"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 février 2016

Fêter la Saint Valentin...

Les roses sont rouges, les violettes sont bleues..

J'ai été battu avec des batons, décapité, enterré dans les ténèbres, déterré par mes fidèles, et vous commémorez mon martyre en vous envoyant les uns les autres des pralines / chocolats...

Saint Modomnoc O'Neil, évêque (+ 550)

Februari, 13 Idvs : Sancte Eormenhilde virginis (Ermingild); Translatio Sancti Eaduueardi martyris; Huna; Modomnoc.



src

Mort vers 550. Modomnoc (Domnoc, Dominic, Modomnock), appartenait à la lignée royale irlandaise des O'Neil. Pour pouvoir faire les études pour devenir prêtre, les grands monastères irlandais n'ayant pas encore été créés, il dût quitter l'Irlande.

Son nom réel est probablement Dom ou Donogh mais les saints Celtes étant si aimés, on leur rajoutait un affectueux "mon" ou "petit" ou "cher" à leur nom, ce qui finissait par le changer complètement. Par exemple, un autre disciple Irlandais bien aimé de Saint David était appelé au début Aidan, mais apparaît d'habitude dans les registres du monastère comme Maidoc.

Modomnoc traversa le bras de mer pour être formé par le grand saint David au monastère de Mynyw (Menevia, maintenant saint David) dans le Pays de Galles. Il était prévu que tous ceux qui résident dans la communauté prennent part au travail manuel, en plus de l'étude et des Offices. Une histoire nous raconte comment un jour, Modomnoc travaillait avec un autre moine à faire une route, quand il dût le réprimander pour quelque problème. L'autre moine fut saisi de colère et prit une pince, mais avant qu'il ne put en frapper Modomnoc, Saint David, qui était témoin de l'incident, bloqua son bras par ses pouvoirs spirituels et il resta paralysé.

Modomnoc reçut la charge des abeilles et il aimait ça. Et si tous les autres aimaient le miel, peu aimaient s'occuper des ruches. Modomnoc aima les abeilles presque plus qu'il n'aima leur miel. Il les soigna, les gardant tendrement dans abris de paille dans un coin spécial et abrité du jardin, où il planta les genres de fleurs préférées des abeilles.
Chaque fois qu'elles fourmillaient en groupe, il prenait l'essaim très délicatement et avec amour, et il préparait une nouvelle ruche. Il parlait aux abeilles tout en travaillant au milieu d'elles et elles bourdonnaient en nuage autour de sa tête, comme si elles répondaient. Et, bien sûr, elles ne l'ont jamais piqué.
A la fin d'été, elles lui donnaient beaucoup de miel, tant que Modomnoc avait besoin de l'aide pour porter le tout à l'intérieur. Les moines n'ont jamais manqué de miel pour leurs repas ou de faire de l'hydromel. Le bon Modomnoc remerciait Dieu pour cela, et aussi les abeilles. Il marchait parmi les abris le soir et parlait aux abeilles, et elles, de leur côté, venaient à sa rencontre. Tous les autres moines évitaient soigneusement ce coin du jardin de monastère parce qu'ils avaient peur d'être piqué.
De même que remerciant les abeilles, Modomnoc faisait tout son possible pour prendre soin d'elles dans le froid et l'orage. Bientôt ses années d'étude terminées, Modomnoc put retourner en Irlande pour commencer son ministère de prêtre. Tout en étant heureux de rentrer à la maison, il sentit qu'il manquerait à ses abeilles. Le jour de son départ, il dit au revoir à l'Abbé, aux moines, et ses collègues étudiants. Puis il descendit au jardin pour dire adieu à ses abeilles.
Elles sortirent par centaines, par milliers, à l'appel de sa voix et jamais là-bas un tel bourdonnement et une telle agitation n'eurent lieu parmi les rangs et les rangs de ruches. Les moines restés à distance admiraient le prodige, "On dirait que les abeilles ont su," disaient-ils. "On dirait qu'elles savaient que Modomnoc partait."
Modomnoc s'en alla résolument et descendit sur la rive et embarqua dans un bateau. Quand ils étaient à peu près 3 miles de la rive, Modomnoc vit ce qui ressemblait à un petit nuage noir dans le ciel dans la direction de la côte Galloise. Il le regarda et comme il se rapprochait de plus en plus, il vit à son étonnement que c'était un essaim d'abeilles, se rapprochant jusqu'à finalement se poser sur le bord du bateau. C'était un essaim gigantesque -- toutes les abeilles de toutes les ruches, en fait. Les abeilles l'avaient suivi!

