l'Église Orthodoxe dans sa composante bretonne à cette période.
photo : fontaine Saint Gobrien, à Saint-Servant.
source Wikipedia
photo : fontaine Saint Gobrien, à Saint-Servant.
source Wikipedia
16 mai 2015
Saint Carantock (Karanteg ou Caradec, 16 mai)
source photo
Saint Carantock de Carhampton, Abbé et fondateur de Llangranog, Pays de Galles
(Carannog, Carantocus, Carentoc, Karanteg, Caranteg, Caradec)
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6ième siècle. Abbé Gallois, fondateur de l'église de Llangranog, Cardiganshire, Pays de Galles, Carantock visita l'Irlande comme missionaire et à son retour il fonda un monastère à Cernach, dont il devint l'abbé. Il dirigea un groupe de moines qui annonçèrent l'Evangile dans le centre des Cornouailles, et on rapporte que de là, ils partirent pour la Bretagne, où il est grandement vénéré comme Saint Caradec. Vers la fin de sa vie, il retourna à Cernach, où il mourut. William Worcester mentionne un "Sanctus Cradokus" (ce qui peut se traduire par Cadoc ou Carantock) dans une église ou une chapelle près de Padstow, où il était vénéré du fait qu'il "détruisait les vers quand les gens buvaient l'eau d'une fontaine du lieu". Il est le patron de Crantock en Cornouailles, Llangranog, et Carhampton en Somerset. Roscarrock mentionne une église Cornique dédiée à Carantock, qui avait 7 cimetières rattachés. Les paroissiens de ces 7 églises venaient chaque année apporter les reliques à l'église-mère, les plaçant sur des pierres particulières ressemblant à des autels. Certains auteurs l'identifient avec Saint Carantac. La fête de Saint Carantock est célébrée dans le sud du Pays de Galles, le Somerset, la Cornouailles, et en Bretagne (Attwater2, Bénédictins, Coulson, Delaney, Farmer).
Vie légendaire de Saint Carantock
Saint Carantoc était fils de Ceredig, roi de Cardigan, mais il choisit la vie d'ermite et vécu dans une caverne au dessus d'un port qui porte à présent son nom, Llangranog, où l'on trouve par ailleurs une source sainte, dont il dû probablement faire usage. Quand le peuple tenta de le forcer de succéder à son père, qui venait de mourir, il pris la fuite, et érigea une fondation religieuse dans le Somerset à Carhampton. Selon la tradition, son Autel portable fut perdu quand il traversa le fleuve Severn, et fut rejetté à l'embourchure du petit ruisseau Willet près de Carhampton. Carantoc alla voir le roi Arthur, guide de la résistance Brittanique contre l'envahisseur Saxon, afin de lui demander de l'aide pour récupérer son autel, et le roi lui demanda en échange de les débarasser d'un dragon / énorme serpent qui empoisonnait la vie du voisinnage.
Selon la tradition, après que Carantoc eut prié le Seigneur, le dragon courrut vers l'homme de Dieu, et humblement baissa sa tête vers lui, afin de lui permettre de passer son étole autour de son cou et de le guider comme un agneau, ne permettant pas qu'on lève ne fut-ce que le petit doigt contre lui. Après un certain temps, le dragon fut relâché, et partit après avoir reçu pour instruction de ne pas molester les hatitants de ce pays. On rapporte que cela eut lieu à Dunster.
Près de Carhampton, Carantoc fonda au delà de la rivière Gannel, de Newqay, puis, selon Capgrave, fut guidé par son ange gardien, pour aller en Irlande, pour aider saint Patrick dans la conversion de cette île. En Irlande, il guérit un de ses disciples, Tenenan, en lui ayant donné un bain chaud.
Son ministère ne se termina pas en Irlande, car il est honoré en Bretagne comme saint fondateur de Carantec et de la paroisse avoisinante de Tegarantec, qui devait probablement s'appeler Tref Carantoc (trève de Carantec) à l'origine.
Saint Carantoc mourrut au milieu du 6ième siècle, et Bath Abbey, qui conserva la vie de Carhampton, a conservé sa mémoire au 16 mai. Les calendriers Gallois, Cornique, Irlandais et Breton le commémorent aussi à ce jour.
(Bowen, Baring Gould and Fisher, Farmer, John).
Tropaire de Saint Carantoc ton 7
Préférant servir dans le Royaume de Dieu
plutôt que de diriger un royaume terrestre, O père Carantoc,
tu convertis nombre d'Irlandais au Christ, et en Cornouailles et dans ton Pays de Galles natal,
ayant chassé le dragon et fondé nombre d'églises
tu fus une brillante balise guidant nombre d'âmes sur le Chemin du Salut.
Prie à présent le Christ notre Dieu afin qu'Il sauve nos âmes.
église de Llangranog, Cardiganshire, Pays de Galles
22 novembre 2014
Instruisez vos enfants! (saint Hervé)
Il vaut mieux instruire un petit enfant que de lui préparer une grande fortune.
Saint Hervé
"It is better to instruct a little child than to gather wealth for him."
St. Hervé of Brittany
Saint Hervé
"It is better to instruct a little child than to gather wealth for him."
St. Hervé of Brittany
29 janvier 2007
Saints Gildas, Valère, Sulpice Sévère: nos Pères ont beaucoup à nous apprendre, si nous daignons les écouter
La sagesse pour vivre ce jour de grâce nous aura été distillée par nos Pères dans la Foi Gildas dit "le Sage" (Gildas Sapiens ou Gildas Badonicus), Sulpice Sévère et Valère de Trèves, entre autres bien entendu.
Vous trouverez ici leurs Vies ou des liens, photos, et notamment plusieurs traductions de textes de saint Gildas dont l'intégrale de son Pénitentiel :
http://www.amdg.be/sankt/jan29.html
Comme beaucoup de choses des premiers siècles de la Chrétienté, les histoires sont parfois confuses, et souvent brouillées par les inutiles ajouts tardifs. Voire des réappropriations tout à fait déplacées qui ont été légion (comme pour le possédé de l'Évangile) après le Schisme, quand il fallut à tout prix s'inventer une apostolicité chez certains usurpateurs.
