"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 septembre 2014

Laissez-les vous crucifier! (saint Isaac le Syrien)


Laissez-les vous bousculer,
mais ne bousculez pas.
Laissez-les vous crucifier,
mais ne crucifiez pas.
Laissez-les insulter,
mais n'insultez pas.
Laissez-les diffamer,
mais ne diffamez pas.
Soyez doux, et ne soyez pas zèlé dans le mal.

Saint Isaac le Syrien

photo: papy Dobrev, Sofia, Bulgarie, "mendiant pour le Christ"

Le Christ récompense aussi ceux qui osent malgré une foi hésitante (Mc 5 / p. John)

Lectures du jour : Gal 2,11-16 & Mc 5,24-34

"Si je pouvais ne fut-ce que toucher la frange de Son vêtement, je serais guérie" (Mc 5,28)

Au milieu du récit de la fille de Jaïre ressuscitée d'entre les morts, on trouve la guérison d'une femme qui souffrait d'un incessant flux de sang. Ce miracle est rapporté par les 3 évangiles synoptiques, mais pas par saint Jean, et il dépeint quelqu'un qui vient en dernier ressort vers le Christ pour obtenir guérison.

Selon la Loi de l'Ancien Testament (Lévitique 15,25-27), l'affliction dont souffrait cette femme voulait qu'elle soit gardée en quarantaine, car son flux de sang incessant la rendait "impure", signifiant que nul ne pouvait la toucher voire même simplement être associé à elle. Dès lors, l'épreuve qui frappait cette pauvre femme lui prenait la tête tant physiquement qu'émotionnellement. De plus, elle avait apparemment dépensé bien du temps, de l'énergie et de l'argent pour tenter de trouver guérison auprès des médecins, et cependant aucun n'avait su l'aider. En fait, l'Ecriture dit que son état s'était même plutôt aggravé!

A bout après tout ce qu'elle avait dû traverser, lorsqu'elle entendit que le Christ passait par là, cette femme poussée par l'énergie du désespoir, dépassant les conséquences potentielles du risque qu'elle prenait, traversa la foule dans l'espoir d'au moins toucher la frange de la tunique du Christ. D'un côté, cela montre une considérable force de foi, mais c'est encore une foi imparfaite, car elle semble ne voir en Christ (et par extension dans Son vêtement) qu'une sorte d'intervenant magique. Et pourtant lorsqu'elle parvient à toucher la tunique de notre Seigneur, elle reçoit guérison, et aussitôt Jésus loue ses efforts et l'aide à parfaire sa foi.

Ce récit beau et touchant (sans mauvais jeu de mot) est très encourageant, car il montre non seulement la miséricordieuse compassion du Christ envers ceux qui osent L'approcher, mais aussi qu'Il récompense même ceux qui se tournent vers Lui en dernier ressort.

P. John





Today's Scripture Readings:
Galatians 2:11-16 & St. Mark 5:24-34

"If only I may touch His clothes, I shall be made well." (Mark 5:28)

Couched within the storyline of Jairus' daughter being raised from the
dead is the healing of the woman who suffered from a continuous flow of blood. This miracle appears in the three synoptic gospels, but not in John's, and depicts someone who comes to Christ for healing as a last resort.

According to Old Testament Law (Leviticus 15:25-27) this woman's ailment should have kept her quarantined because her constant blood loss rendered her "unclean," meaning that no one was allowed to touch her or even associate with her. Therefore this poor woman's ordeal drained her spirits both physically and emotionally. In addition, she apparently spent much time, energy, and money in finding a cure from physicians, yet none were able to help; in fact, the scripture relates that her condition actually worsened!

Exasperated by all she has gone through, when she hears that Christ is passing by, this determined woman's desperation causes her to risk the consequences and push her way through the crowd in hope of touching even the hem of Christ's robe. On the one hand this shows considerable strength of faith, but it is still an imperfect faith, for she seems to think that Christ (and by extension His clothing) is some type of magical conduit. Yet when she does manage to touch our Lord's robe, she receives healing and Jesus immediately praises her efforts and helps to perfect her faith.

This beautiful touching account (no pun intended), is very encouraging because it not only shows Christ's merciful compassion towards those who dare to approach Him, but that He even rewards those who turn to Him as a last resort.

Fr. John

Icône miraculeuse de saint Ephrem le Nouvel Apparu en Roumanie

http://www.johnsanidopoulos.com/2013/06/the-myrrhgushing-icon-of-st-ephraim-new.html




L'icône ci-dessus se trouve au monastère de Sihastria Rarau en Roumanie. Par elle se sont accomplis nombre de miracles, et elle exsude de la myrrhe.

Cela a commencé en 2010, lorsqu'un prêtre, père Onufrie Căruntu, a visité le monastère de saint Ephrem à Nea Makri et y a acheté l'icône pour 15 euros. A son retour en Roumanie, il l'a ramenée chez lui. Le jour de Pâques 2010, elle a commencé à exsuder de la myrrhe. Peu après, nombreux miracles s'en sont suivis.

Le site (blog) du monastère:

Site internet roumain dédié aux miracles de saint Ephrem le Nouvel apparu en Roumanie :

A ce jour, 2 livres ont été publiés, reprennant des dizaines de récits de témoignages de miracles en Roumanie, attribués à saint Ephrem de Nea Makri.


