"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

06 décembre 2006

Que saint Nicolas apaise les tempêtes de nos vies!

VIIII IDVS DEC. NATALE SANCTI NICHOLAI

OREMUS. Deus, Qui beatum Nicolaum Pontificem innumeris decorasti miraculis : tribue, quaesumus, ut eius precibus a gehennae incendiis liberemur. Per Dominum.
(
Ô Dieu, Qui as glorifié le bienheureux pontife Nicolas par d'innombrables miracles : accorde à notre demande que, par ses prières, nous soyons préservés des feux de la géhenne. Par Jésus-Christ)

SECRETA
. Sanctifica quaesumus Domine oblata munera que in veneratione sancti antistitis Nicholai offeruntur, ut per ea vita nostra inter adversa ubique dirigatur et prospera. Per
.
(Nous T'en supplions, Seigneur Dieu, daigne consacrer ces dons que nous T'offrons en l'honneur de Ton pontife saint Nicolas, afin que par eux, dans l'adversité comme en tout lieu, notre vie soit dirigée vers son but.)

POSTCOMMUNIO
. Sacrifica que supsimus Domine pro solemnitate sancti pontificis Tui Nicholai, sempiterna nos protectione confirment. Per Dominum
.
(Accorde, Seigneur, que ces sacrifices auxquels nous avons participé, en la solenité de Ton saint pontife Nicolas, nous assurent perpétuelle protection.)

in : Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986
édition du texte critique, p.368-369, Henry Bradshaw Society
http://www.henrybradshawsociety.org/
Page 375 de l'édition HBS, Addendum d'un scribe de Corbie, postérieur à la composition du Sacramentaire

"Saints André et Nicolas de Bari"
Par Bartolomeo Vivarini (*) (né en 1432 à Murano, mort en 1499 à Murano)
Panneau de 1482, Église Santa Maria Gloriosa dei Frari, Venise

La Fête de saint Nicolas
6 décembre
Après la fête de saint André, les hymnes de l'avant-fête de la Nativité sont à nouveau entendus en la fête de saint Nicolas, l'évêque du 4ème siècle de Myre en Lycie, qui, à travers les âges, est devenu plus spécialement lié à la fête de la nativité du Christ.

Ô vous qui aimez les fêtes,
Venez vous rassembler et chanter les louanges du plus beau des évêques,
La gloire des Pères,
La fontaine des merveilles et le grand protecteur des fidèles.
Disons tous ensemble : Réjouis-toi, O gardien du peuple de Myre,
Leur chef et leur honoré conseillé,
Le pilier de l'Église qu'on ne saurait faire vaciller.
Réjouis-toi, ô lumière si radieuse
Qui fait briller les confins du monde avec des miracles.
Réjouis-toi, ô divin secours pour les affligés,
Fervent avocat de ceux qui souffrent de l'injustice.
Et maintenant, ô tout bénit Nicolas,
Ne cesse jamais de prier le Christ notre Dieu
Pour ceux qui honorent la fête à ta mémoire
Avec foi et avec amour.

Prépare-toi, ô étable, car la Mère-Agnelle arrive
Portant le Christ en son sein.
Reçois, ô mangeoire, Celui Qui par une parole a libéré les habitants de la terre
de toute anarchie.
Vous bergers, demeurant dans les champs,
Rendez témoignage à cet redoutable prodige.
Vous, sages de Perse,
Offrez au Roi votre or, votre encens et votre myrrhe.
Car le Seigneur est venu par la Vierge Mère,
Et elle, se penchant sur Lui comme Sa servante,
L'adore alors qu'Il repose entre ses bras, disant:
"Comment as-Tu été semé comme une semence en moi?
Comment as-Tu grandit en moi?
Mon Sauveur et mon Dieu!"

