"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 août 2006

DORMITION DE LA MERE DE DIEU : Homilia sancti Bedae Venerabilis

"Pendant que Jésus parlait ainsi, du milieu du peuple une femme éleva la voix : "Heureux le sein qui t'a porté! s'écria-t-elle; heureuses les mamelles qui t'ont allaité!" Et Jésus de répondre : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique!" Saint Evangile selon saint Luc, chapitre 11, versets 27-28

Homélie de saint Bède le Vénérable
Elle manifeste une grande dévotion et une grande foi, cette femme qui, devant les scribes et les pharisiens qui à la fois tentaient et blasphémaient le Seigneur, reconnaît Son Incarnation mieux que tout autre et avec une telle sincérité, la confesse avec une telle confiance qu’elle confond et la calomnie des grands du jour et la perfidie des hérétiques à venir. Car, de même qu’en ces jours-là, les Juifs, blasphémaient les oeuvres du Saint-Esprit, niaient que Jésus fût le vrai Fils de Dieu, consubstantiel au Père, de même, dans la suite, niant que Marie toujurs vierge, par la vertu opérante du Saint-Esprit, ait fourni la matière de Sa chair au Fils Unique de Dieu qui devait, naître avec des membres humains, les hérétiques ont soutenu qu’on ne devait point reconnaître qu’il fût vrai Fils de l’homme, consubstantiel à sa mère.
Mais, si la chair du Verbe de Dieu naissant selon la chair est déclarée étrangère à la chair de la Vierge Mère, c’est sans raison que le sein qui l’a portée, que les mamelles qui l’ont allaitée, sont proclamés bienheureux. Or l’Apôtre dit: "Car Dieu a envoyé Son Fils, formé d’une femme, formé sous la Loi" (Gal. 4,4). Et l’on ne doit point écouter ceux qui croient devoir lire: né d’une femme, formé sous la loi, mais il est dit : "formé d’une femme", car, conçu par un sein virginal, Il n’a pas tiré Sa chair du néant ou d’une matière extérieure, mais de la chair de Sa mère. Sans quoi Il ne serait pas vrai non plus de le dire Fils de l’Homme, puisqu’Il ne serait pas d’origine humaine. Et nous donc, ayant ainsi parlé contre Eutychès, élevons la voix avec l’Église, dont cette femme est le symbole, élevons aussi notre esprit du milieu des foules, et disons au Sauveur : Heureuses les entrailles qui T'ont porté, et le sein qui T’a nourri. Elle est en effet vraiment bienheureuse, la mère qui, selon l’expression d’un auteur (*), mis au monde le Roi Qui gouverne le Ciel et la terre éterellement.
"Bienheureux surtout ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent". Le Sauveur approuve fort le témoignage de cette femme : il affirme en effet le bonheur, non seulement de celle qui mérita d’enfanter corporellement le Verbe de Dieu, mais assi de tous ceux qui se sont efforcés de concevoir spirituellement ce même Verbe dans la docilité de leur foi, de Le faire naître et, pour ainsi dire, de Le nourrir, en leur coeur ou en celui de leur prochain, par une pratique attentive du bien. Cette même Mère de Dieu, en effet, est heureuse d’avoir été constituée servante temporelle du Verbe en Son Incarnation, mais elle est beaucoup plus heureuse encore, en l’aimant toujours, de Le garder éternellement.

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(*) saint Sedulius, poète Chrétien du 5ème siècle. La référence se retrouve dans l'Entrée de la Liturgie de Rite Orthodoxe Occidental (romain) pour la Fête de la Nativité de la Vierge

Matines de la Dormition, Autel d'une chapelle de Rite Occidental en Belgique - (les cierges de l'Autel ne sont allumés que pour la Divine Liturgie, pas pour les Offices des Heures)


Divine Liturgie de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie - paroisse grecque-orthodoxe Hagia Barbara, Chatelineau (B) Prêtre concélébrant de passage chez nous : p. Ioannis Kyprianon, de Chypre

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