"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Affichage des articles dont le libellé est vie monastique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vie monastique. Afficher tous les articles
01 août 2018
Saint Æthelwold, évêque de Winchester et rénovateur de la vie monastique (+ 984)
En Angleterre éclata au 10ième siècle un véritable réveil monastique (revival, comme dit dom David Knowles), qui agit sur le pays tout entier. Saint Dunstan sema la graine qui devait produire l'arbre magnifique. Sa conversion intime fut suivie vers 943 par l'abbatiat, à Glastonbury, dans le Somerset. Il y éleva une famille monastique dans l'esprit de la Règle bénédictine. Parmi ses jeunes, il y avait notre Ethelwold (Æthelwold / Aethelweald), fils d'une haute famille de Winchester. Dans sa jeunesse il fit partie de la maison (cornitatus) du roi Aethelstan, puis fut tonsuré par saint Elphège (Aelfheah) le Chauve, évêque de Winchester de 936 à 951. Il resta quelque temps auprès du prélat, puis entra au monastère de Glastonbury sous saint Dunstan. Ethelwold fut un moine zélé pour l'étude, la prière et les humbles travaux comme ceux du jardin ou de la cuisine. Son zèle rêvait de dépasser Dunstan, d'aller sur le continent étudier la vie des monastères illustres. Mais la reine pressentant que, s'il partait, ce serait une perte irréparable, réussit à lui faire interdire tout voyage d'études à l'étranger. Le roi concéda à Ethelwold, vers 954, le monastère d'Abingdon qui était abandonné et en ruines. Le prince aida le vaillant moine à le rebâtir. Un jour il vint inspecter les travaux. L'abbé l'invita à déjeuner. Ce fut une petite fête très réussie : le déjeuner devint lunch, puis souper. On servit libéralement de l'hydromel à tout ce beau monde. On avait fermé les portes pour que nul ne pût déserter la royale beuverie. Au soir, tous ces Northumbriens se retirèrent joyeux, "in ebrietate suatim". L'hydromel n'avait pas manqué. Comme notre saint Eloi, Ethelwold était un artisan habile : il fit 2 cloches et une «roue d'or» toute pleine de clochettes. Il accomplit par le moine Osgar, qu'il envoya à Fleury-sur-Loire, son projet irréalisé d'enquête sur l'observance d'outremer. Lui-même faisait des rondes dans son monastère, pour tout surveiller. Il s'intéressait de près à toutes les constructions. Un jour il reçut une planche énorme tombant d'un échafaudage, qui lui brisa plusieurs côtes.
Le 29 novembre 963, Ethelwold fut consacré évêque de Winchester. Saint Dunstan, lui, avait été exilé par le roi Edwy. Il avait visité avec grand intérêt les monastères de Flandre et de Lorraine. Rentré en 957, il avait reçu alors l'évêché de Worcester; plus tard il aurait celui de Londres et enfin celui de Cantorbéry.
Un troisième grand moine, d'origine danoise, devait briller dans l'Église anglaise à ce moment, c'était saint Oswald, profès de Fleury-sur-Loire, dépendance de Cluny, puis évêque de Worcester et archevêque d'York. Ce triumvirat monastique, animé d'un même idéal, appuyé par un roi jeune et zélé, exerça une influence profonde sur le pays grâce à Glastonbury, Abingdon et Ramsey, le monastère d'Oswald, dans les Fens ou marais, terres basses conquises sur la baie de Wash. Ramsey avait une colonie de moines venus de Fleury.
Pour faire régner l'ordre il fallut expulser ou transférer, avec l'appui du roi, les clercs trop peu zélés. Ethelwold fut le chef de ce mouvement, jusque-là sans équivalent exact en Occident, par lequel des moines remplacèrent des clercs ou des chanoines à l'église cathédrale, où un évêque-abbé présida désormais. Ethelwold fut imité par Oswald, peut-être par Dunstan; Winchester, Worcester, plus tard Sherborne et Cantorbéry devinrent cathédrales monastiques.
Dunstan, le principal conseiller du roi Edgar, fit convoquer un synode qui se tint en 970 sous le patronage du roi et de la reine. Aux représentants du monachisme insulaire s'étaient joints des délégués de Gand et de Fleury. Mandaté par cette haute assemblée, Ethelwold rédigea une "Regularis concordia" (P. L., t. 137, col. 475) qui donnait avec quelques modifications la pratique courante des grandes abbayes du continent au 10ième siècle. Le nouveau code monastique fut accepté librement et demeura en vigueur jusqu'à la conquête normande, les monastères gardant leurs libertés locales.
Les abbayes fournirent au pays des intellectuels, des artistes, des évêques, le meilleur de son élite. Pour Dunstan, et, à un degré moindre, Ethelwold et Oswald, l'ordre monastique ne devait pas être un club d'ascètes en marge de la nation, mais le coeur même de la nation, intellectuel et spirituel. L'Église, l'État, les moines étaient étroitement solidaires. On avait une concorde des ordres : roi, évêques, moines.
Par sa réforme vigoureuse des monastères, Ethelwold souleva bien des haines. On essaya de l'empoisonner. La tentative fut vaine. Au reste, le prélat était pâle, avait souvent des douleurs aux jambes, au ventre, et dormait mal. Cependant il marchait quand même, évitait de manger oiseaux ou quadrupèdes, conformément à la Règle. Il aimait enseigner la jeunesse, lui traduire en anglais les livres latins, lui parler de grammaire ou de métrique. Ce maître souriant était un merveilleux animateur pour le bien. Dans ses inspections, il était un «lion» pour les déréglés, une "colombe" pour les bons (Aelfric).
