"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 janvier 2007

1er janvier, Triple fête liturgique dans l'Occident Orthodoxe

A l'époque Orthodoxe de Rome, on y fêtait "l'Octave de la Nativité", sans plus de précision dans le titre de la fête, mais c'était bien sûr une Fête majeure.

De plus, à Sainte-Marie Majeure, on célébrait une seconde Liturgie ce jour, dédiée à la Mère de Dieu. Cette pratique de célébrer la Mère de Dieu ne s'était pas limitée à cette seule basilique romaine : le Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, que j'aime à citer pour un tas de bonnes raisons, Sacramentaire de nos régions, indique bien clairement cette fête-là pour le 1er janvier, avec bénédiction solennelle. Pour l'anecdote, les Offices (dans les psaumes des Vêpres) et prières de la Messe (dans l'oraison, la secrète et la post-communion) des "tradis" (tridentins) ont conservé quelques vestiges de cette ancienne coutume liturgique romaine remontant à plusieurs siècles avant le Schisme...

Et en pays Francs (qui n'avaient donc pas tous les péchés d'Israël sur la tête n'est-ce pas), depuis le 7ème siècle, on célébrait.. comme en Orient.. la Circoncision du Seigneur.

Triple fête qui relie Orient et Occident, Ancienne Alliance et Nouvelle Alliance, que de bonnes raisons de se réjouir!

MENS. IAN. OCTABAS DOMINI AD SANCTAM MARIAM
Oratio :
Deus qui nobis nati salvatoris diem caelebrare concedis octavuum, fac quaesumus nos eius perpetua divinitate muniri, cuis sumus carnali commertio reparati. Qui tecum.
Suite voir : Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986
édition du texte critique, pages 102-103, Henry Bradshaw Society
http://www.henrybradshawsociety.org/

Solesmes 1891, antiphonarii, in Circumcisione DominiAntiphonaire diurnal, Solesmes 1891
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Traduction de l'Antienne du Bénédictus :
"Un admirable mystère nous est dévoilé aujourd'hui, nouvelle relation des natures. Dieu S'est fait homme, demeurant ce qu'Il était, Il s'unit à ce qu'Il n'était pas, sans souffrir ni confusion ni division."

Homélie sur la Circoncision du Seigneur
Deuxième livre sur le Chapitre 2 de saint Luc
L'Enfant est donc circoncis. Qui est donc cet Enfant? C’est Celui dont il a été dit: Un Enfant nous est né, un Fils nous a été donné (Isaïe 9,5). Il a été fait sous la Loi pour gagner ceux qui étaient sous la Loi - Pour le présenter au Seigneur. De cette présentation au Seigneur, à Jérusalem, que dirai-je d’autre que ce que j’ai déjà écrit autrefois dans mes commentaires sur Isaïe? Celui, en effet, qui a été circoncis de tout vice sera jugé digne des regards du Seigneur. Car, "les yeux du Seigneur se reposent sur les justes" (Ps 33,15). Voyez comme tous les événements qui se succèdent dans l’Ancien Testament sont la figure de ce qui doit arriver. Ici la circoncision représente la purification des péchés. Mais puisqu’un penchant violent pour le mal entraîne notre faible chair et notre volonté fragile dans un réseau inextricable de vices, la circoncision opérée le 8ème jour préfigure la purification future de toute faute, qui ne sera complète qu’au jour de la Résurrection. Voici, en effet, le texte: "Tout mâle ouvrant le sceau de la virginité sera appelé saint pour le Seigneur" (Exode 13,2). Ces paroles de la Loi promettaient l’enfantement de la Vierge. Et Il est vraiment Saint parce qu’immaculé. Enfin, que ce soit bien Lui qui soit figuré par la Loi, la similitude des paroles répétées par l’Ange nous le déclare : "Le Saint qui naîtra, dit-il, sera appelé Fils de Dieu" (Luc 1,35).
Seul, en effet, parmi les enfants de la femme, le Seigneur Jésus est entièrement Saint. Grâce à la nouveauté de cette naissance immaculée, Il n’a pas ressenti la contagion de la corruption terrestre, et l’a écartée par Sa céleste Majesté. Car, si nous prenions le sens littéral, comment se peut-il que chaque mâle premier-né soit saint, alors que, de toute évidence, un grand nombre d’entre eux furent des criminels notoires. Était-il saint, Achab? Étaient-ils saints, les faux prophètes que consuma, sur la prière d’Élie, le feu vengeur du Ciel outragé? Non; Celui-là seul est Saint que désignaient les pieuses prescriptions de la Loi divine, figure du Mystère à venir, et Qui seul a pu donner à la virginité de la sainte Église, le secret d’engendrer des peuples à Dieu, dans son immaculée fécondité.
+ Saint Ambroise, évêque de Milan

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Heureuse & sainte année à vous ! NicO