De ce qu'on en sait, né à la fin du 5ème siècle, saint Gildas était fils de Caunus (Can, Caw), un roi des Brittons. Invité par sainte Brigitte de Kildare, il vint en Irlande et y fonda des monastères. Il rentra ensuite en Angleterre avec une belle cloche, spécialité de la Chrétienté celtique orthodoxe, objet liturgique qu'il partit offrir à l'évêque de Rome. Une cloche qui a une histoire merveilleuse, pleine de symbolique et spirituellement aussi riche que le restant chez saint Gildas. Suite à la catastrophe de la déchéance de l'Angleterre, dont il parlera dans son célèbre ouvrage "De Excidio Brittaniae" (La ruine de la Grande-Bretagne), comme nombre de grands saints qu'on y connaît, il émigrera du "réduit Gallois" ou de Cornouailles et s'installera en Bretagne, dans un coin perdu du Morbihan, là où nous trouvons à présent l'église de Saint-Gildas de Rhuys.
Il est considéré comme le plus ancien historien de Grande-Bretagne. Ses oeuvres ont été utilisées par saint Bède le Vénérable (25 & 26 mai). Son ouvrage principal déjà cité, De Excidio Britanniae, a été écrit vers 540. Il est fortement liturgique, mais ce n'est pas l'aspect le plus connu ni surtout celui qui a fait date. Le peu qui en a été retenu, ce sont les chapîtres où il fustige vertement les rois de son époque - les rois Brittons-, et le clergé. Mais aussi l'affaiblissement moral et spirituel du peuple tout entier; et il nous donne une leçon contre l'importation de peuples d'ailleurs pour travailler à sa place à soi, désastreuse habitude des peuples préférant les délassements ou les travaux moins durs. Et l'inévitable prise de contrôle par ces peuples importés, qui, travaillant dur et vivant dans des conditions déplorables, ont une cependant meilleure santé, vitalité et .. natalité.. Les Saxons, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, s'implanteront bien et mèneront vers la ruine la Chrétienté locale, composée surtout de Chrétiens "nominaux"; leurs renforts venus de Germanie ne rencontreront pas beaucoup de résistance... Saint Gildas criera dans le désert. Par la suite, d'autres reprendront ses appels à la conversion, à la nécessaire restauration spirituelle et morale du pays pour expliquer la SEULE ET UNIQUE manière de sortir un pays du marasme, et d'éviter les invasions. Le bienheureux Alcuin ou saint Wulstan d'York feront appel aux leçons de saint Gildas le Sage pour donner conseils à leurs concitoyens. Quasiment en vain puisque dans les 2 cas, le pouvoir préférera essayer l'illusoire et temporaire force militaire pour parvenir à ses fins, et n'y parviendra bien entendu que pour peu de temps - p. ex. une génération après Charlemagne, c'en était finit de son grand et puissant empire, comme quoi..
Aujourd'hui encore : nil novi sub sole. Mais que nous faudra-t'il comme autre catastrophe majeure pour que nous ouvrions ENFIN nos oreilles, physiques et spirituelles???
Saint Gildas parlant du protomartyr Saint Alban
"Dieu nous prodigua sa miséricorde. Il voulut sauver tous les hommes et Il appela à Lui aussi bien les pécheurs que ceux qui se croyaient justes. A l'époque de la persécution (de Dioclétien)..., Il nous fit un don purement gratuit. Il fit briller pour nous les lumineuses lampes que sont les Saints martyrs, afin que la Grande-Bretagne ne soit pas entièrement plongée dans les épaisses ténèbres d'une nuit opaque. Aujourd'hui, les lieux de leur martyre et de leur sépulture activent l'immense flamme de l'amour de Dieu dans les esprits des pélerins qui viennent les voir. Je songe à saint Alban de Verulamium, à Aaron et à Julien de la Cité des Légions ainsi qu'à tous les autres, des deux sexes, qui, en divers endroits, ont fait preuve de la plus grande noblesse d'âme et sont restés fermes dans les rangs de l'armée du Christ.
Le premier cité, poussé par l'esprit de charité, cacha d'abord chez lui le confesseur qui était poursuivi par ses persécuteurs et sur le point d'être arrêté: il imitait en cela le Christ qui a offert Sa vie pour Son troupeau. Ils échangèrent leurs vêtements et profitant de la confusion créée par les habits de son frère, il s'offrit volontairement à la poursuite. Cela plut à Dieu, et, miraculeusement, il fut gratifié de pouvoirs merveilleux. Ainsi, par sa prière fervent, Alban ouvrit à travers le lit de la célèbre Tamise un passage inconnu; cela rappelait cette voie d'Israël, insoupçonnée jusque là, qui était restée asséchée tandis que l'Arche de l'alliance restait dressée, longtemps, sur le sable au milieu du Jourdain. Il avança, à pies secs, avec mille hommes, pendant que des masses d'eau, comme des montagnes abruptes, restaient suspendues de chaque côté; il changea de loup en agneau son premier bourreau qui avait été témoin de tels prodiges; il l'amena à désirer recevoir en même temps que lui, avec beaucoup de courage, la palme triomphale du martyre."
"De Excidio Britanniae" a été réédité en version latin-français aux Editions du Pontig, à Sautron (44), en 1996. Traduction française par Christiane Kerboul-Vilhon.
Pauvre saint Gildas au message spirituel et historique si riche, la postérité n'en aura décidément rien retenu ou en aura fait n'importe quoi. Après le Schisme, au bas Moyen-Age, à Glastonbury, on prétendra qu'il serait venu mourir chez eux, etc : au lieu de comprendre son enseignement on a voulu usurper un Xième "prestigieux" membre pour attirer des pauvres venant déverser leurs oboles contre "indulgences" et pseudo-prières. Mais à Glastonbury, on a tant prétendu, même de nos jours ça ne change pas; on y trouverait même un fumiste "patriarcat" aux origines des plus fantaisistes; ils auraient aussi eu une plante "miraculeuse" aux origines fabuleuses (détruite par les Protestants, qu'on approuvera, une fois n'est pas coutume). Et c'est tout juste si le Merlin de la mythologie médiévale tardive n'y a pas laissé son grimoire et ses flasques de substrat de mandragore. Et avec ça, côté paternité spirituelle dans le monde? Zéro, bien entendu.