«L'Aigle du Christ», le "père des moines", mourut à Beddington, dans le Surrey, le 1er août 984. Il avait plus de 20 ans d'épiscopat. Il fut inhumé à Winchester. Douze ans après son décès, son corps fut élevé par saint Elphège, son successeur, futur archevêque de Cantorbéry et martyr; Sa "depositio" est marquée aux anciens calendriers le 1er août. Deux calendriers seulement ont sa translation, plus exactement l'élévation de ses reliques par saint Elphège, un 10 septembre. En revanche. ils n'ont pas sa "depositio", à cause des Maccabées et de saint Pierre. On a attribué à Ethelwold un travail sur le cercle dédié à Gerbert (le pape de Rome Silvestre 2). Il existe un "bénédictionnaire de saint Ethelwold" qui est un fort beau manuscrit. Cf. E. - G. Millar, "La miniature anglaise du 10ième au 13ième siècle", Paris-Bruxelles.
Bibl. - Très bonne Vie par Aelfric, dans Chron. d'Abingdon, t.2, p. 255 (Rolls séries). Bonne Vie par Wulistan, dans Mabillon, Acta sanct. ord. .S. Bened., saec. 5, p. 608, P. L., t. 137, col, 83, ou Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 89.
sur l'enluminure ci-dessous, qui provient de son Bénédictionnaire, vous pouvez voir derrière saint Aethelwold l'Antependium ou Pallium altaris, à savoir le drap d'Autel comme on l'utilisait en Occident à l'époque Chrétienne Orthodoxe.
24 mai 2015
Un vrai monastère est une pépinière à talents pour l'Église (p. John)
En plus d'être des refuges spirituels et des bastions de prière où les moines oeuvrent à leur Salut, les monastères sont aussi responsables pour être le berceau d'où sortent pour l'Église certains de ses plus talentueux théologiens, auteurs spirituels, hymnographes, compositeurs, enseignants, artistes et artisans.
XB!
P. John
(et ça manque, en Belgique nous n'en avons que 3 petits...)
Besides being spiritual havens and bastions of prayer where monks could work out their salvation, monasteries are also responsible for cultivating some of the Church’s most gifted theologians, spiritual authors, hymnographers, composers, teachers, artists, and craftsmen.
XB!
Fr. John
XB!
P. John
(et ça manque, en Belgique nous n'en avons que 3 petits...)
Besides being spiritual havens and bastions of prayer where monks could work out their salvation, monasteries are also responsible for cultivating some of the Church’s most gifted theologians, spiritual authors, hymnographers, composers, teachers, artists, and craftsmen.
XB!
Fr. John
20 juin 2014
Moine pour être sauvé, sinon on est perdu? (saint Nicolas Velimirovic)
Bien que les saints Pères louent le monachisme comme étant l'état angélique, et bien que nombre des plus grands saints aient vécu leur vie et atteint leur perfection dans le désert silencieux et sans vie, néanmoins, l'Église Orthodoxe ne recommande pas la tonsure à tous les fidèles. Un saint dit en effet "Jamais tous ceux qui sont dans le désert ne seront sauvés, ni jamais tous ceux dans le monde perdus". A un citadin, qui n'avait aucune aspiration à la vie monastique mais voulait entrer au monastère, saint Niphon dit : "Un endroit ne sauve ni ne détruit un homme, mais ce sont ses actes qui le sauvent ou le détruisent. Pour celui qui n'accomplit pas les Commandements du Seigneur, il n'y a pas d'intérêt à se trouver dans un lieu sacré ou d'être d'un rang sacré. Le roi Saül vivait au milieu du luxe royal et il périt. Le roi David vécut au milieu du même luxe, et il reçut la couronne. Lot vivait au milieu des Sodomites sans loi et il fut sauvé. Judas fut compté parmi les Apôtres et il partit pour l'Hadès. Celui qui affirme qu'il est impossible d'être sauvé avec femme et enfants se trompe lui-même. Abraham avait femme et enfants, 318 serviteurs et servantes, beaucoup d'or et d'argent, mais, néanmoins, il fut appelé l'Ami de Dieu. Oh! Innombrables sont les serviteurs de l'Église et les amoureux du désert qui ont été sauvés! Et combien d'aristocrates et de soldats! Et combien d'artisans et d'agriculteurs! Sois pieux et aime ton prochain, et tu seras sauvé!"
Saint Nicolas Velimirovic
Prologue d'Ochrid au 31 janvier
Saint Nicolas Velimirovic
Prologue d'Ochrid au 31 janvier
28 mars 2014
Mère Gavrilia (Papayannis), apôtre des lépreux en Inde, secouriste spirituelle dans les ashrams, perle de grand prix
http://orthodoxwiki.org/Gabrielia
La gérontissa Gabrielia (1897-1992), aussi appelée Gavrilia, a été une moniale Grecque Orthodoxe de sainte vie.
Vie
La gérontissa Gavrilia (Gabrielle) est née à Constantinople (Konstantinoupoli / Istanbul) il y a plus d'un siècle, le 2/15 octobre 1897, d'Helias et Victoria Papayanni(s). Elle était la 4ème et dernière enfant de la famille, la préférée. Alexandros était le frère aîné, puis venaient ses soeurs, Vasiliki et Paulina.