Ô Vierge inépousée, d'où viens-tu?
Qui t'a donné naissance?
Qui est ta mère?
Comment peut-tu porter ton Créateur en tes bras?
Comment ton sein est-il resté libre de corruption?
Ô Toute Sainte, notre Panagia,
Nous voyons de grands et redoutables mystères sur terre accomplis en tous.
Nous ornons l'étable en une maison digne de toi.
Nous demandons au cieux de nous envoyer une étoile.
Car vois seulement, des sages viennent de l'Orient à l'Occident,
Désirant voir le Salut des hommes mortels
Brillant en tes bras tels une colonne de feu. (1)

Aussi triste soit-il de voir saint Nicolas transformé en cette espère de carnavalesque saint Nicolas en costume rouge durant les "vacances" hivernales, il est facile de comprendre pourquoi le saint évêque est devenu si étroitement associé avec la fête de la naissance du Christ. Les histoires que l'on raconte à propos du saint, fabriquées et enjolivées par l'imagination de Chrétiens au fil des ages, en divers lieux et époques, racontent toutes la foi simple et l'amour d'un homme qu'on ne connaît que pour sa bonté et son amour.
Ce qui est extraordinaire à propos de l'image de saint Nicolas dans l'Église, c'est qu'il n'est connu pour rien d'extraordinaire. Il n'était pas théologien et n'a jamais écrit un mot, et pourtant il est célèbre dans la mémoire des croyants comme étant zélé pour l'Orthodoxie, on prétend qu'il aurait rudement abordé l'hérétique Arius lors du premier Concile Oecuménique à Nicée pour avoir nié la divinité du Fils de Dieu. Il n'était pas un ascète et n'a pas accompli d'exploits extraordinaires de jeûnes et de veilles, et cependant il est loué pour sa possession du "fruit du Saint Esprit.. amour, joie, paix, patience, douceur, bonté, fidélité, gentillesse, maîtrise de soi" (cfr. Gal. 5,22-23). Il n'était pas un mystique dans notre acception actuelle du terme, mais il a vécu chaque jour avec le Seigneur et était pieux en toutes ses paroles et tous ses actes. Ce n'était pas un prophète dans le sens technique du terme, et cependant, il proclama le Verbe de Dieu, dévoila les péchés des mauvais, défendit les droits des opprimés et des affligés, et combattit contre toute forme d'injustice avec une compassion et une miséricorde surnaturelle. En un mot, il fut un bon pasteur, père et évêque pour son troupeau, connu particulièrement pour son amour et son souci des pauvres. Pour le dire plus simplement encore, ce fut quelqu'un de divinement bon.

De nos jours, nous utilisons le terme "bonté" avec tant de légèreté. Avec quelle facilité ne disons-nous pas de quelqu'un "c'est un homme bon", ou "c'est une brave femme." Avec quelle désinvolture ne disons-nous pas "Ce sont des gens de bien." Une adolescente meurt d'une overdose de drogue, et les voisins disent aux journalistes "mais elle a toujours été une brave fille, et ses parents sont des gens si bien!" Un jeune homme commet quelque terrible crime, et la même rhétorique se répand "Mais il a toujours été un bon jeune homme, et sa famille est si bien." Un homme meurt sur un parcours de golf après une vie caractérisée par de nombreuses années d'enrichissement au dépens d'autrui et de forte consommation de boisson alcoolisée, et la réaction est la même : "C'était un homme bon, vraiment un chic type." Qu'est-ce que "bon" et "bien" veulent vraiment dire dans de tels cas? Que décrivent-ils? Que veulent-ils exprimer? Dans l'Évangile selon saint Luc, on nous rapporte qu'un jour un dirigeant vint voir Jésus et lui demanda "Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?" Et Jésus lui répondit "Pourquoi M'appelles-tu 'bon'? Nul n'est bon, si ce n'est Dieu seul" (Luc 18,18; voir aussi Marc 10,18). Dans la version telle que rapportée par saint Matthieu, les choses sont présentées un peu différemment, Jésus répondant à l'homme en disant "Pourquoi Me demandes-tu ce qui est bon? Un seul est bon" (Mat. 19,17). Quelle que soit la manière dont nous choisissons d'interpréter les paroles de Jésus, au moins une chose est claire. Jésus réagit à l'usage facile du terme "bon", peut-être même sarcastique, en faisant référence à sa vraie source. Il n'y a qu'Un Qui est bon, et c'est Dieu Lui-même. Si vous voulez parler de bonté, alors vous devez réaliser de quoi – et de Qui – vous êtes occupé à parler!