Tropaire à saint Gildas
Ta sagesse, ô Gildas, a éclairé l’Armorique comme un flambeau dans les ténèbres. Comme Moïse, tu as fait traverser ton peuple sans péril, comme Jérémie tu as exalté les humbles et humilié les puissants par ta parole inspirée, comme le Précurseur, tu es devenu au désert une fontaine vivifiante pour tes disciples innombrables. Saint Gildas notre père, prie le Christ notre Dieu pour qu’Il ait pitié de nous et sauve nos âmes.
Saint Gildas et la prière
La première partie de la prière suivante sera "terra cognita" pour les amis de saint Patrick et autres saints de la Celtie Orthodoxe. On y retrouve toute la piété Chrétienne, mais aussi la théologie de la communion des saints. C'est surprenant, quand on médite ces prières de lire ensuite des textes Protestants prétendre que les Chrétientés Celtiques, qui étaient rigoureusement et authentiquement Orthodoxes, aient pu avoir la moindre "antériorité" par rapport au protestantisme. Là aussi, c'est une usurpation de racines bien flagrante. La communion des saints est invoquée, c'est clair et net. Revenons à l'important, la prière.
La seconde partie, très "physique", est plus développée que dans bien d'autres "lorica" que j'ai pu découvrir. C'est étonnant mais cela nous amène aussi à comprendre que pour nos pères dans la Foi, rien, strictement rien de l'être humain n'est étranger à Dieu et au Salut. Comme dira à quelques milliers de kilomètres de là notre ami saint Basile le Grand, tout ce qui n'a pas été assumé ne peut être sauvé, et comme justement le Christ a tout assumé, tout peut être sauvé, pourvu que tout soit voué au Christ.
On ne sera surpris du "catalogue clinique" que si on ignore que pour la Chrétienté Celtique, et pour son élite, les moines Celtiques, se donner au Christ et prendre sa croix, cela voulait dire totalement se donner au Christ. Pas de vacances, pas de demi mesure, pas de "droits", pas de "mutuelle", pas de "pouvoir temporel", pas de "récompense temporelle", pas de "délassement", pas "d'amusement", pas de "repos", rien. Rien que le Christ. Tout pour le Christ, tout par le Christ, rien sans le Christ. Quand on sait cela, on regarde ce genre de prière d'un tout autre oeil et on s'agenouille devant la mémoire de nos Pères, dont nous sommes les enfants très indignes.
http://www.tertullian.org/fathers/gildas_08_lorica.htm
Gildas a composé cette lorica pour chasser loin de lui les démons qui l'attaquaient. Un Ange vint à lui et l'Ange lui dit : 'quiconque répétera souvent cette lorica recevra 7 ans de vie en plus, et le tiers de ses péchés lui sera décompté. Chaque jour où il récitera cette prière.. hommes ou démons, nul ennemi ne pourra lui nuire; la mort ne le frappera pas en ce jour-là'. Laidcend, fils de Buith le Victorieux, vint de sa part sur l'île d'Irlande; il l'apporta pour être placée sur l'Autel de saint Patrick, évêque, afin que nous soyons sauvés. Amen. La métrique est de 11 syllabes, d'où on l'appelle souvent bracicatalecticon.


SOURCE : Gildas. De Excidio Britanniae, Fragmenta, Liber de Paenitentia, "Lorica Gildae", etc. ed. by Hugh Williams. Honourable Society of Cymmrodorion. London: David Nutt, 1901. On retrouverait ce texte dans le manuscrit irlandais MS Laud 610. Traduction par votre serviteur avec une migraine cet après-midi... ça ira mieux ce soir.
Saint Sulpice Sévère, disciple de saint Martin de Tours, lui-même disciple de saint Hilaire de Poitiers, lui-même disciple de.. et ainsi de suite jusqu'aux saints Apôtres, disciples du Christ.
Je voudrais insister sur ce point parce je crois qu'il est capital. Nous sommes dans une succession de FOI : ce que croyait saint Sulpice, c'était ce que croyait saint Martin, et ainsi de suite jusque saint Paul, saint Pierre, etc. La véritable succession apostolique n'est possible que dans la succession avec un disciple d'Apôtre ET dans la communion de Foi orthodoxe, exclusivement. Si on se contente de prendre "là où on se sent bien", ou "parce que c'est untel qui l'a dit donc ça doit être vrai", on n'a pas la moindre chance d'être relié à cette Foi des Apôtres. Des tas de groupes se réclamant du Christ ont, de par le monde, des successions "techniquement" valides.
Prenons le cas des Nestoriens : leur fondateur, Nestorius, l'ex-patriarche de Constantinople, a été "validement ordonné", c'est irréfutable. Bien sûr, validement si on comprend le terme par "ordonné par des évêques ayant le droit de le faire, au nom de l'Église, et selon les règles de l'Église." Donc si on ne regarde que la question technique, la succession vue comme une "succession via notaire", en ne regardant que la question du "qui a ordonné en amont", un pontife Nestorien, qui nie en partie la divinité du Christ, qui rejette la Mère de Dieu, la Theotokos, et est donc anathème de facto par les 3ème Concile Oecuménique et suivants, est "valide". Idem pour un monophysite convaincu, comme Jacques de Saroug. Si on en reste à la vision "technique", qui n'est bien sûr pas celle des Orthodoxes depuis 2.000 ans, techniquement, il peut donc donner une "succession valide" ailleurs dans le monde! C'est ainsi qu'on trouve quantité de groupes se disant Chrétiens "validement ordonnés", même parfois se disant Orthodoxes, au point que, pour reprendre l'expression savoureuse d'un copain Antiochien, on en arrive à une Cacodoxie, une cacophonie imitant l'Orthodoxie. Mais succession valide de quoi? Succession valide à un groupe qui a rejeté la divinité du Christ. Autant dire que ça revient à aller se faire ordonner évêque ou prêtre chez les Témoins de Jéhovah ou les Mormons. D'autant qu'un "détail" oublié par tous ces groupes, c'est que la "validité" n'est pas transmissible sans la Foi, et que dès lors qu'un évêque ou un prêtre quitte l'Église du Christ, il n'est plus. Tout ce qu'il fait a autant de valeur spirituelle que ce que fait un acteur au cinéma, qui singerait une cérémonie religieuse : du néant. C'est par son appartenance à l'unique Église du Christ qu'il tient son existence cléricale, parce qu'on n'est pas prêtre ou évêque pour soi-même, mais pour servir le peuple de Dieu, et uniquement pour cela. Hors de ce cadre, on peut bien s'entourer de tous les titres qu'on veut, ça n'a pas la moindre valeur. Et c'est la Foi de l'Église qui le dit!