Cette fois Modomnoc ne félicita pas ses amies. "Mais vous êtes sottes," les gronda-t'il, "vous ne m'appartenez pas mais au monastère! Comment voulez-vous que les moines fassent sans vous le miel, ou l'hydromel? Retournez tout de suite, petites sottes!" Mais si les abeilles ont compris ce qu'il avait dit, elles ne lui ont pas obéi. D'abord, elles se posèrent dans le calme sur le bateau, dans un murmure d'endormissement, et restèrent là. Les marins n'apprécièrent pas et demandèrent à Modomnoc ses intentions.
Il dit de reprendre le cap sur le Pays de Galles. C'était déjà trop loin pour que les abeilles puissent retourner en volant, même si elles avaient voulu lui obéir. Il ne voulait pas laisser ses petites amies souffrir de leur bêtise. Mais le vent poussait le bateau vers l'Irlande et quand ils réussirent le changement de cap, la voile était devenue inutilisable. Les marins durent ramer jusqu'à la côte galloise. Ils le firent de très mauvaise grâce, mais ils avaient si peur des abeilles qu'ils auraient fait n'importe quoi.

Saint David et les moines furent très étonnés de voir revenir Modomnoc, qui avait l'air plutôt honteux. Il leur expliqua ce qui était arrivé. Au moment où le bateau toucha la terre ferme, les abeilles retournèrent à leurs ruches et s'y calmèrent. "Attends jusqu'à demain," lui conseilla l'abbé, "mais ne fais pas tes adieu aux abeilles. Elles arriveront à accepter la séparation dans ce cas."

Le lendemain matin, le bateau était à nouveau prêt pour Modomnoc et cette fois il partit précipitamment sans dire adieu à personne. Mais arrivés à peu près 3 miles de la rive, il fut découragé de voir encore ce petit nuage noir s'élevant au-dessus de la côte Galloise. Tout le monde reconnu la situation et les marins refirent cap sur la terre immédiatement. Une fois plus Modomnoc, honteux, revint chercher David et lui dit son histoire. "Que dois-je faire?" demanda-t'il. "Je dois rentrer à la maison. Les abeilles ne me permettent pas de partir sans elles. Je ne peux pas vous priver d'elles, si utiles au monastère."
David dit, "Modomnoc, je te donne les abeilles. Prends-les avec ma bénédiction. Je suis sûr qu'elles ne prospéreront plus sans toi. Prends-les. Nous obtiendrons d'autres abeilles plus tard pour le monastère."
L'abbé descendit au bateau et raconta l'histoire aux marins. "Si les abeilles suivent Modomnoc pour la troisième fois, emmenez-les en Irlande avec lui et avec ma bénédiction." Mais cela lui prit du temps et beaucoup de palabres pour obtenir que les marins l'acceptent. Ils ne se souciaient pas de savoir qui avait les abeilles tant qu'elles n'étaient pas dans leur bateau.
L'abbé rassura les marins : les abeilles ne feraient pas d'ennui aussi longtemps que Modomnoc serait à bord. Les marins demandèrent pourquoi les abeilles n'avaient pas obéi à l'ordre de Modomnoc de retourner au monastère. Après beaucoup de longues explications, les marins furent finalement persuadés de reprendre la mer.
Pour la troisième fois que le bateau repartait, Modomnoc pria intensément afin que les abeilles aient la bonne idée de rester dans leur jardin au lieu de risquer leurs vies en mer. Pour la troisième fois, il vit un petit nuage noir s'élevant en haut, approchant de plus en plus, jusqu'à ce qu'il vit que c'était le même essaim. Il s'installa sur le bateau une fois plus. Cette fois il fit pas revenir le bateau au port. Modomnoc cajola ses fidèles amies dans un coin abrité du bateau, où elles restèrent silencieusement durant le voyage, au grand soulagement des marins.

