Une des saintes les plus populaires du Munster, Gobnait (Gobnet, Gobnata) naquit dans le Conté de Clare, mais dû fuir des ennemis et se réfugia sur l'ile d'Aran, où se trouve une église à Inisheer, Kilgobnet, c'est-à-dire l'église de Gobnait.
Après un certain temps, un Ange lui apparu et lui expliqua que ce n'était pas là "l'endroit de sa résurrection" mais qu'elle devait voyager jusqu'à ce qu'elle rencontre 9 cerfs blancs, et que tel serait le signe du lieu où elle devrait s'arrêter, s'installer et fonder un monastère.
Elle se mit en route pour trouver le lieu où Dieu l'attendait, fondant des églises en cours de route, entre autres Dunguin dans le Conté de Kerry et Dungarven dans le Conté de Waterford. Arrivée dans le Conté de Cork, elle rencontra 3 cervidés blancs près de Cloudrohid; puis à Ballymakeera, elle en vit 6 et continua jusqu'à Ballyvourney; là elle en rencontra 9 occupés à paître près d'un bois. Elle y fonda son monastère.
C'est Saint Abban de Kilabban, Conté de Meath, Irlande, qui aurait oeuvré avec elle à la fondation du couvent à Ballyvourney, Conté de Cork, sur une terre donnée par la famille O'Herlihy, et placée sainte Gobnait à sa tête comme abbesse.
Sainte Gobnait avait un don particulier pour s'occuper des malades et sauva les gens victimes de la peste à Ballyvourney. Elle est considérée comme la patronne des abeilles! et des apiculteurs. Gobnata signifie "abeille à miel", l'équivalent en hébreux de "Déborah". Le miel est bien entendu un aliment très important pour divers remèdes. Mais la réputation de Gobnait vient aussi de ce qu'un jour, elle envoya un essaim d'abeilles pourchasser un voleur de bétail, jusqu'à ce que ce dernier ramène le troupeau volé. Elle semblait très douée pour traiter avec les brigands. On a retrouvé dans un mur de l'église en ruine de Ballyvourney une pierre ronde, on rapporte qu'elle aurait servit de "boomerang" pour empêcher la construction d'un fortin par un brigand, de l'autre côté de la vallée, en face du monastère. A chaque fois qu'il recommençait sa construction, elle jettait la pierre contre ses murs et les faisait tomber, autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce qu'il abandonne par dépit.
Un champs près du village est appelé "champ de la peste", rappelant l'endroit qu'elle a marqué comme sol consacré, au delà duquel la peste ne pouvait pas frapper. Le "Tomhas Ghobnata", ce qui signifie en Gaélique "la mesure de Gobnait", est une longueur de laine mesurée sur sa statue, et est toujours recherchée pour des guérisons. Et dans l'église il y a une très vieille statue en bois datant du 13ième siècle, qui a été beaucoup portée, qui est présentée lors de sa fête. A Killeen il y a la "pierre de Gobnait", un vieux pilier de croix sur lequel on aperçoit un petit visage tenant une crosse sur le côté.
Il existe encore une source qui porte son nom à Ballyvourney. Comme avec beaucoup de saints Irlandais, il y a des histoires d'interactions merveilleuses avec la nature.
Sa tombe dans le cimetière à Ballyvourney est décorée avec des béquilles et d'autres preuves de guérisons obtenues par l'intercession de Gobnait. Parmi les miracles attribués à son intercession il y a bien sûr cet éloignement de la peste en ayant marqué le sol de la de la paroisse comme sol sacré. Une autre tradition relate qu'elle a mis en déroute des ennemis en lâchant ses abeilles sur eux. Sa ruche est demeurée une précieuse relique pour les O'Herlihys.
La pierre ronde associée à son nom est toujours conservée. Dans l'art, sainte Gobnata est représentée comme apicultrice.
Tropaire de sainte Gobnet ton 3
Vraie fille spirituelle d'Abban, l'inspiré de Dieu /
Tu en as dignement beaucoup dirigé dans les vertus monastiques, très sainte Gobnet./
C'est pourquoi nous t'implorons d'intercéder pour nous/
afin que nous puissions être correctement dirigés/
et recevions la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.