Comme Dieu (Père) et comme Jésus, saint Nicolas était vraiment bon. La véritable bonté est possible. Car, pour citer à nouveau le Seigneur, "pour les hommes c'est impossible, mais tout est possible pour Dieu" (Mat. 19,26. Un être humain, même très riche, s'il croit en Dieu, peut devenir bon, de la bonté même de Dieu. "En vérité, Je vous le dis," dit le Seigneur, "si vous aviez la foi comme un grain de sénevé... - rien ne vous serait impossible" (Mat. 17,20,21).
Le Messie est venu afin que les êtres humains puissent mener une vie qui est, stricto sensu, humainement impossible. Il est venu afin que les gens puissent devenir réellement bons. Un des plus grands exemples et parmi les plus aimés des fidèles attestant que cela est vrai, c'est le saint évêque de Myre à propos de qui presque rien n'est connu, ou n'a besoin d'être connu, si ce n'est qu'il était bon. Pour cette seule raison il demeure, même sous sa forme sécularisée, le véritable esprit de Noël.

Ô saint père,
Le fruit de tes bonnes oeuvres a illuminé et réjouit les coeurs des fidèles.
Qui ne pourrait s'émerveiller de ton incommensurable patience et humilité?
Et de ta générosité envers le pauvre?
Et de ta compassion envers l'affligé?
Ô évêque Nicolas,
Tu nous as tout divinement bien enseigné,
Et à présent, portant ta couronne qui ne se flétrit pas, tu intercèdes pour nos âmes. (2)

La justice de tes oeuvres a fait de toi pour ton troupeau
Une règle de foi, un modèle de douceur, un maître de tempérance;
C'est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l'exaltation
Et par ta pauvreté la richesse.
Père saint, pontife Nicolas,
Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes. (3)

(1) Vêpres de la fête de saint Nicolas
(2) Vêpres de la fête de saint Nicolas
(3) Tropaire de la fête de saint Nicolas, qui est devenu dans les offices liturgiques Orthodoxes
le "tropaire générique" pour la plupart des évêques canonisés de l'Église, nous révélant dès lors "la pensée de l'Église" au sujet de ce qu'un pasteur Chrétien devrait être.

(Extrait de "The Winter Pascha", par le protopresbytre Thomas Hopko, SVS Press, 1984)





[(*) Les Vivarini étaient une famille de peintres Vénitiens du milieu et de la fin du 15ème siècle. Leur oeuvre représente une transition entre les écoles traditionnelles d'inspiration gothique et byzantine, et la manière plus réaliste des années 1500, influencée par la Renaissance. Les frères Antonio Vivarini (vers 1415- vers 1480) et Bartolomeo Vivarini ont collaboré à la réalisation de polyptyques religieux avec des personnages linéaires, souvent raides, et des arrières-plans architecturaux, le tout au centre de cadres dorés. Alvise Vivarini (vers 1446-vers 1505), fils d'Antonio, peignit des personnages quelque peu plus ronds, humains, et devint spécialiste dans le style cristallin, lumineux, qui dominera la peinture vénitienne vers 1500. ndt]




Deux mines d'informations (sites non-orthodoxe) :

En anglais : saint Nicholas center
http://www.stnicholascenter.org

En allemand : Nikolaus von Myra
http://www.nikolaus-von-myra.de/

reliques de saint Nicolas... au musée d'Antalya, en Turquie

Pas plus qu'une relique, une Icône n'est à sa place dans un musée!
A défaut de savoir y remédier, on peut toujours aller prier devant, comme l'a fait cette paroisse russe en Amérique du Nord:
http://www.holytrinityorthodox.com/events/12-19-2005/index.htm
(nous avons fait de même l'été 2005 à Landevenec, devant les reliques de saint Guénolé)