Gérontissa signifie plus qu'une moniale plus âgée que les autres (supervisant les plus jeunes), c'est une personne spirituellement avancée qui guide les autres dans les prières par de sages conseils et la connaissance reçue de Dieu. Sa vie est une longue suite de merveilles.
Elle grandit dans la ville jusqu'à ce que sa famille déménage en 1923 pour Thessalonique. Elle partit pour l'Angleterre en 1938 et y resta durant la Seconde Guerre mondiale. Elle y fut formée comme pédicure et kinésithérapeute. En Angleterre, elle sera honorée pour ses services rendus durant la guerre et après, on lui proposera la citoyenneté, mais elle la refusera poliment.
En 1945, elle retourna en Grèce où elle travailla avec un groupe d'aide aux réfugiés, "Friends Refugee Mission", et l'American Farm School à Thessalonique, dans les années juste après la guerre. Ensuite, elle ouvrit son propre cabinet de kinésithérapeute à Athènes, jusqu'en 1954. En mars de cette année, sa mère mourut, et le cabinet fut fermé. Soeur Gavrilia quitta la Grèce et voyagea jusqu'en Inde, où elle travailla 5 ans durant pour les plus pauvres d'entre les pauvres, même les lépreux. Elle travailla avec Baba Amte (Murlidhar Devidas Amte) et sa famille pour construire des villages communautaires pour les lépreux d'Inde. Elle ne conserva jamais un "penny" en poche! Toujours livrée en pleine confiance en les mains de Dieu.
Ce ne fut pas avant 1959 qu'elle entra au monastère des saintes Marthe et Marie, à Béthanie, en Palestine, où elle devint moniale. Lorsqu'elle y arriva, elle demanda à l'aumônier, le p. Theodosius, pour avoir une règle de prière. Le p. Theodosius fut quelque peu surpris de découvrir qu'elle savait même lire l'ancien grec médiéval (katharevousa). Le p. Theodosius dit : "Les grands Anciens dont nous entendons parler n'existent plus. Je n'en suis certainement pas un. Vous êtes venue ici pour sauver votre âme. Si je commence par vous donner des règles, vous perdrez votre âme et moi avec. Mais voici le père Jean. Il sera votre père spirituel." Pour commencer ses premières années au monastère, ce dernier ne lui donna à lire que les Évangiles et saint Jean Climaque (il est bon de noter qu'à l'époque, l'Échelle Sainte n'avait pas encore été publiée en grec moderne).
Elle resta 3 ans à Béthanie. En avril 1962, la rumeur parvint que le patriarche Athénagoras de Constantinople cherchait à envoyer un moine Orthodoxe à Taizé, France. Soeur Gavrilia partit pour Taizé - elle parlait parfaitement le français depuis son enfance - et de là en Amérique.
En 1963, elle revint en Grèce. La gérontissa fut tonsurée dans le Petit Schème par l'abbé Amphilochios (Makris) à Patmos, dans la grotte de Saint Antoine qui dépendait du monastère de l'Evangelismos, et cela juste avant qu'elle et la moniale Tomasina ne partent pour l'Inde. L'Ancien Amphilochios était très enthousiaste à l'idée qu'une moniale était ouverte à être bénévole dans le monde. En Inde, elle demeura 3 ans à Nani Tal, dans l'Utar Pradesh, où le p. Lazarus (Moore) était le prêtre. Il consulta la gérontissa pour ses propres traductions du Psautier et des Pères. Entre 1967 et 1977, la gérontissa parti en mission en Afrique de l'Est, en Europe, y compris des visites à de vieux amis et pères spirituels tels que le p. Lev (Gillet) et saint Sophrony (Sakharov, monastère Saint John the Baptist, Maldon, Essex, Angleterre), puis en Amérique, puis un bref temps au Sinaï, où l'archevêque Damianos tentait de réintroduire le monachisme féminin.
Elle voyageait beaucoup, toujours préoccupée et remplie d'amour pour le peuple de Dieu. Certains de ses enfants spirituels l'ont trouvée à Jérusalem à côté du Tombeau du Christ; d'autres l'ont trouvée sur le champ de la mission en Afrique de l'Est. Durant les années 1950 & 1960, elle eu plusieurs milliers d'amis spirituels dans le monde entier! Et elle priait pour tous nuit et jour!
A partir de 1977, elle vécut dans un petit appartement, la "Maison des Anges", à Patissia, au milieu du boucan et de la pollution et de la confusion du centre d'Athènes. Un petit endroit, caché, un endroit précieux pour ceux qui savaient qu'elle y était.
En 1989, elle partit pour l'ermitage de la Sainte Protection sur l'île d'Égine, près du tombeau de saint Nectaire. Là, elle appela ses 2 dernières filles spirituelles à devenir moniales près d'elle, et elle continua à recevoir nombre de visiteurs. Au début du Grand Carême de 1990, elle fut hospitalisée pour un cancer lymphatique. Elle resta 40 jours à l'hôpital, quittant durant la Semaine Sainte et reçu la Communion à Pâques. Et à la grande perplexité des médecins, le cancer disparu. Ce n'était pas encore son heure.
La gérontissa se retira au calme. Avec une seule moniale, elle déménagea pour la dernière fois de sa vie, vers l'île de Leros. Là, elles établirent l'hesychastarion des Saints Archanges. Ce n'est qu'alors, en sa dernière année de vie, qu'elle accepta le Grand Schème, des mains du p. Dionysious, du petit skete Sainte Anne sur le Mont Athos. Il vint lui donner le Schème dans la chapelle de la Panaghia, dans le Kastro au sommet de Leros.