Quand il arriva en Irlande, il établit une église à un endroit nommé Bremore, près de Balbriggan, dans le Comté de Dublin, et il installa ici les abeilles dans un jardin heureux tout comme elles en avaient un au Pays de Galles. L'endroit est connu encore aujourd'hui comme "l'église de l'apiculteur." Il devint ermite à Tibberaghny dans le Comté de Kilkenny et quelques-uns disent qu'il fut sacré évêque ultérieurement.





Tropaire de saint Modomnock ton 4
Le faste et la splendeur n'avait aucune attirance pour toi, O père Modomnock./
en quittant le scintillement du monde, tu embrassa librement la pauvreté avec le Christ,/
priant pour le Salut de toutes les âmes fidèles.


Kondakion de saint Modomnock ton 7
Te retirant de la compagnie des hommes,/
tu servis Dieu dans la solitude, O père Modomnock,/
et ton Père, voyant ta vertu dans le secret,/
t'a récompensé ouvertement./
c'est pourquoi nous glorifions ton nom/
et louons et bénissons ta mémoire vertueuse.



Sur le site officiel de l'Église en Russie : "Holy Father Modomnoc of Ossory, Patron Saint of Bees"




12 février 2016

Saint Mélèce d'Antioche, évêque et Confesseur (+ 381)

Saint Mélèce, originaire de Mélitène en Petite Arménie, appartenait à une noble famille du pays. Il devint un prêtre recommandable par sa science et sa vertu et sut garder un attachement inviolable à la vraie Foi en un temps où l'hérésie arienne jetait le trouble en Occident comme en Orient. Il fut d'abord élu évêque de Sébaste pour succéder au semi-arien Eustathe en 358. Comme les ariens qui avaient déposé Eustathe furent les promoteurs de cette élection, l'orthodoxie de Mélèce fut tenue en suspicion. Le nouvel évêque, trouvant à Sébaste un peuple agité par les divisions, ne put demeurer longtemps au milieu de ce trouble et se retira à Bérée, en Syrie.

Après la déposition de l'arien Eudoxe, le clergé et le peuple d'Antioche se trouvèrent profondément divisés. Mélèce cependant réunit tous les suffrages parce que les ariens le croyaient favorable à leur erreur et que les Orthodoxes avaient confiance dans l'intégrité de sa Foi et la pureté de sa vertu. L'empereur Constance confirma cette élection. Mélèce, avec une grande habileté, fortifia les Orthodoxes dans la vraie foi et combattit l'erreur des hérétiques. L'archidiacre de son église, qui était arien, essaya bien de lui fermer la bouche, mais il ne parvint pas à l'empêcher de déclarer formellement qu'on devait s'en tenir à la définition du concile de Nicée sur la divinité du Fils dans le mystère de la sainte Trinité. Cette courageuse profession de Foi réjouit les Chrétiens, mais elle valut à Mélèce une première sentence d'exil; il fut relégué en Arménie. Déjà le peuple l'affectionait tellement que, pour éviter du trouble, il fallut faire sortir Mélèce pendant la nuit. Les ariens réussirent à choisir un nouveau patriarche d'Antioche dans la personne d'Euzoïus. Constance, qui les soutenait, ne tarda pas à mourir (nov. 361). Julien l'Apostat, son successeur permit l'exercice de toutes les religions, et les évêques exilés purent rentrer dans leurs diocèses. Ainsi Mélèce revint à Antioche, mais il se trouva aux prises avec une partie des Orthodoxes qui refusaient de reconnaître son élection parce que les ariens y avaient participé. Ces dissidents avaient leurs assemblées à part depuis la mort d'Eustathe; un des principaux parmi eux était le prêtre Paulin; ils n'admettaient aucun compromis dans l'acceptation du symbole de Nicée: ce schisme entre les Chrétiens d'Antioche devait durer 85 ans.