Le pays de saint Nicolas : côte de Lycie

L'église de Myre














Tombe de saint Nicolas, à Bari, Italie

LES RELIQUES DE BARI
Saint-Nicolas en Italie - Documentaire de 52 mn de Jean-Pierre Zirn
mardi 26 avril 2005.
http://laseine.tv/article.php3?id_article=39&id_rubrique=10

L'église Sainte Hune, à Hunawihr, Haut Rhin, Alsace, France, et ses fresques de saint Nicolas: http://www.impens.com/cgi-bin/fiche.cgi?FR&12

A son époque, saint Nicolas eut à lutter contre le paganisme encore férocement actif en Asie Mineure. Des "déesses" comme Artémis y avaient un culte sale et florissant. Cette monnaie représente un aspect du paganisme d'Asie Mineure, honorant Artémis. Comment un Chrétien pouvait-il vivre sans pactiser avec Mamon?


Saint Nicolas, c'est vraiment plus que la pitoyable "fête" commerciale que les mercantis en ont fait, pour tenter d'arracher à tout prix toute bribe de conscience Chrétienne dans l'âme des gens d'ici. Le but est bien de déraciner les gens, ne nous y trompons pas. Si, en route vers la Nativité qui a elle aussi été totalement dénaturée, on nous propose des "grands événements" du genre, ce n'est pas pour le bien de nos enfants et le nôtre. Entre un petit cadeau, remis au sein d'une fête religieuse dont le sens profond est expliqué à l'enfant, et l'avalanche consumériste destinée à remplacer dans l'âme de l'enfant le sens même de la Vie, on est à nouveau placé face à un choix clair et sans ambiguïté : Christ ou Mamon.

En tout cas, le véritable Saint Nicolas ne se prête pas à ces errances mercantiles, et il le fait savoir de la manière habituelle des saints : par des miracles, comme cet été à Antwerpen (Anvers, Belgique).

Télécharger une Icône haute définition de saint Nicolas (2mb) :
http://tonova.typepad.com/thesuddencurve/st_nick_illuminated.jpg

L'histoire de saint Nicolas
statue 12ème s., Brauweiler, Allemagne
De : Al Green
Date : Sam 6 déc 2003 22:48
Groupes : alt.religion.christian.east-orthodox
http://www.stnicholascenter.org/Brix?pageID=38

La véritable histoire du "Santa Claus" [américain ou de nos saints nicolas de supermarchés] commence avec Nicolas, qui est né au 3ème siècle à Patara, un village qui se trouve à présent en Turquie. Ses riches parents, qui l'avaient élevé pour être un pieux Chrétien, étaient morts dans une épidémie alors que Nicolas était encore jeune. Obéissant aux paroles de Jésus disant de vendre tout ton bien et d'en donner l'argent aux pauvres", Nicolas utilisa tout son héritage pour aider les nécessiteux, les malades et les souffrants. Il dédia sa vie à servir Dieu et fut fait évêque de Myre alors qu'il était encore jeune homme. L'évêque Nicolas devint connu dans tout son pays pour sa générosité envers les nécessiteux, son amour des enfants, et son intérêt pour les marins et les navires.

Sous l'empereur romain Dioclétien, qui persécuta cruellement les Chrétiens, l'évêque Nicolas souffrit pour sa foi, fut exilé et jeté en prison. Les prisons étaient si remplies d'évêques, de prêtres et de diacres qu'il n'y avait plus de place pour les véritables criminels, meurtriers, bandits et voleurs. Après sa libération, Nicolas participa au Concile de Nicée en 325. Il mourut le 6 décembre 343 à Myre, et fut enterré dans son église cathédrale, où une relique unique, appelée la manne, se forma sur sa tombe. On rapportait que cette substance liquide avait des pouvoirs de guérison, ce qui fit grandir la dévotion à Nicolas. L'anniversaire de sa mort devint le jour de célébration, le Jour de Saint Nicolas.