Kondakion de sainte Gobnet ton 5
Louange et honneur te sont dûs /
O médecin des corps et des âmes,/
très pieuse Gobnet./
Bénie du don de guérison,/
tu apporta à beaucoup la plénitude et la paix du Christ,/
prie maintenant pour nous qui avons l'âme tourmentée/
afin qu'elle puisse connaître la joie de la divine guérison.
"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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01 février 2014
Sainte Brigitte de Kildare, aussi Mère dans l'Entre-Sambre-et-Meuse grâce à saint Feuillen
Tropaire de sainte Brigitte de Kildare Ton 1
O sainte Brigitte, tu devins sublime par ton humilité, *
et tu volas sur les ailes de ton désir pour Dieu. *
Lorsque tu arrivas à la Cité Éternelle et parus devant ton Divin Époux, *
portant la couronne de la virginité, *
tu tins ta promesse *
de te souvenir de ceux qui auraient recours à toi. *
Tu fais descendre des pluies de grâce sur le monde, et multiplie les miracles. *
Intercède auprès du Christ notre Dieu, afin qu'Il sauve nos âmes.
Kondakion de sainte Brigitte de Kildare Ton 4
Remplie de divine sagesse, la sainte vierge Brigitte *
vécut dans la joie son enfance évangélique, *
et avec la grâce de Dieu *
atteint de la sorte le sommet de la vertu. *
C'est pourquoi elle répand à présent les bénédictions sur ceux qui viennent à elle avec foi. *
O sainte Brigitte, intercède auprès du Christ notre Dieu *
afin qu'Il fasse accorde le Salut à nos âmes.
Sa vie, son oeuvre et son héritage :
http://stmaterne.blogspot.com/2009/02/sainte-brigitte-de-kildare-goarch.html
http://stmaterne.blogspot.com/2007/02/sainte-brigitte-la-marie-des-gals.html
(anciennement :
http://home.scarlet.be/amdg/sankt/brigitte.html
En participant aujourd'hui (01.02.14) à une marche sportive dans les environs d'Hanzinne (Florennes), j'étais heureux de passer par un "bois de Saint Feuillen", croiser (et prier) à une chapelle sainte Brigitte - toute notre région a été spirituellement imprégnée par saint Feuillen et ses frères qui nous ont apporté la Foi sans compromis des Pères Celtes, à l'Orthodoxie incontestable. Et sainte Brigitte est "une d'entre eux", son nom est fréquent ici, il ne faut pas écraser la mêche qui fume encore, il faut souffler dessus.
15 janvier 2014
Sainte Ita de Limerick, la Mère Adoptive de l'Irlande (+ 570)
(Deirdre, Dorothy, Ida, Ide, Meda, Mida, Ytha)
Morte vers 570. Sainte Ita est la plus célèbre sainte d'Irlande après sainte Brigitte (1er février), et on l'appelle la Brigitte du Munster. Comme beaucoup des premières moniales du pays, elle aurait été d'origine noble, née dans une des baronies de Decies près de Drum, dans le Comté de Waterford, appelée Deirdre.
Un aristocrate voulu l'épouser, mais après avoir prié et jeûné 3 jours durant, et avec l'aide divine, elle parvint à convaincre son père de lui permettre de vivre en vierge. Elle partit pour Hy Conaill (Killeedy), la partie occidentale du Limerick, et fonda une communauté de femmes consacrées à Dieu, qui bien vite attira nombre de jeunes femmes. Elle fonda aussi et diriga une école. Sa Vita tardive rapporte que l'évêque saint Erc confia à ses soins saint Brendan (16 mai), qui deviendra par la suite le célèbre abbé missionnaire - il lui aurait été confié de son 1er à son 6ème anniversaire. Nombre d'autres saints auraient été formés par elle des années durant. Pour cette raison, on l'appelle bien souvent la "mère adoptive des saints d'Irlande".