Vainement, Athanase tenta de rétablir l'union dans un concile d'Alexandrie en 362 : une lettre synodale rédigée probablement par Athanase à la suite de ce concile fut apportée à Antioche par Eusèbe de Verceil et Astérius de Petra. Mais Lucifer de Cagliari avait devancé ceux-ci à Antioche, prêchant aux 2 partis Chrétiens l'union tout en se montrant sympathique aux eustathiens, ceux du parti de Mélèce lui faisant opposition, il sacra Paulin patriarche d'Antioche. C'était prolonger le schisme. Une seconde sentence d'exil fut prononcée contre Mélèce par Julien, qui ne tarda pas à mourir. Mais Jovien, le nouvel empereur, qui avait Mélèce en haute estime annula la sentence. Les ariens, dont Acace était le chef, cachèrent leur jeu, acceptèrent en apparence la doctrine de Nicée jusqu'à la mort de Jovien, survenue en 364. Sous Valens, la sentence d'exil fut renouvelée, et il lui fallut quitter Antioche. Il y laissait néanmoins de fidèles disciples, dont le plus célèbre fut saint Jean Chrysostome. Une troisième sentence d'exil contre Mélèce montra à quel point le peuple lui était affectionné; son ineffable douceur lui gagna de nouvelles sympathies. Pendant les 14 ans que Mélèce fut éloigné de son troupeau, les anachorètes, par de fréquentes visites à Antioche, entretinrent les Chrétiens persécutés dans la fidélité à leur patriarche.

En 378, Gratien parvenu à l'empire, proclama un édit de tolérance pour tous les partis. Mélèce put rentrer à Antioche; il y reprit l'instruction de son peuple, et s'appliqua à pourvoir les églises de dignes pasteurs et à assurer le triomphe de l'orthodoxie. En 379, il réunit un concile de 150 évêques et publia une profession de Foi qui devait être approuvée par le Concile de Constantinople (381).
Théodose, associé à l'empire par Gratien, désirait voir traiter en Concile général un certain nombre d'affaires ecclésiastiques, notamment la translation de saint Grégoire de Nazianze sur le siège de Constantinople. Ce fut l'objet du 2ième Concile Oecuménique tenu en cette ville; il fut présidé d'abord par Mélèce, pour qui Théodose avait une affection particulière. Le patriarche d'Antioche montra aisément que la translation de Grégoire n'était pas contraire aux saints Canons, car elle était faite pour le plus grand bien de l'Église; son sentiment fut partagé par tous les membres du Concile. Ce fut le dernier acte de Mélèce; peu de temps après, avant même la fin du concile (381), il mourut presque subitement.

Théodose lui fit faire des funérailles solennelles et voulut que le corps fût transféré à Antioche, puis déposé près de celui du martyr saint Babilas. Quelques années plus tard, en 386, Jean Chrysostome, prononça le panégyrique de Mélèce : il donnait au patriarche d'Antioche le titre de martyr, comme ayant beaucoup souffert pour la Foi. Plus communément le nom de Mélèce est inscrit au 12 février, par exemple au Synaxaire de Constantinople, dans les menées grecques, au martyrologe romain (seulement à partir du 16ième siècle). On ne saurait dire si cette date marque le dies natalis ou une translation.