Tout au long des siècles, nombre d'histoires et de légendes ont été racontées à propos de la vie et des actes de saint Nicolas. Ces récits nous aident à comprendre le personnage extraordinaire qu'il était, et pourquoi il est tant aimé et vénéré comme protecteur et aide de ceux qui sont dans le besoin.

Une histoire nous rapporte qu'un pauvre homme avait 3 filles. En ces temps-là, le père d'une jeune fille avait à offrir au potentiel futur mari une dot élevée. Sans une dot, il était improbable pour une jeune femme de se marier. Non-pourvues de dot, les filles de ce pauvre homme étaient dès lors destinées à être vendues comme esclaves. Mystérieusement, en 3 occasions, un sac d'or apparût dans leur maison – apportant la dot requise. Ces sacs d'or, jetés à travers une fenêtre ouverte, seraient tombés dans les chausses laissées à sécher devant le feu. C'est de là que provient la coutume des enfants d'accrocher leurs chaussettes ou de placer leurs chaussures, attendant avec impatience les cadeaux de saint Nicolas. Parfois l'histoire est racontée avec 3 boules d'or au lieu de sacs d'or. C'est pourquoi 3 boules d'or, parfois représentées sous forme d'oranges, sont un des symboles de saint Nicolas. Et ainsi saint Nicolas est un donateur de cadeaux.

Une des plus vieilles histoires parle des gens de Myra célébrant le bon saint la veille de la fête de saint Nicolas. Une bande de pirates Arabes venus de Crête étaient entrés dans le district. Ils volèrent le trésor de l'église de saint Nicolas pour l'emporter comme butin. En quittant la ville, ils enlevèrent un jeune garçon, Basilios, pour en faire un esclave. L'émir (dirigeant) choisit Basilios pour être son échanson personnel, parce qu'il ne comprenait pas leur langue, dès lors Basilios ne pourrait pas comprendre ce que le roi disait aux gens présents. C'est ainsi q
ue l'année s'écoula, Basilios servant le roi, lui apportant son vin dans une splendide coupe d'or. Pour les parents de Basilios, effondrés par la perte de leur fils unique, l'année passa lentement, remplie de tristesse. Alors que la fête suivante de saint Nicolas approchait, la mère de Basilios ne voulut pas se joindre aux festivités, car c'était à présent devenu un jour de tragédie pour elle. Cependant, elle fut persuadée de simplement observer la fête religieuse à la maison – avec des prières pour que Basilios soit protégé.
Entre-temps, alors que Basilios était occupé à remplir sa tâche en servant l'émir, il fut soudain transporté au loin. Saint Nicolas apparut au garçon terrifié, le bénit, et le ramena en sa maison à Myre. Imaginez la joie et l'émerveillement lorsque Basilios apparut miraculeusement devant ses parents, tenant encore la coupe d'or du roi. C'est la première histoire racontée à propos de saint Nicolas protégeant les enfants – de là vint son rôle premier en Occident.

Une autre histoire parle de 3 étudiants en théologie, voyageant pour aller étudier à Athènes. Un cruel aubergiste les vola et les tua, cachant leurs restes dans une grande saumure. Il advint que l'évêque Nicolas, voyageant par la même route, s'arrêta dans cette même auberge. Durant la nuit, il vit le meurtre en rêve, se leva, et convoqua l'aubergiste. Nicolas priant avec ferveur, les 3 garçons revinrent à la vie, intacts. En France, l'histoire est racontée différemment, on parle de 3 petits garçons qui s'étaient égarés en jouant, furent attirés et capturés par un méchant boucher. Saint Nicolas apparut et demanda à Dieu de les rendre à la vie et à leurs familles. C'est ainsi que saint Nicolas est le patron et le protecteur des enfants.