Brendan lui demanda un jour quelles étaient les 3 choses que Dieu aimait particulièrement. Elle répondit : "La vraie Foi en Dieu avec un coeur pur, une vie simple avec un esprit de piété, et une générosité pleine de charité."
Une berceuse Irlandaise à l'Enfant Jésus lui est attribuée. La "legenda" de sainte Ita rapporte ses austérités ascétiques. Le centre de sa dévotion était "l'inhabitation" de la Sainte Trinité. Comme d'autres figures monastiques d'Irlande, elle passa beaucoup de temps dans la solitude, priant et jeûnant, et le reste du temps au service de ceux cherchant assistance et conseil.
Elle et ses soeurs aidèrent à guérir les malades de la région. Nombre de miracles lui furent aussi attribués, dont un où elle rendit sa tête au corps d'un homme qui avait été décapité, et un autre où elle ne vécut que de la nourriture reçue des Cieux.
Bien que sa vie est alourdie de nombre d'éléments non-fiables, parce qu'elle a été si populaire et que sa "Vita" n'a été écrite que tardivement, il n'y a aucune raison de douter de son existence. Il y a des dédicaces d'églises et de noms de lieu pour la rappeler, autour de son lieu de naissance et autour de son monastère. Elle est aussi mentionnée dans un poème du Bienheureux Alcuin (19 mai), et son culte est toujours vivace.
Morte vers 570. Sainte Ita est la plus célèbre sainte d'Irlande après sainte Brigitte (1er février), et on l'appelle la Brigitte du Munster. Comme beaucoup des premières moniales du pays, elle aurait été d'origine noble, née dans une des baronies de Decies près de Drum, dans le Comté de Waterford, appelée Deirdre.
Un aristocrate voulu l'épouser, mais après avoir prié et jeûné 3 jours durant, et avec l'aide divine, elle parvint à convaincre son père de lui permettre de vivre en vierge. Elle partit pour Hy Conaill (Killeedy), la partie occidentale du Limerick, et fonda une communauté de femmes consacrées à Dieu, qui bien vite attira nombre de jeunes femmes. Elle fonda aussi et diriga une école. Sa Vita tardive rapporte que l'évêque saint Erc confia à ses soins saint Brendan (16 mai), qui deviendra par la suite le célèbre abbé missionnaire - il lui aurait été confié de son 1er à son 6ème anniversaire. Nombre d'autres saints auraient été formés par elle des années durant. Pour cette raison, on l'appelle bien souvent la "mère adoptive des saints d'Irlande".
Brendan lui demanda un jour quelles étaient les 3 choses que Dieu aimait particulièrement. Elle répondit : "La vraie Foi en Dieu avec un coeur pur, une vie simple avec un esprit de piété, et une générosité pleine de charité."
Une berceuse Irlandaise à l'Enfant Jésus lui est attribuée. La "legenda" de sainte Ita rapporte ses austérités ascétiques. Le centre de sa dévotion était "l'inhabitation" de la Sainte Trinité. Comme d'autres figures monastiques d'Irlande, elle passa beaucoup de temps dans la solitude, priant et jeûnant, et le reste du temps au service de ceux cherchant assistance et conseil.
Elle et ses soeurs aidèrent à guérir les malades de la région. Nombre de miracles lui furent aussi attribués, dont un où elle rendit sa tête au corps d'un homme qui avait été décapité, et un autre où elle ne vécut que de la nourriture reçue des Cieux.
Bien que sa vie est alourdie de nombre d'éléments non-fiables, parce qu'elle a été si populaire et que sa "Vita" n'a été écrite que tardivement, il n'y a aucune raison de douter de son existence. Il y a des dédicaces d'églises et de noms de lieu pour la rappeler, autour de son lieu de naissance et autour de son monastère. Elle est aussi mentionnée dans un poème du Bienheureux Alcuin (19 mai), et son culte est toujours vivace.