Revenons à nos moutons. Saint Sulpice Sévère nous donne tout de la vie de saint Martin. Il nous en donne une vision Chrétienne. Un technicien de l'historicité vous dira que tel ou tel événement ne s'est pas passé exactement à cette date-là, ou que le nom de la ville est douteux. Soit. Si on prend n'importe quelle biographie de n'importe quel "personnage historique" moderne, on trouvera des zones d'ombres camouflées sous le mensonge volontaire. Et un fameux paquet. On trouvera de la désinformation, de l'intox', du révisionisme flagrant. Bravo les "modernes."
Qu'on prenne saint Grégoire de Tours : les critiques acerbes n'ont trouvé que SEPT erreurs géographiques dans l'intégralité de son oeuvre magistrale sur l'histoire du peuple Franc, qui couvre près de 2 siècles! Et on vient nous parler "critique historique" vis-à-vis de gens qui ne disposaient pas d'ordinateurs et de photos pour conserver 40 ans durant tous les événements dont ils avaient été témoins. Et dans certains cas n'avaient pas eu le droit de mettre par écrit au fur et à mesure qu'ils voyaient les faits se produire, comme c'est ce qui s'est passé avec Martin l'Humble..
Saint Sulpice Sévère nous donne donc ici une vision spirituelle de l'histoire de saint Martin. Il tire des leçons, il "distille" le matériau historique qu'il a en mémoire, tant mémoire intellectuelle que mémoire de la chair, du vécu. Il veut nous amener au meilleur, pour nous aider à prendre ce chemin du Salut. Pour nous aider à comprendre comment Martin, un simple pécheur, a pu devenir ce nouvel Apôtre des Gaules (Belgique comprise), ce fondateur du système des paruchia (paroisses) en milieu rural, ce thaumaturge si humble qu'il fallut un subterfuge pour parvenir à l'élever à l'épiscopat... pour qu'aussitôt il replonge dans sa vie monastique d'où il tirait toute sa force spirituelle. Parce que moine, "monos", c'est "un avec Dieu", donc un avec l'Un, avec le Tout.
Et que vivre ainsi uni à Dieu, ainsi participant à la Nature divine dès ici bas, déifié dès ici bas, ne pouvait que multiplier à l'infini ses forces spirituelles. Saint Sulpice a vu, a vécu, et il témoigne. Il aurait pu en rajouter des pages et des pages (cfr Jn 21,25), c'est certain. D'ailleurs 2 siècles plus tard, saint Grégoire de Tours, successeur de saint Martin, compilera plusieurs livres de miracles de saint Martin, dont une partie qu'il aura lui-même constatés. Puissance spirituelle éternelle. Saint Sulpice Sévère nous a donné l'essentiel. Par lui, nous apprenons à nous orienter vers cette vraie vie en Christ. C'est bon de le relire avant d'entamer le Grand Carême, puisque saint Martin était l'exemple même de l'ascète parfait, n'ayant rien à envier aux héros Chrétiens des désert d'Égypte ou de Palestine. Vous trouverez la Vie de saint Martin et les liens vers "l'intégrale" au jour de la fête de saint Martin de Tours, et les lettres de saint Sulpice Sévère ici
Du 5ème siècle, nous remontons dans le temps jusqu'à l'époque des "pères apostoliques", la génération juste après les Apôtres, la génération de ceux qui ont reçu l'enseignement des Apôtres, qui ont été formés par les Apôtres, qui ont vu les Apôtres bien souvent rendre le témoignage de leur sang versé pacifiquement pour la diffusion du saint Évangile.
Comme par exemple ce diacre saint Césaire d'Angoulème, dont nous ne savons plus que le nom mais que nous fêtons cependant aussi ce 29/1. Chez nous aussi, nous avons ce jour un saint de la fin de ce premier siècle, Saint Valère. C'est un des 2 frères de saint Materne, aussi je renvoie à la riche page historico-spirituelle dédiée à ce dernier.
stmaterne.blogspot.com/2006/09/saint-materne-aptre-de-la-belgique-et.html
Même si on n'en parle hélas plus, il ne faut pas s'y tromper, même si on ne possède pas une bibliothèque pleine d'écrits théologiques de sa composition, saint Valère est très important pour nous. Car avec lui et ses frères, nous sommes aux SOURCES de la Belgique Chrétienne. Aux antipodes aussi de ce qu'elle est devenue depuis 8 ou 9 siècles, quand on lui a fait quitter l'Église (orthodoxe)... Comme avec saint Gildas, il faut vouloir rester aveugle pour ne pas se rendre compte de l'erreur tragique, catastrophique, qu'est ce rejet de l'Église du Christ, et le refus d'y revenir, et la folie qu'est cette molle volonté de perpétuer l'imposture religieuse qui y a succédé par la force des armes..
Saint Valère, comme ses frères, c'est l'exil volontaire pour aller porter la Bonne Nouvelle, une Nouvelle phénoménale, incroyable, bouleversante non pas pour un seul peuple ou petit groupe d'élus amateurs d'ésotérisme, mais pour l'humanité toute entière : Dieu a demeuré parmi les Siens, Dieu S'est fait homme, et Dieu est venu pour nous sauver. Saint Valère était prêt à donner sa vie pour que cela se sache ailleurs. Pas en ayant une épée au fourreau, mais bien cette "épée à double tranchant" dont nous parlent saint Paul et l'Apocalypse selon saint Jean, cette Parole de Vie qu'on lui avait transmise (qui n'existait d'ailleurs que très partiellement par écrit, on se situait encore largement dans la tradition orale).



