"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

07 mars 2007

TJ : les vacances de l'anti-déification

http://www.sfaturiortodoxe.ro/orthodox/orthodox_advices_hieromonk_savatie_the_holiday_of_undeinfication.htm
Les vacances sont le sourire d'une nation. Il y a cependant des sourires sincères et des sourires forcés. Chaque peuple a certaines vacances qui le caractérisent. Parmi elles, les vacances à contenu religieux tiennent une place particulière.
En République de Moldavie, c'était déjà devenu une tradition que chaque été, le "Congrès des Témoins de Jéhovah"se réunisse. Apparemment, c'est un congé religieux. Les membres de cette organisation l'appellent même chrétienne. Cependant, ces gens nient la divinité du Christ, ne Le considérant que comme une créature supérieure. Et alors ça devient un véritable dilemme : dans le cas où Christ ne serait pas Dieu, à quoi ça rimerait de célébrer le "Dieu d'Israël" autrement que les Juifs ne le faisaient?
Pour nous Chrétiens, la seule raison pour célébrer est de recevoir la radieuse immortalité, apportée par la mort du Christ, la déification de la nature humaine. "Que les Cieux se réjouissent"chante l'Église chaque dimanche – "et que la terre soit dans l'allégresse, car le Seigneur a montré la puissance de Son règne : Il a vaincu la mort par la mort, et est devenu le premier-né d'entre les morts. Il nous a délivrés des profondeurs de l'Hadès, et a accordé au monde abondante Miséricorde."La joie est particulièrement causée par la retrouvaille de la ressemblance divine, par le Christ : "Danse, Adam, et réjouis-toi avec, Eve, car les vêtements que vous portiez il y a longtemps en Paradis, à présent décomposés, et que vous espériez voir rétablis, Celui Qui vous a créé les a pris sur Lui et les a miraculeusement restaurés, et vous a de même relevés en ce jour, et vous ayant assis avec le Père, par là même, Il vous a honorés" (Pentecôte, semaine 7 après Pâques, mercredi : Vêpres, stichères 2).

La divine Nature S'unissant à la nature humaine, d'une manière inséparable etvictimes des temoins de jehovah sans mélange à travers la Personne du Christ, dans le Mystère de l'Incarnation, honora cette nature humaine de sorte que "La nuée des Anges fut effrayée de voir la nature humaine déchue placée sur le siège Paternel" (Octo., voix 8, dimanche : Canon de la Croix et de la Résurrection, ode 1, stich. 2). Le dogme de l'Incarnation de Dieu exposé par les Pères du Premier Synode Oecuménique (325) est très simple : "Sans cesser d'être Dieu, Il commença à être homme."
Si le Christ n'est pas [à la fois] parfaitement Dieu et parfaitement homme, les 2 natures en la même Personne, sans confusion et inséparables, alors Sa venue a été inutile. La signification de la venue du Christ n'était pas uniquement pour prêcher l'Évangile, comme le disent les Témoins de Jéhovah, car Dieu aurait simplement pu continuer à proclamer à travers des Anges, comme Il l'avait fait dans l'Ancien Testament. Se sacrifier Lui-même sur la Croix? Mais si le Christ n'est pas Dieu, alors est-ce cela ne signifierait pas que Dieu le Père aurait cruellement assisté à la mort de Son Fils unique, et puis, pour cela, aurait pardonné les péchés du monde? Dieu le Père aurait pardonné l'humanité pour le
simple fait d'avoir commis le plus abominable crime? Comment Dieu, Qui est Amour (1 Jean 4,8-16) - et aimer signifie "donner sa vie pour son prochain"(Jean 15,13) - pourrait ne pas avoir accompli ce commandement, préférant au contraire sacrifier la vie de quelqu'un d'autre? En un mot, si le Christ n'est pas Dieu, alors la Bible est l'histoire la plus sadique du monde.
Il est Celui Qui "quoiqu'Il fût de condition divine, ne S'est pas prévalu de Son égalité avec Dieu; mais S'est anéanti Lui-même en prenant la condition d'esclave et Se faisant pareil aux hommes."Afin que cette citation de l'Apôtre Paul (Philippiens 2,6-7) et les autres dont le Nouveau et l'Ancien Testament regorgent, ne donnent pas l'impression de polythéisme, il est nécessaire
d'accepter le dogme de la Sainte Trinité, du Dieu Un en trois Personnes, d'une seule Essence et inséparable : le Père, le Fils et le Saint Esprit, que l'Écriture appelle de multiple noms, par exemple Seigneur Tout Puissant ou Yaweh.
Dès lors, de vendredi à dimanche, la semaine dernière, au stade municipal, on a pu observer une sorte de "joyeuse lamentation."Les gens qui y étaient rassemblés célébraient avec beaucoup de ferveur la non-déification de la nature humaine. Ils tentaient, par des discours passionnels, de bannir Dieu hors de l'Histoire, parce que, d'après ce que croient ces "Témoins", Dieu a terminé Sa mission une fois qu'Il est monté aux Cieux, et ne sait plus être présent dans leur tradition millénariste. Ils ont célébré le triomphe des magazines pleins de couleurs et de kitsch sur le génie Chrétien, dont nous avons extrait les citations ci-dessus. Dans ces magazines, vous ne trouverez jamais de telles perles, où un être exprime son amour pour un autre être, transfiguré par le contact le plus direct de Dieu : "Telle une rose des vallées, Ô Toute Pure, telle un lys au doux parfum, notre Créateur, le Seigneur, te connaissant, aima ta beauté, Ô Toute Pure, et à présent va S'incarner de ton sang, afin de chasser par la bonté la pestilence de la tromperie." (Menées du 24 mars, Ode 8, stich. 3).

FLUX, 10 Juillet 2001

Hiéromoine Savatie Bastovoi,

Église Orthodoxe, Patriarcat de Roumanie

Aucun commentaire: