Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 août 2008

Prospérité et épreuves (s. Alfred le Grand)


"Quand il vit dans la prospérité, l'esprit est transporté de joie, et dans la prospérité, l'homme s'oublie lui-même; dans l'épreuve, il est forcé de penser à lui-même, quand bien même il ne le voudrait pas. Dans la prospérité, l'homme détruit très souvent ce qu'il avait réalisé de bien; au milieu des difficultés, il répare souvent les dégâts causés depuis longtemps, alors qu'il vivait sur le chemin du scandale."

saint Alfred le Grand, fondateur de la nation anglaise

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12 août 2008

Révéler Dieu à travers la vie paroissiale (Dynamis)

De: dynamis @ dynamispublications.org
Date: 10 Août 2008 04:43:11 -0500
DYNAMIS, Revealing God in Parish Life, 12 août 2008, 9ème mardi après la Pentecôte
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3293



Évangile selon saint Matthieu 18,18-22;19,1-2, 13-15
(Jésus dit :) "Oui, Je vous le déclare, tout ce que vous aurez lié sur terre sera lié au Ciel, et tout ce que vous aurez délié sur terre sera délié au Ciel.
Et Je vous dis encore en vérité: Si deux d'entre vous sur terre s'accordent pour demander quoi que ce soit, ils l'obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois se réunissent en Mon Nom, Je suis au milieu d'eux."
Alors Pierre s'approcha de Lui: "Seigneur, dit-il, quand mon frère agit mal envers moi, combien de fois vais-je lui pardonner? Jusqu'à 7 fois?" Jésus répondit: "Non pas jusqu'à 7 fois, te dis-Je, mais jusqu'à 70 fois 7 fois."
Après ces discours, Jésus quitta la Galilée pour gagner le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. Une grande foule Le suivit, et Il guérit leurs malades.
Alors, on Lui présenta de petits enfants afin qu'Il leur imposât les mains et priât pour eux. Mais les disciples les rabrouaient. Jésus leur dit: "Laissez ces petits enfants; ne les empêchez pas de venir à Moi; c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume des Cieux." Il leur imposa les mains et continua Sa route.


Le coeur digne – révélation de Dieu par la vie paroissiale, en particulier le verset 19 dans l'Évangile du jour (Mt 18,19): "Et Je vous dis encore en vérité: Si deux d'entre vous sur terre s'accordent pour demander quoi que ce soit, ils l'obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux."
Bien que les versets pour l'Évangile de la Liturgie du jour ne soient pas continus, ils sont unis parce qu'ils concernent les aspects de la vie en Christ qui sont habituellement vécus dans nos communautés paroissiales – la réception aux saints Mystères, la prière, le culte liturgique, le pardon, la guérison, et la participation active des enfants. Chacun de ces éléments de la vie paroissiale reprend hommes et femmes laïcs, le clergé, et par dessus tout, Dieu Lui-même, qui Se révèle activement par et à travers notre vie en réunion. Un Chrétien Orthodoxe digne de coeur cherche Dieu, et cherche à Le révéler à travers tout ce qui se déroule au sein de la communauté paroissiale

Étant habitués au culte liturgique dans une église paroissiale, certains pourraient confondre la Divine Liturgie et les Offices avec "n'importe quelle autre activité" de notre vie communautaire. Dans certaines paroisses, les annonces du bulletin hebdomadaire, distinguent avec beaucoup de sagesse d'un côté tout ce qui est culte liturgique, et de l'autre tout ce qui est "rencontres et activités." Une telle distinction attire l'attention sur le fait que les Offices divins sont uniques. En quoi? Ils sont les principaux moyens et moments que Dieu fixe pour Se révéler parmi nous. Saint Paul le fait remarquer quand il demande : "La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ?" (1 Co 10,16).

Ce miracle de la présence de Dieu dans les Saints Mystères requiert de nos prêtres Orthodoxes qu'ils préservent les saints Dons de la profanation. Les prêtres sont responsables pour protéger le Calice, pour en éloigner ceux qui ne sont pas encore unis au Corps du Christ par le Mystère de l'initiation Chrétienne, et ceux d'entre les membres qui, par leurs péchés, ont rompu la communion avec l'Église, et ne se sont pas encore réconciliés avec Dieu et Son Église. Ce que les prêtres "lient et délient" est lié et délié aux Cieux (Mt 18,18).

De plus, le Seigneur Jésus nous rappelle que lorsque nous prions, notre Père céleste répond à nos demandes. Quoi que nous demandions, si nous nous accordons, cela sera accordé (v. 18,19). Dans le texte original de l'Évangile, le terme "s'accorder" implique un accord obtenu en ayant discuté du problème. Le miracle de la réponse de Dieu à nos prières n'est ni automatique ni garanti. Nous devons tous coopérer et travailler les uns avec les autres afin d'être guidés par le Saint Esprit, et parvenir à un profond accord en nos coeurs. Cependant, que nul d'entre nous ne songe à mal penser et à croire que parce que 2 d'entre nous "se mettraient d'accord," du coup Dieu serait lié par cet accord et obligé de violer Sa volonté sur un point donné. L'accord vient en nous quand notre Seigneur nous dirige, et cela comporte aussi : "Que Ta volonté soit faite" (Mt 6,10). Dieu Se révèle Lui-même quand nous nous accordons les uns les autres dans l'Esprit en prière.

Le pardon est un grand miracle au sein du peuple de Dieu. Puisse cette sainte merveille bénir toutes nos relations "70 fois 7 fois" (Mt 18,22), dévoilant le pardon de Dieu à travers des centaines de réconciliations passées inaperçues. Cela peut aussi avoir lieu officiellement au moment des Vêpres du Pardon, la veille du Grand Carême. Mais que tout pardon commence à travers notre confession en toute période!

Deo gratias, Son miracle de guérison se révèle fréquemment dans la vie paroissiale. Notre Seigneur guérit encore les multitudes qui viennent à Lui (v. 19,2), et Il le fait à travers l'eau bénite et l'huile sainte, en particulier dans les Offices d'Onction des malades, et quand nous communions aux saints Dons, et par nos constantes intercessions.

Dieu Se révèle Lui-même visiblement à travers nos enfants dans la vie paroissiale. Nous recevons le privilège de voir de petits enfants grandir en Christ, au fur et à mesure qu'ils communient aux Saints Mystères. Priez pour les enfants et les mamans qui viennent pour être reçus dans l'Église. Priez lors des Baptêmes, et pour les écoles du dimanche. Le Christ Se révèle Lui-même miraculeusement à travers les mains terrestres de nos prêtres qui donnent l'onction, bénissent et touchent ainsi nos enfants, à qui "'appartient le Royaume des Cieux" (v. 19,14).