Vous trouverez ici leurs Vies ou des liens, photos, et notamment plusieurs traductions de textes de saint Gildas dont l'intégrale de son Pénitentiel :
http://www.amdg.be/sankt/jan29.html
Comme beaucoup de choses des premiers siècles de la Chrétienté, les histoires sont parfois confuses, et souvent brouillées par les inutiles ajouts tardifs. Voire des réappropriations tout à fait déplacées qui ont été légion (comme pour le possédé de l'Évangile) après le Schisme, quand il fallut à tout prix s'inventer une apostolicité chez certains usurpateurs.
De ce qu'on en sait, né à la fin du 5ème siècle, saint Gildas était fils de Caunus (Can, Caw), un roi des Brittons. Invité par sainte Brigitte de Kildare, il vint en Irlande et y fonda des monastères. Il rentra ensuite en Angleterre avec une belle cloche, spécialité de la Chrétienté celtique orthodoxe, objet liturgique qu'il partit offrir à l'évêque de Rome. Une cloche qui a une histoire merveilleuse, pleine de symbolique et spirituellement aussi riche que le restant chez saint Gildas. Suite à la catastrophe de la déchéance de l'Angleterre, dont il parlera dans son célèbre ouvrage "De Excidio Brittaniae" (La ruine de la Grande-Bretagne), comme nombre de grands saints qu'on y connaît, il émigrera du "réduit Gallois" ou de Cornouailles et s'installera en Bretagne, dans un coin perdu du Morbihan, là où nous trouvons à présent l'église de Saint-Gildas de Rhuys.Il est considéré comme le plus ancien historien de Grande-Bretagne. Ses oeuvres ont été utilisées par saint Bède le Vénérable (25 & 26 mai). Son ouvrage principal déjà cité, De Excidio Britanniae, a été écrit vers 540. Il est fortement liturgique, mais ce n'est pas l'aspect le plus connu ni surtout celui qui a fait date. Le peu qui en a été retenu, ce sont les chapîtres où il fustige vertement les rois de son époque - les rois Brittons-, et le clergé. Mais aussi l'affaiblissement moral et spirituel du peuple tout entier; et il nous donne une leçon contre l'importation de peuples d'ailleurs pour travailler à sa place à soi, désastreuse habitude des peuples préférant les délassements ou les travaux moins durs. Et l'inévitable prise de contrôle par ces peuples importés, qui, travaillant dur et vivant dans des conditions déplorables, ont une cependant meilleure santé, vitalité et .. natalité.. Les Saxons, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, s'implanteront bien et mèneront vers la ruine la Chrétienté locale, composée surtout de Chrétiens "nominaux"; leurs renforts venus de Germanie ne rencontreront pas beaucoup de résistance... Saint Gildas criera dans le désert. Par la suite, d'autres reprendront ses appels à la conversion, à la nécessaire restauration spirituelle et morale du pays pour expliquer la SEULE ET UNIQUE manière de sortir un pays du marasme, et d'éviter les invasions. Le bienheureux Alcuin ou saint Wulstan d'York feront appel aux leçons de saint Gildas le Sage pour donner conseils à leurs concitoyens. Quasiment en vain puisque dans les 2 cas, le pouvoir préférera essayer l'illusoire et temporaire force militaire pour parvenir à ses fins, et n'y parviendra bien entendu que pour peu de temps - p. ex. une génération après Charlemagne, c'en était finit de son grand et puissant empire, comme quoi..
Aujourd'hui encore : nil novi sub sole. Mais que nous faudra-t'il comme autre catastrophe majeure pour que nous ouvrions ENFIN nos oreilles, physiques et spirituelles???
Saint Gildas parlant du protomartyr Saint Alban
"Dieu nous prodigua sa miséricorde. Il voulut sauver tous les hommes et Il appela à Lui aussi bien les pécheurs que ceux qui se croyaient justes. A l'époque de la persécution (de Dioclétien)..., Il nous fit un don purement gratuit. Il fit briller pour nous les lumineuses lampes que sont les Saints martyrs, afin que la Grande-Bretagne ne soit pas entièrement plongée dans les épaisses ténèbres d'une nuit opaque. Aujourd'hui, les lieux de leur martyre et de leur sépulture activent l'immense flamme de l'amour de Dieu dans les esprits des pélerins qui viennent les voir. Je songe à saint Alban de Verulamium, à Aaron et à Julien de la Cité des Légions ainsi qu'à tous les autres, des deux sexes, qui, en divers endroits, ont fait preuve de la plus grande noblesse d'âme et sont restés fermes dans les rangs de l'armée du Christ.
Le premier cité, poussé par l'esprit de charité, cacha d'abord chez lui le confesseur qui était poursuivi par ses persécuteurs et sur le point d'être arrêté: il imitait en cela le Christ qui a offert Sa vie pour Son troupeau. Ils échangèrent leurs vêtements et profitant de la confusion créée par les habits de son frère, il s'offrit volontairement à la poursuite. Cela plut à Dieu, et, miraculeusement, il fut gratifié de pouvoirs merveilleux. Ainsi, par sa prière fervent, Alban ouvrit à travers le lit de la célèbre Tamise un passage inconnu; cela rappelait cette voie d'Israël, insoupçonnée jusque là, qui était restée asséchée tandis que l'Arche de l'alliance restait dressée, longtemps, sur le sable au milieu du Jourdain. Il avança, à pies secs, avec mille hommes, pendant que des masses d'eau, comme des montagnes abruptes, restaient suspendues de chaque côté; il changea de loup en agneau son premier bourreau qui avait été témoin de tels prodiges; il l'amena à désirer recevoir en même temps que lui, avec beaucoup de courage, la palme triomphale du martyre."
"De Excidio Britanniae" a été réédité en version latin-français aux Editions du Pontig, à Sautron (44), en 1996. Traduction française par Christiane Kerboul-Vilhon.
