"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 novembre 2006

Comment voulons-nous mourir? - testament de vie, éthique et spiritualité


Déclarations Anticipées (1)
Par le prêtre Jean Breck
Septembre 2006, Article # 2
http://www.oca.org/CHRIST-life-print.asp?ID=115

Introduction : Comment voulons-nous mourir? Bien que nous n'ayons pas de parole définitive à cet égard, une Déclaration Anticipée peut offrir une guidance de choix à ceux qui pourraient nous accompagner à travers la dernière étape de la vie.

Dans la culture nord-américaine [et occidentale en général; ndt] il est particulièrement difficile de parler de la mort et du processus qui y mène. Pourtant, tôt ou tard, la plupart d'entre nous aurons à prendre des décisions au sujet des soins de fin de vie que nous voudrions pour nous-mêmes ou pour nos proches. Il pourrait nous arriver de mourir soudainement, dans un accident de voiture ou d'une crise cardiaque. Cependant, de nos jours, un nombre croissant d'entre nous meurent à l'hôpital ou dans un centre de vie assistée, loin de la maison et n'étant accompagnés, si c'est seulement le cas, que par les plus proches amis ou membres de la famille. Qui prendra les décisions finales concernant la manière dont nous mourrons? Et sur quelles bases?
La question est cruciale, parce que la technique médicale a fait des progrès au point que des personnes peuvent être "maintenues en vie" même lorsque (dans le langage liturgique) "l'âme lutte pour quitter le corps." D'un côté, nous ne voulons pas amener à une mort prématurée. L'Église résiste à juste titre et condamne les actuelles pressions en faveur de l'euthanasie et du suicide médicalement assisté. D'un autre côté, les "exploits médicaux" du genre "garder le patient à tout prix en vie" représentent un protocole souvent suivi pour éviter des complications légales, plus que par véritable souci du bien-être du patient. Comment, en effet, souhaitons-nous mourir?
In fine, chacun d'entre nous aura à répondre à la question pour lui-même, dans la mesure où nous avons les moyens de prendre les décisions concernant les soins finaux que nous souhaiterions recevoir. Certains de nous veulent pouvoir bénéficier autant que possible des diverses mesures thérapeutiques, afin de prolonger la vie au maximum. Cela peut être motivé par le désir de passer le plus de temps possible avec ceux qu'on aime, ou d'avoir du temps pour se préparer spirituellement à mourir, en cherchant la réconciliation et se dévouant à la prière. Ou cela peut tout simplement être pour éviter la mort aussi longtemps que possible. D'autres, en particulier ceux dont la qualité de vie a diminué de manière significative du fait de souffrance physique et/ou émotionnelle, préférerons renoncer au traitement une fois le stade final atteint, et permettre à la mort de venir de la manière la plus facile et naturelle possible. Entre ces 2 perspectives, il y a toute une étendue de réponses que nous pourrions avoir face à la perspective d'une mort imminente.
En tout cas, vu les possibilités et les défis de la technologie médicale actuelle, il semble recommandable que chacun d'entre nous prépare sa mort en rédigeant des Dernières Volontés ou quelqu'autre forme de Déclarations Anticipées (DA) en matière de soins de santé. [1]
On peut se procurer des documents approprié dans des cabinets juridiques, des hôpitaux, et certains organismes officiels. Il faudrait distribuer une copie de ces documents [une fois complétés] aux proches familiers, au médecin de famille et au clergé. En eux-mêmes, cependant, de telles déclarations peuvent parfois se révéler sans effet. De même que l'équipe médicale peut ignorer un avis de demande de non-acharnement thérapeutique se trouvant dans le dossier du patient, étant occupés à se presser avec les soins de réanimation d'urgence, eux et d'autres peuvent ignorer, ou oublier, un document de Déclarations Anticipées, aussi soigneusement qu'il aie pu avoir été complète et bien confié à ceux sur qui nous comptons pour défendre nos intérêts. Dès lors, il est essentiel qu'en plus de ces déclarations, nous donnions à une personne de confiance – épouse/époux, enfant, prêtre, vrai ami – une procuration légale en matière de santé. Cela signifie que quelqu'un nous accompagnera lors de notre mort, afin de garantir autant que possible que nous recevrons la sorte et la qualité de soins que nous volons, comme indiqué par les déclarations.