Bibl. L'éloge de Mélèce a été fait par saint Grégoire de Nysse, P.G., t.46 col 852; par saint Jean Chrysostome, ibid., t. 50, col. 515 - Les bollandistes (Acta sanct., au 12 févr.) donnent de plus un commentaire historique. - Tillemont, Mémoires pour servir..., t.6, p. 498, 517, etc. - Dict. of christ. biogr., t. 3, p. 891. -- The cath. encycl., t. 10, p. 161. Dict. de théol.. cath., t. 10, col. 520.

11 février 2016

La Bible, un sabre-laser?

Si la Bible est une Lumière sur mon chemin,
et la Bible est l'épée de l'Esprit,



Alors, est-ce que la Bible est un sabre laser?

Sainte Gobnait de Ballyvourney, Vierge, patronne des apiculteurs (6ième siècle)

Une des saintes les plus populaires du Munster, Gobnait (Gobnet, Gobnata) naquit dans le Conté de Clare, mais dû fuir des ennemis et se réfugia sur l'ile d'Aran, où se trouve une église à Inisheer, Kilgobnet, c'est-à-dire l'église de Gobnait.
Après un certain temps, un Ange lui apparu et lui expliqua que ce n'était pas là "l'endroit de sa résurrection" mais qu'elle devait voyager jusqu'à ce qu'elle rencontre 9 cerfs blancs, et que tel serait le signe du lieu où elle devrait s'arrêter, s'installer et fonder un monastère.

Elle se mit en route pour trouver le lieu où Dieu l'attendait, fondant des églises en cours de route, entre autres Dunguin dans le Conté de Kerry et Dungarven dans le Conté de Waterford. Arrivée dans le Conté de Cork, elle rencontra 3 cervidés blancs près de Cloudrohid; puis à Ballymakeera, elle en vit 6 et continua jusqu'à Ballyvourney; là elle en rencontra 9 occupés à paître près d'un bois. Elle y fonda son monastère.

C'est Saint Abban de Kilabban, Conté de Meath, Irlande, qui aurait oeuvré avec elle à la fondation du couvent à Ballyvourney, Conté de Cork, sur une terre donnée par la famille O'Herlihy, et placée sainte Gobnait à sa tête comme abbesse.

Sainte Gobnait avait un don particulier pour s'occuper des malades et sauva les gens victimes de la peste à Ballyvourney. Elle est considérée comme la patronne des abeilles! et des apiculteurs. Gobnata signifie "abeille à miel", l'équivalent en hébreux de "Déborah". Le miel est bien entendu un aliment très important pour divers remèdes. Mais la réputation de Gobnait vient aussi de ce qu'un jour, elle envoya un essaim d'abeilles pourchasser un voleur de bétail, jusqu'à ce que ce dernier ramène le troupeau volé. Elle semblait très douée pour traiter avec les brigands. On a retrouvé dans un mur de l'église en ruine de Ballyvourney une pierre ronde, on rapporte qu'elle aurait servit de "boomerang" pour empêcher la construction d'un fortin par un brigand, de l'autre côté de la vallée, en face du monastère. A chaque fois qu'il recommençait sa construction, elle jettait la pierre contre ses murs et les faisait tomber, autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce qu'il abandonne par dépit.

Un champs près du village est appelé "champ de la peste", rappelant l'endroit qu'elle a marqué comme sol consacré, au delà duquel la peste ne pouvait pas frapper. Le "Tomhas Ghobnata", ce qui signifie en Gaélique "la mesure de Gobnait", est une longueur de laine mesurée sur sa statue, et est toujours recherchée pour des guérisons. Et dans l'église il y a une très vieille statue en bois datant du 13ième siècle, qui a été beaucoup portée, qui est présentée lors de sa fête. A Killeen il y a la "pierre de Gobnait", un vieux pilier de croix sur lequel on aperçoit un petit visage tenant une crosse sur le côté.

Il existe encore une source qui porte son nom à Ballyvourney. Comme avec beaucoup de saints Irlandais, il y a des histoires d'interactions merveilleuses avec la nature.

