"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 novembre 2006

Le peuple des avortés et l'Église du Christ

Le peuple des avortés
http://www.sfaturiortodoxe.ro/orthodox/orthodox_advicesPour jauger la santé d'une nation, vous pouvez vous faire une idée en observant les lois qu'elle suit. Quand bien même, dans nombre de cas, ce n'est pas dans le pouvoir du peuple d'adopter ou de changer quelque principe spécifique, il y a toujours la réaction que les gens ont à leur égard.
Il n'y a pas longtemps d'ici, nous avons été témoins de l'adoption de la loi au sujet de la légalisation de l'avortement. En fait, ce qui s'est passé, c'est la légalisation d'une réalité, une triste réalité, qui a été quelque part "légalisée" d'elle-même. En pratique, personne n'avait besoin de cette loi pour faire une chose, qui est accomplie avec sérénité par nombre de femmes. C'est pourquoi la légalisation de cette forme de crime était plutôt un examen de cruauté, examen qui n'a été raté que par certains de nos parlementaires.
L'année dernière, il y a eu beaucoup de tapage à propos d'une loi au sujet de l'étude de la religion à l'école. En tant que membre de la commission de la métropole de Moldavie, fondée pour ces affaires, j'ai eu beaucoup de discussions avec les représentants du Ministère de l'Éducation. Ces derniers exprimaient avec beaucoup de sincérité leur antipathie envers l'idée de l'étude de la religion comme branche scolaire.
Honnêtement, partant de nos réalités, moi non plus je ne soutiens pas l'enseignement de la religion à l'école. Mais mes motifs diffèrent de ceux du Ministère de l'Éducation. Ils consentaient à ce que tout soit enseigné à l'école, y compris un monstre tel que "l'éducation moralo-spirituelle" proposée par le projet du Ministère, mais tout sauf la religion.
Peut-être que nous y devenons habitués ou peut-être que nous ne réalisons pas, mais le fait que l'Évangile nous effraye plus que le sang des enfants non-nés, c'est un signe d'aliénation.
Nikita Stanescu exprima un jour la profondeur de son affliction par les vers suivants : "Ma tristesse est si grande, d'entendre que les chiens avortés aboient après les enfants avortés." Le monde de ces gens non-nés devient toujours plus grand. Je pense que si nous pouvions entendre ce que Stanescu a entendu, nous trouverions qu'il n'y a pas assez de chiens avortés à aboyer après les enfants avortés. Parce que les gens ont appris à commettre des avortements, mais les chiens, pas encore...
Flux, 29 Juin 2001




Les Saints et l'Église s'expriment sur l'avortement

Ce qui suit représente l'enseignement de l'Église depuis le début du 2ème siècle jusqu'au 5ème siècle. Notez que les pénalité, lorsqu'elles sont données, ne sont ni du domaine civil, ni du domaine pénal, mais ecclésiastiques et pastorales (l'excommunication a pour but d'induire la repentance). Notez aussi que ces citations ont trait tant à l'avortement provoqué chimiquement que chirurgicalement, et aussi bien avant qu'après accouchement.

Toutes ces citations proviennent du livre "The Church Fathers on Social Issues", Département du ministère de la jeunesse de l'archidiocèse Grec Orthodoxe d'Amérique du Nord et du Sud. [*]

De l'Épître à Diognète
(parlant de ce qui distingue les Chrétiens des païens) :
"Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés." (Diog. 4,6)
(littéralement "ne se débarrassent pas des foetus")

De la Didachè
"..tu ne tueras point d'enfants, par avortement ou après la naissance.." (Did. II,2)

De l'Épître de Barnabé
"Tu ne feras pas mourir l'enfant dans le sein de sa mère, tu ne le feras pas mourir à sa naissance." (Barn. 19,5)

De Saint Clément
"Ceux qui font usage de médicaments abortifs commettent un homicide."

De Tertullien
"Le foetus dans le ventre ne peut pas être détruit."

De Saint Basile le Grand
"La femme qui détruit volontairement son enfant non-né est coupable de meurtre. L'ergotage sur une soit-disante différence entre déjà formé ou non ne fait aucune différence pour nous.

De saint Augustin d'Hippone
"Parfois, leurs penchants sadiques pour la licence vont si loin qu'ils se procurent du poison pour produire l'infertilité, et lorsque ceci n'a pas réussi, ils trouvent l'un ou l'autre moyen pour détruire l'enfant non-né et l'expulser du sein maternel. Dans leur désir de voir leur rejeton périr avant de vivre ou, s'il a déjà reçu la vie, ils cherchent à le tuer dans le sein maternel avant qu'il ne naisse."