La gérontissa Gavrilia quitta ce monde le 28 mars 1992, n'ayant jamais construit un monastère. Au fil des années, 6 de ses enfants spirituels étaient entrés dans la vie monastique, mais jamais plus d'un ou deux avec elle à la fois. Seuls les Anges pourraient compter le nombre de vies que Dieu a touchées et changées par elle. Sa biographie et la collection de ses écrits ont été publiées en Grec en 1996 - "I Askitiki tis Agapis", "L'ascèse de l'Amour" -, grâce au travail de sa dernière fille dans le monachisme et à la contribution des nombreux, très nombreux autres, qui tenaient beaucoup à la gérontissa.
Quiconque a connu la gérontissa Gavrilia a réalisé que Dieu ne nous avait pas laissé sans Ses saints, même de nos jours. Les quelques citations ci-dessous suggèrent à peine la clarté et l'amour de son âme. Les paroles ne sont que des instruments de ce monde; la merveille de la gérontissa était enveloppée dans le mystère du silence du monde à venir.
Elle n'a jamais cherché une réputation. Elle n'a jamais permis que l'on publie quoi que ce soit sur elle durant sa vie, et n'a permis qu'à la fin de sa vie à ses enfants spirituels de la prendre en photo. Ceux que Dieu a touchés par elle l'ont appelée gérontissa; elle ne s'est jamais présentée autrement que comme la moniale Gavrilia.
Elle était l'humilité et l'amour incarnés.
Extraits des Adages de la Gérontissa Gavrilia (Papayannis)
1. Chaque lieu peut devenir le lieu de la Résurrection. Il suffit que vous viviez l'humilité du Christ.
2. Comme pour le sommeil, garder la Vigile suffit.
3. Il y a des gens qui sont vigilants pour certaines choses, et il y en a d'autres qui le sont pour tout.
4. Non pas une connaissance que vous apprenez, mais une connaissance que vous souffrez. C'est ça, la spiritualité Orthodoxe.
5. Ne désirez pas nombre de choses - plus que ce que vous avez, ce qui est loin. Au contraire, cherchez à prendre soin de ce que vous avez afin de le sanctifier.
6. L'éducation, ce n'est que ceci : que nous apprenions comment aimer Dieu.
7. Rien n'est moins cher que l'argent.
8. Mieux vaut vivre l'enfer ici que dans l'autre monde.
9. Ce n'est pas ce que nous disons mais ce que nous vivons qui compte. Pas ce que nous faisons mais ce que nous sommes.
10. Je me revêt du rason (habit monastique) et je ne dis plus rien avant qu'on ne me le demande. Le rason parle.
11. Si vous avez de l'amour pour le monde entier, alors le monde entier est beau.
12. Quelqu'un a dit que le Chrétien est celui qui purifie l'amour et sanctifie l'activité.
13. Nous désirons notre liberté. Pourquoi? Afin d'être esclaves de nos passions.
14. Conférence : Quand des bons à riens se rassemblent et décident que l'on ne peut rien faire.
15. Le but est que même lorsque nous avons le parasite dans la tête.. nous ayons le Paraclet dans le coeur.
16. Nous devenons une reproduction du Ciel avec "Que Ta volonté soit faite sur terre comme au Ciel."
17. Celui qui aime ne fait pas de remarque, comme nul ne remarque qu'il respire.
18. Quand les portes du Ciel sont ouvertes, les portes sur terre le sont aussi.
19. Lorsque l'esprit ["noùs", en grec] n'est pas dispersé dans les choses mondaines et reste uni à Dieu, alors le "bonjour" que nous adressons à autrui devient une bénédiction.
20. Tout rejet et toute négativité détruit notre propre travail.
21. Devant toute image et ressemblance de l'Autre, nous ne devons pas exister.
[..]
30 janvier 2014
Sainte Aldegonde de Maubeuge (+ 684), qui intercède contre le cancer
Enluminures de la Vie de sainte Aldegonde, abbaye de Saint-Amand, début 12ème.
Sainte Aldegonde et l'Ange - sainte Aldegonde (+ sainte Waudru?) et saint Amand
C'est à Cousolre que s'installèrent Walbert 1er, seigneur Franc et gouverneur des provinces de Sambre et Meuse et son épouse Bertille (fille du roi de Turinge selon certains auteurs).
Sainte Aldegonde naquit ainsi dans le Hainaut, vers 630. Son père, Walb(de)ert ou Gualbert, était un "domesticus" mérovingien, à savoir responsable des terres fiscales sous les ordres directs du maire du palais, donc un très haut fonctionnaire du roi Dagobert I, puis Clotaire II. Une fois leurs deux filles devenues majeures, avec Bertila (Bertille) son épouse, il préféra aux honneurs de la terre le souci de croître en sainteté et ils se consacrèrent chacun de son côté à Dieu.
La famille, d'ailleurs, compta plusieurs saints : sainte Waldetrude ou Waudru, soeur aînée d'Aldegonde, mariée à Vincent Madelgaire (futur saint Vincent de Soignies), parents de 4 enfants qui furent honorés d'un culte public dans l'Église : les saintes Aldetrude (2ème abbesse de Maubeuge), Madelberte (3ème abbesse de Maubeuge), et les saints Landry (évêque de Meaux) et Dentelin (mort jeune).