19 décembre 2013
Si vous ne trouvez pas Dieu là où vous êtes, vous ne le trouverez pas en pélerinant au loin! (Sainte Samthanna)
Sainte Samthann de Clonbroney (ou Meath), Vierge
(Samthana)
Morte en 739; certains indiquent sa fête au 18 décembre. La vénération de Sainte Samthann, la moniale Irlandaise qui fonda l'abbaye de Clonbroney (Cluain-Bronach) près de Granard dans le Comté de Longford, fut introduite sur le Continent et promue par saint Virgile de Salzbourg (27 novembre). Son nom est présent tant dans la Litanie que dans le Canon du Missel de Stowe, de même que dans l'ancienne Litanie de Salzbourg, Autriche.
Une Vita écrite par la suite rapporte que Samthann fut élevée par Cridan, roi de Cairbre Cabhra. Il lui arrangea un mariage, mais un miracle l'empêcha. Par la suite, elle devint moniale sous saint Cognat à Ernaide (Donegal), d'où elle partit pour Clonbroney.
Sa vie nous présente quelques un de ses sages enseignements. Quand un moine lui demanda dans quelle position il devait se tenir pour prier, elle répondit " dans toutes les positions : debout, assis ou couché." Un autre lui disait qu'il allait arrêter d'étudier pour prier plus. Elle lui dit qu'il ne serait jamais capable de fixer son esprit et de prier s'il négligeait l'étude. Quand un autre lui dit qu'il voudrait partir en pélerinage (Rome et Jérusalem), elle lui fit remarquer que le Royaume des Cieux peut être atteint sans traverser la mer, et que Dieu est proche de celui qui L'appelle.
Une tradition rapporte que Samthann tira, par la prière, une âme de l'enfer, un exploit attribué à très peu parmi les grands Saints Chrétiens. Arriver à arracher une âme de l'enfer par la prière n'était cependant pas quelque chose d'inhabituel chez les saints Irlandais; un érudit a même appelé cela une "caractéristique presqu'exclusivement Celtique".
Samthann n'acceptait pas que son couvent aie de grandes propriétés. Elle préférait que ses soeurs vivent dans la pauvreté, comme le démontre le fait que la communauté n'avait que 6 vaches pour troupeau.
Une tradition rapporte que le couvent de Clonbroney aurait été fondé par Saint Patrick pour les filles de son maître précédent, Milchu. Une autre tradition affirme qu'il fut fondé par les disciples de sainte Brigitte. Mais par la suite, on attribua à Samthann cet honneur. Ce couvent fut un des 3 plus importants d'Irlande, avec ceux de Kildare et Cloonburren. Sa dernière abbesse connue mourrut en 1160.
01 février 2009
Sainte Brigitte de Kildare (GOarch)
source Icône & (c) :http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html
Quand l'Irlande fut nouvellement convertie à la Foi Chrétienne, la sainte abbesse Brigitte se consacra à instaurer la vie monastique pour les femmes de son pays. Elle fonda le célèbre couvent de Kildare - Kill pour "église" et Dara pour "chêne." Elle fut particulièrement réputée pour sa grande miséricorde, manifestée dans ses innombrables aumônes, et dans les miracles accomplis en faveur des nécessiteux. Le Livre d'Armagh, une ancienne chronique irlandaise, appelle saint Patrick et sainte Brigitte "les piliers des Irlandais" et dit qu'à travers eux deux, "le Christ a accompli nombre de miracles." Elle s'endormit en paix vers l'an 525.
Apolytikion de sainte Brigitte de Kildare Ton 4
Ayant appris les divins enseignements à la prédication de Patrick, tu as proclamé à l'Occident les bonnes nouvelles du Christ. Dès lors nous te vénérons, ô Brigitte, et nous te supplions d'intercéder auprès de Dieu afin que nos âmes soient sauvées.
Kondakion de sainte Brigitte de Kildare Ton 3
A l'église du Chêne, tu établis tes saints monastères pour ceux qui voulaient se charger sur les épaules de l'Arbre de la Vie, la Précieuse Croix. Et par ta vie pleine de grâce et ton amour de l'érudition, tu as porté du fruit au centuple et ainsi nourris les fidèles. O sainte mère Brigitte, intercède auprès du Christ, la Vraie Vigne, afin qu'Il sauve nos âmes.
