"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 avril 2007

Dimanche des Rameaux dans l'Orthodoxie Occidentale (EORHF)

Matines : Psaumes 60 & 61
Isaïe 52,13-53,12
Saint Matthieu 26,1-75

Prière de Collecte pour le Dimanche des Rameaux
Dieu éternel et tout-puissant, qui as tellement aimé le monde, que Tu as envoyé Ton Fils Jésus-Christ, notre Sauveur, pour assumer notre chair, et pour souffrir la mort sur la Croix, afin que toute l'humanité suive l’exemple de Sa profonde humilité; accorde-nous miséricordieusement la grâce d’imiter Sa patience, et d’avoir part à Sa Résurrection. Par Jésus-Christ notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Liturgie :
Epître : Philippiens 2,5-11
Évangile : Saint Matthieu 26,1-27,54

"Lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, Il dit à ses disciples: "Vous le savez, la Pâque a lieu dans 2 jours, et le Fils de l'Homme sera trahi pour être crucifié." Alors les grands prêtres et les anciens du peuple se réunirent à la cour du grand prêtre, nommé Caïphe, et prirent en commun la décision d'arrêter Jésus par ruse et de le faire mourir. "Surtout, disaient-ils, pas durant la fête; il pourrait y avoir une émeute populaire."
Lorsque Jésus Se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, une femme s'approcha de Lui; elle tenait une fiole de parfum de grand prix, et le Lui versa sur la tête, alors qu'Il était à table. À cette vue, les disciples s'indignèrent: "À quoi bon ce gaspillage? Disaient-ils. On aurait pu vendre ce parfum très cher et en donner le prix aux pauvres." Jésus S'en rendit compte et leur dit: "Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? C'est un beau geste qu'elle a fait à Mon endroit. Vous aurez toujours les pauvres avec vous; mais Moi, vous ne m'aurez pas toujours. Si elle a répandu ce parfum sur Mon corps, elle l'a fait en vue de Ma sépulture. Oui, vous dis-Je, partout où l'on proclamera cet Évangile, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire d'elle, ce qu'elle a fait."
Alors l'un des Douze appelé Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres et leur dit: "Combien m'offrez-vous? Je suis prêt à vous Le livrer." Ils lui fixèrent un prix de 30 pièces d'argent. Depuis lors il guettait l'occasion de livrer Jésus.
Le premier jour des Azymes, les disciples vinrent trouver Jésus et Lui dirent: "Où désires-Tu que nous Te préparions le repas pascal?" Il répondit: "Allez en ville, chez un tel, et dites-lui: Le Maître te fait dire: Mon temps est proche, c'est chez toi que Je veux célébrer la Pâque avec mes disciples." Les disciples se conformèrent aux ordres de Jésus et préparèrent la Pâque. Le soir venu, il se mit à table avec les douze disciples. Durant le repas Il dit: "Oui, Je vous le déclare, l'un de vous est prêt à me trahir." Dans une profonde consternation, chacun se mit à Lui dire: "Tout de même pas moi, Seigneur?" Il répondit: "Celui qui a mis la main au plat avec Moi, c'est lui qui va Me trahir. Le Fils de l'Homme va Son chemin, que Lui ont tracé les Écritures; mais hélas pour celui qui trahit le Fils de l'Homme! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né." Judas, le traître, prit la parole: "Maître, dit-il, est-ce moi?" - "Oui, c'est toi", répondit Jésus.
Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : "Prenez, mangez, ceci est Mon Corps." Puis, prenant une coupe, Il rendit grâces et la leur donna en disant : "Buvez-en tous; car ceci est Mon Sang, le Sang de la Nouvelle Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. Je vous le dis, Je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où Je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de Mon Père."
