"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 avril 2007

Dynamis/Mercredi Radieux: la Pâque du Seigneur (Exode 12)

icone orthodoxe russe contemporaine de la Resurrection du Christ"Une Pâque sacrée nous est révélée en ce jour.
Pâque nouvelle et sainte, Pâque mystique, Pâque toute vénérable,
Pâque : le Christ libérateur, Pâque irréprochable, Pâque immense, Pâque des croyants,
Pâque qui nous ouvre les portes du paradis,
Pâque qui sanctifie tous les fidèles."
(Stichères de Pâques)

"Pâque, ta sainteté se révèle en ce jour à nos yeux: / Pâque nouvelle et sacrée, / Pâque mystique du Seigneur, / Pâque vénérable, / Pâque du Christ libérateur, / Pâque tout-immaculée, / Pâque à nulle autre pareille, / Pâque des fidèles, / Pâque nous ouvrant les portes du Paradis, / Pâque dont tout fidèle reçoit la sainteté."
autre version des Stichères de Pâques, ton 5


Passage de la Mer Rouge et Moïse sauvé des eaux du Nil
Synagogue de Dura Europos, Syrie, vers 250 après Jésus-Christ
source

Mercredi Radieux, 11 avril 2007 – Christ est Ressuscité!
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/2732
Calinicos, évêque de Rimnicu
3ème Vigile de Pâques:
Exode 12,1-11
"Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron en Égypte: Ce mois-ci viendra pour vous en tête des autres: Vous le tiendrez pour le premier mois de l'année. Dites à toute l'assemblée d'Israël: Le 10ème jour de ce mois, qu'on se procure un agneau par famille, un agneau par maison. Si la famille est trop peu nombreuse pour un agneau, on invitera son voisin le plus proche, afin d'être assez nombreux, en tenant compte des appétits. Ce sera une bête sans défaut, un mâle né dans l'année; pour un chevreau vous suivrez la même règle. Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois; alors toute l'assemblée d'Israël l'immolera au crépuscule. On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux montants et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. Cette nuit-là, on en mangera la chair rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous n'en mangerez rien qui soit cru ou bouilli, mais bien rôti, avec la tête, les pattes et les entrailles. Vous n'en laisserez rien pour le lendemain; et s'il en reste, vous le brûlerez. Voici comment vous le mangerez: les reins ceints, les sandales aux pieds et le bâton à la main. Vous le mangerez à la hâte: c'est la Pâque du Seigneur."

Actes d'Apôtres 2,22-36
Évangile : saint Jean 1,36-51

Pâque : Exode 12,1-11, en particulier le verset 11: "c'est la Pâque du Seigneur."
Dans l'original [conservé en grec, dans la LXX], ce verset est une brève phrase de 3 mots, formée du verbe – "esti", (c')"est" - placé entre "pascha" / (la) "Pâque" et "Kyrio" / (du) Seigneur. Translitéré, cela donne : pascha esti kyrio. Dès lors, bien que "pascha" puisse être traduit par Passage, ce mot est facilement reconnaissable par les Chrétiens Orthodoxes francophones comme signifiant Pâque. "Une Pâque sacrée nous est révélée en ce jour. Pâque nouvelle et sainte, Pâque mystique, Pâque toute vénérable. Pâque : le Christ libérateur."

La péricope du livre de l'Exode pour ce jour rapporte les événements de la source première de ce qui est devenu notre "nouvelle et sainte Pâque" – notre Pâques Chrétienne. Exode 12,1-11 raconte une nuit longtemps avant la naissance du Christ, à l'époque du grand prophète et visionnaire, Moïse, durant laquelle le "destructeur" de Dieu parcouru l'Égypte, livrant à la mort les premiers-nés des Égyptiens mais épargnant les maisons du peuple d'Israël (Ex. 12,23). Suivant la directive du Seigneur, les Israélites avaient pris le sang d'un agneau, et en avaient badigeonné les deux montants et le linteau de la porte des maisons où on le mangea (v. 7). C'est par ce signe que leurs maisons furent marquées et leurs premiers-nés protégés et délivrés par le Seigneur Dieu Lui-même – au contraire des Égyptiens.