Pauvre saint Gildas au message spirituel et historique si riche, la postérité n'en aura décidément rien retenu ou en aura fait n'importe quoi. Après le Schisme, au bas Moyen-Age, à Glastonbury, on prétendra qu'il serait venu mourir chez eux, etc : au lieu de comprendre son enseignement on a voulu usurper un Xième "prestigieux" membre pour attirer des pauvres venant déverser leurs oboles contre "indulgences" et pseudo-prières. Mais à Glastonbury, on a tant prétendu, même de nos jours ça ne change pas; on y trouverait même un fumiste "patriarcat" aux origines des plus fantaisistes; ils auraient aussi eu une plante "miraculeuse" aux origines fabuleuses (détruite par les Protestants, qu'on approuvera, une fois n'est pas coutume). Et c'est tout juste si le Merlin de la mythologie médiévale tardive n'y a pas laissé son grimoire et ses flasques de substrat de mandragore. Et avec ça, côté paternité spirituelle dans le monde? Zéro, bien entendu.Tropaire à saint Gildas
Ta sagesse, ô Gildas, a éclairé l’Armorique comme un flambeau dans les ténèbres. Comme Moïse, tu as fait traverser ton peuple sans péril, comme Jérémie tu as exalté les humbles et humilié les puissants par ta parole inspirée, comme le Précurseur, tu es devenu au désert une fontaine vivifiante pour tes disciples innombrables. Saint Gildas notre père, prie le Christ notre Dieu pour qu’Il ait pitié de nous et sauve nos âmes.
Saint Gildas et la prièreLa première partie de la prière suivante sera "terra cognita" pour les amis de saint Patrick et autres saints de la Celtie Orthodoxe. On y retrouve toute la piété Chrétienne, mais aussi la théologie de la communion des saints. C'est surprenant, quand on médite ces prières de lire ensuite des textes Protestants prétendre que les Chrétientés Celtiques, qui étaient rigoureusement et authentiquement Orthodoxes, aient pu avoir la moindre "antériorité" par rapport au protestantisme. Là aussi, c'est une usurpation de racines bien flagrante. La communion des saints est invoquée, c'est clair et net. Revenons à l'important, la prière.
La seconde partie, très "physique", est plus développée que dans bien d'autres "lorica" que j'ai pu découvrir. C'est étonnant mais cela nous amène aussi à comprendre que pour nos pères dans la Foi, rien, strictement rien de l'être humain n'est étranger à Dieu et au Salut. Comme dira à quelques milliers de kilomètres de là notre ami saint Basile le Grand, tout ce qui n'a pas été assumé ne peut être sauvé, et comme justement le Christ a tout assumé, tout peut être sauvé, pourvu que tout soit voué au Christ.
On ne sera surpris du "catalogue clinique" que si on ignore que pour la Chrétienté Celtique, et pour son élite, les moines Celtiques, se donner au Christ et prendre sa croix, cela voulait dire totalement se donner au Christ. Pas de vacances, pas de demi mesure, pas de "droits", pas de "mutuelle", pas de "pouvoir temporel", pas de "récompense temporelle", pas de "délassement", pas "d'amusement", pas de "repos", rien. Rien que le Christ. Tout pour le Christ, tout par le Christ, rien sans le Christ. Quand on sait cela, on regarde ce genre de prière d'un tout autre oeil et on s'agenouille devant la mémoire de nos Pères, dont nous sommes les enfants très indignes.
La Lorica de saint Gildas
(Lorica = bouclier, c-à-d prière de protection)http://www.tertullian.org/fathers/gildas_08_lorica.htm
Gildas a composé cette lorica pour chasser loin de lui les démons qui l'attaquaient. Un Ange vint à lui et l'Ange lui dit : 'quiconque répétera souvent cette lorica recevra 7 ans de vie en plus, et le tiers de ses péchés lui sera décompté. Chaque jour où il récitera cette prière.. hommes ou démons, nul ennemi ne pourra lui nuire; la mort ne le frappera pas en ce jour-là'. Laidcend, fils de Buith le Victorieux, vint de sa part sur l'île d'Irlande; il l'apporta pour être placée sur l'Autel de saint Patrick, évêque, afin que nous soyons sauvés. Amen. La métrique est de 11 syllabes, d'où on l'appelle souvent bracicatalecticon.

Que m'aide l'Unité de la Trinité
Que l'Unité de la Trinité me fasse miséricorde.
Je suis comme en péril sur l'océan,
Viens à mon aide, je T'en prie,
Afin que la peste de cette année
Ne m'emporte pas, ni la vanité du monde.
Et cette requête, je l'adresse
Aux puissances des armées célestes,
Afin qu'elles ne me laissent pas être ravagé par les ennemis,
Mais me défendent avec leur puissante armure,
Et que dans le combat,
Ces armées me précèdent dans le combat céleste,
Chérubins et Séraphins avec leurs myriades,
Gabriel et Michel avec leurs semblables.
Puissent les Trônes, Puissances, Archanges,Principautés, Dominations, Anges,
Me défendre avec leur large armée,
Et être forts pour repousser mes ennemis.
Et aussi les autres arbitres du conflit
-Les 4 Patriarches, les 4 Prophètes,
Les Apôtres, gardiens de la barque du Christ,
Et les martyrs, vrais athlètes, je leur demande à eux tous,
Et j'adjure aussi les vierges,les fidèles veuves, et les confesseurs,
Que par eux je sois entouré de sécurité,
Et que tout mal soit loin de moi et anéanti.
Puisse le Christ m'accorder puissante alliance,
Lui que les abominables cohortes fuient dans la terreur.
Fin du Premier Prologue, des rangs des Anges et patriarches, Apôtres et martyrs, avec le Christ.
Début du Second Prologue, englobant toutes les parties du corps jusqu'au genoux.
O Dieu l'invincible gardien,
Par Ta puissance, défends-moi de toute parts.
Libère tous mes membres,
Les protégeant tous de Ton saint bouclier,
De sorte que les assauts des démons ne me blessent
De tous côtés, avec leurs flèches, selon leur habitude.
Crâne, tête, cheveux et yeux,
Front, langue, dents et leur émail,
Cou, poitrine, côtés, intestins,
Taille, fesses et mes 2 mains.