Les prérequis pour les "testaments de vie" et autres "déclarations anticipées" diffèrent selon le pays où l'on vit, de même que le moyen de désigner un mandataire en matière de santé.
Souvent, [là où ils existent; ndt] les documents officiels permettent de signaler ce mandataire. Il est important aussi de se tenir au courant de procédure de révocation de ce mandat. Normalement, il suffit de détruire la déclaration (en avertissant la personne concernée), ou d'y substituer une déclaration écrite exprimant l'intention de révocation. Une révocation verbale est habituellement suffisante si elle est faite auprès du médecin qui traite le cas, et peut être faite par le mandataire si le patient n'en a pas les moyens.
Une question qui doit être examinée concerne la signification de "maladie en phase terminale." Cette expression est typiquement utilisée pour parler d'un patient dont le médecin traitant attend le décès endéans les 6 mois. C'est une trop longue période pour que cela aie du sens. "Phase terminale", cela devrait faire référence à quelqu'un qui, du point de vue médical, est "rentré dans le processus de décès"; c'est-à-dire, qui va sans doute mourir de quelque traumatisme ou pathologie endéans les jours ou semaines à venir, sans tenir compte d'une intervention divine ou d'un rétablissement normalement imprévu.
Les déclarations anticipées sont appropriées pour les patients dans cet état terminal. Elles stipulent les éventuelles applications de technologie médicale souhaitées par le patient – par exemple dialyse, aide respiratoire, antibiotiques, alimentation intraveineuse, transfusions; et elles permettent au patient d'opter pour des soins purement palliatifs, c'est-à-dire des soins médicaux dont le but n'est pas tant de guérir que de soulager la douleur et autres soulagements alors que le processus de mort continue son avancée.
Dans l'article suivant, nous reproduirons un document de Déclaration Anticipée de Soins de Santé, fourni par le "Center for Bioethics and Human Dignity." C'est un formulaire générique bien conçu que nous pourrions utiliser (et modifier) à souhait. Vu les traumatismes souvent associés aux procédures médicales modernes – la réanimation cardio-pulmonaire, par exemple, qui cause en particulier aux personnes âgées plus que quelques côtes cassées, ou la chimiothérapie dans les cas de cancer avancé – nombre de gens en viennent à réaliser qu'une mort "sans douleur, irréprochable et paisible", libre d'intervention technologique, est bien plus souhaitable, tant spirituellement que physiquement, qu'une [vie pareillement] artificiellement prolongée par les capacités vraiment extraordinaire de la médecine moderne.
La question à laquelle chacun d'entre nous a besoin de répondre par le biais de Déclarations Anticipées est la suivante : jusqu'à quel point est-ce que ces capacités technologiques miraculeuses appropriées et souhaitables pour nous, dans notre situation immédiate? Peuvent-elles nous conserver une possibilité raisonnable de guérison? Ou vont-elles simplement prolonger et intensifier le processus d'agonie, et inutilement retarder notre passage vers la plénitude et la joie de la vie au-delà?
prêtre Jean Breck
*-*-*-*
[1] Rappelons qu'en Belgique, la Loi fait de tout défunt un donneur d'organes "de facto" à moins qu'il ne s'y soit opposé de son vivant. D'autres mesures législatives devraient suivre, rendant ces "testaments de vie" plus nécessaires que jamais.
http://www.wallonie.be/fr/citoyens/home/sante_prevention_securite/


Déclarations Anticipées (2)

Par le prêtre Jean Breck
Octobre 2006, Article # 1
http://www.oca.org/CHRIST-life-print.asp?ID=116
Introduction : Chacun d'entre nous devrait décider quel type de soin médical il voudrait, une fois "en phase terminale." Voici quelques suggestions pour spécifier nos souhaits.

Un exemple particulier de "Déclaration Anticipée pour soins de fin de vie" est le document concernant le refus ou l'arrêt d'un appareil médical de maintien en vie. Une déclaration typique commence par le nom de la personne, suivit par une demande telle que la suivante : "Si mon état médical est considéré comme 'terminal' [ajout optionnel : ou je suis considéré comme devant me retrouver définitivement inconscient (p.ex. dans un état de 'profond coma' ou 'état végétatif permanent')], je demande à ce qu'on me permette de mourir et qu'on ne me maintienne pas en vie par des appareils médicaux."
Suivra une liste des protocoles qui pourraient être initiés, en fonction de l'état médical du patient. Cela pourrait comporter des mesures telles que l'intubation endotrachéale (insertion d'un tube respiratoire), la ventilation artificielle (utilisation d'un respirateur artificiel), dialyse rénale ou péritonéale, alimentation artificielle (insertion d'un tube pour nourrir), radiation et chimiothérapie, transfusion sanguine, et antibiotiques. La personne pourrait mentionner si de telles mesures sont "souhaitées" ou "non-souhaitées", ou "à être essayées et arrêtées s'il n'y a pas d'amélioration." On peut aussi y opter pour des "soins palliatifs", qui ne cherchent pas tant à guérir qu'à soulager la douleur et la détresse, tant mentale que physique. Pour fini, le formulaire demande si la personne autorise le don d'organes, et prévoit de mandater un responsable pour la santé avec procuration durable. (Ces éléments-ci, et d'autres, peuvent bien entendu être écrits sous forme de simple lettre, signée par la personne concernée; il n'est pas nécessaire d'avoir un formulaire officiel.)
Toute déclaration anticipée devrait comprendre une demande pour que la personne en phase terminale puisse recevoir les soins pastoraux d'un prêtre approprié. Pour les Chrétiens Orthodoxes, selon l'état de conscience et de capacité, il faudrait aussi spécifier le désir de se confesser et de recevoir la Communion eucharistique.
Ce document doit être signé et attesté – peut-être même le faire via notaire – en ayant au moins 2 témoins qui ne sont pas en relation avec le signataire de la Déclaration Anticipée, qui n'ont aucune responsabilité en matière de santé ou de relation financière avec le signataire, et qui n'auront aucun avantage financier (par héritage, assurance-vie, etc) à la mort du signataire. Puisque les États ont établit chacun leurs propres conditions pour les Déclarations Anticipées, y compris le choix des responsables, il est important de se renseigner auprès du Ministère de la Santé local, et peut-être aussi de consulter un juriste pour toute clarification requise.
Un bon exemple de DA, qui peut être modifié à souhait, est fournit par le "Center for Bioethics and Human Dignity" (http://www.cbhd.org) 2065 Half Day Road, Bannockburn, IL 60015, Phone: 847-317-8180, Email: info@cbhd.org.
On trouvera un aperçu utile de l'AD, avec une déclaration de désir de mort naturelle et de formulaire pour mandater un responsable de soin de santé, à l'adresse suivante : http://www.state.sc.us/dmh/804-97.htm
Avant de signer une DA, il est important que nous discutions, en profondeur, avec des personnes qui peuvent nous aider à faire les bons choix au sujet de la prise en charge de notre fin de vie. En premier lieu, ce sera notre père spirituel, ou quelqu'autre membre du Corps du Christ en qui nous avons confiance, qui nous connaît et peut nous guider vers une véritable "fin de vie Chrétienne." Parmi les autres personnes à consulter, il y aura le médecin de famille et les membres de la famille, en particulier ceux qui dépendent de nous, financièrement ou d'une autre manière.
Les Déclarations Anticipées servent principalement pour protéger notre bien-être personnel contre des procédures médicales envahissantes qui représentent plus une charge qu'un bénéfice lorsque nous sommes en phase terminale de notre vie. Un responsable avec procuration durable peut représenter nos intérêts auprès de l'équipe médicale (et, si besoin était, devant les tribunaux) lorsque nous devenons "incapable" et ne pouvons plus parler pour nous-mêmes. Le choix d'un tel responsable est crucial. Ce qui est requis, ce n'est pas seulement un médiateur. C'est avant tout un ami et un compagnon, un frère ou une soeur en Christ en qui nous avons confiance, qui nous accompagnera fidèlement et dans l'amour au long de ce difficile chemin qui mène à travers "la vallée des ombres de la mort" jusqu'à la radieuse Lumière du Royaume de Dieu.
prêtre Jean Breck

*-*-*-*-*
Entrevue vidéo du p. Jean Breck
http://www.orthodoxie.com/2006/10/interview_vido_.html

Académie Suisse des Sciences Médicales
Principes médico-éthiques de l'ASSM
http://www.samw.ch/docs/Richtlinien/f_DroitPatients.pdf

Avis concernant l'arrêt actif de la vie des personnes incapables d'exprimer leur volonté - avis n°9 du 22 février 1999 - Belgique, ministère fédéral "SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement" : exposé du problème (décisions médicales en fin de vie, législation, définitions et classifications des personnes incapables d'exprimer leur volonté), prises de position éthique (examen des différentes situations, légitimité éthique), réponse à la question du législateur, synthèse des 2 avis sur l'opportunité d'une modification législative en matière d'euthanasie et d'arrêt actif de la vie des personnes incapables.
http://www.health.fgov.be/bioeth/fr/avis/avis-n09.htm

https://portal.health.fgov.be/
https://portal.health.fgov.be/pls/portal/url/ITEM/1424A115C2CC2171E0440003BA383584

