"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 juillet 2006

Ecologie & science : présidence Chrétienne du symposium au Brésil

Le symposium de Bartholomée sur
religion, science & environnement.


Le patriarche Bartholomée 1er de Constantinople bénit la mer

Par BRIAN MURPHY, Associated Press, rubrique Religion

Il y a plus d'une dizaine d'années sur une île de la mer Egée, le chef spirituel des Chrétiens Orthodoxes du monde entier a fait une proposition saisissante : que la pollution et les autres atteintes contre l'environnement soient considérés comme péchés.

A l'époque, l'idée lui avait valu un peu plus qu'un surnom – le "patriarche vert".

Ce n'est plus à présent une vue si radicale.

Les attitudes favorables à l'environnement se sont grandement intégrées dans le courant principal de nombre de religions – du clergé musulman exhortant à la préservation de l'eau dans les Etats du Golfe en rapide croissance jusqu'aux prédicateurs évangéliques aux Etats-Unis d'Amérique attirant l'attention sur le réchauffement global.

La semaine prochaine, le patriarche oecuménique Bartholomeos 1er va présider un autre groupe de dirigeants de haut rang, religieux, scientifiques et activistes, dans un voyage pour examiner les interactions entre foi et écologie. Ce voyage d'une semaine au long du fleuve Amazone commencera mardi, et sera le 6ème "voyage vert" de Bartholomeos depuis le premier en 1995 sur l'île grecque de Patmos – où la tradition biblique rapporte que le Livre de l'Apocalypse a été rédigé.

Les efforts de Bartholomeos et d'autres ont donne l'impulsion à une des explorations théologiques les plus animées de ces récentes années – avec les études nouvelles et l'interprétation de l'Ecriture dans le domaine environnemental. Ce mouvement global offre aussi un rare terrain d'entente pour les groupes religieux en cette époque de confrontations qui vont du problème du clergé homosexuel aux méfiances entre le monde musulman et Occidental.

"L'environnement amène un sens de l'urgence et un but partagé que peu d'autres problèmes savent amener," dit Mary Evelyn Tucker, co-fondatrice du Forum sur la Religion et l'Ecologie, un groupe qui entamera des relations avec l'Université de Yale en septembre. "Cela traverse toutes les traditions religieuses."

L'évidence d'une croissance de l'esprit environnemental peut être trouvé dans presque chaque religion.
A New York, la Coalition Juive pour l'Environnement et la Vie ["Coalition on the Environment and Jewish Life"] trace des liens bien clairs entre les traditions du Judaïsme et les luttes pour limiter le réchauffement global. En Chine, en avril, une conférence bouddhiste a exhorté à un plus grand effort dans la protection de l'environnement. D'érudits religieux Hindous ont lancés des signaux d'alarme à propos de retombées environnementales possibles suite à la rapide modernisation en Inde. En Juin [au Vatican], sans pour autant s'étendre sur le sujet, le pape Benoît 16 a dit à la foule sur la place Saint-Pierre de rejeter "les fausses libertés qui détruisent l'environnement et l'homme." En Iran, le grand ayatollah Yusef Saanei a déclaré que c'était "un devoir pour chaque musulman" de protéger l'environnement. Nombre de fatwas, ou décrets religieux, dans le monde musulman, font écho à des citations coraniques rappelant que Dieu à confié aux humains la protection de la terre.

"La religion se transmet par des récits racontés. Ces histoires touchent les gens de manières que les scientifiques, les activistes ou les organisations non-gouvernementales ne parviennent pas," dit Victoria Finlay, porte-parole de l'association "Alliance of Religions and Conservation", un groupe basé à Londres et fondé par le prince Philippe, l'époux de la reine Elisabeth.

"Cela a prit du temps avant que les 2 parties ne commencent à se comprendre. Mais maintenant, les organisations non-gouvernementales et les autres reconnaissent quelle puissant levier la religion sait être."
Parmi les projets actuels de l'alliance, il y a l'encouragement aux imams musulmans du Kenya à dénoncer l'usage très répandu de la dynamite pour la pêche au poisson, afin d'amener au retour aux filets traditionnels, qui attrapent les grands poissons mais laissent les plus petits, encore en âge de croissance, s'échapper.

"L'environnement est un grand sujet qui nous réunit", dit le père James Keenan, un professeur de théologie morale au Boston College, qui s'occupe d'une réunion de plus de 400 chercheurs catholiques-romains qui commence samedi à Padoue, Italie. "Vous ne trouverez plus personne pour dire 'Non, il n'y a pas de relation morale entre la religion et l'environnement.' Toutes les religions peuvent apporter quelque chose à la table."

Le voyage de Bartholomeos est réalisé dans l'espoir d'attirer l'attention des responsables religieux sur les pressions critiques dont est victime l'Amazonie, y compris la destruction de la Forêt Vierge tropicale pour créer de la terre agricole. Un des buts est d'exploiter l'immense écoute dont bénéficient les églises de type pentecôtiste et évangélique au Brésil, qui continuent à attirer des gens de la majorité catholique-romaine.

Aux Etats-Unis, nombre de dirigeants évangéliques ont découvert le message de l'écologie – traçant des liens directs entre le commandement biblique de la bonne gestion de la Terre et l'activisme environnemental.

Le réseau "Evangelical Environmental Network" – bien connu pour sa campagne contre la pollution de l'air "What Would Jesus Drive?" ["Qu'est-ce que Jésus conduirait?"] - a lancé une nouvelle initiative contre le réchauffement global cette année, la "Evangelical Climate Initiative", qui a attiré d'éminents soutiens jusqu'à ce jour, y compris le rev. Rick Warren, auteur du livre à grand succès "The Purpose Driven Life."

Mais il demeure un certain scepticisme dans la communauté évangélique.

Ceux des dirigeants chrétiens qui ont d'étroits rapports avec l'administration Bush, s'appelant eux-mêmes "l'Interfaith Stewardship Alliance", disent que "la science n'est pas assurée au sujet du réchauffement global," et argument en disant que la plupart des évangéliques ne soutiennent pas l'appel pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre. Parmi les soutiens de l'alliance, on trouve James Dobson, fondateur de "Focus on the Family" et le révérend Richard Land, dirigeant de la branche de la politique publique de la "Southern Baptist Convention".

Malgré cela, de petites actions posées montrent le changement de mentalité de nombre de congrégations, comme par exemple l'église Unitarienne à Lewisburg, Pensylvannie, qui veut un nouveau bâtiment.
Ils ont récemment revendu leur bâtiment historique et travaillent avec un architecte spécialisé dans la construction "verte" pour des lieux de culte. Parmi ses techniques, il y a l'usage de matériaux recyclés et l'orientation du bâtiment pour tirer meilleur profit possible de l'illumination naturelle.


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Sur l'internet :

6ème symposium écologique
http://news.rnn.gr/fr/

Le Symposium de Bartholomeos "Religion, Science & Environnement":

http://www.rsesymposia.org/





Brésil : lancement du 6e symposium écologique par le patriarche Bartholomée 1er
http://www.orthodoxie.com/


BBC en 2002 :
Sailing with the Green Patriarch
Saturday, 15 June, 2002, 12:32 GMT 13:32 UK

Même article que traduit ci-dessus sur "Planet Save" :


Green Gospels: Environmental movement in the religious mainstream

"A la Sainte Catherine,
tout arbre prend racine"

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