"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 avril 2007

Élections, Sodome et Lot, Jérémie et l'avenir – une opinion parmi tant d'autres.

En ce temps d'élections en France, et de préparation aux élections en Belgique, tout est nerveux autour de nous. Les conseils d'administration des media "grand public", tous aux mains du système financier et occulte, distribuent les consignes éditoriales. Et on a facile à savoir, rien qu'à la première page, vers où tel ou tel canard penche... et en analysant un peu plus finement ce qu'il cache entre 2 lignes, on découvre que tous comptes faits, ce n'est que façade. Et le véritable pouvoir compte bien faire passer ses idées, néfastes pour la société et contraires aux Lois de Dieu, quoi qu'il advienne. Donc en les travestissant selon les publics visés. Ca marche depuis déjà fort longtemps, hélas.

Pour qui voter? Pour quoi voter? Ou .. pourquoi voter?
Le père Païssios, de bienheureuse mémoire, nous donnait l'autre jour quelques conseils spirituels en la matière, et j'ai entre-temps complété la page avec un lien vers une belle prière "pour les élections" proposée par la paroisse Saint Germain et Saint Cloud (région de Paris, métropole occidentale du patriarcat de Roumanie)
http://stmaterne.blogspot.com/2007/04/lections-religion-comment-faire-lunique.html

Des conseils, pas plus, parce qu'en effet, pour le Chrétien, une "consigne de vote", ça n'existe pas. Nous ne comprenons pas comment des gens qui se réclament du Christ pourraient fonctionner de la sorte. Nous sommes tous différents, nous vivons tous en des endroits différents, et ceux qui se présentent aux élections sont tous différents aussi. Et quel que soit leur programme, Dieu est aussi pour eux, Dieu les aime aussi, et aimerait qu'ils se tournent vers Lui. Mystère de la grâce, le politicien le plus athée, enfoncé à fond dans le système occulte trans-partis bien connu (et totalement opposé à la démocratie quoiqu'il prétende), peut du jour au lendemain basculer vers l'unique Lumière, le Christ. Comment peut-on dès lors avoir des "règles à suivre à la lettre", des "consignes", quand il s'agit d'humanité, donc de ce qui est amené à changer, à s'ouvrir à Dieu, et à devenir ainsi radicalement différent de ce que c'était la veille, et que toutes les situations sont différentes? Et que fait-on de la conscience dans ce cas? Serait-elle interdite de fonctionner dans ce cas-là? Passons.

Prenons les programmes des partis. Pour la France, je ne sais pas avec certitude, mais je crois que c'est pareil que chez nous. Pour la Belgique, il devient excessivement difficile de trouver un parti politique à vocation démocratique (ou du moins déclarée telle) qui ne prévoie pas les pires dérives eugénistes dans son programme. Et aussi qui ne soutienne pas ouvertement tout ce qui est monstrueusement contre nature. Même là où on prétend défendre la nature, on prône surtout ce qui est contre nature. Cherchez l'erreur.. et vous trouverez l'horreur.

Réfléchissons un instant, pensant à nos enfants, à ceux de notre voisinage, de notre famille selon la chair, de notre vraie famille aussi (selon le Christ), de notre patrie terrestre (notion contingentielle mais respectable). Le juste Lot, le neveu d'Abraham, quand il habitait Sodome (Gen. 13,12-13), qu'avait-il autour de lui? Une telle débauche contre-nature que les maladies les plus monstrueuses devaient y être légion, comme les démons que les gens invitaient chez eux! Et une telle violence que ses enfants ne devaient jamais pouvoir sortir à la rue, de peur de se retrouver illico victimes (Gen. 18,20-19,25). Vivons-nous déjà ça? En certains endroits en Belgique, j'ose le dire, oui. Il est des endroits où qu'on soit enfant ou adulte, si on n'a pas une protection visible (chien, etc), on se retrouverait illico crapuleusement détruit par des gens qui ont voué leur vie et leur âme au démon. Idem en France, ou ailleurs en Occident. Mais avouons-le, quand bien même l'application intégrale des programmes des partis "démocratiques" risquerait à très court terme d'amplifier ces monstruosités – et les affaires "à la Dutroux" ne seraient même plus rapportées tant elles deviendraient "la norme", voyez certains programmes, j'insiste - oui, avouons-le, nous sommes Dieu merci encore loins de ce que Lot, son épouse et leurs enfants devaient endurer à Sodome. Même si une partie croissante de la population semble prête à se contenter de la télévision pour lui servir de cerveau, et du bulletin de vote pour lui servir d'âme, on n'a pas encore à subir un si terrible environnement. Prions qu'il en soit encore longtemps ainsi, et vivons toujours plus en Christ, pour changer vraiment nous-mêmes, et ainsi permettre à la libération et la transfiguration du monde.