Le Testament de vie, informations du Québec

(les aspects légaux varient selon les pays)

En Belgique, où on protège moins la vie que ceux qui l'enlèvent à autrui, on a légalisé les pratiques qu'Hitler et ses sbires avaient mises au point. Certaines associations athées proposent dès lors des "testaments de vie"... qui ne sont que des appels à la mort.
Cherchez l'erreur.
Les notaires sont habilités à enregistrer de telles dispositions - je présume et espère que le droit à l'objection de conscience leur aura été laissé, pour le moment au moins.
http://www.notaire.be/info/successions/306_testament_de_vie.htm
http://www.notaire.be/info/successions/300_devolution_testamentaire.htm

L'acte de suppression médicale volontaire de la vie, vu par l'Église:
http://stmaterne.blogspot.com/2006/08/euthanasie-compassion-ou-intrt.html

La Libre Belgique : EUTHANASIE - Votée, la déclaration anticipée
ANNICK HOVINE
Mis en ligne le 06/02/2001
http://www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=9125

Euthanasie - «Cette loi ne mènera qu'à la confusion»
PAR ANNICK HOVINE
Mis en ligne le 06/02/2001
Le médecin et sénateur PRL Alain Destexhe ne mâche pas ses critiques à l'égard de l'article 4 de la loi Mahoux et consorts, mais conteste surtout la philosophie générale du texte
http://www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=9108

En Belgique, le "testament de vie", "testament biologique" ou "déclaration anticipée" est un document dans lequel l'on consigne ses volontés quant aux soins médicaux que l'on souhaite ou pas recevoir dans le cas où, suite maladie ou accident, l'on se retrouverait hors d'état de prendre ou d'exprimer soi-même une décision.
Depuis 2002, il a valeur légale en Belgique. Les indications qu'on y retrouve sont importantes pour les médecins ainsi que pour la famille. Chacun a le droit de refuser un traitement médical, même si ce refus de recevoir les soins doit entraîner la mort ou précipiter l'agonie. Nul médecin ne peut imposer un traitement à un malade qui le refuse.
C'est l'adoption des lois relatives à l'euthanasie et aux droits du patient qui ont apporté une certaine valeur légale à la "déclaration anticipée".
Dans la déclaration, on peut désigner au moins une personne chargée de représenter le signataire et de s’exprimer en son nom. La loi relative aux droits du patient préserve ces droits au cas où l'on deviendrait incapable de s’exprimer.
C'est de ce genre de document que parle le père Jean dans ses 2 textes : éviter, le cas échéant, l'acharnement thérapeutique. On peut ne plus être en état d'exprimer sa volonté et souhaiter que le refus de traitement soit respecté. Il est important de noter que contrairement à d'autres législations, en Belgique, si un mandataire a été désigné, et si ce dernier peut prouver que la volonté du patient serait un refus de traitement, alors la loi oblige le médecin à respecter cette volonté. Ce qui n'a rien à voir avec l'euthanasie, où pour l'instant encore le droit à l'objection de conscience est en théorie reconnu au médecin. Les questions philosophiques ne sont pas abordées dans ces documents. D'où l'importance de l'avis du père Jean : tenir son prêtre de paroisse averti.

Intéressant à lire pour comprendre l'esprit et la philosophie sous-jacente à la loi qui a été votée en Belgique, la proposition de la loi au Sénat, en 1996
http://www.senate.be/

Un avis catholique-romain : "le testament biologique"
http://repchret.chadcom.org/francais/volume1/evangelisation/&0tesbio.htm
Je ne souscris en rien à cette idée horrible que la douleur aurait une "valeur" aux yeux de Dieu; c'est leur opinion, leur problème, je n'en discuterai pas.
Bien que très juridique, le restant de l'article ne manque pas d'intérêt.