Après le chant des psaumes, ils se rendirent au mont des Oliviers. Jésus leur dit alors: "Vous trouverez tous en Moi, cette nuit même, une occasion de chute. Il est écrit, en effet: Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées (Zach. 13,7). Mais après Ma Résurrection, Je vous précéderai en Galilée." Pierre intervint: "Quand tout le monde trouverait en Toi une occasion de chute, dit-il, moi, jamais!" Jésus lui dit: "Oui, Je te le déclare: cette nuit même, avant le chant du coq, tu Me renieras 3 fois." Pierre lui répondit: "Même s'il me faut mourir avec Toi, je ne Te renierai pas!" Et tous les autres disciples tinrent le même langage. Jésus se rend alors avec eux au lieu dit Gethsémani et dit à Ses disciples: "Asseyez-vous ici pendant que J'irai prier là." Prenant avec Lui Pierre et les 2 fils de Zébédée, Il fut bientôt saisi de tristesse et d'angoisse. Il leur dit: "Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec Moi." Il S'éloigna quelque peu, Se jeta la face contre terre, et pria en ces termes: "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi! Toutefois, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux." Il revint alors auprès de Ses disciples et les trouva endormis. Il dit à Pierre: "Ainsi vous n'avez pu veiller une heure avec Moi. Veillez et priez, afin de ne point entrer en tentation; l'esprit est ardent, mais la chair est faible." Une seconde fois Il s'éloigna, et pria ainsi: "Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que Je la boive, que Ta volonté soit faite!" Il revint, et les trouva encore endormis; leurs yeux s'étaient alourdis. Il les laissa, et S'en alla de nouveau prier pour la troisième fois, et dans les mêmes termes. Il revint alors à Ses disciples et leur dit: "Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! L'heure est venue: le Fils de l'Homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons, celui qui me trahit est là." Il parlait encore que Judas, l'un des Douze, survint, et avec lui une troupe de gens armés d'épées et de bâtons, envoyés par les grands prêtres et les anciens du peuple. Le traître était convenu avec eux de ce signe: "Celui que j'embrasserai, c'est Lui, arrêtez-le." Aussitôt il s'approcha de Jésus: "Salut, Maître", dit-il, et il L'embrassa. Jésus lui dit: "C'est donc pour cela que tu viens ici!" Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent. Mais un des compagnons de Jésus dégaina, frappa de l'épée un serviteur du grand prêtre, lui tranchant l'oreille. Jésus lui dit alors: "Rengaine ton épée: tous ceux qui useront de l'épée, périront par l'épée. Crois-tu que Je ne puisse invoquer Mon Père, qui m'enverrait à l'instant plus de 12 légions d'Anges? Comment donc s'accompliraient les Écritures, d'après lesquelles il doit en être ainsi?" Puis, Se tournant vers la bande: "C'est avec des épées, dit-Il, et des bâtons que vous êtes venus M'arrêter, comme s'il s'agissait d'un brigand. Pourtant, tous les jours, J'étais assis dans le Temple, parmi vous, à enseigner, et vous ne M'avez pas arrêté. Mais tout cela s'est passé pour accomplir les oracles des prophètes." A ce moment, les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite.
Les gens qui avaient arrêté Jésus L'emmenèrent chez le grand prêtre Caïphe, où s'étaient réunis les scribes et les anciens du peuple. Pierre Le suivit de loin, jusqu'à la cour du grand prêtre. Il entra et s'assit avec les gens de service pour voir comment cela finirait. Cependant les grands prêtres et tout le Conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus, afin de Le condamner à mort. Ils n'y parvenaient point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. À la fin tout de même, il en vint 2 qui déposèrent ainsi: "Cet homme a dit: Je peux détruire le temple de Dieu et le rebâtir en 3 jours." Le grand prêtre se leva: "N'as-Tu, dit-il, rien à répondre à ce que ces gens déposent contre Toi?" Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit: "Par le Dieu vivant, je T'adjure de nous dire si Tu es le Christ, le Fils de Dieu?" Jésus répondit: "Tu l'as dit. De plus Je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'Homme siéger à la droite du Tout-Puissant et revenir sur les nuées du Ciel." À ces mots, le grand prêtre se mit à déchirer ses vêtements: "Qu'avons-nous encore besoin de témoins? disait-il. Vous venez d'entendre le blasphème! Votre avis?" Ils répondirent: "Il mérite la mort!" Là-dessus, on Lui cracha au visage, on Le gifla; certains Lui donnaient des coups en disant: "Christ, devine qui T'a frappé."
Cependant, Pierre était assis dans la cour. Une servante l'aborda: "Toi aussi, dit-elle, tu étais avec Jésus, le Galiléen." Mais il le nia devant tout le monde en ces termes: "Je ne sais ce que tu veux dire." Il se dirigeait vers le porche pour sortir quand une autre servante l'aperçut; elle dit aux assistants: "Cet homme était aussi avec Jésus de Nazareth." Pierre nia encore; il jurait: "Je ne connais pas cet homme." Peu après, les gens qui se trouvaient là s'approchèrent: "Mais oui, dirent-ils à Pierre, tu es de ces gens-là: ton accent te fait reconnaître." Alors il se mit à proférer des imprécations, jurant qu'il ne connaissait pas cet homme. À ce moment, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus: "Avant que le coq chante, tu Me renieras 3 fois." Il sortit et se mit à sangloter amèrement.
De grand matin, tous les grands prêtres et les anciens du peuple, de commun accord, décidèrent de faire condamner à mort Jésus. Puis ils Le firent lier et emmener pour Le remettre au gouverneur Pilate. Alors Judas, le traître, Le voyant condamné, fut pris de remords. Il rapporta aux grands prêtres et aux anciens les 30 pièces d'argent: "J'ai eu tort, leur dit-il; j'ai livré un innocent." Ils répondirent: "Que nous importe? Cela te regarde." Il jeta l'argent dans le temple, et alla se pendre. Les grands prêtres, eux, ramassèrent les pièces et dirent: "Il n'est pas permis de les verser au trésor sacré, puisque c'est le prix du sang." Ayant délibéré, ils achetèrent avec cette somme le champ du Potier, pour établir un cimetière d'étrangers. C'est la raison pour laquelle ce terrain s'appelle encore aujourd'hui Haceldama, c'est-à-dire "champ du Sang": Ainsi s'accomplissait l'oracle du prophète Jérémie: Ils ont pris les 30 pièces d'argent, prix auquel l'avaient estimé les enfants d'Israël; ils les ont données pour le champ du Potier, comme le Seigneur me l'avait prescrit.
Jésus comparut devant le gouverneur, qui l'interrogea: "Tu es le roi des Juifs?" - "Oui, répondit Jésus, tu le dis." Mais aux accusations des grands prêtres et des anciens, il ne répondit rien. Pilate lui dit alors: "N'entends-tu pas toutes les charges dont on T'accable?" Mais Il ne voulut répondre à aucun grief, au grand étonnement du gouverneur. Le gouverneur avait coutume, à chaque fête de Pâque, de relâcher un détenu, au choix de la foule. Or, on tenait à ce moment un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Pilate s'adressa au peuple assemblé: "Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus qu'on appelle Christ?" Il savait bien qu'on l'avait livré par jalousie. Pendant qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui envoya dire: "Ne fais rien à ce juste. Aujourd'hui, un songe qui Le concerne m'a beaucoup impressionnée." Mais les grands prêtres et les anciens persuadèrent le peuple de réclamer Barabbas et de faire périr Jésus. Le gouverneur prit alors la parole: "Lequel des 2 voulez-vous que je vous délivre?" Ils répondirent: "Barabbas!" Pilate leur dit: "Que ferai-je alors de Jésus qu'on appelle Christ?" Tous répondirent: "Qu'on le crucifie!" Le gouverneur reprit alors: "Mais quel mal a-t-Il fait?" Mais ils criaient de plus belle: "Qu'on Le crucifie!" Pilate vit qu'il n'arrivait à rien, et qu'au contraire le tumulte croissait. Il se fit apporter de l'eau et se lava les mains devant le peuple en disant: "Je ne suis pas responsable du sang de cet homme. Cela vous regarde." Et tout le peuple de répondre: "Nous en prenons la responsabilité, nous et nos enfants." Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, il le fit battre de verges et le livra pour être crucifié. Les soldats du gouverneur emmenèrent alors Jésus dans le prétoire, et assemblèrent autour de Lui tout le peloton. Ils Le déshabillèrent et Lui passèrent un manteau d'écarlate. Puis ils tressèrent une couronne d'épines et la Lui mirent sur la tête, ainsi qu'un roseau dans la main. Ployant le genou devant Lui, ils Lui disaient par manière de dérision: "Salut, roi des Juifs!" Ils lui crachaient au visage, prenaient le roseau et Lui en donnaient des coups à la tête. Après l'avoir ainsi bafoué, ils Lui ôtèrent le manteau, Lui remirent Ses vêtements. Puis on L'emmena pour Le crucifier. En sortant, ils croisèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu'ils contraignirent à porter Sa croix.
Arrivés au lieu dit Golgotha, c'est-à-dire lieu du Crâne, ils Lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. Il en goûta, mais refusa de le boire. Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent Ses vêtements en les tirant au sort. Ainsi s'accomplissait l'oracle du Prophète: Ils se sont partagé mes vêtements; ils ont tiré au sort ma tunique (Ps 21,19). Ils s'assirent et montèrent la garde. Au-dessus de Sa tête, on avait affiché le motif de condamnation: "Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs." En même temps, on crucifia près de Lui 2 brigands, l'un à droite, l'autre à gauche. Les passants L'injuriaient; ils hochaient la tête en disant: "Toi qui peux détruire le temple et le rebâtir en 3 jours, sauve-Toi Toi-même. Si Tu es Fils de Dieu, descends de la croix!" Les grands prêtres avec les scribes et les anciens le raillaient de même: "Il en a sauvé d'autres, et Il ne peut Se sauver lui-même! S'Il est roi d'Israël, c'est le moment de descendre de la Croix, et nous croirons en Lui! Il S'est confié en Dieu; que Dieu Le tire à présent de là, s'Il l'aime tant; car Il a dit: Je suis Fils de Dieu!" Et les brigands crucifiés avec Lui L'outrageaient de même. Depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, l'obscurité se fit sur toute la terre. Vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: "Éli, Éli, lema sabachtani ", ce qui veut dire: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné?" À ces mots, quelques assistants dirent: "Il appelle Élie." Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il imbiba de vinaigre, et Lui offrit à boire au bout d'un roseau. Les autres disaient: "Laisse-nous voir si Élie va venir Le sauver." Cependant, Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'âme. Et voici que le voile du temple se déchira en 2, de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent; les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs justes trépassés ressuscitèrent. Sortis de leurs sépultures, ils entrèrent dans la ville sainte après la Résurrection de Jésus, et apparurent à plusieurs personnes. Le centurion et ses hommes, qui montaient la garde de Jésus, devant ce tremblement de terre et tout ce qui se passait, sous l'effet d'une extrême épouvante, dirent: "Cet homme était véritablement Fils de Dieu!"
HOMÉLIE DU DIMANCHE DE CARÊME 6 – DIMANCHE DES RAMEAUX

