"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

07 mai 2006

Orthodoxie Occidentale & Antioche (1/*)

http://homepage.mac.com/gthurman/iblog/C931234280/index.html
[Note: L'éditorial suivant est paru dans ce même numéro de l'été 1961 de la revue "Orthodoxy", où le métropolite Antony annonçait la réception des Pères Basiliens au sein de l'archidiocèse Syrien Antiochien et la fondation du Vicariat de Rite Occidental]

Orthodoxie Occidentale : une nouvelle ère

Trente années d'aspirations et de prières, et en particulier les 8 dernières années, ont reçu une glorieuse réponse cette saison écoulée, quand la Société des Clercs Réguliers de Saint Basile ["Basilian Fathers" -Fr. Matthew] est entrée dans une nouvelle ère.


C'était 30 ans auparavant, durant les tumultueuses périodes qui ont suivit la Révolution Bolshevik, que la Société avait commencé comme organe missionnaire pour la fédération naissante de colonies d'Orthodoxes Américains sous suzeraineté Russe, bien que sous administration locale Syrienne. Avec l'échec de ce plan et la soumission des groupes ethniques aux Eglises de leurs patries d'origine, la Société se retrouva isolée. Elle a dû lutter 30 ans durant avec la grande apathie des publics religieux, qui considéraient souvent les origines Chrétiennes comme des sujets de simple curiosité, et aussi avec son propre statut incertain, qui l'a privée de la reconnaissance et du soutien moral des anciennes Eglises orientales. Et la preuve de la catholicité professée par l'Eglise, qu'une mission de rite occidental aurait donnée, était refusée à l'Eglise elle-même.

Prenant action suite au décret de feu le patriarche Alexandre 3 d'Antioche, son éminence le métropolite Anthony, de l'archidiocèse Syrien, a créé un vicariat pour les Orthodoxes de rite occidental, et reçu les Pères Basiliens et leurs fidèles comme ses premiers membres, confirmant ainsi le statut de la Société et régularisant ses ordres. Le rang d'archiprêtre mitré fut gracieusement conféré à mgr Alexander en tant que supérieur de la Société, et vicaire-général du Rite.

Il serait impossible de surestimer l'importance de ce développement pour la Société, qui avait eu fort difficile à oeuvrer avec ses sérieux handicaps. Mais aussi cruciale que cette grande bénédiction aie pu être pour la Société, son importance pour l'ensemble de l'Orthodoxie est équivalente.

Mille ans durant, l'Occident a été Orthodoxe. Dès lors ce dont nous témoignons n'est pas une innovation, mais une renaissance. A cette Orthodoxie de l'Occident longtemps endormie, l'Eglise porte à nouveau un témoignage sans ambiguïté. Dès lors, ce n'est pas seulement une réponse à nos propres prières, mais à ces nombreuses personnes dont les coeurs sont à l'Eglise, mais qui ont trouvé une barrière dans l'incompatibilité culturelle ou ethnique. L'Eglise leur parle à présent explicitement dans leur propre langue, une démonstration claire qu'elle est en effet pour tout le monde, que tous les dons de l'humanité devraient glorifier Dieu dans la gamme complète de la piété Chrétienne.

Le rite occidental a même des précédents modernes dans l'Eglise, étant représenté ailleurs par de petits avant-postes épars en France, Pologne et Tchécoslovaquie (une étude fascinante sur le sujet est parue dans le"St Vladimir's Seminary Quarterly"). Mais avec le Vicariat de Rite Occidental, c'est la première fois qu'un ancien Siège patriarcal de l'Eglise a présenté aux occidentaux non-Orthodoxes la preuve de notre catholicité professée, et démontré de façon concluante que l'Eglise du Christ n'est pas limitée à certaines contrées.

A nouveau, l'Eglise rend témoignage aux paroles du grand apôtre des Nations : "Aussi n'y a-t-il aucune distinction entre Juif et Grec : ils n'ont tous qu'un même Seigneur, riche pour tous ceux qui L'invoquent... Vous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez tous, en effet, revêtu le Christ : il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme; car, dans le Christ Jésus, vous ne faites tous qu'un." (Rom. 10,12; Gal. 3,27-28).


Sacramentaire de Drogon de Metz, 9ème siècle : Messe de saint Paul

1 commentaire:

Eric John a dit…

Jean-Michel,
Christus surrexit!
I'm wondering what you think about St. Bruno of Chartreuse and his relation to Orthodoxy. Did he die before 1100? Do you venerate him as a saint? I've heard that many French Bretons venerate St. Yves because Brittany was sort of removed from the papal sphere. I rather like St. Stanislaus who died in 1089. I don't know if he was venerated by the Western Rite Orthodox of Poland. He was a martyr for truth, standing up to the corrupt king. Merci pour vos pensees.