Sa tombe dans le cimetière à Ballyvourney est décorée avec des béquilles et d'autres preuves de guérisons obtenues par l'intercession de Gobnait. Parmi les miracles attribués à son intercession il y a bien sûr cet éloignement de la peste en ayant marqué le sol de la de la paroisse comme sol sacré. Une autre tradition relate qu'elle a mis en déroute des ennemis en lâchant ses abeilles sur eux. Sa ruche est demeurée une précieuse relique pour les O'Herlihys.

La pierre ronde associée à son nom est toujours conservée. Dans l'art, sainte Gobnata est représentée comme apicultrice.




Tropaire de sainte Gobnet ton 3
Vraie fille spirituelle d'Abban, l'inspiré de Dieu /
Tu en as dignement beaucoup dirigé dans les vertus monastiques, très sainte Gobnet./
C'est pourquoi nous t'implorons d'intercéder pour nous/
afin que nous puissions être correctement dirigés/
et recevions la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.



Kondakion de sainte Gobnet ton 5
Louange et honneur te sont dûs /
O médecin des corps et des âmes,/
très pieuse Gobnet./
Bénie du don de guérison,/
tu apporta à beaucoup la plénitude et la paix du Christ,/
prie maintenant pour nous qui avons l'âme tourmentée/
afin qu'elle puisse connaître la joie de la divine guérison.



10 février 2016

Saint Caedmon, père de la poésie anglo-saxonne (+ 670)


src



Mort en 670. Saint Bede (25 mai) rapporta la vie de Caedmon, le vacher de l'abbaye de Whitby, qui bien que grossier et non-instruit, par la puissance de Dieu, dans ses dernières années, se mit à la chanson et deviendra le père de la poésie anglaise. Certains disent qu'il était très vieux lorsqu'il découvrit son don. La légende veut que durant des années, à cause de sa timidité, il était honteux de son incapacité de prendre son tour de chant dans les occasions festives, qu'il se dérobait et allait se cacher. "Dès lors, étant parfois à des fêtes, lorsque tous étaient d'accord pour l'amour du chant de chanter à tour de rôle, à peine voyait-il la harpe l'approcher qu'il se levait de table et rentrait chez lui."

Une nuit, cependant, alors qu'il avait quitté la fête et trouvé refuge dans l'étable, il entendit une voix lui dire : 'Chante, Caedmon. Chante Moi une chanson.' Caedmon bégaia : 'Je ne sais pas chanter.' 'Mais tu chanteras,' répliqua la voix. 'Que vais-je chanter?' demanda Caedmon, surpris. La voix répondit : 'Chante le début des choses créées.' Et à ce moment-là, Caedmon, tentant de chanter, s'aperçut que sa langue hésitante avait été libérée.

Au matin il se rappella des mots de sa chanson et, y ajoutant des versets, il se présenta à l'abbesse Hilda (17 novembre), à qui il raconta son étrange histoire. Il lui chanta la chanson qu'il avait chantée durant la nuit, et elle et tous ceux qui l'entendirent furent émerveillés, et reconnurent "que la grâce céleste lui avait été conférée par le Seigneur."

Il devint frère convers, et, toujours à la grande abbaye de Whitby, ses compagnons moines lui enseignèrent les vérités de la Bible; et lui les transforma en poésie "si douce à entendre que ses maîtres devinrent ses auditeurs."
"Il chantait", dit Bède, "la Création du monde, les origines de l'homme, et l'histoire d'Israël, l'Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ, et l'enseignement des Apôtres." Ce premier Anglo-Saxon auteur de poésie religieuse paraphrasa ainsi toute l'Ecriture Sainte, et bien que "d'autres après lui s'efforcèrent de composer des poèmes religieux, personne ne parvint à l'égaler, car il n'avait pas appris la poésie grâce à des hommes mais par Dieu."