LEGALISATION DE L’EUTHANASIE: Les arguments du débat
Etienne MONTERO, Professeur aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (Faculté de Droit)
http://www.amdg.be/pn/pn00-2c.html

Le Vif / L'Express – "Titel, une banque de données euthanasie pour médecins"
16 / 10 / 2006
http://www.levif.be/belga/BelgaNieuws.asp?ArticleID=68526&SectionID=10

Le groupe de musique pop-rock Irlandais "U2" soutien les soins palliatifs
http://www.u2france.com/
(et Elton John aussi, pour une fois il ne dit pas que des âneries)

Source du tuyau U2 : Blog Palliatif
http://blog.palliatif.org/index.php/

Une fin de vie pour enfants qui ne ressemble pas à un cauchemard de chambre à gaz :
Edouard et ses étoiles
http://www.fondationedouardetsesetoiles.com/collecte.html


Ne ruinez pas votre mort
http://www.orthodoxytoday.org/articles6/KapsalisLife.php
Par John Kapsalis

Il y a quelques années d'ici, un film pour enfants parlait d'une famille de super héros appelés "Les Indestructibles" explorait des thèmes comme la famille, l'honnêteté, les valeurs. Dans une scène, un homme tente de se suicider en se jetant d'un haut bâtiment avant de se retrouver in extremis sauvé par M. Indestructible. Au lieu de faire preuve de gratitude, l'homme traîne m. Indestructible en justice parce que, dit-il, "vous avez ruiné ma mort."
Tout au long de notre vie, on nous matraque avec l'idée que la manière dont nous vivons sera la manière dont nous mourrons. Si nous menons une vie trépidante, nous mourrons probablement plutôt vite. D'un autre côté, si nous menons une vie en nous bourrant de vitamines et de méditation, nous vivrons pour toujours. Si nous suivons ce que font les gens célèbres, faisant les mêmes exercices qu'eux, élevant nos enfants de la même manière, alors nos vies seront florissantes et refléteront "la réalité que nous voyons à la télévision." Il est facile de se laisser entraîner par ce tourbillon. Si nous parcourons les chaînes à la télévision, avant même de s'en rendre compte, et une envie médiocre commencera à bourgeonner et nous penserons que nous avons besoin de vivre de la même manière que ce que nous voyons.
Le genre de vie général n'est pas différent dans les cercles Chrétiens. Soyons réalistes. La plupart d'entre nous vivons un christianisme hédoniste, ou alors nous simulons l'ascétisme. Aucun des deux ne marche vraiment. Nous portons sur nous notre style de vie comme un vêtement de mensonges, parce que nous n'avons jamais appris comment achever notre vie.
La vérité est que notre style de mort détermine notre style de vie. La pensée de la mort, aussi saisissant que cela puisse sembler, est libératrice parce qu'elle nous force à nous concentrer sur le vécu.
Nombre de grands saints de l'Église ont sans cesse répété que nous devrions nous souvenir de notre mort. Pourquoi? Parce qu'à défaut de prévoir comment nous quitterons ce monde, nous allons nous retrouver à y errer sans but, nous souciant d'un million de petites choses mais n'y changeant rien. Saint Irénée a écrit : "La préoccupation du Chrétien n'est rien d'autre que toujours se préparer à la mort."
Lorsque nous savons le genre de mort que nous voulons, nous saurons le genre de vie que nous voudrons mener. "Puis donc que toutes ces choses sont destinées à se dissocier, quelle ne doit pas être la sainteté de votre conduite et votre piété?" demande l'Apôtre Pierre (2 Pierre 3,11).
Qu'est-ce qu'une vie sainte? Saint Jean Climaque la décrivait de la sorte : "Faites tout le bien que vous pouvez. Ne dites du mal à personne. Ne volez personne. Ne racontez nul mensonge. Ne méprisez personne et ne portez nulle haine. Ne vous séparez pas des assemblées de l'église. Faites preuve de compassion envers les nécessiteux. Ne soyez cause de scandale à personne. Tenez-vous loin du lit d'autrui.. Si vous faites tout cela, vous ne serez pas loin du Royaume des Cieux." Saint Isaïe l'Anachorète conseillait : "Celui qui réfléchit chaque jour et qui se dit à lui-même que c'est la dernière journée qu'il lui reste en ce monde, ne péchera jamais contre Dieu."
Nous sommes supposés nous changer nous-mêmes, tout un chacun que nous rencontrons, et même le monde. Le Christ nous ordonne de nous relever et de nous mettre en route! Quelle défense adopterons-nous à l'heure de notre mort? Est-ce que la nuée de témoins attesterons de notre vie si accablante? Saint Jean Damascène écrivait : "Elles sont vaines, toutes ces choses humaines qui n'ont nulle existence après la mort." Quitterons-nous ce monde ayant mené la grande vie ou ayant mené une bonne vie?
En 2004, Steve Jobs, le grand patron d'Apple Computer, se vit diagnostiquer une rare forme de cancer. Heureusement, on put le soigner et à présent il est en bonne santé. Il reparla de son expérience à une classe d'étudiants à l'Université de Standford:
"Me rappeler que j'allais bientôt être mort est l'outil le plus important que j'aie rencontré pour m'aider à faire les grands choix dans la vie. Parce que presque tout – toutes les attentes externes, toute fierté, toute crainte ou embarras ou échec – toutes ces choses s'évanouissent en face de la mort, ne laissant que ce qui est vraiment important. Vous rappeler que vous allez mourir est la meilleure manière que je connaisse pour éviter le piège de penser que vous auriez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nu."
Si nous ne voulons pas que notre vie s'évanouisse, alors nous devons nous voir au-delà de cette vie. Aucune des choses sans lesquelles nous ne pensons pas pouvoir vivre sont sans signification au-delà de cette vie. Anthony Bloom disait "On ne sait rien emmagasiner – rien sinon le Royaume de Dieu lui-même." Souvenez-vous de votre mort à venir, et regardez votre vie.
John Kapsalis has an M.T.S from Holy Cross Greek Orthodox School of Theology.