Quant à Aldegonde, elle manifesta, dès le plus jeune âge le souhait de se vouer entièrement à Dieu. Demandée jeune en mariage par un noble anglo-saxon du nom d'Eudon - pour tisser des alliances politiques, coutume courante à l'époque -, elle voulut à tout prix se débarrasser du gèneur. Poursuivie par le prétendant, Aldegonde, assoiffée, fait jaillir une source à ses pieds. Puis elle traversa la Sambre en marchant sur les eaux, soutenue par des Anges.
Elle alla pour quelque temps se cacher chez sa soeur aînée. Un peu plus tard, elle revint à la maison parentale et y fit preuve d'admirables exemples de toutes les vertus. A la mort de son père et de sa mère, elle leur rendit les derniers devoirs. Dès lors libre de se consacrer à Dieu, elle alla à Hautmont trouver les saints évêques qui s'y trouvaient en réunion, Amand de Maastricht-Liège et Aubert de Cambrai, leur exposa ses luttes ascétiques et aspirations mystiques. Après un mûr examen, les 2 évêques lui donnèrent le voile des vierges et l'admirent à la vie monastique - la Vita nous expose que c'est alors que l'Esprit Saint apparut, sous la forme d'une colombe et déposa le voile des vierges sur sa tête, la consacrant ainsi à Dieu.
Suivant le conseil des saints évêques, elle se retira dans les bois de Maubeuge. De saintes filles ne tardèrent pas à venir se placer sous sa conduite. Elle reçut en particulier ses 2 nièces, Aldetrude, qui lui succédera comme abbesse, puis Madelberte et beaucoup d'autres encore.
Ce monastère double (hommes & femmes mais séparés, selon la coutume insulaire, en vigueur jusqu'aux Carolingiens) accueillait des filles de la noblesse et perdura jusqu'à la révolution, comme beaucoup de monastères, il sera détruit sous la Terreur. Il se situait sur l'actuelle place Verte de Maubeuge, non loin, il reste les maisons des chanoinesses (17e) restaurées. "Malboden" (Maubeuge) se développa autour de cette abbaye dès le 7e siècle. La ville conserve le "trésor" de Sainte Aldegonde, sainte patronne de la ville.
Sous sa direction, le monastère devint maison de Dieu et asile de la paix. L'abbesse fut pour toutes ses filles un modèle de perfection ascétique. Sa charité pour les pauvres était inépuisable. Sa vie s'écoula dans la pieuse vie de moniale. Par son ascèse, Dieu lui accorda des visions surnaturelles. La nuit où mourut saint Amand, étant en prière dans l'église, elle aperçut dans un ravissement un vénérable vieillard en habits pontificaux, environné de gloire et montant au Ciel suivi d'un grand nombre d'esprits bienheureux. Un ange lui dit "C'est l'évêque Amand dont vous avez chéri les vertus pendant sa vie."
Aldegonde fit part de cette vision au saint abbé Ghislain qui était venu la visiter. Ce saint homme lui fit comprendre que c'était un présage de sa fin prochaine. Elle en reçut l'annonce avec joie, mais, pour sortir de ce monde en expiant ce qu'elle pensait avoir commis de mal, elle demanda à notre Seigneur de pouvoir endurer une épreuve douloureuse. Dieu permit alors qu'un cancer se formât sur son sein droit. Elle supporta avec une patience héroïque les vives douleurs qui en furent la suite. Elle opéra dès ce moment plusieurs miracles, rendit la santé à un petit enfant malade après l'avoir fait porter au coin de l'Autel. Des amies, parmi lesquelles se trouvait sa soeur Waudru, vinrent la visiter. A leur grande surprise, elles virent une lumière éclatante remonter vers le ciel au moment où l'âme d'Aldegonde quittait son corps, le 30 janvier 684.
La maladie qui provoqua la mort d'Aldegonde fit qu'on invoqua son intercession pour guérir du cancer. Près de l'église où son corps fut déposé, il y eut une fontaine où les pèlerins venaient puiser de l'eau pour guérir diverses maladies.
Le corps d'Aldegonde fut d'abord inhumé à Cousolre et, peu de temps après, transféré dans l'église de Maubeuge par les soins de l'abbesse Aldétrude. Dieu a opéré plusieurs miracles sur son tombeau. Il y eut plusieurs translations de son corps, en 1039, 1161, 1439, et son culte a toujours été fort célèbre. Les anciens martyrologes et, à leur suite, le martyrologe romain, ont inscrit le nom d'Aldegonde au 30 janvier.
Sa Vita latine conservée de nos jours a été écrite par une contemporaine au 7ème siècle. Elle a été remaniée au 8ème, probablement par une oblate consacrée par ses parents encore toute jeune, comme c'était de coutume dans les monastères suivant les Règles monastiques irlandaises (c-à-d "colombaniennes"). Ce qui était le cas en nos contrées avant l'avènement des Carolingiens, et on le remarque par nombre de détails techniques, spirituels et liturgiques dans ce texte latin. Avec plusieurs citations de Virgile et un latin de très haut niveau, un texte éloigné des préoccupations populaires qui n'attendaient que des "vies de saints avec des miracles de guérisons physiques", avec ses encouragements pour une vie monastique difficile dans un monde très perturbé (peu après, les Carolingiens s'empareront de la Neustrie, affaiblie par trop d'années de luttes intestines), ce texte était de toute évidence destiné à la méditation et la lecture au monastère, par des hommes et des femmes consacrés à Dieu et de bonne culture et éducation.
Litanies, avec sainte Aldegonde et d'autres saintes universelles ou locales
Livre d'Heures à l'Usage de Tournai, vers 1460-1480, folio 68V
Bibliothèque "Willamette-Hatfield"
source :
http://www.chd.dk/gui/willamh-gui.html
Tropaire de sainte Aldegonde de Maubeuge, ton 4
Afin de rester fidèle à ton Époux Céleste,
Tu refusa l'époux terrestre auquel on t'avais promise.