Comment alors, partant de cet ancien commencement israélite, en sommes-nous arrivés à parler de notre grande célébration Chrétienne de la Fête de la Résurrection du Seigneur Jésus comme d'une Pâque? La relation évidente se trouve dans l'emprunt du mot hébreux "pesach" pour former le grec "pascha". On peut voir cela dans la version de la Septante du texte de Moïse citée ci-dessus et, cette adoption prépara le chemin pour prolonger l'emprunt vers nos langues modernes, tel que l'anglais et le français. Mais il y a des relations bien plus profondes qu'un simple emprunt linguistique, entre la Pesach juive et la Pâques Chrétienne. La Pâques des Chrétiens, assurément, plonge ses racines dans les événements de la nuit en laquelle le Seigneur Jésus mangea l'ancienne Pâque juive avec Ses disciples, et identifia clairement l'émergence d'une Nouvelle Alliance en Son Sang (Mc. 14,16,24).

Pour cette raison, l'Épître aux Hébreux décrit le Seigneur Jésus comme étant "le médiateur de la Nouvelle Alliance, et du sang de l'aspersion, qui parle avec plus d'éloquence que le sang d'Abel" (Héb. 12,24). Tous les Apôtres qui ont touché et rencontré le Seigneur après Sa Résurrection, ayant été témoins et de Sa Crucifixion et de Son triomphe sur la mort, ont perçu le Sang que le Seigneur avait versé comme étant l'accomplissement de la promesse prophétique de Jérémie : "Voici que viennent des jours - oracle du Seigneur - où Je ferai avec les maisons d'Israël et de Juda une Alliance Nouvelle. Elle sera différente de celle que J'ai conclue avec leurs pères, au jour où Je les ai pris par la main pour les faire sortir d'Égypte, pacte qu'ils ont violé quoique Je fusse leur époux" (Jér. 31,31-32; Héb. 8,8-9).

"Le Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête" (1 Co 5,7-8). La Pâque de l'ancien Israël a mené à la Pâques que nous avons reçue du Christ notre Seigneur! De même qu'avec la Pâque, notre Pâques est le commencement de chaque année Chrétienne, lorsque le cycle des lectures de la Sainte Écriture recommence (cfr. Ex. 12,2). Le Précurseur identifia le Seigneur Jésus comme étant l'Agneau de Dieu Qui enlève les péchés du monde (Jn 1,29), Qui était "sans tâche" comme sacrifice Pascal (cfr. Ex. 12,5). De plus, "aucun de Ses os n'a été brisés" (Jn 19,36; Ex. 12,10).

Moïse donna instruction aux enfants d'Israël de manger la Pâque en état de préparation pour leur départ d'Égypte (Ex. 12,11). De la même manière, nous qui célébrons le Christ, la Pâques vivante et ressuscitée, nous avons besoin d'être prêts en suivant ce que nous dit le saint Apôtre Paul: "cherchez les biens d'en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu; attachez-vous aux biens d'en haut, non à ceux de la terre" (Col. 3,1-2).

Nous Te louons pour Ta glorieuse Résurrection, car Tu es le véritable Agneau Pascal offert pour nous, et par Ta mort, Tu as détruit la mort et nous a restaurés à la vie éternelle.


9/4/2007: fête paroissiale à Namur, église des saints Nicolas, Raphaël et Irène
photos :
http://www.flickr.com/photos/orthobel/452774978/

Messages de Pâques de différents patriarches et primats d'Églises
http://www.orthodoxie.com/2007/04/messages_de_pqu.html

Message de Pâques 2007 de S. Em. Gabriel, Archevêque de Comane
http://www.exarchat.org/spip.php?article720

Épître Pascale (en anglais) de mgr Laurus, primat EORHF:
http://www.russianorthodoxchurch.ws/synod/eng2007/





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