"sainte Brigitte, la Marie des Gaëls" + "sainte Brigitte, un don pour l'hospitalité"
http://stmaterne.blogspot.com/2007/02/sainte-brigitte-la-marie-des-gals.html
voir aussi, en anglais :
http://orthodoxwiki.org/Brigid_of_Kildaire
19 décembre 2008
Sainte Samthann, abbesse Orthodoxe de Clúain Brónaig (Clonbroney, + 739)

Clonbroney se trouve en Irlande, (Meath, comté de Longford), vers le centre de l'île. Cluain signifie "pré". Samthann (Samthana, Samtana), d'après une étymologie populaire, s'interprète "feu d'été."
Samthann est morte en 739; certains mentionnent sa fête au 18 décembre.
La sainte fut d'abord prieure à Urney, entre Tyrone et Donegal. Mais son activité s'exerça surtout dans le Comté de Meath. Les § 20 et 24 de sa Vie sont d'une haute portée spirituelle. La Vita de cette Mère de l'Église de l'Occident Orthodoxe est cependant intéressante dans son ensemble. La version entière est tardive, résumant une version antérieure, perdue, mais elle ne comporte pas d'erreurs historiques (sauf §26) et les noms propres se prêtent à des recoupements concordants.
Par la prière, Samthann tira une âme de l'Hadès (§ 13); c'est un exploit attribué à très peu parmi les grands Saints Chrétiens. Arriver à arracher une âme de l' Hadès par la prière n'était cependant pas quelque chose d'inhabituel chez les saints Irlandais; un érudit a même appelé cela une "caractéristique presqu'exclusivement Celtique."
Samthana serait normalement la moniale Irlandaise qui fonda l'abbaye de Clonbroney près de Granard dans le Comté de Longford. Une tradition locale rapporte que le couvent de Clonbroney aurait été fondé par saint Patrick pour les filles de son maître précédent, Milchu. Une autre petite tradition affirme qu'il fut fondé par les disciples de sainte Brigitte. Mais par la suite, on attribua à Samthann cet honneur. Ce couvent fut un des 3 plus importants d'Irlande, avec ceux de Kildare et Cloonburren. Sa dernière abbesse connue mourut en 1160.
La vénération de Sainte Samthann fut introduite sur le Continent et promue par saint Virgile de Salzbourg (27 novembre). Son nom est présent tant dans la Litanie que dans le Canon du Missel de Stowe, de même que dans l'ancienne Litanie de Salzbourg, Autriche.
1. Samthann était d'origine ultonienne, c'est-à-dire que sa famille venait de l'Ulster. Son père s'appelait Diamran (Diamaran, Dimaran, Diaran) et sa mère Columba. Elle fut employée chez le roi du pays, dans l'actuel comté de Longford, qui décida de la marier avec un noble. Le noble eut une vision avant ses noces vers minuit, il voyait le lit où Samthann reposait avec les 2 filles du roi ses compagnes, éclairé comme d'un rayon de soleil. Alors il allait à sa jeune femme, qu'il trouvait la face inondée de lumière. Et il était heureux de cette épouse baignée de clarté. Les noces furent célébrées. Au soir, dans la chambre, le jeune homme dit à Samthann "Déshabille-toi." Elle répondit "Attendons que la maisonnée dorme." Il consentit, et s'endormit. Elle suppliait Dieu de sauver sa virginité. Dieu l'entendit. Vers minuit, toute la demeure parut flamber : c'était comme si une flamme avait jailli de la bouche de la vierge jusqu'aux toits. Un cri retentit au dehors : tous, au dedans, bondirent pour éteindre le feu.