De saint Jean Chrysostome
"Pourquoi semez-vous là où le champs est avide de détruire le fruit? Où il y a des médecines de stérilité? Où il y a le meurtre avant la naissance? Vous ne laissez même pas une prostituée être une prostituée, mais vous en faites aussi une meurtrière. En effet, c'est quelque chose de pire que le meurtre et je ne sais pas comment l'appeler; car elle ne tue pas ce qui est formé mais empêche sa formation. Et alors quoi? Condamnez-vous les dons de Dieu, et combattez-vous Ses lois? C'est une malédiction que vous recherchez, comme si c'était une bénédiction. Fabriquez-vous l'antichambre d'un massacre? Enseignez-vous à la femme qui vous est donnée pour la procréation d'une descendance de perpétuer la mise à mort?

Canon XCI de l'Église Orthodoxe
"En ce qui concerne les femmes qui fournissent des médicaments dans le but de provoquer des avortements, et celles qui prennent des poisons tuant le foetus, elles sont sujettes aux peines frappant les meurtriers."

Canon II de l'Église Orthodoxe
"Une femme qui avorte délibérément est passible de jugement comme meurtrière. Ce n'est pas une affirmation précise d'une certaine conception figurative et inexprimable qui aurait actuellement cours parmi nous.
Car ici est impliquée la question de se soucier de l'enfant encore à naître, mais aussi de la femme qui a comploté contre elle-même. Car dans la plupart des cas, les femmes meurent durant de telles opérations. Mais en plus de cela, il est à noter que le fait de la destruction de l'embryon constitue un autre meurtre.. Il nous convient, cependant, ne pas prolonger leurs confessions jusqu'à la limite extrême avant la mort, mais les admettre à la fin d'une période moyenne de dix ans, sans spécifier un temps précis, mais ajustant le remède proportionnellement à la manière dont se déroule la pénitence."

Canon XXI de l'Église Orthodoxe
"Au sujet des femmes qui deviennent prostituées et qui tuent leurs bébés, et qui font commerce de concocter des médicaments abortifs, l'ancienne règle les interdisait à vie de la communion, et elles étaient laissées sans ressource. Mais ayant trouvé une alternative plus philanthropique, nous avons fixé la peine à dix ans, en accord avec les degrés prévus.."
"En ce qui concerne les femmes qui détruisent professionnellement les embryons, et celles (non-prostituées) qui donnent ou prennent des poisons dans le but d'avorter des bébés et de les expulser prématurément, nous prescrivons la règle que, par économie, elles se la voit infligé 5 ans au plus."

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[*] La position de l'Église est claire et sans la moindre ambiguïté :



"La position de l'Église Orthodoxe sur les problèmes controversés."
[..] Envers l'avortement, l'Église a une attitude définitive, officielle et résolue. Elle condamne toutes les procédures visant à avorter l'embryon ou foetus, que ce soit par des moyens chirurgicaux ou chimiques. L'Église Orthodoxe désigne l'avortement comme meurtre; c'est-à-dire mettre fin de manière préméditée à une vie humaine. Le seul cas où l'Église Orthodoxe admettra à contre-coeur l'avortement, c'est en présence d'avis médicaux prépondérants déterminant qu'à moins d'avorter l'embryon ou foetus, la mère mourrait. [..]

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Les Pères de l'Église au sujet de l'avortement

Préparé par le prêtre Fr. John Schroedel, Chicago IL (2004)

[extrait complétant les citations ci-dessus]

Constitutions Apostoliques:
Les enfants qui ont été avortés "seront vengés, comme ayant été injustement détruits." §7.3

Athenagoras (fin du 2ème siècle)
"... nous disons que les femmes qui induisent des avortements sont des meurtrières, et auront à en rendre compte à Dieu."

Saint Césaire d'Arles (470-543)
"Nulle femme ne devrait prendre de potion dans le but d'avorter, car elle ne devrait pas douter que devant le tribunal du Christ, elle aurait à rendre compte pour autant de cas que le nombre de ceux qu'elle a tués lorsqu'ils étaient déjà nés ou seulement conçus."