Il serait mort en état de sainteté et de parfaite charité envers tous, ayant montré qu'il savait que sa vie était arrivée à son terme, bien qu'il ne fut pas gravement malade. Il demanda à être emmené à l'infirmerie et à recevoir la sainte Communion. Avec l'Époux en sa main, il regarda autour de lui et demanda si quelqu'un avait quelque grief contre lui. La réponse étant que nul n'en avait, il dit alors "Moi aussi j'ai l'esprit en paix avec tous les serviteurs de Dieu," il consomma la Communion, se signa de la Croix, se coucha et s'endormit, ne se relevant plus en ce monde.

La poésie de Caedmon est un exemple remarquable de la puissance de la Bible à stimuler l'imagination et à réveiller le génie naturel. C'est ainsi que Caedmon apporta au petit peuple l'énergie et le réalisme des Écritures, qui, entrant profondément dans la vie de la nation, n'a jamais cessé au cours des siècles de ravigorer et d'inspirer la culture du monde anglophone. Bien que seules 9 lignes d'une de ses hymnes, "Rêve du Crucifix," qui aurait été composée en songe, aient survécu, il est appelé 'Père de la poésie sacrée anglaise'. Sa fête est toujours célébrée à Whitby.


Nu we sculon herigean     heofonrices weard,
meotodes meahte     ond his modgeþanc,
weorc wuldorfæder,     swa he wundra gehwæs,   
ece drihten,     or onstealde.
He ærest sceop      eorðan bearnum
heofon to hrofe,     halig scyppend;
þa middangeard     moncynnes weard
ece drihten,     æfter teode
firum foldan,     frea ælmihtig.


A présent il nous faut louer le Gardien des Cieux,
la puissance du Seigneur et Sa providence,
l'oeuvre du Glorieux Père; car Lui,
Dieu Éternel, a fait toutes merveilles,
Lui, le Saint Créateur, a d'abord façonné
le Ciel comme toit pour les fils des hommes.
Ensuite le Gardien de l'Humanité a orné
cette basse terre, le monde des hommes,
Lui l'Éternel Seigneur, le Roi Tout-puissant.




Paraphrase latine de l'hymne de saint Caedmon, par saint Bede le Vénérable:
Nunc laudare debemus     auctorem regni caelestis
potentiam Creatoris,     et consilium illius
facta Patris gloriae:     quomodo ille,
cum sit aeternus Deus     omnium miraculorum auctor exstitit;
qui primo     filiis hominum
caelum pro culmine tecti
dehinc terram     custos humani generis
omnipotens     creavit.

source : BEDE'S STORY OF CAEDMON,  text and facing translation





Versets religieux saxons. Au 19ième siècle, les morceaux épars de la Croix Ruthwell furent déterrés et réassemblés. La croix, qui fait près de 6m de haut, comportait, en plus de magnifiques images, une longue inscription en latin et en runes (lettres runniques), connue sous le nom de Rêve du Saint Crucifix. La tête de la croix porte les mots, "Caedmon m'a fait(e)", qui est similaire au "Caedmon a fait cette chanson", qui se trouve dans les plus anciens manuscrits. Il appert que les plus célèbres des poèmes anglo-saxons ont été composés par saint Caedmon.



http://www.dumfriesmuseum.demon.co.uk/ruthwellcross.html
http://www.gettysburg.edu/academics/english/britain/anglo-saxon/RUTHWELL/ruthwell.html

"Rood and Ruthwell:
"Le Poème et la Croix"
http://www.flsouthern.edu/eng/abruce/rood/home.htm

"The Dream of the Rood" (le rêve du crucifix)
Une traduction versifiée en anglais, par Douglas B. Killings:
http://www.georgetown.edu/cball/oe/rood-trans.html

"The Dream of the Rood", en Anglo-Saxon:
http://www.georgetown.edu/labyrinth/library/oe/texts/a2.5.html

HILDA ET CAEDMON: 'THE DREAM OF THE ROOD'
LE PLUS ANCIEN POEME ANGLAIS :
http://www.umilta.net/hilda.html

Poésie attribuée à saint Caedmon:
http://sunsite.berkeley.edu/OMACL/Junius/