"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 février 2007

Quinquagésime Orthodoxe EORHF

A (re)lire, les très importantes notes introductives et remarques explicatives, voir "Septuagésime Orthodoxe" + le Calendrier de Rite Occidental EORHF

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Matines :
Psaume 14, Ps 19, Ps 22, Ps 54.
Genèse 12,1-8
1 Co 12,1-31

"COLLECTE" POUR QUINQUAGÉSIME
O Seigneur, Qui voit que nous ne nous confions en aucune de nos oeuvres : accorde-nous miséricordieusement que par Ta puissance nous soyons protégés contre toute adversité.
Par Jésus-Christ notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Liturgie :
Épître : 1 Co 13
Évangile : saint Luc 18,31-
"Ensuite, Jésus prit à part les Douze et leur dit : "Voici que nous montons à Jérusalem. Tout ce que les prophètes ont écrit du Fils de l'Homme va s'accomplir. On va Le livrer aux païens, Le bafouer, L'outrager, Le conspuer; on va Le flageller et Le mettre à mort; et le troisième jour, Il ressuscitera." Mais ils ne comprirent rien à tout cela : ce langage leur était une énigme dont ils ne saisissaient point le sens. Comme Jésus approchait de Jéricho, il y avait au bord de la route un aveugle qui demandait l'aumône. Au bruit de la foule en marche, il s'informa de ce qui arrivait. On lui dit : "C'est Jésus de Nazareth qui passe." Et lui de crier : "Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!" En tête du cortège, les gens le tançaient pour le faire taire. Mais il criait de plus belle : "Fils de David, aie pitié de moi!" Jésus s'arrêta et Se le fit amener; quand l'aveugle fut près de lui, Jésus lui demanda : "Que veux-tu que je fasse pour toi?" "Seigneur, que je voie." "Eh bien, lui dit Jésus, vois! ta foi t'a sauvé." À l'instant, il recouvra la vue et suivit Jésus en bénissant Dieu. Et tout le monde, à ce spectacle, rendit gloire à Dieu."


HOMÉLIE DU DIMANCHE DE QUINQUAGÉSIME

L'Evangile du jour (Luc 18,31) rapporte un des innombrables miracles accomplis par Jésus pendant Son ministère terrestre. Il se déroule de manière plus simple que d'autres – probablement parce que Jésus semble avoir varié la manière de les accomplir selon le type d'auditoire et la personne demandant à être guérie. Dans le cas présent, Il suit le schéma le plus simple de tous – demandant simplement ce que l'autre souhaite et déclarant que la foi de la personne a rendu la guérison possible. Au delà de ça, cependant, nous voyons le résultat immédiat : "Eh bien, lui dit Jésus, vois! ta foi t'a sauvé." À l'instant, il recouvra la vue et suivit Jésus en bénissant Dieu. Et tout le monde, à ce spectacle, rendit gloire à Dieu." Imaginons-nous un instant dans une situation semblable : nous avons été guéris – ou quelqu'autre demande a été exaucée. Est-ce que, de nos jours, en public, là, en pleine rue, nous commencerions à louer Dieu à pleine voix pour ce qui a été accomplit? Ou bien nous sentirions-nous trop embarassés? Est-ce que nous tenterions de nous trouver une excuse rationnelle pour justifier notre réaction plutôt silencieuse? Est-ce que nous nous contenterions de nous précipiter vers la plus proche église, d'y allumer un cierge et de remercier Dieu personnellement? Mais remercier et louer ne sont pas du tout la même chose. Louer publiquement Dieu pour Sa bonté envers nous, c'est notre témoignage en Sa faveur. Nous serions embarassés parce que n'importe quelle foule de notre époque serait principalement composée d'incroyants. Nous nous disons qu'Israël, en ces temps-là, était largement composée de gens qui croyaient en Dieu, et donc qu'une telle action de grâce publique était culturellement acceptable, et n'aurait pas attiré l'incrédulité, le scepticisme et même la moquerie que cela provoquerait sûrement de nos jours. Les spectateurs pourraient être embarassés par une démonstration publique, comme nous le serions certainement. Nous pourrions nous consoler en nous disant que peut-être que nous ne trouverons jamais dans une telle situation.
Néanmoins, nous devrions y penser. A chaque fois qu'on nous remercie pour quelque bien que nous aurions accomplit, ou pour tout service rendu, nous ne devrions pas dire "merci", mais plutôt "Dieu soit loué!"
"Non nobis Domine" – "non pas à nous Seigneur" dit le Psaume (114/115) ..... nous ne devrions pas accepter que le mérite nous soit attribué – au moins à voix basse, par quelques simples paroles, nous devrions indiquer aux autres vers où nous pensons que la louange et le remerciement devraient être adressés. Dieu nous donne les capacités et les opportunités pour aider les autres – ça ne vient pas de nous. Lorsque nous aurons fait tout ce qui nous a été commandé de faire, nous devrions dire que nous ne sommes que des serviteurs quelconques, que nous n'avons fait que notre devoir [Luc 17,10].

Hiéromoine Michael
abbé du monastère Saint-Petroc

Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)

Note de traduction : texte traduit et publié en la fête de notre père Saint Colman de Lindisfarne, le grand évêque celtique. Saint Colman a donné son nom au Sacramentaire-pontifical / evchologion-archihieratikon "Saint Colman Prayer Book" approuvé pour usage comme "Rite Orthodoxe Occidental" au sein de l'EORHF en septembre 2005, ouvrage liturgique dont proviennent les textes traduits sur ce blogue et sur le site francophone.

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