"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 novembre 2006

Grandir en Christ (1 Thes. 4)

Prêtre Patrick Henry Reardon
Samedi 11 novembre

1 Thessaloniciens 4:1-8: "Au reste, frères, vous avez appris de nous comment vous avez à vous conduire pour plaire à Dieu, et c'est là ce que vous faites; mais nous vous prions et conjurons au nom du Seigneur Jésus de faire mieux encore. Vous savez, en effet, quels préceptes nous vous avons donnés au nom du Seigneur Jésus. Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification, c'est que vous évitiez l'impureté; c'est que chacun de vous sache garder son corps dans la sainteté et l'honnêteté, sans l'abandonner aux passions déréglées, comme font les païens, qui ne connaissent pas Dieu; c'est que, en cette matière, personne ne violente ou ne fraude son frère, car le Seigneur fait justice de tout cela, comme nous vous l'avons déjà dit et attesté. Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté, mais à la sainteté. Mépriser ces préceptes, c'est mépriser non point un homme, mais Dieu, qui a déposé en vous son Esprit-Saint."

Paul exhorte les Thessaloniciens à porter toujours plus de fruit (versets 1-2). Cette idée de croissance est fréquente chez Paul, pour qui la condition Chrétienne de justification est moins un "état" qu'une possibilité dynamique de croissance dans le Saint Esprit. Le "mieux encore" (mallon) apparaît 7 fois en Romains, 8 fois en 1 Corinthiens, 2 fois en 2 Corinthiens, 5 fois en Philippiens, et une fois encore en Galates, Éphésiens, 1 Thessaloniciens, 1 Timothée, 2 Timothée, et 2 fois dans la petite lettre à Philémon.

La fréquence de ce simple adverbe grec suggère quelque chose de comment Paul a expérimenté la vie en Christ. Cela n'avait pas de limites, ni en connaissance, ni en amour. Dès lors, il ne tente pas de "définir" ce qu'est un disciple du Christ,
parce que "définir" signifier "déterminer les limites de." Appartenir au Christ est quelque chose sans limites, parce que le Christ n'a pas de limites.

Pour cette raison, saint Jean Chrysostome commente ce verset, comparant l'âme à une terre fertile : "Car autant la terre ne doit pas porter ce qui se trouve dessus [les graines semées], ainsi l'âme ne doit pas s'en tenir aux choses qui lui ont été inculquées, mais doit aller au-delà d'elles."

L'image de la semence semée en terre est célèbre, bien sûr. La parabole du Semeur enseignée par le Seigneur n'est qu'une de ses utilisations.


Le p. Patrick Reardon est le pasteur de l'Église orthodoxe Antiochienne de Tous les Saints à Chicago, Illinois (USA), et éditeur principal de Touchstone : a Journal of Mere Christianity. Il est aussi l'auteur de "Christ in the Psalms" et "Christ in His Saints" (ces 2 livres étant publiés par Conciliar Press).

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saint Martin de Tours partageant son manteau, fresque de la cathédrale de Tours, France

Publié en la fête de saint Martin de Tours, notre père dans la Foi, père du système des paroisses rurales dans les Gaules, y compris en Belgique.

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