14 septembre 2014

Être sauvé (abba Macaire)


Comment pourriez-vous être sauvé? Soyez comme le mort : ne pensez pas aux insultes des gens, ni à la gloire, et vous serez sauvé.
Abba Macaire

Quelques paroles suffisent pour sauver le Chrétien (p. Ephrem d'Arizona)

Les saints Pères vivaient dans la Lumière, et ils nous ont laissés ces petites prières. Comme ces quelques paroles "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de nous", et "Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous". Nous n'avons pas besoin de lire des encyclopédies, ni quantité de livres. Avec ces deux petites prières, tous les Chrétiens sont sauvés.
Ancien Ephraim d'Arizona





"The Holy Fathers were illumined and left us these little prayers. A few words: "Lord Jesus Christ, have mercy on us" and "Most Holy Theotokos, save us". We don't need to read encyclopedias, nor many books. With these two little prayers, all Christians are saved."

Elder Ephraim of Arizona




L'habit fait-il le prêtre? (p. Païssios)

- Père (Païssios), il y a cette question qui dit "l'habit fait-il vraiment le prêtre?"

Hé bien, pensez à deux oliviers, un avec des feuilles et l'autre pas. Lequel préférez-vous? Je me souviens lorsque j'étais à Kalyvi, Sainte Croix, j'avais arraché l'écorce d'un olivier et écrit ceci dessus "les arbres se sont dévêtus de leurs vêtements; il est temps de voir le fruit de leurs labeurs!" A côté de ça j'ai ajouté "un prêtre sans sa soutane (arasotos) est un prêtre sans rédemption (asotos)".


- Père, quelqu'un a amené au monastère un prêtre Orthodoxe 'en pantalon' (sans sa soutane). Devrions-nous lui demander sa bénédiction?

Quelle bénédiction? Vous auriez dû dire à la personne qui l'a amené, peu importe son éventuel rang, "pardonne-nous, mais la règle dans notre monastère, c'est de donner une soutane aux prêtres qui n'en portent pas. Voir un prêtre qui vient à un monastère orthodoxe féminin uniquement en habits laïcs, c'est inconvenant!" Si la personne l'y ayant amené ne s'en trouve pas honteuse, et si le prêtre lui-même n'y voit pas le problème d'être venu sans sa soutane, en quoi devrions-nous être gênés de lui demander d'en porter une? J'ai rencontré un jour un jeune archimandrite qui portait des vêtements laïcs dans un aéroport. Il partait pour l'étranger et se présenta "je suis père untel," dit-il. "Où est votre soutane" fut ma réponse... Bien sûr, je ne me suis pas prosterné devant lui.


- Père, certains affirment que le clergé vivant de manière moderne sera mieux à même d'aider les gens.

Lorsque le patriarche Demetrios visita le séminaire Holy Cross aux États Unis d'Amérique, quelques pieux étudiants Américains l'approchèrent et dirent "votre sainteté, ne pensez-vous pas qu'il serait temps pour le clergé de vivre un peu avec son temps?" Le patriarche répondit "saint Cosmas a dit que lorsque le clergé ressemblera aux laïcs, alors les laïcs deviendront des démons." N'était-ce pas une bonne réponse? Ensuite ils lui préparèrent une luxueuse suite d'hôtel (*) avec un lit confortable etc. Lorsqu'il vit cela, il dit "Est-ce là que je suis censé rester, dans cette chambre-ci? Vous feriez mieux de m'installer dans un endroit tout simple. Lorsqu'un homme du clergé devient un mondain, il devient le candidat du diable."
Ancien Païssios, Conseils spirituels, vol. I, pp. 358-359


NDT : (*) voir la visite du patriarche Bartholomeos I à Bruxelles il n'y pas si longtemps, avec la coûteuse réservation d'une partie importante d'un hôtel de luxe pour lui.. Et aussi la différence entre un vrai patriarche "spirituel", et un politicien en soutane et tiare qui joue le Cheval de Troie pour faire entrer son pays en Communauté Européenne... Que le Seigneur ramène sur Son chemin ceux qui s'en éloignent, qu'ils portent soutane ou non.





- "Geronda [Elder Paisios], there is this expression, “Is it really the cassock that makes the priest?”

Well, think of two olive trees, one with leaves and the other without. Which one do you prefer? Once when I was at the Kalyvi of the Holy Cross, I peeled the trunk of an olive tree and wrote this on it, “The trees got rid of their garments; it’s time to see the fruit of their labor!” Next to that I wrote, “A priest without his cassock (arasotos) is a priest without redemption (asotos).”

- Geronda, someone brought an Orthodox priest wearing only trousers [without his cassock] to the monastery. Should we have asked for his blessing?

What blessing? You should have told the person who brought him, no matter how important he was, “Forgive us, but it is a rule in our monastery to give cassocks to priests who are not wearing one. To have a priest come to an Orthodox women’s monastery wearing only his trousers! That is inappropriate.” When the person who brought him has no shame, and when the priest himself is not ashamed for having come without his cassock, why should you be embarrassed to ask him to put one on? I once met a young archimandrite wearing laymen’s clothing at an airport. He was going abroad and introduced himself, “I am Father so and so,” he said. “Where is your cassock?” was my answer. Of course, I did not prostrate in front of him.

- Geronda, some people claim that a modernized clergy will be better able to help people.

When Patriarch Demetrios visited the seminary of the Holy Cross in the United States, a few pious American students went up to him and said, “Your Holiness, don’t you think it’s time for clergy to be more up to date?” The Patriarchs response was, “Saint Cosmas said that when clergy turn into laymen, laymen will turn into demons.” Wasn’t that a good answer? Then they prepared this luxurious suite for him with a fancy bed and so on. The moment he saw it, he said, “Is this where I am supposed to stay, in this room? You’d better bring me a simple cot. When a clergyman becomes worldly, he becomes the devil’s candidate.”

Elder Paisios (Spiritual Counsels vol. I, pp. 358-359)