Le Dimanche des Rameaux est le grand arc de triomphe de l'année Chrétienne, et en passant en dessous, nous suivons notre Seigneur et Sauveur pour entrer dans la semaine de Ses souffrances, de Son abaissement et de Sa mort. Le Dimanche des Rameaux semble être un jour d'espoir au goût aigre-doux. Perspective d'un affrontement amer, de se retrouver projeté sur les durs rochers des autorités religieuses du moment et du peuple qui avait accepté leurs enseignements déviants, apparemment sans y réfléchir beaucoup, enseignements qui, depuis des siècles, s'étaient écartés loin de la volonté de Dieu. Et malgré tout ce qui s'est passé, nous n'avons pas le moins du monde à regretter les événements de la Semaine Sainte et du Vendredi Saint, car sans eux, nous ne serions pas sauvés. Sans eux, nous n'aurions que l'ancienne Loi par laquelle nous sommes condamnés, comme nous le rappelle saint Paul. Nous pouvons et nous devons regretter nos transgressions, dont chacune contribue aux nécessités des souffrances de Dieu sur l'Arbre de Vie que nous appelons la Croix. A cause de tout cela, sur quoi nous ne savons pas revenir, l'Arc du Dimanche des Rameaux doit inévitablement mener à cet arbre distant, si éloigné du Jardin d'Eden où lui et nous avons commencé. La dernière semaine du Grand Carême a toujours été vécue par les Chrétiens comme étant un temps de solennité spéciale; et du fait des événements capitaux de la dernière semaine avant la Crucifixion, que cette semaine nous présente, elle a été appelée depuis les temps les plus anciens la Grande Semaine, la Semaine Sainte, ou la Semaine Sainte du Grand Carême. Durant cette semaine, on voit qu'à l'époque de saint Jean Chrysostome, il y avait un arrêt général des activités de travail parmi le peuple Chrétien. Le jeûne était observé avec une plus grande intensité et rigueur et, après la conversion de Byzance, les empereurs tentèrent d'établir un exemple de charité et miséricorde dont les aumônes que donnaient les souverains en Europe lors du Jeudi Saint étaient une lointaine réminiscence.
Le Dimanche des Rameaux est mentionné tôt dans l'ère Chrétienne. Saint Jean Chrysostome parle de branches de palmier que l'on agitait comme étant une des coutumes du jour. En Occident, ce sera le buis qui prendra le rôle, le palmier et l'olivier n'étant pas des arbres naturellement communs à nos contrées.
Dans le Livre de l'Exode (15,27), nous lisons que les Fils d'Israël venaient à l'oasis d'Elim avec ses 12 sources et 40 palmiers, et nous savons aussi par le Lévitique (23,40) la signification des palmiers et des saules dans l'Ancien Testament. Ensuite, en Apocalypse 7,9, on nous parle d'un usage liturgique des branches de palmier. D'où cette antique cérémonie de bénédiction des rameaux, avec sa Lecture et son Évangile qui nous racontent les événements que nous commémorons aujourd'hui : le Christ entrant en Roi dans Sa capitale, accueilli et acclamé par Son peuple, accomplissant les prophéties d'Isaïe 62,11 et Zacharie 9,9. Le Roi avait à rentrer dans Sa Ville, la ville dont Il avait prophétisé la future destruction – ce qui aura lieu 40 ans plus tard -, le Roi Qui avait prophétisé qu'Il y serait mis à mort – ce qui se passa 4 jours plus tard. Ce Roi est notre Dieu, venu pour rien d'autre que mourir des mains des hommes, afin que ceux qui croiraient puissent être libérés des conséquences de leurs transgressions. Ici, en ce radieux et ensoleillé matin de printemps, Il vint, chevauchant l'ânon et passant sous les portes de la ville, acclamé et accueilli par cette foule de gens.. dont beaucoup hurleraient pour obtenir Sa mise à mort quelques jours plus tard. Le suivant en procession, on trouvait 12 hommes, un d'entre eux allant Le vendre aux autorités, un d'entre eux allant renier le fait qu'Il était son plus grand ami, et tout le restant qui allait Le fuir. Et cependant, Il venait pour accomplir les derniers actes de Sa vie terrestre, pour leur pardonner à l'avance à tous, pour demander au Père de les épargner, pour leur donner les moyens de la grâce et l'espérance de la gloire : pour établir pour eux le chemin pour demeurer avec Lui, renforcés et protégés par Lui à travers le saint Mystère de l'Eucharistie. Et ainsi, à travers l'Arc de la porte de la ville, et l'arc du Dimanche des Rameaux, Jésus, Roi des rois, chevauchant sur l'humilité d'un pacifique âne, le Roi de Gloire entra, Celui sur les épaules de Qui reposeront d'abord la Croix de souffrance, qui sera suivie par le gouvernement sur tous ceux qui Lui sont donnés par le Père.

Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc
extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)

(p. Michael à droite, p. Barry à gauche)

En la fête de saint Valery de Luxueil, un des précieux fruits de "l'école des saints" de l'abbaye de notre Père de l'Europe et Père dans la Foi, saint Colomban


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