Plusieurs histoires parlent de Nicolas et de la mer. Lorsqu'il était jeune, Nicolas chercha la vie sainte en faisant un pèlerinage en Terre Sainte. Là, alors qu'il marchait là où Jésus avait marché, il chercha à expérimenter plus fortement la vie, la passion et la Résurrection de Jésus. Retournant par voie de mer, une forte tempête se leva, menaçant de faire couler le navire. Nicolas pria avec calme. Les marins terrifiés furent stupéfiés lorsque soudain le vent et les vagues se calmèrent, les épargnant tous. Et c'est ainsi que saint Nicolas est le patron des marins et des voyageurs.

D'autres récits racontent comment Nicolas a sauvé son peuple de la famine, épargné les vies d'innocents injustement accusés, et bien d'autres choses encore. Il a fait beaucoup d'autre choses bonnes et généreuses en secret, n'attendant rien en retour. Dès le siècle ayant suivit sa mort, il fut célébré comme saint. De nos jours, il est vénéré e Orient en tant que thaumaturge, ou faiseur de miracles, et en Occident en tant que patron d'une grande variété de personnes – enfants, marins, banquiers, prêteurs sur gage, écoliers, orphelins, ouvriers, voyageurs, marchands, juges, pauvres, jeunes filles à marier, étudiants, bambins, marins, victimes d'erreurs judiciaires, prisonniers, parfumeurs, et même des voleurs et des assassins! Il est connu comme l'ami et le protecteur de tous ceux qui sont en problème ou dans le besoin.

Les marins, se réclamant du patronage de saint Nicolas, rapportent des récits en sa faveur, et sa protection partout en mer. Des chapelles de saint Nicolas ont été construites en nombre de ports. Sa popularité grandissant au cours du Moyen Age, il devint le saint patron des Pouilles (Italie), de la Sicile, de la Grèce et de la Lorraine (France), et de nombre de villes en Allemagne, Autriche, Suisse, Italie, Russie, Belgique, et des Pays-Bas. Après son Baptême à Constantinople, Vladimir 1er ramena en Russie les récits sur saint Nicolas et la dévotion à saint Nicolas, et Nicolas devint le saint le plus aimé de Russie. Nicolas fut si fortement aimé que plus de 2000 églises lui furent dédiées, y compris 300 en Belgique, 34 à Rome, 23 aux Pays-Bas, et plus de 400 en Angleterre.

La tombe de Nicolas à Myre devint un lieu de pèlerinage populaire. Du fait des nombreuses guerres et attaques dans la région, certains Chrétiens furent inquiets que l'accès à la tombe puisse devenir difficile. Tant pour les avantages religieux et commerciaux d'un lieu de pèlerinage majeur, les villes italiennes de Venise et Bari rivalisèrent pour obtenir les reliques de Nicolas. Au printemps de 1087, des marins de Bari réussirent à s'emparer des reliques, les ramenant à Bari, un port de mer de la côte sud-est de l'Italie. Une impressionnante église fut bâtie par dessus la crypte de saint Nicolas, et nombre de fidèles firent le voyage pour honorer le saint qui avait sauvé des enfants, des prisonniers, des marins, des victimes de famine, et nombre d'autres par sa compassion, sa générosité, et les innombrables miracles attribués à son intercession. Le tombeau de Nicolas à Bari fut un des grands centres de pèlerinage de l'Europe médiévale, et Nicolas devint connu comme "saint à Bari". De nos jours, les pèlerins et les touristes visitent la grande basilique de Bari, Basilica di San Nicola.

Au long des siècles, saint Nicolas a continué d'être vénéré par les Catholiques-Romains [1] et
les Orthodoxes, et honoré par les Protestants [2]. Par son exemple de générosité envers ceux dans le besoin, en particulier les enfants, saint Nicolas continue d'être un modèle de vie pleine de compassion.