2. La vierge en profita pour aller se blottir dans des fougères voisines. Le feu cessa. Il n'avait rien brûlé. Au matin, le roi trouva la vierge, qui lui dit : "Ton palais a brûlé? Non. - - Ah! j'en remercie Dieu... Mais pourquoi avez-vous tenu à marier une pauvre servante du Dieu tout-puissant? -- Eh bien je ne te livrerai plus à un homme. Décide de ton sort. - - Offrez-moi en épouse à Dieu." Le roi plia les genoux, et dit "Nous t'offrons au Fiancé divin que tu désires." Alors elle entra dans un monastère, avec la permission de son mari. Elle y fut bientôt cellérière dévouée et fidèle.
3. Un jour, un lépreux, sur la rive de l'étang, implorait le passage. Samthann le passa elle-même sur son bac. Elle lui donna une vache et son veau et ajouta la majeure partie de son propre manteau, comme saint Martin. Et puis le lépreux disparut, laissant la vache et le veau. Quant au manteau, intact pas de trace de déchirure!
4. Samthann était donc cellérière. Il y avait au monastère un pot de beurre qui suffisait depuis un an aux besoins des soeurs et des hôtes : quelle bénédiction! Un jour, une postulante entre dans la salle aux provisions, et dit devant le fameux pot "Apparemment, de beurre, on ne manquera jamais!" Là-dessus, la vierge sainte arrive, et trouve le pot vide. D'abord ahurie, elle se reprit et dit "Oui... Ici on ne sera jamais dans l'abondance." Et cela s'est réalisé.
5. La fondatrice d'un monastère vit en songe Samthann qui arrivait sous forme d'étincelle, et tout brûlait. Elle dit à ses soeurs "Samthann est ardente du feu de l'Esprit-Saint. Ses vertus feront briller notre maison." Et elle lui déféra le commandement.
6. Samthann devint supérieure. Elle fit bâtir un oratoire en bois. Un jour, un de ses charpentiers, dans la forêt, se disait "Ah! si on avait 40 pains, du beurre, du fromage et du lait!" Tout cela aussitôt arriva. La servante du Christ lui dit en souriant : "C'est bien ce que tu voulais? - Pour ça oui, mère. Ni plus ni moins! " Et l'on mangea commodément, remerciant Dieu et Sa servante.
7. Samthann fit prier le roi Kennedus [probablement Cinaed (+ 728)] de libérer un prisonnier. Le roi refusa. Nouvelle ambassade. "Si le roi ne le délivre pas, dites au captif : Au Nom de la Sainte Trinité, sois délié, et viens en paix à Samthann, servante de la Trinité." Le roi refusa. Le captif, informé, dit "Je crois en elle." Le roi doubla les liens, posa 8 gardes à la porte du cachot, et 8 à la porte de la place. A minuit, les liens tombèrent. Notre homme passa devant les premiers gardes.
"Eh ! là! qui es-tu? - Je suis Fallamain, qui étais prisonnier. - Si c'est toi, ne l'dis donc pas!" Il évita le 2ème poste, et parvint chez la sainte.
8. Par sa prière, la vierge rendit inoffensives les bêtes de l'étang qui nuisaient aux hommes et au bétail.
9. Avec le lait d'une seule vache, la vierge nourrit un jour largement 50 hôtes.
10. Pour nourrir un abbé avec 140 personnes, elle prit une mesure de farine qu'elle divisa en 2 : cela fournit à manger et à boire pour une semaine.
11. Un clerc mondain vint au monastère des soeurs; il remarqua une jolie fille et une amourette se noua. Il devait l'attendre à la forêt voisine. Avant de partir, le clerc vint saluer Samthann et se recommander à ses prières. "N'ennuie pas mes soeurs par des paroles qui seraient des pièges, ni par de mauvaises actions. - Oh! Jamais de la vie, mère!" Arrivé à une rivière, il entre dans l'eau. Elle monte, il en a jusqu'à la ceinture. Une énorme anguille le mord aux reins et le ceinture vigoureusement. Affolé, il revient à la vierge de Dieu, s'effondre à genoux, demande pardon. Samthann pardonne, l'anguille tombe. Le clerc jura qu'il n'entrerait plus dans un monastère de vierges.