Comme couronne pour ma tête et ses cheveux,
Sois Toi le casque du Salut sur la tête;
Pour le front, les yeux, le cerveau multiforme,
Le nez, les lèvres, la face, les tempes,
Pour le menton, la barbe, les sourcils, les oreilles,
Les joues, les bas-joues, le sous-nez, les narines,
Pour les pupilles, l'iris, les cils, les paupières,
Le menton, la respiration, les joues, les mâchoires,
Pour les dents, la langue, la bouche, la gorge,
La luette, la trachée-artère, l'attache de la langue, la nuque,
Pour le milieu de la tête, pour le cartilage,
Le cou – Toi le Doux, sois proche pour les défendre.
Par les Neufs Ordres des Saints Anges, je Te prie, Seigneur Jésus-Christ,
Sois Toi-même le plus sûr des boucliers,
Pour mes membres, pour mes entrailles,
Afin que Tu puisses extirper hors de moi les invisibles
clous enfoncés, fabriqués par l'ennemi.
O Dieu, dès lors viens avec une puissante carapace,
Couvrant de lames mes épaules et bras.
Couvant les coudes et leurs jointures et les mains,
Les poings, paumes, les doigts avec leurs ongles.
Couvrant la colonne vertébrale et les côtes avec leurs joints,
Les jambes, le dos, les nerfs et les os.
Couvrant toute la surface, le sang et les reins,
Les hanches, les fesses avec les cuisses.
Couvre mes cuisses, mollets, muscles,
Rotules, tibias et genoux.
Couvre mes chevilles, tibias et talons,
Jambes, pieds avec la plante des pieds.
Couvre ces branches qui s'y forment ensemble,
Avec les orteils et leurs ongles.
Couvre mon thorax, ses jointures, la petite poitrine,
Les mamelons, l'estomac, le nombril.
Couvre le ventre, les reins, les parties génitales
,La panse, et les parties vitales, et aussi le coeur.
Couvre le foie triangulaire et gras,
La rate, les aisselles avec leurs poils.
Couvre l'estomac, le thorax avec les poumons,
Les veines, tendons, la vésicule biliaire..
Couvre la chair, l'aine et ses parties internes,
La rate avec les entrelacs d'intestins.
Couvre la vésicule, la graisse et tous
Les innombrables ordres de jointures.
Couvre les cheveux et le restant de mes membres,
Que je pourrais avoir omis de mentionner.
Couvre aussi mes cinq sens,
Et avec les dix portes formées (pour moi),
De sorte que de ma plante des pieds jusqu'au sommet de ma tête
En nul membre je ne puisse être malade;
De sorte que la vie ne puisse sortir de mon corps
A cause de la peste, fièvre, faiblesse, souffrance,
Jusqu'à ce que, par le don du grand âge reçu de Dieu,
J'aie pu recouvrir mes péchés par de bonnes oeuvres;
Et, en partant de la chair, puisse être libre de toute tache,
Et être à même de m'envoler vers les hauteurs,
Et, par la miséricorde de Dieu, naître dans la joie
Aux douces et célestes retraites de Son Royaume.
Amen.

SOURCE : Gildas. De Excidio Britanniae, Fragmenta, Liber de Paenitentia, "Lorica Gildae", etc. ed. by Hugh Williams. Honourable Society of Cymmrodorion. London: David Nutt, 1901. On retrouverait ce texte dans le manuscrit irlandais MS Laud 610. Traduction par votre serviteur avec une migraine cet après-midi... ça ira mieux ce soir.
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Saint Sulpice Sévère, disciple de saint Martin de Tours, lui-même disciple de saint Hilaire de Poitiers, lui-même disciple de.. et ainsi de suite jusqu'aux saints Apôtres, disciples du Christ.Je voudrais insister sur ce point parce je crois qu'il est capital. Nous sommes dans une succession de FOI : ce que croyait saint Sulpice, c'était ce que croyait saint Martin, et ainsi de suite jusque saint Paul, saint Pierre, etc. La véritable succession apostolique n'est possible que dans la succession avec un disciple d'Apôtre ET dans la communion de Foi orthodoxe, exclusivement. Si on se contente de prendre "là où on se sent bien", ou "parce que c'est untel qui l'a dit donc ça doit être vrai", on n'a pas la moindre chance d'être relié à cette Foi des Apôtres. Des tas de groupes se réclamant du Christ ont, de par le monde, des successions "techniquement" valides.
Prenons le cas des Nestoriens : leur fondateur, Nestorius, l'ex-patriarche de Constantinople, a été "validement ordonné", c'est irréfutable. Bien sûr, validement si on comprend le terme par "ordonné par des évêques ayant le droit de le faire, au nom de l'Église, et selon les règles de l'Église." Donc si on ne regarde que la question technique, la succession vue comme une "succession via notaire", en ne regardant que la question du "qui a ordonné en amont", un pontife Nestorien, qui nie en partie la divinité du Christ, qui rejette la Mère de Dieu, la Theotokos, et est donc anathème de facto par les 3ème Concile Oecuménique et suivants, est "valide". Idem pour un monophysite convaincu, comme Jacques de Saroug. Si on en reste à la vision "technique", qui n'est bien sûr pas celle des Orthodoxes depuis 2.000 ans, techniquement, il peut donc donner une "succession valide" ailleurs dans le monde! C'est ainsi qu'on trouve quantité de groupes se disant Chrétiens "validement ordonnés", même parfois se disant Orthodoxes, au point que, pour reprendre l'expression savoureuse d'un copain Antiochien, on en arrive à une Cacodoxie, une cacophonie imitant l'Orthodoxie. Mais succession valide de quoi? Succession valide à un groupe qui a rejeté la divinité du Christ. Autant dire que ça revient à aller se faire ordonner évêque ou prêtre chez les Témoins de Jéhovah ou les Mormons. D'autant qu'un "détail" oublié par tous ces groupes, c'est que la "validité" n'est pas transmissible sans la Foi, et que dès lors qu'un évêque ou un prêtre quitte l'Église du Christ, il n'est plus. Tout ce qu'il fait a autant de valeur spirituelle que ce que fait un acteur au cinéma, qui singerait une cérémonie religieuse : du néant. C'est par son appartenance à l'unique Église du Christ qu'il tient son existence cléricale, parce qu'on n'est pas prêtre ou évêque pour soi-même, mais pour servir le peuple de Dieu, et uniquement pour cela. Hors de ce cadre, on peut bien s'entourer de tous les titres qu'on veut, ça n'a pas la moindre valeur. Et c'est la Foi de l'Église qui le dit!
