"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 janvier 2007

Épiphanie 4: Synergie, déification, Septuagésime Orthodoxe (EORHF)

Nous avons vécu la période de l'Épiphanie qui était originellement la célébration du Baptême de notre Seigneur et à laquelle fut rajoutée la célébration de la manifestation du Christ aux Païens par le biais de la célébration de l'adoration des Mages. Cette période dépassait à l'origine Noël dans l'esprit de l'Église. Dimanche prochain, nous auront le premier des anciens Dimanches appelés Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, qui sont l'introduction à la grande période pénitentielle du Carême, lui-même une préparation pour Pâques, la plus grande fête de l'année de l'Église. C'est pourquoi ce dimanche, nous devrions regarder en arrière, vers les périodes de Noël et de l'Épiphanie, avant d'aller de l'avant.
Le Carême m'a toujours semblé être l'Hiver de l'année de l'Église, aussitôt suivit du Printemps de Pâques. Si c'est bien cela, alors ces dimanches qui viennent sont l'Automne. Dès lors nous voulons regarder vers l'Été que sont Noël et l'Épiphanie. Nous avons célébré la Nativité du Christ, Sa reconnaissance par les Anges au nom des Cieux, par les bergers au nom du Peuple Élu originel, les Juifs, et par les Mages au nom des Païens qui étaient sur le seuil pour se voir acceptés dans le troupeau. Ensuite il y a la reconnaissance publique par Son Père, auprès de ceux qui avaient l'éveil spirituel leur permettant de savoir qu'Il avait parlé, lors du Baptême du Christ par saint Jean dans le Jourdain. Nous célébré le fait que Dieu a non seulement accompli ce grand acte de Sa Venue dans le monde, cette préparation pour l'acte ultime du Vendredi Saint et du Jour de Pâques, mais que Son acte fut reconnu – quoique pas par la majorité de ceux pour lequel il était originellement prévu. Mais est-ce correct de dire qu'il ne fut pas reconnu par la majorité des concernés? N'est-ce pas en fait tous ceux qui ont permis que le Saint Esprit de Dieu règne dans leurs vies, reconnaissant en fait que c'était le Christ de Dieu, le Fils de Dieu Lui-même, Qui était venu demeurer parmi eux? Nous en faisons partie. Nous faisons partie de ceux qui à cette époque permettent au Saint Esprit de nous guider jusqu'à reconnaître que Jésus de Nazareth est en fait notre Dieu Incarné. Nous ne sommes peut-être pas une majorité en ce monde. Nous ne sommes même pas une majorité même parmi ceux qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens. Mais ceux qui non seulement croient la vérité à propos du Christ, mais en plus permettent au Saint Esprit de les guider pour tout d'abord reconnaître la vérité, puis pour prier Dieu pour ce qu'Il attend de nous, et ensuite pour faire ce qu'Il attend de nous, ceux-là sont en fait ceux qui sont les élus de Dieu à qui saint Paul fait si souvent référence. En un certain sens, on peut dire qu'ils s'élisent eux-mêmes, en un certain sens, ils ont été connus de Dieu de toute éternité. Même si quelqu'un choisit de voir la vérité, le fait demeure que ceux qui permettent au Saint Esprit de pleinement régner sont ceux qui sont les plus agréables à Dieu. Le Christ est mort pour nous afin que nous puissions être rendus aptes et capables d'entrer dans la communion avec Dieu. Pour ce faire, Il est venu demeurer parmi nous, en naissant, étant Baptisé et reconnu par Dieu et ceux capables de voir et d'entendre ou voulant être guidés pour voir et entendre. L'effort que le Christ a demandé au peuple n'était pas et n'est toujours pas si grand que ça : juste une volonté d'écouter et d'apprendre, une ambition de devenir ce qu'Il veut que nous soyons, et une volonté ferme de s'en tenir à ce qui nous a été donné. C'est ce dont Il a besoin pour oeuvrer, et le reste nous sera accordé selon nos désirs.

Hiéromoine Michael
abbé du monastère Saint-Petroc
http://www.orthodoxresurgence.co.uk/Petroc/

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