Saint Jean Chrysostome (vers 340 – 407)
"Pourquoi maltraitez-vous le don de Dieu et combattez-vous Ses lois, et suivez ce qui est une malédiction comme si c'était une bénédiction, transformant le lieu de procréation en chambre de meurtre, et armant la femme pour le massacre?" Homélie 24 sur l'Épître aux Romains

Tertullien (qui est mort vers 225) écrivait :
"Aussi, parmi les instruments de chirurgie, en est-il un qui force d'abord les parties secrètes de s'ouvrir, espèce de lame flexible qui, gouvernée par un anneau, déchire les membres du fœtus dans une opération pleine d'incertitude, et qui, à l'aide d'un crochet émoussé, arrache par une couche violente les sanglants débris de cet infanticide. Il y a encore une aiguille d'airain qui sert à faire périr secrètement un enfant dans le sein de sa mère: on la nomme "embryosphacte", parce qu'elle a pour fonction l'infanticide, et par conséquent l'immolation d'un enfant qui vit."
Traité de l'âme, 25

De Tertullien, toujours :
"il ne nous est pas même permis de faire périr l'enfant conçu dans le sein de la mère, alors que l'être humain continue à être formé par le sang. C'est un homicide anticipé que d'empêcher de naître et peu importe qu'on arrache la vie après la naissance ou qu'on la détruise au moment où elle naît. C'est un homme déjà ce qui doit devenir un homme; de même, tout fruit est déjà dans le germe."
Apologétique 9,8

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Voir aussi : avortement et prière de l'Église
http://stmaterne.blogspot.com/2006/08/avortement-et-prire-de-leglise-un.html

En Chine, même les polythéistes tentaient (vainement) de protéger le bébé dans le sein maternel en faisant écrire des "formules magiques" en faveur du bébé et de sa maman durant la grossesse.
Voyez à quel point l'Occident "intelligent" est tombé bien bas, en quittant l'Église il y a un millénaire déjà.

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Avortement et prière de l'Eglise – un prêtre en Sibérie innove





Quand on lit saint Jean Chrysostome, on voit (qu'il semble même) parler de ce qui empêche la fécondation, à savoir la contraception. Idem chez saint Césaire, en Occident Orthodoxe donc. On est fort loin d'une idée répandue (et fausse) que l'Orthodoxie serait "permissive", "libérale", etc. C'est une idée que l'on peut trouver chez certains auteurs, même de rares Orthodoxes s'y adonnent, hélas. Mais ce n'est que leur opinion et que l'enseignement de l'Église, reproduit ci-dessus, les place eux en défaut. Et ça ne date pas d'hier, cet interdit, puisqu'on lit la persistance de la présence de cette idée dans la patristique. Personnellement, je trouve cela logique - c'est lié à la vie même, à la manière de vivre, et à ce que l'on place en premier dans sa vie : essayer de vivre en Christ, ce qui est une ascèse, une lutte de tous les instants; ou se laisser aller à vivre selon le monde, ce qui n'est que se comporter selon les penchants de notre animalité non-éclairée.

Comme pour tout ce qui est enseignement apostolique, il est cependant capital de se souvenir que le but n'est pas "d'enfoncer", de condamner sans plus - les Apôtres et ceux qu'ils ont formés pour reprendre le flambeau nous enseignent pour nous guider et nous aider. Donc pour celles et ceux qui auraient chuté sur ce plan-là, je souhaite que la lecture de toutes ces saintes paroles des Pères et des Canons de l'Église soit surtout encouragement à se relever et à revenir sur l'unique Chemin, celui du Christ :

19,2. "Ne prenons pas mal, nous qui ne sommes pas des sages, qu'on nous avertisse, et qu'on nous ramène de l'iniquité à la justice, ne nous en indignons pas. Parfois, en effet, nous agissons mal à notre insu, parce que nous avons des " coeurs partagés et incrédules " (Ep 4, 18), et que notre esprit est obscurci par les vains désirs."
Homélie du 2ème siècle, dite "Pseudo Clémentine"

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour ,
j'ai lut votre blog , très bien illustré . Je suis moi même enceinte (14ans) . Alors que nous ne l'avions presque pas fait (les chances étaient nul ) de plus pendant le début de ma grossesse j'ai eu mes règles (encore quelque chose de très rare) . Je ne suis pas baptisé mais j'ai quand même le droit d'y croire ..je me suis dit à un moment " c'est fou sa quand même , on dirait un signe ...! Mais pour l'avortement , je n'en sais trop rien , je suis perdu . Je sais que je ne peux pas avoir d'enfant à mon âge de plus mes parents sont pour l'avortement :S . C'est dut je ne sais pas quoi faire !
Donc , courage à toute les jeunes filles ayant une grossesse précoce .. mon conseil c'est plutôt d'écouter son coeur <3 .