12. Les gens du Connaught et le peuple de Tethbra firent la paix après un long conflit. Le roi de Tethbra retint en otage le fils d'une veuve. Sur la demande de celle-ci, Samthann envoya au roi sa prieure avec 5 vierges et 2 hommes, pour demander la libération de l'otage. "J'accorderai tout, répondit le roi, sauf cela." Alors la prieure dit au détenu : "Au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ et de sainte Samthann Sa servante, laisse tes chaînes et viens avec nous." Malgré une garde renforcée, il fut bientôt avec l'ambassade de l'abbesse.
13. Un bienfaiteur du monastère ne partait jamais en guerre sans avoir demandé une bénédiction à Samthann. Un jour, il omit cette précaution, et fut tué. A l'heure où il mourait, la sainte dit aux soeurs : "Priez bien! Notre ami Fland a son âme menée par les démons au lieu des tourments." Elle entra en extase, puis, après un moment : "Remerciez Dieu. Il a fait passer l'âme des tourments au repos."
14. Pour agrandir le monastère, on devait déplacer des locaux. Un immense personnel était indispensable au transfert de l'oratoire. On demanda des renforts. Mais la sainte pria si bien que 8 hommes seulement purent effectuer le travail.
15. Les ouvriers étaient avec la prieure Nathea dans la forêt à prendre du bois pour le nouvel oratoire. On allait abattre un arbre; le maître du chantier dit : "S'il tombe par ici, ça n'ira pas; par là, ça ira." L'arbre s'inclinait du mauvais côté, quand la prieure, qui avait sur elle la ceinture de Samthann, la fit poser dans cette direction. Un coup de vent violent, et l'arbre s'écroule en sens inverse. [Voir dans la Règle de saint Isidore de Séville, 20 (Patrologie Latine t. 88, col. 889) où là aussi c'est le prieur qui s'occupe des charpentiers et artisans.]
16. La prieure et les bûcherons cherchaient des pins. Rien pendant 3 jours! Le quatrième, on allait rentrer chez soi, quand Nathea vit en songe Samthann qui lui dit : "Coupez les saules; vous trouverez là des pins abattus." Au jour, on exécuta l'ordre et on trouva les pins. Le propriétaire de ce bois intervint: "Il faut me payer ces arbres!" Santhea consentit. La nuit suivante Samthann apparut au propriétaire. "Quoi? tu veux retirer à Dieu ce qu'on lui offre?" Et de son bâton, elle frappa l'homme au côté : "Misérable, si tu ne te repens pas, tu mourras bientôt." L'homme lâcha ses troncs. Les gens du pays prêtèrent 60 paires de boeufs, qui traînèrent tout ce bois au monastère.
17. [Probablement après la mort de Samthann], le roi Niall (763-778) demanda le bâton de la sainte, pour l'orner d'or et d'argent. Mais le bois était tordu et vieux, et se prêtait mal aux enjolivements. On accrocha le bâton au-dessus du lit royal. A cause de la dévotion du roi et des vertus de la sainte, le Christ redressa le bâton.
18. Deux moniales vivaient près du monastère de l'abbé Kynnechus (Cainnech, 11 octobre). L'une d'elles tomba enceinte par suite d'une suggestion diabolique et enfanta un fils. Pour éviter le scandale, elle ne voulut pas le nourrir. Les 2 soeurs allèrent trouver Samthann avec le bébé. Celle-ci recueillit l'enfant et fit partir les soeurs nuitamment, pour éviter tout bavardage fâcheux. Dans un bois, elles tombent sur des voleurs. Mais le Seigneur fit s'ouvrir un tronc d'arbre énorme : l'écorce se referma sur elles dès qu'elles furent à l'intérieur. Et voleurs de chercher en vain. Les soeurs purent repartir tranquilles. Samthann fit instruire l'enfant, qui devint un abbé illustre au monastère de saint Cainnech.
19. Samthann voyageait en char quand elle trouva sur son chemin un chêne colossal, avec une branche si basse qu'elle ne pouvait passer assise. Elle frappa l'obstacle de son bâton en disant : "Ote-toi!" La branche se leva.