Revenons à nos moutons. Saint Sulpice Sévère nous donne tout de la vie de saint Martin. Il nous en donne une vision Chrétienne. Un technicien de l'historicité vous dira que tel ou tel événement ne s'est pas passé exactement à cette date-là, ou que le nom de la ville est douteux. Soit. Si on prend n'importe quelle biographie de n'importe quel "personnage historique" moderne, on trouvera des zones d'ombres camouflées sous le mensonge volontaire. Et un fameux paquet. On trouvera de la désinformation, de l'intox', du révisionisme flagrant. Bravo les "modernes."
Qu'on prenne saint Grégoire de Tours : les critiques acerbes n'ont trouvé que SEPT erreurs géographiques dans l'intégralité de son oeuvre magistrale sur l'histoire du peuple Franc, qui couvre près de 2 siècles! Et on vient nous parler "critique historique" vis-à-vis de gens qui ne disposaient pas d'ordinateurs et de photos pour conserver 40 ans durant tous les événements dont ils avaient été témoins. Et dans certains cas n'avaient pas eu le droit de mettre par écrit au fur et à mesure qu'ils voyaient les faits se produire, comme c'est ce qui s'est passé avec Martin l'Humble..
Saint Sulpice Sévère nous donne donc ici une vision spirituelle de l'histoire de saint Martin. Il tire des leçons, il "distille" le matériau historique qu'il a en mémoire, tant mémoire intellectuelle que mémoire de la chair, du vécu. Il veut nous amener au meilleur, pour nous aider à prendre ce chemin du Salut. Pour nous aider à comprendre comment Martin, un simple pécheur, a pu devenir ce nouvel Apôtre des Gaules (Belgique comprise), ce fondateur du système des paruchia (paroisses) en milieu rural, ce thaumaturge si humble qu'il fallut un subterfuge pour parvenir à l'élever à l'épiscopat... pour qu'aussitôt il replonge dans sa vie monastique d'où il tirait toute sa force spirituelle. Parce que moine, "monos", c'est "un avec Dieu", donc un avec l'Un, avec le Tout.
Et que vivre ainsi uni à Dieu, ainsi participant à la Nature divine dès ici bas, déifié dès ici bas, ne pouvait que multiplier à l'infini ses forces spirituelles. Saint Sulpice a vu, a vécu, et il témoigne. Il aurait pu en rajouter des pages et des pages (cfr Jn 21,25), c'est certain. D'ailleurs 2 siècles plus tard, saint Grégoire de Tours, successeur de saint Martin, compilera plusieurs livres de miracles de saint Martin, dont une partie qu'il aura lui-même constatés. Puissance spirituelle éternelle. Saint Sulpice Sévère nous a donné l'essentiel. Par lui, nous apprenons à nous orienter vers cette vraie vie en Christ. C'est bon de le relire avant d'entamer le Grand Carême, puisque saint Martin était l'exemple même de l'ascète parfait, n'ayant rien à envier aux héros Chrétiens des désert d'Égypte ou de Palestine. Vous trouverez la Vie de saint Martin et les liens vers "l'intégrale" au jour de la fête de saint Martin de Tours, et les lettres de saint Sulpice Sévère ici
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Du 5ème siècle, nous remontons dans le temps jusqu'à l'époque des "pères apostoliques", la génération juste après les Apôtres, la génération de ceux qui ont reçu l'enseignement des Apôtres, qui ont été formés par les Apôtres, qui ont vu les Apôtres bien souvent rendre le témoignage de leur sang versé pacifiquement pour la diffusion du saint Évangile.
Comme par exemple ce diacre saint Césaire d'Angoulème, dont nous ne savons plus que le nom mais que nous fêtons cependant aussi ce 29/1. Chez nous aussi, nous avons ce jour un saint de la fin de ce premier siècle, Saint Valère. C'est un des 2 frères de saint Materne, aussi je renvoie à la riche page historico-spirituelle dédiée à ce dernier.
stmaterne.blogspot.com/2006/09/saint-materne-aptre-de-la-belgique-et.html
Même si on n'en parle hélas plus, il ne faut pas s'y tromper, même si on ne possède pas une bibliothèque pleine d'écrits théologiques de sa composition, saint Valère est très important pour nous. Car avec lui et ses frères, nous sommes aux SOURCES de la Belgique Chrétienne. Aux antipodes aussi de ce qu'elle est devenue depuis 8 ou 9 siècles, quand on lui a fait quitter l'Église (orthodoxe)... Comme avec saint Gildas, il faut vouloir rester aveugle pour ne pas se rendre compte de l'erreur tragique, catastrophique, qu'est ce rejet de l'Église du Christ, et le refus d'y revenir, et la folie qu'est cette molle volonté de perpétuer l'imposture religieuse qui y a succédé par la force des armes..
Saint Valère, comme ses frères, c'est l'exil volontaire pour aller porter la Bonne Nouvelle, une Nouvelle phénoménale, incroyable, bouleversante non pas pour un seul peuple ou petit groupe d'élus amateurs d'ésotérisme, mais pour l'humanité toute entière : Dieu a demeuré parmi les Siens, Dieu S'est fait homme, et Dieu est venu pour nous sauver. Saint Valère était prêt à donner sa vie pour que cela se sache ailleurs. Pas en ayant une épée au fourreau, mais bien cette "épée à double tranchant" dont nous parlent saint Paul et l'Apocalypse selon saint Jean, cette Parole de Vie qu'on lui avait transmise (qui n'existait d'ailleurs que très partiellement par écrit, on se situait encore largement dans la tradition orale).



Sanctus Valerius, ora pro nobis
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