Et t'enfuyant de chez toi, tu vécu en ermitesse,
Fondant le chapître de Maubeuge,
Tu y fus rejointe par de nombreuses vierges.
Toi qui intercède pour ceux qui te prient de les guérir du cancer,
Sainte Aldegonde, prie le Christ de nous sauver
Voir aussi :
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.be/2013/02/racines-orthodoxes-30-janvier12-fevrier.html
Anecdote : la ville d'Alken, dans le Limburg belge, à présent dirigée par un nationaliste NVA, a reçu en 1981 sainte Aldegonde comme héraldique de la cité. Vu l'origine géographique de notre sainte amie, c'est un clin d'oeil céleste, assurément :-)
http://www.alken.be/product/1098/wapenschild--staldegondis
Et "preuve" que c'est bien une sainte de nos régions.... il y a une bière qui lui est dédiée!!!
Reliquaire du voile de sainte Aldegonde, réalisée à la demande de Jean de Bourgogne, évêque (kto) de Cambrai, le 16 juin 1469.
source photo n/b
Src info translation relique
http://www.sainte-aldegonde.com/page-20671-tresor-sainte-aldegonde.html
Deux célèbres fausses reliques attribuées à sainte Aldegonde :
Crosse-reliquaire de sainte Aldegonde, église Saints Pierre & Paul, Maubeuge, vers 1200. Laquelle n'est pas de sainte Aldegonde puisque la coutume de la crosse ronde date de la période Ottonienne de l'Occident, pas de la période orthodoxe mérovingienne. La datation du bois de buis qui en est le coeur ne laisse aucun doute. De plus la volute a été réalisée par frère Hugo d'Oignies vers 1320, qui fut l'héritier et le plus célèbre des orfèvres religieux de la vallée mosanne, donc clairement postérieure à la sainte.
source photo
http://www.spectacles-selection.com/archives/expositions/fiche_expo_U/une-renaissance-V/une-renaissance.htm
Chasuble "de saint Vindicien réalisé par sainte Aldegonde", dont la forme est du 14ème siècle.
"La croyance, religieuse et populaire, affirmait que la chasuble aux perroquets, vêtement liturgique faisant partie du trésor de Sainte-Aldegonde, avait été confectionnée par la patronne de Maubeuge elle-même. De nombreux historiens mettaient en doute cette affirmation, au regard du tissage même de l’étoffe, dont la technique est largement postérieure au VIIe siècle.
La science vient de leur donner raison. La Direction régionale des affaires culturelles du Nord-Pas-de-Calais a en effet fait procéder à une datation de la chasuble. La datation au carbone 14 effectuée par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Saclay a établi que le tissu daterait d’une période comprise entre 1230 et 1300. Cela correspond à l’époque de la 7e Croisade et la chasuble pourrait avoir été confectionnée à partir d’un samit, étoffe ancienne orientale composée d'une chaîne de soie et d'une trame de fil, offert par l’empereur Mongol Mongka au roi de France Louis IX, dit Saint-Louis."
Src
http://www.lasambre.fr/article/18/06/2013/maubeuge--la-chasuble-de-sainte-aldegonde-a-ete-scientifiquement-datee/4336
Source photo & datation
A (re)lire aussi, ce texte de 2007 :
Saintes Aldegonde, Bathilde, Martine & les 3 saints Docteurs
http://stmaterne.blogspot.com/2007/01/saintes-aldegonde-bathilde-martine-les.html
Sancta Aldegondis, ora pro nobis!
12 janvier 2013
10 janvier 2013
Ne prenez pas la vie trop au sérieux [humour]
Life is _really_ that short to be taken too seriously.. - welcome to our monastery :-)
La vie est _vraiment_ trop courte pour être prise tellement au sérieux .. - bienvenue dans notre monastère :-)
source https://www.facebook.com/HyperdoxHerman
La vie est _vraiment_ trop courte pour être prise tellement au sérieux .. - bienvenue dans notre monastère :-)
source https://www.facebook.com/HyperdoxHerman
17 avril 2012
Fête du couvent de la Mère de Dieu "Portaïtissa" à Trazegnies (B) - historique de l'icône et de son protecteur le martyr José Munoz-Cortez
Dans le courant du mois de décembre 1999 est né le premier couvent de moniales orthodoxes de rite oriental en Belgique, le Couvent de la Mère de Dieu "Portaïtissa". Deux moniales venant du Couvent Saint Jean Baptiste à Den Haag (La Haye, Pays-Bas, juridiction du Patriarcat de Moscou), se sont installées dans une maison à Trazegnies, non loin du Château, dans la banlieue nord de Charleroi. Le petit couvent vit des dons, de la vente de chapelets, de la peinture d'icônes.
Couvent de la Protection de la Mère de Dieu, Portaïtissa
supérieure : Mère Lydia
Rue du Caillou 3
6183 TRAZEGNIES
Tél. 071.46.28.46
http://www.orthodoxia.be/FRkerk/Juridictions/4%20Archiepiskopia/Trazegnies.html
Aumônier:
Higoumène Paul (Pellemans)
paroisse de tous les saints ayant illuminé la terre russe
Rue du Tavernier 15
1340 OTTIGNIES (Louvain-la-Neuve)
Tél. 010.41.85.57
L'ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU PORTAÏTISSA (GARDIENNE DE LA PORTE)
A l'origine l'icône ibérienne de la Mère de Dieu (en russe lverskaïa, c'est-à-dire Géorgienne) appartenait à une riche veuve des environs de Nicée.
