"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 juillet 2006

175ème de la Belgique : Te Deum laudamus!



FETE NATIONALE 2006














«Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana dividit. Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt,
minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.» (C. IULI CAESARIS, DE BELLO GALLICO, COMMENTARIUS PRIMUS)
«La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la civilisation et des moeurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs, parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre.» (traduction française de Maurice Rat, Garnier-Frères, 1967)

Gaius Iulius Caesar
(meurtrier, païen, pervers, dictateur et empereur de Rome,
mort assassiné en 44 avant Jésus-Christ)

Et côté bravoure, il parlera d'expérience, "le vieux Jules" (dixit Astérix) : le seul endroit dans toutes ses guerres d'invasion où il essuiera un terrible revers, c'est chez nous, quand notre héros national, Ambiorix, à la tête de ses Eburons, massacrera 2 légions romaines après les avoir attirées dans un piège. Nulle part ailleurs, du temps de Jules César, son empire n'essuiera un tel revers. Au Moyen-Age, les miliciens Dinantais, Brabançons et Bruggeois seront recherchés par les belligérants d'Europe, comme étant toujours d'excellents hommes d'armes. Mazette, devoir sans arrêt défendre son pays contre des envahisseurs de tout poil, ça forme les tempéraments. Et c'est ainsi que l'armée d'Autriche, une des premières d'Europe à l'époque, se verra mise à la porte manu militari – le 20 Février 1790, Joseph II d'Autriche, mourrant, déclarera au Prince de Ligne : "Votre pays m'a tué !"...

Il y a donc plus de 2.000 ans déjà, on parlait de nous... rassemblement de tribus Celtiques, habitant grosso modo les mêmes zones géographiques que maintenant, et sauf quelques massacres et déplacements de populations forcés
suite à invasion (une partie de la Flandre et de la Wallonie sont à présent en France, une partie de la Wallonie est en Allemagne), cela restera ainsi jusqu'à nos jours. Divers régimes politiques se sont succédés. Nous avons été envahisseurs (Belgus, au 3ème siècle avant Jésus-Christ, partit envahir la Dalmatie, puis les Trévires partis fonder les colonies des futurs Galates en Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie); nous avons été envahis – Allemands, Espagnols, Français, Autrichiens, Anglais, Hollandais, ont succédé aux hordes des barbares d'Orient (Alains, Vandales, Huns, Wisigoths, etc); et comme nation indépendante dans le sens où les Occidentaux comprennent le terme actuellement, nous avons été une république puis un royaume. De tous les systèmes essayés, c'est jusqu'à présent celui qui a montré le plus d'aptitude à la longue durée, le roi restant "hors du jeu de quilles" des intérêts des partis politiques (qui divergent généralement de l'intérêt général, passons).


Nous avons donc la chance de pouvoir fêter cette année les 175 du royaume de Belgique. N'oublions pas, dès lors, l'avertissement de l'Evangile, qui vaut aussi pour nous :

"Tout royaume divisé contre lui-même se dépeuple; toute ville, toute maison divisée contre elle-même ne peut subsister."
Evangile selon saint Matthieu 12,25

Et cette année encore, le Ciel nous fait la grâce de pouvoir célébrer la fête nationale sans être bombardés ou devoir le faire avec un fusil dans une main et la trousse de premiers soins sous les fesses, planqués dans un abri anti-atomique ou sous les ruines d'un immeuble.

Mais la paix civile, au contraire de la paix de Dieu, ça n'est pas un don gratuit, ça s'acquiert. On doit travailler pour y parvenir. Et sans cesse, se souvenir du prix que son obtention a coûté aux générations qui nous ont précédés. Qu'on soit "d'origine" d'ici – encore que, quand on remonte les générations... - ou que Dieu ait permis qu'on vienne y vivre en paix, il faut se souvenir de tous ces femmes et hommes qui ont travaillé dur, des siècles durant, versant leur sang pour que leurs familles et concitoyens puissent vivre ou redevenir libres, et ce depuis bientôt 2.500 ans, pour que le lopin de terre où nous nous trouvons puisse être relativement agréable à vivre.

Lopin de terre qui était Chrétien, Orthodoxe bien sûr, car il a eu le bonheur de recevoir des évangélisateurs dès les tous premiers élans de la Mission partie de Terre Sainte, après la naissance de l'Eglise, en 33, lors de la Pentecôte à Jérusalem. Les plus grandes réalisations dans le domaine de la civilisation humaine viendront des efforts incroyable qu'accompliront les moniales et les moines, défrichant, labourant, ensemençant, nos terres encore très sauvages. Et instruisant un peuple que les puissants préféraient garder inculte, histoire d'en faire de bons esclaves... Cela fait plusieurs siècles, hélas, que la belle aventure du Christianisme a prit fin en Belgique - les alliances politiques des envahisseurs ayant arraché notre pays à l'Eglise, comme les autres pays d'Europe après 1054. Et n'y étant plus que quelque dizaines de milliers tout au plus, divisés par dessus le marché entre "juridictions", on ne porte plus guère de fruit comme autrefois les Euchère, Valère et Materne (les 3 premiers), les Eloi, Gertrude, Bavon, Godelieve, Hubert, Gudule, et autre Lambert... Puissions nous enfin nous souvenir des conditions requises pour porter du fruit... Et puisse notre pays là aussi se mettre à réfléchir sur les causes réelles et profondes de certains drames récurrents... Car quand on lache la main de Dieu, qui vient vous prendre la vôtre sans demander votre avis?...