"Que béni soit le Seigneur, Dieu d'Israël,
le seul qui fasse des merveilles!" (Ps 71,18)




A (re)lire : L'Église - un navire sur la Mer de la Vie oui, mais un navire de croisière ou de guerre? (p. Aris Metrakos)

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27 juin 2008

Tiède et Orthodoxe? Les foules évanescentes de la nuit de Pâques - p. Vasile Tudora



("The Vanishing Pascha Night Multitudes")
http://www.orthodoxytoday.org/articles8/Tudora-The-Vanishing-Pascha-Night-Multitudes.php


Il est toujours très enthousiasmant de voir les foules remplissant l'église durant les splendides Offices de la Semaine Sainte et de Pâques. A cette époque-là, la plupart des églises semblent trop petites pour accueillir tous ces gens voulant recevoir la bénédiction de Dieu. Cependant, une question surgit tout naturellement : mais où donc ces gens sont-ils pendant le restant de l'année?

Aussi gênante puisse-t'elle être pour certains, je pense que cette question est légitime, car en tant que membres responsables de nos communautés, nous avons besoin de comprendre les raisons qui font que des gens qui sont Chrétiens, et même Chrétiens grecs-orthodoxes, de participer plus souvent à l'église.

Si il nous fallait demander à n'importe lequel des participants enthousiastes au début de l'Office de Pâques s'il croit en Christ, tous répondraient sans hésitation : oui, nous croyons! Mais si nous approfondissons la question, et demandons aussi pourquoi ils ne viennent pas plus à l'église, nombreux répondrons : "j'ai le Christ dans mon coeur et je n'ai pas besoin de venir à l'église pour être Chrétien."

Ces gens sont techniquement Chrétiens, ils sont baptisés et portent le nom de certains de nos plus grands saints; mais sans réaliser qu'ils ne vivent en fait pas leur Foi. Ils sont satisfaits avec une Foi théorique, avec une Foi qui est mentalement admise, mais n'est pas exprimée de manière concrète, sous la moindre de ces formes telles que venir à l'église ou participer à la diaconie.

Les racines de ce syndrome se trouvent dans une grosse mécompréhension de ce qu'est la Foi Chrétienne. Pour beaucoup, la Foi est réduite à reconnaître intellectuellement l'existence de Dieu, et, parvenu à ce stage, ils croient qu'ils connaissent vraiment Dieu. Ils vivent avec l'idée que le Christianisme est une sorte de philosophie, ou un concept théorique qui, une fois compris, nous pouvons nous contenter de le laisser de côté, et peut-être y revenir une ou deux fois par an, par amour pour nos grands-mères. Dans leur perspective, Dieu peut être n'importe quoi : un être suprême générique, une énergie, un champs de force, ça n'a pas vraiment d'importance puisque c'est de toute manière si distant.

Mais il n'y a rien de plus faux que tout cela. Le Christianisme n'est pas une philosophie stérile s'intéressant à la vie, mais l'accomplissement même du potentiel maximal de la vie. Le Christianisme est vécu, pas seulement admis. Notre Dieu n'est pas un concept ou une obscure énergie païenne, mais c'est un Dieu personnel, par dessus tout.

Dieu est une Trinité de Personnes: Père, Fils et Saint-Esprit. Ces 3 Personnes sont liées l'une à l'autre, et s'aiment les uns les autres dans la plus parfaite des harmonies que l'on pourrait imaginer. Comme humains, nous sommes appelés à participer à cette relation, à prendre part à l'amour de la Trinité, et à l'adopter comme modèle pour nos propres vies. Nous sommes dès lors appelés à participer activement à la vie, et à nous rapporter à Dieu et aux autres, et non pas simplement conceptualiser passivement un code bien sec de lois qui nous serait imposé du dehors.

Jésus-Christ est la plus grande illustration de ce fait, parce qu'Il est Celui Qui, dans Son grand amour pour l'humanité, S'est vidé de Lui-même, de Sa gloire céleste, et est devenu l'un d'entre nous, s'incarnant et vivant dans le monde. Il est venu ici bas, à notre niveau, pour vivre comme nous, de sorte que nous puissions développer une véritable relation avec Lui, de sorte que nous puissions L'appeler notre Ami et notre Frère.

Il n'a pas voulu rester au Ciel, contemplant implacablement le sort prédestiné de l'humanité; Il a voulu nous offrir l'opportunité de Le connaître, de Le comprendre, et pour finir, de L'aimer en retour. Il a marché sur terre pour être avec nous, et sera pour toujours avec nous. Il a fondé l'Église qui garde Ses Mystères, les Sacrements, qui nous garde proches de Lui et du Père par l'Esprit Saint.

C'est ainsi que Dieu S'est Lui-même rendu facilement accessible pour nous. Une chose nous est cependant laissée à accomplir : simplement venir et Le rencontrer. Si nous choisissons de rester à la maison toute l'année durant, comment parviendrions-nous à développer une véritable relation avec le Christ? Saurions-nous devenir amis avec quelqu'un que nous ne voyons qu'une fois par an, à Pâques, avec tant de gens tout autour? Au mieux, nous pourrions en être au courant qu'Il est là, mais nous sommes alors très loin d'être Sa famille. Nous avons besoin de beaucoup plus d'occasions de rencontre avant de parvenir à cette étape.

Si nous voulons que le Christ soit notre ami, nous avons besoin de Lui rendre régulièrement visite, Lui offrant ce que nous avons de mieux, à savoir nos vies, car Il a déjà fait la même chose pour nous : Il a donné Sa vie afin que nous puissions vivre à jamais.

Christos Anesti! Le Christ est Ressuscité!

Vasile Tudora est le prêtre de l'église orthodoxe grecque St. John the Baptist à Euless, Texas.
http://stjohndfw.info/
Posted: 16-Jun-08

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18 juin 2008

Prière du matin des startsis d'Optina

Seigneur accorde-moi de recevoir dans la tranquillité du coeur tout ce que m'apportera cette journée qui commence. Accorde-moi de me livrer entièrement à Ta sainte volonté. A chaque instant de ce jour, instruis-moi en tout et soutiens-moi. Quelles que soient les nouvelles que je reçoive dans le courant de cette journée, apprends-moi à les recevoir avec un coeur paisible, et la ferme conviction qu'elles sont l'expression de Ta sainte volonté. Sois le guide de mes pensées et de mes sentiments dans toutes mes actions et dans toutes mes paroles. Dans toutes circonstances imprévisibles, aide-moi à ne pas oublier que tout m'est envoyé de Toi. Apprends-moi à me comporter d'une manière juste et raisonnable avec chaque membre de ma famille (de mon entourage), sans troubler ni peiner personne.

Seigneur, donne-moi la force de résister à toute fatigue, et à tous les évènements durant cette journée. Guide ma volonté et apprends-moi à prier, à espérer, à croire, à aimer, à supporter et à pardonner. Amen
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ΠΡΟΣΕΥΧΗ ΤΩΝ ΠΑΤΕΡΩΝ ΤΗΣ ΟΠΤΙΝΑ
ΚΥΡΙΕ, βοήθησε με να αντιμετωπίσω με ψυχική γαλήνη όλα όσα θα μου φέρει η σημερινή ήμερα.
Βοήθησέ με να παραδοθώ ολοκληρωτικά στο άγιο θέλημα Σου.
Στην κάθε ώρα αυτής της ημέρας φώτιζε με και δυνάμωνε με για το κάθε τι.
Όποιες ειδήσεις κι αν λάβω στο διάστημα της σημερινής ημέρας,
δίδαξε με να τις δεχθώ με ηρεμία και με την πεποίθησι ότι προέρχονται από το άγιο θέλημα Σου.

Καθοδήγησε τις σκέψεις και τα συναισθήματα μου σε όλα τα έργα μου και τα λόγια μου.
Σ' όλες τις απρόοπτες περιστάσεις μη με αφήσεις να ξεχάσω, ότι τα πάντα προέρχονται από Σένα.

Δίδαξε με να συμπεριφέρομαι σε κάθε μέλος της οικογενείας μου με ευθύτητα και σύνεση,
ώστε να μην συγχύσω και στενοχωρήσω κανένα.

ΚΥΡΙΕ, δος μου την δύναμη να υποφέρω τον κόπο και όλα τα γεγονότα της ημέρας αυτής καθ' όλη την διάρκεια της.
Καθοδήγησε την θέλησή μου και δίδαξε με να προσεύχομαι, να πιστεύω, να υπομένω, να συγχωρώ και να αγαπώ.
ΑΜΗΝ.



Sur le site de Claude, vous trouverez quantité d'articles, de paroles et de prières sur les saints d'Optina
http://orthodoxie.sosblog.fr/


The Prayer of the Optina Elders

Grant to me, my Lord, that with peace of mind I may face all that this new day is to bring.

Grant me grace to surrender myself completely to Your holy will. For every hour of this day instruct and prepare me in all things.

Whatsoever tidings I may receive during the day, do You teach me to accept tranquilly, in the firm conviction that all eventualities fulfill Your holy will.

Govern my thoughts and feelings in all I do and say. When things unforeseen occur, let me not forget that all comes down from You.

Teach me to behave sincerely and reasonably toward every member of my family, that I may bring confusion and sorrow to none.

Bestow on me, my Lord, strength to endure the fatigue of the day and to bear my part in all its passing events.

Guide my will and teach me to pray, to believe, to hope, to suffer, to forgive and to love. Amen



Молитва Оптинских Старцев


Господи, дай мне с душевным спокойствием встретить все, что принесет мне наступающий день.

Дай мне всецело предаться воле Твоей Святой.

Во всякий час сего дня во всем наставь и поддержи меня.

Какие бы я не получал известия в течение дня, научи меня принять их со спокойной душою и твердым убеждением, что на все Твоя Святая воля.

Во всех словах и делах моих - руководи моими мыслями и чувствами.

Во всех непредвиденных случаях не дай мне забыть, что все ниспослано Тобою.

Научи меня прямо и разумно действовать с каждым членом семьи моей, никого не смущая и не огорчая.

Господи, дай мне силу перенести утомление наступающего дня и всех событий его.

Руководи моею волею и научи меня молиться, верить, надеяться, терпеть, прощать и любить. Аминь.

(merci au fwd du p. Serge)


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25 avril 2008

Tout Chrétien qui croit... (La Croix et la guérison, Ephrem l'Athonite)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/04/22/every-christian-who-believes/



Golgotha
Mikhail Nesterov (1899)


"De même que Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi le Fils de l'Homme doit-Il est élevé" (Jn 3,14). Et exactement comme tous ceux qui avaient été mordus par les serpents regardaient vers le serpent d'airain qui était suspendu et s'en trouvaient guéris, ainsi tout Chrétien qui croit en notre Christ et a recours à Ses blessures vivifiantes, qui mange Sa Chair et boit Son saint Sang, est guéri des morsures du serpent spirituel du péché, et par cette très sainte nourriture, est amené à vivre dans le renouvellement d'une nouvelle Création, à savoir la vie en harmonie avec Ses vivifiants Commandements.

Ancien Ephrem l'Athonite
Ancien Ephrem l'Athonite, du monastère de Philotheou

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24 avril 2008

Grand et saint Jeudi: Lavement des pieds (p. Sergei Boulgakov, 1900)