A partir de 829, la première année du règne de l'empereur Théophile, la possession et la vénération d'icônes furent sévèrement punies. La maison de la veuve fut également inspectée. En donnant de l'argent aux soldats, elle put les convaincre de lui laisser l'icône encore une journée. Elle préférait notamment donner l'icône à la nature qu'aux moqueries des hommes ou à la destruction. Avec son fils Jean elle mit l'icône à la mer, et à sa joie, elle la vit voguer bien droite sur les flots et s'éloigner de la côte. Afin d'échapper à la punition, Jean s'enfuit au Mont Athos où après une vie d'ascèse, il mourut en paix. Au préalable, il avait raconté aux moines ce qui s'était passé avec l'icône, et ils se souvinrent de cette histoire et la racontèrent à leur tour.
De nombreuses années plus tard, le moine Gabriel vivait au monastère d'lveron au Mont Athos. Le 31 mars 999, la Mère de Dieu lui apparut en rêve. Elle promit d'offrir cette icône au monastère, et dit qu'il devait la sortir de l'eau. Quand les moines se rendirent sur la grève, ils virent en effet l'icône toute droite dans l'eau. Ils la ramenèrent respectueusement au monastère, dans le sanctuaire. Le lendemain, l'icône avait disparu. Après avoir longuement cherché, ils la retrouvèrent au-dessus de la porte d'entrée du mur d'enceinte. Elle fut remise dans le sanctuaire, mais elle fut de nouveau retrouvée au-dessus de la porte d'entrée. Après une troisième fois, l'on comprit enfin que la Mère de Dieu le voulait ainsi et une petite chapelle fut construite près de l'entrée pour l'icône qui depuis lors s'appelle la Gardienne de la Porte: Portaïtissa.
Au 17ième siècle, cette icône fut connue en Russie. Le Tsar Alexis et l'archimandrite Nikon du monastère Novospasski (le futur patriarche Nikon) demandèrent à l'higoumène du monastère d'lviron en visite à Moscou, une copie peinte. Celle-ci fut solennellement reçue à Moscou le 13 octobre 1648, et placée dans la chapelle de la porte Voskressenki (Résurrection). Depuis, la fête de l'icône est célébrée le 13 octobre, le 12 février et le mardi de Pâques.
Avec la bénédiction de l'archevêque Simon de Bruxelles et de Belgique, les moniales du couvent orthodoxe de Trazegnies se sont placées sous la protection de l'icône de la Mère de Dieu Portaïtissa.
in : "Les Starets russes du monastère d'Optina" n°1", Noël 2002, page 46, édité par le couvent
http://www.johnsanidopoulos.com/2011/04/appearance-of-iveron-portaitissa-icon.html
Photo prise en 1927 ou 1928 par Ali Sami Bei
Cette icône était la propriété d'une pieuse veuve qui vivait dans la région de Nicée, en Asie Mineure, à l'époque de l'empereur iconoclaste Theophilus (829-842). Lorsque les troupes de l'empereur arrivèrent pour chercher et détruire toute sainte icône, la pieuse veuve jeta l'icône miraculeuse de la Theotokos à la mer. C'est alors qu'elle observa un étrange phénomène. L'icône se redressa perpendiculairement à l'eau et dans cette position, avança vers l'ouest à travers les vagues.
Le temps passant, l'icône arriva face au monastère d'Iviron sur le Mont Athos. Un saint ermite nommé Gabriel la tira hors de l'eau, et la donna aux moines. Ils construisirent une petite église pour l'icône près de la porte du monastère, et y placèrent l'icône. Dès ce moment-là, elle reçu le nom de Portaïtissa.
Depuis lors, la très sainte Mère de Dieu a accompli nombre de miracles à travers sa sainte icône. Elle a guérit certains possédés par des démons, guéri des muets, et rendu la vue à des aveugles. En même temps, elle a protégé le monastère de tout danger, et l'a sauvé d'invasions étrangères. Entre autres bénéficiaires de la Portaïtissa, on trouve une princesse russe, la fille du tsar Alexei Michailovitch (1651).
L'icône est arrivée sur la sainte Montagne le Mardi Radieux de l'an 1004. Dès lors, le monastère d'Iviron célèbre cette radieuse fête en ce jour-là, à notre époque aussi. La Divine Liturgie est célébrée à l'église près de la mer, où l'eau bénie avait jailli lorsque le moine Gabriel avait retiré l'icône de la mer.
L'Icône Portaïtissa d'Iveron est aussi commémorée le 31 mars.
L'Icône originale au monastère d'Iviron, Mont Athos
La version de Montréal et le martyr José de bienheureuse mémoire
http://en.wikipedia.org/wiki/Panagia_Portaitissa#Montreal_version
Comme de coutume dans l'Eglise Orthodoxe, l'icône est un prototype qui a été bien des fois copié. Nombre de ces copies ont elles-mêmes été célèbres en termes de miracles, et l'une des plus célèbres est l'icône myroblyte de Montréal, Canada. Durant 15 ans (1982-1997), alors que le myron continuait de s'écouler de l'icône, le frère Jose Muñoz-Cortes s'est consacré à en prendre soin, l'accompagnant dans ses innombrables périples entre paroisses partout aux Etats-Unis et Canada, en Amérique du Sud, Australie et Europe. Une nouvelle copie de l'icône myroblite de Montréal a commencé à exsuder du myron à l'église orthodoxe russe d'Hawaï en 2007. Plusieurs jours de fête dans l'année liturgique célèbre certains de ces miracles.
http://orthodoxwiki.org/José_Muñoz-Cortes
José Muñoz-Cortes (1950, Chili - 1997, Grèce) était un Chilien converti au christianisme orthodoxe. Il s'intéressa à la vie monastique et devint le gardien de l'icône miraculeuse myroblite de la Mère de Dieu d'Iveron (dans sa copie appelée Icône de Montréal). Il fut assassiné le 31 octobre 1997 dans sa chambre d'hôtel à Athènes, Grèce.