30/9/2006
Merci, mon Dieu!
(action de grâce d'un cancéreux en phase terminale)
Dernier sermon du Protopresbytre Alexander Schmemann, ancien Doyen du Séminaire Saint-Vladimir (Le p. Alexander était atteint d'un cancer)
Le père Alexander Schemann a célébré pour la dernière fois la Divine Liturgie le jour de "Thanksgiving" [célèbre fête américaine remontant à l'époque de l'installation des colons européens du 17ème siècle]. Cela lui convenait parfaitement puisque le père Alexander a dévoué toute sa vie à enseigner, écrire et prêcher à propos de l'Eucharistie – et le mot grec "eucharist" signifie [en anglais] "thanksgiving" [action de grâce]. A la fin de la Liturgie, le père Alexander a sortit de sa poche un petit sermon écrit, sous la forme d'une prière, qu'il a lu. C'était quelque chose d'étrange, car le père n'avait jamais préparé ses homélies liturgiques par écrit, mais les improvisait. Voici ses paroles, qui se trouvèrent être les dernières qu'il prononça de l'ambon dans l'Église. Le père Alexander s'endormit dans le Seigneur le 13 décembre 1983, soit 20 jours plus tard. Mémoire éternelle!

Merci, Ô Seigneur!
Quiconque est capable de gratitude est apte au Salut et à la joie éternelle.

Merci, Ô Seigneur, pour avoir accepté cette Eucharistie, que nous avons offerte à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, et qui a rempli nos coeurs de joie, de paix et de la vertu du Saint Esprit.
Merci, Ô Seigneur, pour T'être révélé à nous et nous avoir donné un avant-goût de Ton Royaume.
Merci, Ô Seigneur, pour nous avoir unis les uns aux autres en Te servant, Toi et Ta Sainte Église.
Merci, Ô Seigneur, pour nous avoir aidé à surmonter toutes les difficultés, tensions, passions, tentations, et avoir restauré la paix, l'amour mutuel et la joie en partageant la communion du Saint Esprit.
Merci, Ô Seigneur, pour les souffrances que Tu nous a permises d'endurer, car elles nous purifient de notre égoïsme et nous rappellent "l'unique besoin", Ton Royaume éternel.
Merci, Ô Seigneur, pour nous avoir donné ce pays où nous sommes libres de T'adorer.
Merci, Ô Seigneur, pour cette école, où le Nom de Dieu est proclamé.
Merci, Ô Seigneur, pour nos familles : époux, épouses, et en particulier, les enfants, qui nous enseignent comment célébrer Ton Saint Nom dans la joie, le mouvement et un saint vacarme.
Merci, Ô Seigneur, pour chacun et pour tout.
Car Tu es grand, Ô Seigneur, et merveilleuses sont toutes Tes oeuvres, et il n'y a pas de mot suffisant pour célébrer Tes miracles.
Seigneur, qu'il est bon d'être ici! Amen.
In : "The Orthodox Church", Vol. 20, N° 2, Février 1984, p. 1:1
enluminure de l'Evangéliaire de Reichenau, 11ème siècle, le Christ ou l'Agneau, entouré des 4 Evangélistes

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