http://www.transfigcathedral.org/faith/Bulgakov/index.shtml


Le Jeudi Saint, dans les cathédrales, après la Prière devant l'Ambon, l'évêque accomplit le rite du lavement des pieds de 12 desservants d'église choisis (1). L'évêque, sans crosse et sans être soutenu, sort par les Portes Royales et va vers le lieu de vestiture. Devant lui, un diacre pour l'Évangéliaire et 2 autres diacres portent une cruche et une bassine. Le diacre place l'Évangéliaire sur l'analogion. Pendant ce temps, les prêtres récitent lentement les versets du Psaume 50. S'approchant du lieu de vestiture, l'évêque s'assied sur la chaise préparée pour lui, mais pas sur la cathèdre, qui représente le siège royal. Après avoir reçu la bénédiction du hiérarque, les protodiacres guident graduellement 2 par 2 des archimandrites ou des prêtres, représentant les disciples du Seigneur ce soir-là, hors du sanctuaire. A ce moment-là, le choeur chante la 5ème Ode du Canon du Jeudi Saint et la stichère Idiomela (Samoglasen) dans laquelle le lavement des pieds par le Seigneur est évoquée. Les archimandrites ou les prêtres, s'approchant du lieu de vestiture, se courbent devant l'évêque et s'asseyent. Lorsque le nombre des 12 disciples est atteint, le diacre entonne la litanie:
"En paix prions le Seigneur," au cours de laquelle il demande : "Que ce lavement soit béni et sanctifié par la puissance, l'action et la descente de"; "qu'il soit pour la purification de la souillure de nos iniquités." Durant cette litanie, l'évêque et les prêtres restent assis, de même que les disciples l'étaient pour le souper. Après l'exclamation hiérarchique de la litanie "Car Toi Tu es notre purification," l'évêque seul se relève (mais les prêtres restent assis), et lit à haute voix cette prière : "Ô Dieu tout bon," dans laquelle il prie afin que le Seigneur nous trouve dignes d'êtres lavés de la souillure corporelle et des impuretés spirituelles en étant touchés par cette eau, afin d'être renforcés contre le rusé serpent qui veille à notre talon, et qu'étant purifiés, nous puissions servir Dieu d'une manière convenable. Après cela, l'évêque, ayant donné la bénédiction "paix à tous," lit silencieusement la prière : "Ô Seigneur notre Dieu, Qui nous a montré la mesure de l'humilité," dans laquelle il prie afin que le Seigneur nous accorde la grâce pour nous servir les uns les autres, nous élève dans la divine humilité, et nous préserve de toute souillure. Après la prière, l'évêque se rassied sur le siège. Le protodiacre, après avoir reçu la bénédiction de l'évêque, dit : "Et afin qu'Il nous accorde de pouvoir entendre le saint Évangile," et après la préparation coutumière pour la proclamation des Évangiles, il lit l'Évangile. Durant la lecture de l'Évangile, l'évêque et les prêtres restent assis. Lorsque le diacre s'exclame par 3 fois : "Jésus Se leva de table," l'évêque se lève. Et quand le diacre lit : "et Il déposa Ses vêtements," l'évêque enlève sa mitre et la remet au diacre, puis sans aide extérieure, il enlève de lui-même son encolpion, sa croix, son omophore, son sakkos (dalmatique) et palitsa, et les pose sur le siège. L'évêque ne retire pas ses vêtements sacerdotaux : ceinture, poignées, epitrachelion et sticharion (podriznik). Et après avoir prit la mitre du diacre, il s'en revêt. Pendant le Lavement des pieds, les archimandrites et prêtres portent aussi leurs mitres ou kamilavkas. Ensuite l'évêque prend le drap de mousseline ou de lin, s'attache un bout et l'autre pend sur ses pieds. Pendant tout ce temps, le protodiacre répète ces paroles : "et Il déposa Ses vêtements." Ensuite le protodiacre lit : "Et prenant un linge, Il s'en ceignit" (Jn 13,4), et l'évêque se ceint lui-même d'un essuie, le projetant de sa main gauche par dessus son épaule droite, et le bout de l'essuie restant dans sa main gauche. Pendant que le diacre lit les paroles : "Puis, versant de l'eau dans le bassin," l'évêque verse de l'eau de la cruche dans la bassine. Le diacre répète ces paroles à 3 reprises, et l'évêque verse à 3 reprises de l'eau, en traçant une croix avec l'eau qui coule, disant silencieusement : "Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit."
Lorsque le diacre lit : "Et Il commença à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec l'essuie dont Il S'était ceint," alors l'évêque accomplit cette action, commençant depuis sa place vers le côté gauche, pour atteindre ceux assis près des Portes Royales; ensuite il va vers la droite de ceux assis près des Portes Royales, jusqu'à ce qu'il parvienne à celui qui doit représenter Simon-Pierre (2). Lavant à 3 reprises les pieds de chacun, l'évêque verse à 3 reprise de l'eau sur leur pieds dans la bassine. Pendant ce temps, le diacre répète les paroles : "Puis, versant de l'eau dans le bassin." Deux diacres portent le bassin devant l'évêque. L'évêque met un genoux à terre pour laver les pieds. Il verse l'eau sur chaque pied à 3 reprises puis les essuie avec l'essuie. Celui dont l'évêque lave les pieds embrasse l'évêque sur la mitre et sur la main. L'évêque lui embrasse la main.
Quand le diacre dit : "Puis Il parvint à Simon-Pierre, et Pierre Lui dit," le premier archimandrite se lève et dit "Seigneur, Toi, me laver les pieds?" L'évêque répond "Ce que Je fais, tu ne le comprends pas, mais tu le comprendra plus tard." L'archimandrite dit "Jamais Tu ne me lavera les pieds." L'évêque dit "Si Je ne te lave pas, tu n'auras pas de part au Royaume avec Moi." L'archimandrite dit : "Seigneur, alors pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête." Tendant sa tête et ses mains, l'archimandrite s'assied. L'évêque dit : "Celui qui est lavé n'a pas besoin d'être lavé, sinon ses pieds: car il est purifié, et tu es purifié, mais vous ne l'êtes pas tous," et il lave les pieds de l'archimandrite.
Ensuite l'évêque monte sur son siège et enlève l'essuie et le drap de lin. Le diacre lit l'Évangile jusqu'aux paroles : "Car Il connaissait celui qui allait Le trahir." Après la lecture de l'Évangile, le choeur chante : "Gloire à Toi, Ô Seigneur, gloire à Toi." Ensuite, le diacre dit à nouveau : "Sagesse, soyons attentifs afin d'entendre le saint Évangile," et après la préparation coutumière, il commence la lecture de l'Évangile de Jean : "Alors, quand Jésus eut lavé les pieds des disciples, et eut remis Ses vêtements." Pendant ce temps, l'évêque se revêt à nouveau.
Après qu'il se soit revêtu, le diacre dit : "Et Il Se rassis," et l'évêque s'assied, mais tous les prêtres se lèvent, et l'évêque, assis, achève la lecture de l'Évangile qui expose la raison du lavement des pieds : "Car Je vous ai donné un exemple afin que vous agissiez comme J'ai agit avec vous." Après cela, l'évêque se relève, et à voix haute dit la prière suivante : "Ô Seigneur notre Dieu, Qui selon Tes innombrables miséricordes, T'es abaissé Toi-même," dans laquelle il prie pour que le Seigneur ait lavé toute souillure et impureté de nos âmes, afin que nous, "ayant été purifiés de la boue des transgressions qui nous étouffait, nous étant mutuellement essuyés avec l'essuie de l'amour, nous puissions être à même d'être agréables à Dieu tous les jours de notre vie, et trouver grâce devant Lui. Ensuite l'évêque entre dans le sanctuaire, et achève la Liturgie comme prévu habituellement (voir Grand Euchologue et Archikiératikon / Pontifical).



1) La pieuse coutume du lavement des pieds existait chez les Juifs depuis les temps immémoriaux, et elle a toujours servit de signe de respect particulièrement marqué envers celui à qui il était pratiqué. C'est ainsi, par exemple, qu'Abraham, ayant rencontré les 3 mystérieux voyageurs sous le Chêne de Mambre, les invita à sa tente : "que de l'eau soit amenée, afin que vous puissiez laver vos pieds" (Gn 18,4). De la même manière, Laban honora les envoyés d'Abraham, et Joseph ses frères en Égypte. Il est aussi bien connu, par exemple, qu'il est écrit dans l'Évangile à propos de la pécheresse qu'elle "lava avec ses larmes les pieds de Jésus-Christ est les essuya avec ses cheveux" (Lc 7,44). Le Sauveur, "avec humilité, nous admonestant plutôt," sanctifia cette coutume, et la sainte Église, depuis les temps anciens, a officialisé le Rite du Lavement des Pieds, pour exposer à nos regards la grande condescendance du Sauveur, et, dans une prédication plus générale, le caractère altier de l'humilité Chrétienne.
2) Selon le Archikiératikon (Sluzhebnik, pontifical) imprimé à Novgorod au 17ème siècle, la dernière place à partir des Portes Royales était occupée par celui qui représentait Judas Iscariote, mais le premier assis à la gauche de l'évêque représentait l'Apôtre Pierre. Le lavement des pieds commençait par la présentation de Judas. Selon le typikon (ustav, ordo) de la cathédrale de la Dormition à Moscou, édition 17ème siècle, "la place de Judas Iscariote était la plus proche des Portes Royales, directement dans la ligne de vue du patriarche." Habituellement, quelqu'un parmi les prêtres du chapitre cathédral prenait "la place de Judas," et il recevait toujours un paiement de 16 altins (pièce de 3 kopecks) pour cela. Mais en 1656, le sous-diacre patriarcal Piotr Fedorov s'assis "à la place de Judas" et reçut le même paiement. Parfois (p.ex. En 1682, durant le règne du patriarche Joachim), nul ne fut choisit pour tenir la place de Judas, de sorte qu'elle resta vacante.
S. V. Bulgakov, Manuel pour serviteurs de l'Église, 2ème éd., 1274 pp. (Kharkov, 1900) pp. 539-540
Translated by Archpriest Eugene D. Tarris ©February 28, 2006. All rights reserved.