Frère José est né au Chili dans une pieuse famille catholique-romaine d'origine espagnole. Il avait 12 ans lorsqu'il a rencontré l'archevêque Leonty du Chili, et sous son influence, José a été baptisé 2 ans plus tard dans l'église orthodoxe, avec le consentement de sa mère. Il commença à mener une vie de type monastique, autant que cela était possible dans les circonstances du monde, et ce sans entrer pour autant dans un monastère. Plus tard, lorsqu'il émigrera au Canada, il continuera ce style de vie.
Artiste de talent, il obtint une place d'enseignant de l'art à l'université de Montréal, et commença à étudier l'iconographie.
Au cours de l'été 1982, frère José parti pour le Mont Athos dans le but d'y visiter certains skites et monastères spécialisés dans l'iconographie. Au petit skite de la Nativité du Christ, l'higoumène, l'ancien Clement, accueilli chaleureusement frère José et ses compagnons de voyage et leur offrit la traditionnelle hospitalité athonite. Puis il les emmena voir l'atelier d'iconographie.
Frère José ressenti aussitôt une forte attraction pour une icône de la Mère de Dieu, une copie contemporaine (1981) de l'ancienne et vénérée Icône d'Iveron. C'était une des premières icônes à avoir été peintes dans ce skite, par le p. Chrysostomos en 1981. Fr. José fut déçu d'apprendre qu'elle n'était pas à vendre, mais à sa grande joie, au moment où il quittait le skite, l'higoumène Clément courru après lui et lui remit l'icône, disant qu'il était agréable à la Mère de Dieu de l'accompagner en Amérique du Nord.
De retour à Montréal, frère José commença à lire quotidiennement l'acathiste devant l'icône. Quelques semaines plus tard, le 24 novembre, il se réveilla et senti un fort parfum. La nouvelle icône exsudait du myron, émanant miraculeusement des mains et des étoiles de la Mère de Dieu.
Peu après, cela fut reconnu par l'Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières, et cela reçu bénédiction pour aller de paroisse en monastère pour l'édification des fidèles chrétiens.
Au cours des 15 années qui suivirent, le myron continua à exsuder de la sainte icône. Frère José se consacra à en prendre soin, accompagnant la sainte Icône au cours des innombrables voyages vers des paroisses des Etats-Unis, du Canada, d'Amérique du Sud, d'Australie et d'Europe. En Bulgarie, quelque soixante mille fidèles vinrent dans une église à Sofia pour y vénérer cette icône.
Frère José était aussi très fidèle à accomplir les innombrables demandes de prière qu'il recevait chaque jour, commémorant quotidiennement des milliers de noms, dont plusieurs dizaines de filleuls.
Décès
Fr. José fut torturé et brutallement assassiné par plusieurs individus dans une chambre d'hotel à Athènes, Grèce, la nuit du 31 octobre 1997.
Il avait prévu de rentrer le lendemain au Canada pour célébrer le 15ème anniversaire de l'apparition miraculeuse du myron sur l'icône. L'affaire n'est toujours pas résolue, bien que plusieurs furent suspectés dans ce crime.
L'icône myroblite de Montréal disparu après le meurtre de frère José, et on ne l'a pas revue depuis.
Frère José n'a pas encore été glorifié comme saint par l'Eglise, bien que nombre de miracles ont été rapportés comme ayant eu lieu en son nom, y compris des icônes de frère José qui se sont mises à exsuder du myron.
Un miracle relié à ces événements est la nouvelle icône miraculeuse à Hawaï, copie de l'icône myroblite Iveron de la Mère de Dieu, qui se mit elle-même à exsuder du myron juste avant le 10ème anniversaire du martyre de frère José. L'Icône d'Hawaï est une copie imprimée de l'Icône de Montréal. D'autres copies de l'Icône de Montréal sont devenues myroblites à diverses reprises.
A lire en français (& source de la photo sous le lien):
http://orthodoxologie.blogspot.com/2009/11/12-novembre-2009-frere-joseph-ambroise.html
A lire en anglais :
http://www.stjohndc.org/Russian/munoz/MunozE/e_00_MunozTitle.htm
Hyper Aghia Theotoke, presbebai hyper hymas!
16 mars 2012
Le moine : un mort reconnaissant - grateful dead (hiéromoine Tryphon, EORHF)

Le moine doit être mort à ce monde, car par sa vocation même, il doit en être tiré à part, menant une vie à l'imitation des anges. Qu'on le loue ou qu'on l'offense, un moine doit réagir comme s'il était mort. Il ne doit pas être perturbé par les insultes, ni fier lorsqu'on le félicite. Dans son obédience et son humilité, il trouve de la beauté dans une vie cachée.
Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon
Inscription à :
Articles (Atom)



