20. Un moine demanda à la sainte comment prier : prosterné? assis? debout? Elle dit : "Dans toutes les postures, il faut prier."
21. Une femme stérile vint trouver la sainte qui la bénit et lui dit : "Tu auras un fils que tu appelleras Inrechtach. Il sera un sage, le seigneur de son pays."
22. La patrie des geôliers est envahie par l'ennemi, et le captif s'évade grâce à cette attaque.
23. Les moines de l'île d'Iona envoyèrent à la sainte un navire chargé de laine. Tempête. Sur le bateau, un jeune fou s'écria : "Balançons à la mer la laine de la vieille! Sans ça, on coule!" Le patron réplique: "Non! on vivra ou on mourra avec la laine pour la vieille dame." Cela dit, c'est le calme plat : il faut ramer. Sur ce, le jeune fol de dire : "Pourquoi la vieille, maintenant, ne nous envoie-t'elle pas une risée?" Alors le patron: "Nous croyons que par son intercession, Dieu nous aidera." Et voilà le vent qui gonfle les voiles. Ils arrivent chez la sainte et lui baisent la main. "Qu'est-ce que tu disais donc de moi, quand la tempête vous menaçait?" demande la vierge au jeune gars, qui rougit et reste muet. Elle reprend : "Ce n'est pas un crime, va! mais si une autre fois tu es en danger, appelle-moi au secours sans hésiter."
24. Un professeur dit à la vierge : "J'ai l'intention de faire passer l'étude au second plan, pour vaquer à la prière." Elle objecta : "Qu'est-ce qui pourra donner de la stabilité à ton esprit, pour qu'il ne coure pas partout, si tu négliges l'étude spirituelle?" Le professeur reprit : "Je désire passer la mer pour aller en pèlerinage." Elle répondit : "Si sur ces rivages nous ne trouvons pas Dieu, inutile de passer la mer. Puisque le Seigneur est proche de tous ceux qui L'invoquent [Ps. 144,18], il n'est pas nécessaire que nous passions la mer. De n'importe quelle terre on peut parvenir au Royaume des Cieux."
25. Elle était une bonne maîtresse pour tous ceux qui étaient sous ses ordres, avec tous les dehors d'une servante très humble. Elle était pauvre en esprit et en réalité. Elle répugna à posséder des champs et n'eut jamais plus de 6 vaches à la fois. Elle était d'une charité diligente pour tous, mais spécialement pour ceux de sa maison. Recevait-elle des dons? Sa part personnelle passait en supplément pour chaque soeur. Elle donnait avec joie, recevait avec modestie. Elle savait compatir avec bonté, venir en aide avec efficacité.
26. La nuit de sa mort, le saint abbé Lasrianus (*) vit 2 lunes. L'un de ces astres descendit à lui. Il comprit ce que cela signifiait, car il avait demandé à la sainte de s'arrêter chez lui avant de monter au ciel. Et l'astre s'éleva.
[(*) ou Molaisse, fondateur de Devenish, mort vers 570 : c'est le seul anachronisme de cette version de sa Vie]
Bibliographie : Charles C. Plummer, Vitae sanctorum Hiberniae, t. 1, 1910, p. 34, 87-88, 94; t. 2, 253-261, 368.
The Martyrology of Gorman, éd. W. Stokes, 1895, p. 242, 392
The Martyrology of Oengus, éd. W. Stokes, 1905, p. 252, 260 (19 décembre)
The Stowe Missal, éd. G. F. Warner, 1915, p. 14 (S. Samdine)
The Martyrology of Tallaght, éd. Richard Irvin Best & Hugh Jackson Lawlor, 1931, p. 87, 108, 124 : Bradshaw Soc., t. 9, 29, 32, 68.
Life of St. Samthann, Medieval Hagiography: An Anthology, par Dorothy Africa, Thomas Head editor, New York, Garland Publishing, 2000. 97-110

Sainte Samthan est reprise dans le ménologue des saints Orthodoxes d'Occident du p. Andrew Philips (EORHF / Folkestone)
http://www.orthodoxengland.org.uk/saintss.htm
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