J'évoquais aussi notre grand ami le prophète Jérémie dans le titre de l'article.
Avez-vous déjà réfléchi un instant à la situation dans laquelle il se trouvait?
Depuis des siècles, une fausse religion faisait florès. Elle imitait en presque tout la foi de l'Alliance, du moins dans les formes externes. Si la lettre de la Loi était souvent un peu bafouée, l'esprit de la lettre n'était plus à l'ordre du jour depuis belle lurette. Les prophètes n'avaient cessé de fulminer contre ce peuple qui n'avait pas voulu être dirigé par Dieu mais voulait des dirigeants "comme les autres peuples de ce monde" (cfr Samuel). Ils ont mis en garde, prêché à temps et à contretemps. En vain.
Au moment où Jérémie est enfermé pour avoir dit pour la Xième fois la vérité aux princes du moment, tous apostats, au clergé qui n'a que les apparences externes de la religion, au peuple qui fait semblant d'être fidèle mais bafoue tout de Dieu et se comporte comme un ramassis de païens, la logique de la vie s'accomplit. Le peuple a massivement abandonné Dieu, donc les forces que Dieu retenait sont libérées. Soyons clairs, ça veut dire que quand les gens disent "zut" à Dieu, et bien Dieu, Il accepte leur choix, et Il les laisse tirer leur plan, Il respecte la liberté humaine. A l'époque de Jérémie, le prix du "zut" signifiait endurer Nabuchodonosor...
Jérémie est donc en prison, tout va mal, la situation spirituelle, philosophique, les moeurs, le social, tout ça est exactement du même niveau que ce que nous vivons à présent chez nous. Et bientôt, le sommet de la catastrophe arrivera, avec la chute de Jérusalem et encore la déportation. Et pourtant, qu'est-ce que le Seigneur demande à Jérémie?

"Et Jérémie dit: "La parole du Seigneur m'a été adressée en ces termes: Voici Hanamel, le fils de ton oncle Sallum, qui vient pour te proposer l'achat de sa terre d'Anatot, car tu as priorité d'achat sur elle." Hanamel, mon cousin, me vint donc trouver, comme l'avait annoncé le Seigneur, dans la cour gardée: "Achète, me dit-il, ma terre d'Anatot, au pays de Benjamin, car tu es l'ayant-droit de rachat, et l'héritier légal; achète-la donc." Et je compris qu'il y avait là une invitation du Seigneur. J'achetai la terre à mon cousin et lui en payai le prix: 17 sicles d'argent. Je mis le contrat par écrit, et après l'avoir scellé, je pris des témoins devant qui je pesai l'argent dans la balance. Je pris l'acte de vente scellé, où figuraient les clauses et les stipulations, ainsi que la copie ouverte, et je remis le premier à Baruch, fils de Néria, fils de Mahséia, en présence de Hanamel, mon cousin, des témoins signataires de l'acte de vente, et de tous les Judéens qui étaient dans la cour gardée. Puis, devant eux, je donnai cet ordre à Baruch: "Voici ce que dit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël: Enlève ces documents, l'acte de vente scellé que voici et la copie ouverte que voilà, et mets-les dans un pot de grès pour qu'ils se conservent longtemps. Car voici ce que prédit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël: On achètera encore des maisons, des champs et des vignes de ce pays-ci." (Jér. 32,1-15)

Un champ, voilà ce que le Seigneur fait acheter à Jérémie! Or, qu'est-ce que c'est, un champ? A l'époque des supermarchés dans chaque quartier, plus grand monde sait encore qu'un pain, c'est fait de blé qui pousse dans un champ, et encore moins comment ça pousse.
Un champ, il faut d'abord le défricher, retirer les cailloux, etc. Puis il faut labourer. Semer. Entretenir. Attendre. Récolter. Engranger. Bref, un champ, c'est un pari sur l'avenir là où on est, et nulle part ailleurs.
C'est dans un moment où tout autour de lui, il n'y a plus rien ou presque qui soit encore fidèle à Dieu, et pourtant, Dieu demande à Son ami de s'installer là où il se trouve. Au milieu de la fange, du désordre, de la folie humaine. Parce qu'Il n'écrase pas la mèche encore fumante, ni le roseau flétri, et que sans cesse, Il espère retrouver la 100ème brebis, celle qui est perdue, celle qu'Il aime autant que les autres, malgré qu'elle soit rebelle et imprudente... Le Seigneur demande donc à Jérémie de s'occuper de lui, de s'occuper d'un champ, de vivre, et de laisser au Seigneur le soin du lendemain, de l'avenir. Quel bel exemple pour nous, qui nous demandons ce qu'on va bien pouvoir devenir si X ou Y est élu plutôt que Z...
Voter en son âme et conscience. Pas en fonction d'une carte de parti, d'un programme de parti, d'une "tête" sur une affiche, d'un "nom", d'une "idée" à la mode (ou contre la mode). C'est difficile. Quand on est, comme en Belgique, soumis au devoir électoral, on ne peut même pas se défiler. Dans bien des élections, le bulletin blanc est une tentation bien forte, mais aussi parfois la seule alternative raisonnable. Les élections locales – pour une commune ou une municipalité, c'est plus facile, puisque là où a la possibilité, si on investit un peu de temps, d'apprendre à vraiment connaître le candidat au suffrage. Candidat qui ignore trop souvent que ministre veut dire serviteur, et qu'il y a plus qu'une différence de lettre entre servir et se servir.
A la rigueur, si on n'est pas obligé de voter, si c'est pas un devoir, ou que les choix proposés, on les estime vraiment incompatibles avec ses choix de vie à soi, la météo est belle, c'est le moment d'une promenade champêtre, une Bible en poche, un recueil de poésie, une chanson à la bouche..
Que les pères confesseurs et autres spirituels ont du boulot ces temps-ci, avec cette masse de gens qui ont difficile à entendre en eux-mêmes "ce que l'Esprit dit aux Églises", avec tout le brouhaha qui est fait pour empêcher les gens de réfléchir, penser, et bien sûr, prier...

Excusez le piètre niveau de ma réflexion, je suis encore malade, j'ai pour une fois une bonne excuse à ma médiocrité.

bonne réflexion dans l'isoloir – prenez Jésus avec vous, car si Son Royaume n'est pas de ce monde, pourtant, ce monde, c'est Lui qui l'a créé, Il sait donc mieux que quiconque ce qui est requis pour le faire tourner bien pour tout le monde!


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