Largement célébré en Europe, le jour de la Saint Nicolas, le 6 décembre, garde vivant les
récits de sa bonté et générosité. En Allemagne et en Pologne, des garçons déguisés en évêque mendient l'aumône pour les pauvres – et parfois pour eux-mêmes! Aux Pays-Bas et en Belgique, saint Nicolas arrivait d'Espagne [3] pour chevaucher le pays sur un cheval blanc, pour ses tournées de livraison de cadeaux. Le 6 décembre est toujours le jour principal pour le don de cadeaux et les réjouissances dans une grande partie de l'Europe. Par exemple, aux Pays-Bas, la Saint Nicolas est célébrée en partageant les bonbons (jetés à la porte), des initiales en chocolat, des petits cadeaux et jeux. Les enfants Hollandais laissent des carottes et du foin dans leurs souliers pour le cheval, espérant qu'en échange, saint Nicolas les échangera pour de petits cadeaux. Un petit don de cadeau tout simple au début de l'Avent [4] aide à préserver l'accent du Jour de la Nativité mis sur la Naissance du Christ.

Notes du traducteur :

[1] Étonnante affirmation que voilà. Comme ils l'ont fait pour sainte Barbe, suite à Vatican 2, ils ont aussi voulu supprimer saint Nicolas de leur calendrier, comme étant soit-disant un faux saint, un saint "légendaire". Apparemment c'était un peu plus dur à faire que pour la sainte du 4 décembre, donc saint Nicolas est devenu une "fête facultative" comme celle de tout un tas d'autres véritables saints (plus un certain nombre d'inventions post-Schisme mais bon c'est pas mon problème). Quand on sait comment le facultatif se transforme systématiquement en vide.. vérifiez les usages liturgiques réels.
http://www.sacrosanctum-concilium.org/textes/dc/1969/520/520.php
[2] Les Protestants honorant un Saint? Surprenante affirmation.
[3] Vieille réminiscence de nos siècles noirs où nous avons été occupés militairement par l'Espagne, et où les dernières bribes de Foi orthodoxe ont été arrachés à grands coups de bûchers.
[4] L'Avent commence juste après la saint Martin, l'auteur parle donc d'un calendrier liturgique catholique-romain "vatican 2", où l'on a supprimé ce Carême de la Nativité et réduit l'Avent à 4 au lieu de 7 semaines, donc de celui-ci :
http://www.sacrosanctum-concilium.org/textes/dc/1969/520/520.php


Office à saint Nicolas
Le 6 décembre 2005, les moines de l'abbaye de Maredsous nous ont aimablement prêté une chapelle où nous nous sommes rassemblés pour célébrer un Office à saint Nicolas de Myre. Le prêtre d'une paroisse orthodoxe de Bruxelles, qui célébrait, a consacré ce jour-là une Icône de saint Nicolas (qui se trouve chez nous).
Vous trouverez ici le texte de l'Office (Acathiste) avec un quelques anecdotes peu connues sur l'actualité de saint Nicolas.
http://www.orthodoxes.net/offices/saintnicolas-public.pdf

Dessin animé : Nicolas et les 3 sacs d'or
http://www.laprocure.fr
Comme les aventures de saint Patrick ou l'adaptation de Ben Hur, cette version de la vie de saint Nicolas est bien faite, l'aspect "évêque" n'est pas évacué pour un sou.
Détail comique, tout à la fin, la Liturgie de Noël chante ... en latin.. la cassette n'est pas produite par des Chrétiens Orthodoxes... Pas que le "Venite adoremus" soit contraire, non! Mais Myre est en Asie Mineure et c'était une Église locale de culture hellénistique, pas latine.

L'an prochain, un film sur saint Nicolas va sortir des studios hollywoodiens. Bonne ou mauvaise nouvelle? Apparement, ça ne serait pas si mal que ça.
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/12/st-nicholas-movie.html
le site du film :
http://www.nicholasofmyra-movie.com

Sanctus Nicholai, ora pro nobis!

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