Dernière Cène
Catacombes de Rome

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10 avril 2008

La prière, par saint Ambroise d'Optina (& prière du matin des Startsy d'Optina)

saint Ambroise d'Optina, staretz


"Là où règne la simplicité, il y a des centaines d'Anges, mais là où règne la ruse, il n'y en a aucun".

"Ne vous moquez pas des pois pensant être meilleurs que des fèves, quand vous serez trempés - vous aussi vous éclaterez".

"Par quoi une personne devient-elle mauvaise? - En oubliant qu'il y a un Dieu au-dessus d'elle".

"Ceux qui pensent qu'ils n'ont rien, perdront tout."
p. Amvrosy


Saint Ambroise est fêté le 10 octobre, et aura sa "Vita" (déjà traduite en 2004) republiée ici (cette fois avec le moins possible de fautes de frappe et de "flamandismes" ;-)

Tropaire de saint Ambroise d'Optina ton 5
Nous courrons à toi O Ambroise, notre père, comme vers la source de guérison.
Car tu nous instruisis vraiment pour le chemin du Salut,
Nous préservant par la prière des malheurs et calamités,
Nous consolant dans les peines du corps et de l'âme,
Nous enseignant par dessus tout par ton humilité, patience et amour.
Prie le Christ, l'Ami des hommes, toi notre fervent intercesseur, afin que nous soyons sauvés.


icone orthodoxe russe de saint Ambroise d'Optina, staretz



PRIÈRE DU MATIN DES STARETS D'OPTINA

Seigneur accorde-moi de recevoir dans la tranquillité du coeur tout ce que m'apportera cette journée qui commence. Accorde-moi de me livrer entièrement à Ta sainte volonté. A chaque instant de ce jour, instruis-moi en tout et soutiens-moi. Quelles que soient les nouvelles que je reçoive dans le courant de cette journée, apprends-moi à les recevoir avec un coeur paisible, et la ferme conviction qu'elles sont l'expression de Ta sainte volonté. Sois le guide de mes pensées et de mes sentiments dans toutes mes actions et dans toutes mes paroles. Dans toutes circonstances imprévisibles, aide-moi à ne pas oublier que tout m'est envoyé de Toi. Apprends-moi à me comporter d'une manière juste et raisonnable avec chaque membre de ma famille (et de mon entourage), sans troubler ni peiner personne.

Seigneur, donne-moi la force de résister à toute fatigue, et à tous les événements durant cette journée. Guide ma volonté et apprends-moi à prier, à espérer, à croire, à aimer, à supporter et à pardonner. Amen.


icone orthodoxe russe des staretz d'Optina Pustin
Icône du p. Kyprian, Holy Trinity monastery, Jordanville
source


Au cours du XIXe siècle, le monastère d'Optyno ou Optina (au sud-ouest de Moscou) fut un grand centre de rénovation spirituelle en Russie, célèbre pour sa lignée de grands startsy. Par leur prière ascétique, leurs dons de paternité spirituelle, sans parler de leurs travaux sur les Pères de l'Eglise, ils attirèrent des foules de pèlerins, depuis les humbles hommes du peuple jusqu'à des politiciens de haut rang et des hommes de lettres célèbres. Après la révolution, les bâtiments furent rasés, les moines dispersés. Ces starets sont parfois considérés comme des gardiens spirituels du peuple russe qui venait en foule rechercher auprès d'eux la guérison de l'âme et du corps. Le starets le plus connu est Saint Ambroise, canonisé en 1988 par l'Eglise Orthodoxe Russe. Sa personnalité est immortalisée sous le visage du "Starets Zosime" dans les Frères Karamazov de Dostoïevski. Dans leur prière, simple et spontanée, les starets d'Optyno nous enseignent à entrer courageusement dans la grisaille de la vie quotidienne, à y faire rayonner, dans l'espérance et l'amour, la grâce divine. Le monastère a été rendu au culte au 1988, des moines de plus en plus nombreux renouent avec la tradition et travaillent activement à la restauration du monastère.
(prière & biographie d'Optina tirée d'un ancien livret du hiéromoine Paul (Pellemans), monastère de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Belgique)


A propos de la prière (p. Ambroise)
http://www.orthodoxphotos.com/readings/ambrose/prayer.shtml
Afin que les gens ne restent pas insouciants et placent tous leurs espoirs sur des prières étrangères d'aide, le starets avait pour coutume de répéter un vieux dicton russe : "Que Dieu m'aide, mais quant à toi, paysan, ne reste pas à paresser."

Une moniale dit : "Batouchka! Par qui demanderions-nous une aide priante, si ce n'est par toi? Le staretz répondit : "Demande-la toi-même! Souviens-toi, lorsque les 12 Apôtres supplièrent notre Sauveur pour la femme Cananéenne, Il ne les écouta pas. Mais quand elle commença elle-même à supplier, elle fut exaucée."

Parce que la prière est la plus puissante arme qui soit contre l'ennemi invisible, il essaye de diverses manières d'en détourner les gens. Le staretz rapportait l'histoire suivante : "Un moine du Mont Athos avait un étourneau [ndt: un mainate?] qu'il aimait beaucoup et qui parlait. Mais voici ce qu'il y avait d'étrange – à peine le moine commençait-il à accomplir sa règle de prière que l'oiseau commençait à parler, sans cesse, ne permettant pas au moine de prier. Une fois, le radieux et saint Jour de la Résurrection du Christ, le moine vint près de la cage et dit : "Oiseau, le Christ est ressuscité!" Et l'oiseau répondit : "C'est bien notre malheur, qu'Il ait fait cela," et aussitôt il mourut, remplissant la cellule d'une insoutenable puanteur. A l'instant, le moine réalisa son erreur et s'en repentit.

Le starets dit que la chose la plus importante que regarde Dieu, c'est la disposition intérieur de l'âme d'une personne: "Un jour, abba Antoine était en visite chez un homme qui avait les jambes malades et qui lui dit : "Batouchka, mes jambes me font souffrir et je suis tellement éprouvé que je n'arrive pas à me courber jusqu'au sol." Le p. Antoine répondit : "Hé bien, il est dit dans l'Écriture : "Fils, donne-moi ton coeur" – il n'est pas dit "tes jambes."

