"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 octobre 2006

L'Unité de l'Église et le p. Schmemann

Sujet : l'unité organique de l'Église. Pour ce qui est de l'unité théologique, l'Église est bien entendu Une. Remplacez dans le texte ci-dessous "Amérique" par Europe, et voyez comme le p. Alexander Schmemann est vraiment génial : ça marche aussi pour chez nous!

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[..] Nous savons tous, bien entendu, que pour la renaissance des années 50 et 60, l'accent a été mis sur la recherche d'une unité organique, c'est-à-dire institutionnelle, une unité canonique visible de l'Église Orthodoxe sur ce Continent : vaincre la fragmentation juridictionnelle, le centrage ethnique, l'inutile empiétement, de tout ce qui des décennies durant, s'est trouvé en contradiction avec notre conviction commune que l'Église Orthodoxe est la véritable Église et non pas simplement une collection de diverses traditions nationales et ethniques. C'est en relation avec cette ultime étape, et en réaction à elle, que notre renaissance n'a pas abouti.
Mais cher ami Orthodoxe, je souhaite partager avec vous ma conviction que cette "fin", en réalité, constitue le début d'une nouvelle ère dans la vie de l'Église, une nouvelle ascension dans le mystère de l'unité. Sans cette "fin", nous n'aurions jamais eu à faire face aux véritable problème devant nous. Pourquoi donc? Parce que tous nos efforts pour atteindre le but ultime – l'unité organique de l'Orthodoxie dans ce pays – et pour répondre à la demande canonique pour l'unité de l'épiscopat, pour un synode américain des évêques, etc, ont été en échec et se sont révélés impossibles. Ils étaient impossibles non pas à cause de quelqu'intrigues cachées, de groupes de pression, d'inertie générale, mais plutôt parce qu'avancer au long de ce cheminement ne demandait pas seulement des talents diplomatiques, des compromis, des arrangements financiers, mais avant tout, le don de l'Esprit Saint, une foi renouvelée, un sens sacrificiel de l'obéissance. C'est cette dimension céleste d'un projet terrestre qui nous a tous immobilisés au moment même où nous avions découvert notre unité, découvert que nous avions besoin de "l'Amen" divin, une Pentecôte, un acte d'obéissance qui nous aurait rendus libres.
L'unité organique ne sera jamais atteinte par la diplomatie et la bureaucratie, aussi essentielle et nécessaire puisse-t'elle être pour l'Église; tout cela appartient "à ce monde", et il y a une contradiction interne dans tous ces efforts pour guérir, édifier et remplir l'Église par le biais des moyens de ce monde déchu et fragmenté.
Dès lors, j'en viens au point ultime, et pour moi, le plus important. La fin apparente de la renaissance n'est pas une défaite ou un échec, mais l'inévitable étape vers la victoire. Cela nous a forcé à chaque niveau à découvrir que nous étions un. Cela nous a réunis, même si parfois uniquement dans le désaccord. Ce que nous avons réalisé est la vérité toute nue : toutes les conversations à propos de l'organisation future de l'Orthodoxie en Amérique auraient été vaines et insignifiantes si nous n'étions pas l'Église. Et le fait que nous sommes l'Église est exprimé et réalisé dans notre communion eucharistique. Il aurait pu être très utile, très nécessaire même, que nous discutions en détail des divers problèmes ecclésiaux. Mais lorsque le Christ nous touche avec la lumière et la joie de notre ascension avec Lui au Royaume de Dieu et à la table du Seigneur, alors nous comprenons la véritable portée de l'Orthodoxie en Amérique. La défaite est transformée en victoire. La mort est détruite par la mort. La peur est anéantie par la joie. Les ténèbres font place à la lumière. La souffrance devient un chemin vers le Christ. Tel est, pour nous, la signification de l'Église, et nul ne saurait y échapper. Je ne sais pas ce que chacun d'entre nous doit faire à la lumière de ce qui a été dit, mais Dieu Lui-même révèle à chacun d'entre nous ce qu'Il attend de nous. A travers la "petite voix, le souffle ténu" biblique, nous Chrétiens devons redécouvrir notre Foi et retrouver notre véritable vocation. En même temps, souvenons-nous que notre véritable vocation a déjà été définie : "Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis à Dieu" (1 Pierre 2,9). Ainsi que dans ces paroles de Paul si belles et si uniques :"... Tout est à vous! Mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu" (1 Corinthiens 3,22b-23).
(extrait de : "The Orthodox Church" , November 1983, p. 2)


La Première Cène
origine : home.vicnet.net.au/~ccb/images/icon_galovic.jpg

merci/thank you : "bigbyrd at hushmail com" :
"En vérité, c'est la venue et la présence du Christ dans l'Eucharistie qui est pour l'Église la "preuve" de sa Résurrection. C'est la joie et la brûlure du coeur ressenties par les disciples sur la route d'Emmaüs, quand le Christ se révéla à eux dans la fraction du pain (Lc 24,13-35), qui sont pour l'Église la source éternelle de la connaissance "expérimentale" et "existentielle" de la Résurrection. La Résurrection, en effet, personne ne l'a vue, et cependant les disciples y ont cru, non parce que quelqu'un le leur avait enseigné, mais parce qu'ils virent le Christ ressuscité quand, les portes étant fermées (Jn 20,19), il apparut parmi eux et partagea leur repas."
(tiré de "La Liturgie des Présanctifiés" par le Père Alexandre Schmemann)

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