En tout cas, en ces temps bénis où la sainte Eglise répandait le Christ dans tout le pays, les relations inter-communautaires étaient aussi différentes de ce qu'elles ont tendance à être de nos jours. Saint Mommelin (Mummolenus, fête le
16 octobre, + 686), successeur de saint Eloi comme évêque de Tournai-Noyon, était bilingue, parce que comme nous rapporte sa Vita latine, à Noyon on parlait "roman", et à Tournai "teuton". Ami de saint Bertin (fondateur de Sithiu) et de saint Omer (évêque du siège apostolique des Flandres, à Thérouanne), formé comme eux à l'école monastique de saint Colomban à Luxueil. Ami de la reine sainte Bathilde, de saint Amand, de saint Vindicien, etc - son siècle a été le "siècle des saints" en Belgique en particulier - il sera 26 ans évêque de nos régions.
"Nos" régions? Oui. Il faut resituer cela dans le contexte géographique, historique et diocésain de l'époque - quand la Belgique était 30% plus grande en superficie et surtout, répétons-le, Orthodoxe. On se rappelera que le diocèse de Tournai couvrait plus du tiers du pays, et nécessitait un évêque bilingue. Parce que la population d'alors utilisait, déjà, ce qui allait devenir le français et le flamand. Oui, ce diocèse allait jusqu'à Antwerpen (Anvers).

Antwerpen où le 24 janvier 2000, le couple princier nouvellement marié – le prince Philippe 1er de Belgique et la princesse Mathilde – faisait sa "joyeuse entrée" (une belle coutume bien de chez nous, remontant au Moyen-Age). Et où des militants séparatistes ne devaient leur salut ... qu'à leur arrestation par la police. Parce que la population, qu'on présente habituellement comme "pro-séparatisme" à cause du vote "VB", a voulu littéralement lyncher les fauteurs de trouble qui pensaient pouvoir allègrement s'adonner au "crime de lèse-majesté" comme on disait dans le temps.

Comme quoi... Si on regardait un peu mieux du côté de toutes les turpitudes commises par certains élus des partis "traditionnels", on comprendrait la détresse d'une population qui s'exprime souvent par ces votes "extrêmes", seule alternative qu'on lui laisse... Et on comprendrait mieux les appels à une vie honnête, morale, appels que notre bon roi ne cesse de relancer chaque année que Dieu fait, mais apparement sans être entendu des premiers concernés. Mais vient le couple princier, et la population montre bien ce qu'il en est.

Les mains propres, ça ne doit pas être qu'en paroles...
pré-électorales...


Dans son discours à la nation à l'occasion de la fête nationale 2006, sa majesté Albert II roi des Belges a insisté sur la nécessité du multi-linguisme. Cela a toujours été un des atouts majeurs de la Belgique. Le repli communautariste frileux, les tentations ségrégationistes, ne sont pas l'héritage de la Belgique de toujours, mais le fruit pourri de compagnonages politiques sulfureux nés dans l'entre-2-guerres mondiales. Favorisés, il est vrai, par un comportement dédaigneux de certaines "élites" – mais c'était en sens inverse au siècle précédant, et on n'en avait pas pour autant commencé à casser le pays, que du contraire. Prennons dans le passé les bons exemples, ceux "qui marchent", c'est-à-dire ceux qui permettent à un "mieux vivre ensemble", au lieu de ceux qui transforment le pays en "barbelés sur la prairie" (titre d'une célèbre BD de Lucky Luke) et ses habitants en autant de soldats de guerres de tranchées. On ne sait pas vivre dignement dans une tranchée et sous des ruines. Les 3/4 des pays de cette planète connaissant guerres civiles ou externes ou catastrophes climatiques majeures, cela devrait enfin nous faire réfléchir.

Le discours royal :
http://www.monarchie.be/fr/





L'hymne national



















Que saint Michel Archange, saint Colomban de Gand, et toutes les saintes et saints ayant illuminé la terre de Belgique nous bénissent et prient Dieu pour nous. Leve de koning! Leve België! Vive le roi! Vive la Belgique!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Viva la Belgique!

Happy National Day!