Une vieille moniale raconta au staretz qu'elle avait vu l'Icône de la Mère de Dieu et l'avait entendue dire : "Qu'a-tu apporté comme offrande?" Elle répondit : "Qu'apporterais-je, je ne possède rien." Alors batouchka lui dit : "Il est écrit dans les Psaumes : "Quiconque offre la louange Me glorifie."


saint Ambroise d'Optina aux éditions de l'abbaye de Bellefontaine :
http://pagesperso-orange.fr/abbaye.bellefontaine/so/so34.htm
J.-B. Dunlop, "Le Starets Ambroise D'optino"
Ambroise (1812-1881) est le dernier et le plus célèbre des startsy d’Optino, ce haut-lieu spirituel russe du XIXe siècle. On a pu dire qu’en lui le startchestvo trouva son apogée. Nombreux furent ceux qui s’adressèrent à lui, de tous les horizons spirituels : foules qui quêtaient ses paroles, gens dans la peine, chercheurs de Dieu, incroyants, maîtres de la pensée russe tels Dostoïevsky, Tolstoï…
1982, 183 pages, ISBN 2-85589-034-9 - OC




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09 avril 2008

Explication du Grand Canon de Saint André de Crête (archiprêtre Victor Potapov)

patriarche de Moscou Alexis II lisant le Grand Canon de saint Andre de Crete
Фото - Ю. Клиценко, "Седмица. Ru"


icone orthodoxe russe de saint Andre de Crete


Le Grand Canon de saint André de Crète
http://www.stjohndc.org/Russian/feasts/fasts/grlent/e_canon_andcrete.htm


"Pitié pour moi, ô Seigneur, pitié pour moi"

La première semaine du Grand Carême est appelée depuis les temps anciens "l'aube de l'abstinence," ou "la semaine de purification." Pendant cette semaine-là, l'Église encourage ses enfants à sortir de cet état de péché dans lequel toute l'humanité a sombré parce que nos ancêtres ne se sont pas abstenus, parce qu'ils ont perdu les bénédictions du Ciel, cet état de péché que chacun d'entre nous accroît par ses propres péchés. Elle les persuade doucement d'y parvenir par le biais de la Foi, la prière, l'humilité et le jeûne, des choses qui sont agréables à Dieu. C'est un temps de repentance, dit l'Église. "Voici le jour du Salut, l'entrée dans le Grand Carême. O mon âme, soit attentive, ferme les portes par lesquelles entrent les passions, et regarde vers le Seigneur" (de la première ode du canon du triode, lors des Matines du lundi de la première semaine du Grand Carême).

L'église de l'Ancien Testament tenait pour particulièrement sacrés les premier et derniers jours de nombreuses grandes fêtes. De même, selon la coutume, les Chrétiens Orthodoxes, préparés et inspirés par les maternelles instructions offertes par leur Église depuis l'antiquité, observent les premières et dernières semaines du Grand Carême de manière particulièrement stricte et assidue.

Les Offices de la première semaine sont particulièrement longs, et l'effort (podvig) de l'abstinence physique au cours de cette semaine est considérablement plus rigoureux que pendant les jours suivants du Grand Carême. Au cours des 4 premiers jours du Grand Carême, la Grande Complie est célébrée, avec la lecture du Grand Canon pénitentiel de saint André de Crète, qui, pour
ainsi dire, donne le ton qui résonnera tout au long du Grand Carême. Durant la première semaine du Grand Carême, le Canon est divisé en 4 parties, et chacune est chantée lors de chacune de ces Complies. Le jeudi de la 5ème semaine du Grand Carême (en fait, le mercredi soir), notre attention est à nouveau attirée sur la merveilleuse composition de saint André, et cette fois dans son entièreté, de sorte que la conclusion du Grand Carême étant en vue, nous ne devenions pas nonchalants, inattentifs et négligents, de sorte que nous ne cessions pas de prendre garde à nous et arrêtions de veiller strictement sur nous mêmes en tout.

Le refrain "Pitié pour moi, ô Seigneur, pitié pour moi" accompagne chaque verset du Grand Canon. Plusieurs tropaires y sont aussi incorporés, certains en l'honneur du compositeur du Canon, saint André, et d'autres à sainte Marie l'Égyptienne. L'Église de Jérusalem mit cette pratique en application du vivant de saint André. Lorsqu'en l'an 680, saint André fit le voyage de Constantinople pour participer au 6ème Concile Oecuménique, il amena avec lui et rendit public à la fois sa grande composition et la vie de sainte Marie l'Égyptienne, écrite par son compatriote et maître, saint Sophrone, patriarche de Jérusalem. La Vie de sainte Marie l'Égyptienne est lue avec le Grand Canon aux Matines du mercredi de la 5ème semaine du Grand Carême.

Le Grand Canon est plus extraordinaire que tout autre texte liturgique rencontré durant le Grand Carême. C'est une merveille d'hymnographie liturgique, avec des textes d'une incroyable puissance et d'une beauté poétique. L'Église décida de l'appeler Grand Canon non pas tant à cause de sa longueur (250 tropaires ou versets) que pour la qualité et la force de son contenu. Saint André, archevêque de Crète, qui composa ce Canon au 7ème siècle, composa aussi nombre d'autres Canons utilisés par l'Église pendant le cycle de l'année liturgique.

Le Grand Canon consiste en une conversation entre le pénitent et sa propre âme. La conversation commence :"

"Par où commencerai-je, * quand je dois pleurer toutes les oeuvres de ma vie, * par quel exorde faut-il chanter mon deuil? * Dans ta bonté, ô Christ, accorde-moi * le pardon de mes péchés" – par quoi vais-je commencer à me repentir, car c'est si difficile?

Suit un merveilleux verset :

"Allons, mon âme, entraîne ton corps * à glorifier le Créateur; * et désormais retrouve ta raison * pour offrir à Dieu * tes larmes de repentir."

Les paroles sont fortes, contenant à la fois de l'anthropologie et de l'ascèse Chrétienne: notre chair, une partie inséparable de notre nature humaine et de notre être, doit aussi participer à notre repentance.

L'apogée de cette conversation avec l'âme, son incessant et constant appel à la repentance, vient dans le kondakion chanté après la 6ème ode du Canon:

"Réveille-toi, pourquoi dormir, ô mon âme, * pourquoi dormir ainsi? * Car voici, la fin s'approche, * et tu rendras compte au Jugement. * Veille donc, ô mon âme, * pour que t'épargne le Christ Dieu, * Lui qui est partout, * dans tout l'univers, qu'Il comble de Sa présence."

Le grand luminaire de l'Église adresse ces paroles à lui-même, à celui qui pourrait être décrit par les paroles qu'il utilisa pour décrire sainte Marie l'Égyptienne, qui était vraiment tel "un Ange dans la chair." Et cependant, il s'adressa ces mots, reprochant à son âme d'être endormie. Si lui, il arrivait à se voir ainsi, que ne faut-il pas penser de nous-mêmes?! Plongés que nous sommes non seulement dans un sommeil spirituel dont nous ne parvenons pas à nous réveiller, mais aussi dans une sorte de nécrose.

Lorsque nous prêtons attention aux paroles du Canon de saint André de Crète, nous avons à nous demander à nous-mêmes : que dois-je faire? Si l'on veut pouvoir accomplir la Loi de Dieu, comme il convient, le contenu de notre vie devrait se dérouler différemment. C'est pour cette raison que l'Église nous offre ce profond Canon Pénitentiel du Grand Carême, si vibrant de sentiment et de conviction, de sorte que nous puissions regarder plus profondément en nos âmes et voir ce qui s'y trouve. Et cependant, l'âme continue à dormir; c'est en cela que se trouvent notre douleur et notre infortune.

Dans la merveilleuse prière de saint Ephrem le Syrien, que nous répétons tout au long du Grand Carême, nous entendons des paroles qui ont pour but de nous amener à nous exclamer quelque chose comme : "O Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes propres péchés! Je ne les vois pas; mon âme s'est assoupie, profondément endormie, et je ne parviens pas à voir ces péchés comme je le devrais. Comment pourrais-je alors être capable de m'en repentir?" C'est pour cela que pendant les jours du Grand Carême, chacun d'entre nous devrait se concentrer sur lui-même, devrait examiner sa propre vie, et la mesurer à l'aune des normes établies par les Évangiles, et par rapport à rien d'autre.

Un des points distinctifs de base du Grand Canon, c'est son utilisation très large d'images et de sujets tirés des saintes Écritures, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament. Hélas, nous ne connaissons pas la sainte Bible comme nous le devrions, et parce qu'il en est ainsi, pour nombre d'entre nous, les noms mentionnés dans le Grand Canon ne signifient rien.

Et cependant, la Bible n'est pas simplement une histoire du peuple d'Israël. C'est aussi la grand chronique de l'âme de l'humanité, des âmes qui vont maintes fois et encore tomber et se relever devant la face de Dieu, qui vont encore et toujours chuter dans le péché, et encore et toujours s'en repentir. Si nous devions examiner les vies de ceux qui sont mentionnés dans la Bible, nous verrions que chacun d'entre eux est présenté non pas tant comme un personnage historique, une personne individuelle qui a fait ceci et cela, que comme une personne se tenant devant le Dieu Vivant. Les détails historiques de la personne ou ses autres réalisations n'y reçoivent que la seconde place. Ce qui en ressort est ce qui est de plus important: est-ce que cette personne est restée fidèle à Dieu ou non. Si nous lisons la Bible et le Grand Canon avec le même cadre de référence, nous verrons que bien des choses qui sont dites à propos des justes et des pêcheurs de l'antiquité n'est rien de plus qu'une chronique de notre propre âme, de nos chutes et relevailles répétées, de notre péché incessant et des repentances qui le suivent.

A cet égard, un auteur religieux écrivait ceci, plutôt pertinent : "Si, de nos jours, tant le trouvent (le Grand Canon) ennuyeux et sans intérêt pour nos vies, c'est parce que leur foi ne se nourrit pas à la source de l'Écriture Sainte, la source qui, pour les pères de l'Église, était la source même de leur Foi. Nous devons réapprendre à saisir le monde tel qu'il nous est révélé dans la Bible, apprendre à vivre dans ce monde biblique. Il n'y a pas de meilleure manière d'apprendre cela que par les Offices de l'Église, qui non seulement nous communiquent l'enseignement biblique, mais aussi nous dévoilent la manière biblique de vivre." (protopresbytre Alexandre Schmemann, le Grand Carême, p. 97 édition US).

Et ainsi, à travers les personnes et les événements rapportés dans le Grand Canon, l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament passe devant nous. Son auteur nous fait découvrir la chute de nos ancêtres dans le péché, et la corruption du monde originel. Il met les vertus de Noé en exergue et l'amertume et le manque de repentance dont ont fait preuve les gens de Sodome et Gomorrhe. Il ressuscite pour nous la mémoire des justes patriarches et des hommes vaillants: Moïse, Josué fils de Nun, Gédéon et Jepthah; il nous permet de voir la piété du roi David, sa chute et sa touchante repentance; il nous présente l'impiété d'Achab et de Jézabel, et aussi les grands paradigmes de repentance – les Ninivites, Manassé, la prostituée et le sage voleur. Il accorde une attention particulière à sainte Marie d'Égypte, et à plus d'une reprise, il arrête le lecteur au pied de la Croix, et au saint Sépulcre de notre Seigneur. Partout, il enseigne la repentance, l'humilité, la prière et l'abnégation. C'est en tous ces exemples qu'a lieu la constante exhortation à l'âme – ô mon âme, souviens-toi de ce juste; c'est ainsi qu'il a plût à Dieu; souviens-toi aussi de cet autre juste, et comment il plût à Dieu; tu n'as rien fait de comparable.

La Bible parle présente certains sous une lumière positive, et d'autres personnes sous une lumière négative. Nous devons imiter les premiers, pas les seconds.

"Élie, montant le char le feu, * fut emporté sur les ailes des vertus * depuis la terre jusqu'au ciel: * imite, ô mon âme, son ascension." - imite, ô mon âme, l'ascension des justes de l'Ancien Testament.

"Pauvre âme, tu as imité * la bassesse de Ghiézi; * au déclin de tes jours renonce à ta cupidité, * pour éviter la géhenne que méritent tes forfaits." - au moins dans ton vieil âge, débarrasse-toi de l'avarice de Ghiézi, ô âme, et rejette tes mauvaises actions, évite les feux de l'Hadès.

Comme nous pouvons le voir, les textes sont plutôt difficiles, et dès lors il est essentiel de bien se préparer pour le Grand canon, de sorte que nous puissions le saisir.

Dans l'ode de conclusion chantée le premier jour, après les rappels historiques, vient ce tropaire d'une étonnante force:

"La Loi demeure sans effet, * l'Evangile, sans fruit; * de toute l'Ecriture tu n'as souci, * les Prophètes n'ont plus de pouvoir, * de même que les écrits des élus; * tes blessures, ô mon âme, se sont aggravées, * car tu n'as plus le médecin * qui pourrait les guérir." - il est inutile de te rappeler l'Ancien Testament; tout est inutile. Je vais te donner les exemples du Nouveau Testament, et peut-être que cette fois tu te repentiras.

"Du nouveau Testament * je t'offre les exemples t'invitant, * ô mon âme, à la componction: * des hommes justes inspire-toi, * détourne-toi des pêcheurs * et suscite la grâce du Christ * par le jeûne, l'oraison * et la pureté de ta vie."

Pour finir, ayant présenté tout ce qu'il convient de l'Ancien Testament, l'auteur monte vers le Donateur de Vie, le Sauveur de nos âmes, et tel le Bon Larron, il s'écrie "Aie pitié de moi!" et tel le Publicain il s'exclame "Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pêcheur que je suis!" Imitant l'insistance de la femme Cananéenne et de l'aveugle Bartimée, il dit "aie pitié de moi, Ô Fils de David!" Tel la prostituée, il verse des larmes au lieu de myrrhe sur la tête et les pieds du Christ, et pleure amèrement sur lui-même comme Marthe et Marie le firent sur Lazare.

Plus loin, le Canon souligne le fait que les pires pêcheurs se sont repentis, et entreront le Royaume Céleste avant nous:

"Le Christ s'est incarné, * appelant au repentir * les courtisanes et les brigands: * fais pénitence, ô mon âme, * car s'entrouvre déjà la porte du royaume * et nous y sommes devancés * par les pharisiens, les publicains * et les pécheresses repenties."

Et lorsque, dans une sorte d'horreur spirituelle, survenant de loin après les miracles du Sauveur, et amené à la componction par chaque lutte spirituelle de Sa vie terrestre, l'auteur du Canon parvient à l'horrible sacrifice du Christ, son coeur se serre, et ensemble avec toute la Création, il sombre dans le silence face au tremblement du Golgotha, et s'écrie une dernière fois :

"O mon Juge qui me sondes et me connais, * lorsque Tu viendras de nouveau * avec les Anges saints * pour juger le monde entier, * de Ton regard bienveillant * regarde-moi pour m'épargner * et fais-moi grâce, ô Jésus, * bien que j'aie comblé la mesure du péché."

Dans son tropaire conclusif, le Grand Canon, utilisant toutes les ficelles possibles pour nous amener à la repentance, dit, comme pour nous dévoiler sa "méthode d'instruction" : "Ô mon âme, comment t'ai-je parlé! Je t'ai rappelé les justes de l'Ancien Testament, et je t'ai donné les exemples du Nouveau Testament (pour t'amener à la componction), et cependant tout cela n'a servit à rien, car toi mon âme, tu n'as pas suivis leurs vies et actions. Malheur à toi lorsque tu sera jugée!" - malheur à toi, quand tu te tiendras devant le Jugement!

Étant attentif aux paroles du Grand Canon, ayant scruté l'histoire de gens qui fuirent Dieu pour mieux être rattrapés par lui, de gens qui étaient dans des gouffres, mais que Dieu en a sortis, contemplons le fait que Dieu nous guide chacun d'entre nous hors de nos abîmes de péché et de désespoir, de sorte que nous puissions Lui offrir les fruits de la repentance.

Il ne faudrait pas s'imaginer que la repentance consiste à fouiller dans ses péchés personnels, s'engageant dans l'auto-flagellation, et s'efforçant de découvrir autant de mal et de ténèbre que possible. Se repentir vraiment, c'est se détourner des ténèbres et aller vers la Lumière, du péché vers la justice, de comprendre que notre vie a été indigne de son appel si élevé, de confesser devant Dieu à quel point nous sommes insignifiants, et de confesser que notre seul espoir est en Dieu Lui-même. La véritable repentance, c'est lorsque se tenant devant la face de Dieu, Qui, comme le dit l'Apôtre Pierre, "vous a appelés hors des ténèbres à Sa merveilleuse Lumière" (1 P. 2,9), nous comprenons que la vie nous a été donnée afin que nous puissions devenir enfants de Dieu, afin que nous puissions communier à la Lumière divine. La vraie repentance ne se reflète pas tant en paroles qu'en actes: dans l'empressement à venir à l'aide des autres, l'ouverture et l'écoute envers notre prochain, et ne pas devenir imbu de soi-même. La véritable repentance, c'est comprendre que bien que nous ne possédions pas la capacité de devenir de vrais Chrétiens, Dieu est capable de nous le faire devenir. Comme il est dit dans le Grand Canon, "là où Dieu le veut, l'ordre naturel est renversé." C'est-à-dire là où Dieu le veut, des événements surnaturels surviennent : Saul devient Paul, Jonas sort du ventre de la baleine, Moïse franchit la mer à pied sec, le mort Lazare est ressuscité, Marie l'Égyptienne cesse d'être une prostituée et devient une grande ascète. Car, nous dit le Sauveur, "pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu, toutes choses sont possibles" (Mt 19,26).
archiprêtre Victor Potapov

Pière de saint Ephrem le Syrien
Seigneur et Maître de ma vie, éloigne de moi l'esprit de paresse, d'abattement, de domination et de vaines paroles. (prosternation)

Mais donne à Ton serviteur un esprit d'intégrité, d'humilité, de patienc et d'amour (prosternation).

Oui, Seigneur Roi, donne-moi de voir mes péchés et de ne pas juger mon frère, car Tu es béni dans les siècles des siècles. Amen. (prosternation)

O Dieu, purifie-moi, pécheur (12 fois, avec autant de prosternations, et à nouveau la prière toute entière, et à la fin une grande prosternation)

Intégralité du Grand Canon de saint André de Crète :
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1789


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08 avril 2008

Un test pour le jeûne (p. Epiphanios)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/04/02/a-test-for-fasting/


Icônes et pommes
Nature morte de Stanislav Brussilov


Quand vous lui disiez (au p. Epiphanios) que vous étiez malade et que votre médecin vous avait recommandé de ne pas jeûner, il allégeait l'application de la règle du jeûne jusqu'à complètement suspendre le jeûne, sans traiter le sujet de manière scolastique. Sur ce point, il semble que quelques personnes le lui ait reproché, car ils croyaient que c'était une application un peu facile de "l'économie." En particulier, une personne lui dit :

"Selon les saints Pères, le père spirituel ne devrait donner permission à quelqu'un de rompre le jeûne uniquement pour des questions de santé – quand son état est tel qu'il est vraiment cloué au lit, et un incendie s'est déclaré aux 4 coins de sa maison, et il n'a pas la force pour se lever et quitter. C'est à ce point-là qu'il doit être malade!"

L'ancien lui répondit :

"Les saints pères n'ont jamais rien dit de tel!"

"Si, ils l'ont dit!" insista la personne.

"Non, ils n'ont pas fait ça, car les pères n'écrivent pas de stupidités! Je confesse des confesse des gens alités qui ont souffert d'attaque cérébrale ou cardiaque, ou sont handicapés de diverses maladies neurologiques héritées, et qui non seulement savent jeûner, mais en plus pour qui, vu leur maladie, le jeûne est prescrit. Et d'un autre côté, j'ai des enfants spirituels qui peuvent sembler en bonne santé, parce qu'ils sont actifs et qu'ils travaillent, et néanmoins, ils sont exemptés de l'observation du jeûne du fait de leurs souffrances invisibles, comme par exemple un diabète. Dès lors, le critère pour rompre l'observance du jeûne n'est pas si quelqu'un est alité ou s'il sait marcher, mais le type de souffrance et l'opinion de pieux docteurs, qui seront aussi consultés."

Et il ajouta:

"Jeûner a pour but de mettre la bride sur les pulsions déréglées et les appétits du corps, et pour rendre l'homme humble. Si la maladie a, par divine permission, entrepris cette tâche, alors à quoi bon y ajouter du jeûne?"

Il ajouta, avec un sourire, qu'il avait rapporté au père Païssios, le célèbre ascète de la Sainte Montagne, cette "règle" disant que la maison avait à être en feu, et le saint ancien Païssios, lui dit gentiment et avec humour:

"Oui, bien sûr, c'est ainsi qu'il faudrait faire! Vous devriez prendre avec vous un bidon d'essence, et quand quelqu'un vous demande à pouvoir ne pas jeûner pour raisons de santé, vous devriez lui dire : 'Attendez une minute! Répandez de cette essence aux 4 coins de votre pièce et boutez-y le feu. Si vous voyez qu'il ne sait pas bouger et qu'il est en danger de mourir brûlé vif, alors autorisez-lui à rompre le jeûne. Cependant, si vous le voyez sauter et s'enfuir pour échapper, dites-lui 'Non, vous devez jeûner!"

Du livre: Counsels for Life - The Life and Teachings of Fr. Epiphanios
http://www.light-n-life.com/shopping/order_product.asp?ProductNum=COUN010


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