"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 avril 2007

S. Jean Maximovitch: nuit du Jeudi Saint, la prière du Christ dans le Jardin


par saint Jean (Maximovitch)

olivier dans le jardin de Gethsemaniolivier dans le jardin de Gethsemani
(c) & source

Ayant célébré la Dernière Cène avec Ses disciples, et leur ayant donné Ses préceptes, le Seigneur marcha avec eux jusqu'au Mont des Oliviers (Mt 26,30; Mc 14,26; Lc 22,39). En chemin, Il continua à leur donner Ses instructions finales. Ensuite, Il Se tourna vers le Père Céleste, adressant une prière pour Ses disciples et pour ceux qui croiraient en Lui à travers leur prédication (Jn 17).

Franchissant le ruisseau du Cedron, le Seigneur et Ses disciples entrèrent dans le Jardin de Gethsemani, où ils avaient l'habitude de fréquemment se réunir (Mt 26,37; Mc 14,32; Jn 18,1-2). Ensuite Il quitta Ses disciples, leur demandant de rester à veiller pendant qu'Il partait prier. Accompagnés uniquement de Pierre, Jean et Jacques, Il S'éloigna quelque peu. Il avait besoin d'être seul, mais sachant tout ce qui allait se produire, Il commença à être triste, mal, et Il dit à ceux qui étaient avec Lui : "Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec Moi" (Mt 26,38). Et, S'étant quelque peu éloigné, Il tomba face contre terre et pria.

A 2 reprises, le Seigneur interrompit Sa prière et revint près de Pierre et des fils de Zébédée. Hélas! S'ils étaient encore physiquement présents, ils avaient été vaincus par le sommeil. C'est en vain que leur divin Maître tenta de les persuader de veiller et de prier, afin de ne pas entrer en tentation: l'esprit est ardent, mais la chair est faible (Mt 26,41; Mc 14,38). Les disciples se rendormirent aussitôt que le Sauveur les avait quitté pour continuer Sa prière, qui ne s'acheva que lorsque l'heure où le Fils de l'Homme devait être livré aux mains des pécheurs arriva. L'agonie de la prière de Jésus parvint à son paroxysme, et Sa sueur fut mêlée à des gouttes de sang, coulant au sol (Lc 22,44).

Pour quoi donc Jésus priait-Il avec tant de ferveur? Pour quoi suppliait-Il le Père Céleste, tombant 3 fois face contre terre? "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi! Toutefois, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux. Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que Je la boive, que Ta volonté soit faite!"

Le Seigneur Jésus-Christ était le Dieu-Homme. A la fois de nature Divine et humaine, ne subissant ni changement ni fusion, "sans confusion, sans division" (dogme du Concile de Chalcédoine), unies en Lui en une Personne. En conformité avec les 2 natures, le Seigneur avait aussi 2 volontés. En tant que Dieu, Jésus était un en essence avec Dieu le Père et un en volonté avec Lui et le Saint Esprit. Mais étant parfaitement homme, avec un corps et une âme, le Seigneur avait aussi des sentiments humains et une volonté humaine, et Sa volonté humaine était totalement soumise à la volonté Divine.

Le Seigneur soumis Sa volonté humaine à celle de Dieu et ne chercha qu'à faire la volonté de Son Père Céleste (Jn 5,30); Sa nourriture spirituelle était de faire la volonté de Celui Qui l'avait envoyé et d'accomplir Ses oeuvres (Jn 4,34). Et Il avait à accomplir une tâche égale à aucune autre, une tâche qui allait surprendre même la nature insensible, inanimée. Il allait racheter l'humanité du péché et de la mort, et rétablir l'union de l'Homme avec Dieu. Le Sauveur, sans péché, allait prendre sur Lui tous les péchés de l'humanité, de sorte que Lui, qui n'avait commis aucun péché, allait sentir le poids des péchés de toute l'humanité, et en ressentirait une immense tristesse, comme seule le peut la sainteté parfaite, qui ressent clairement la moindre déviation par rapport aux Commandements et à la volonté de Dieu. Dans Son humanité sainte et sans péché, Celui en Qui Divinité et humanité étaient hypostatiquement unies, allait éprouver toute l'horreur de la séparation de l'homme de son Créateur, de l'aliénation de l'humanité pécheresse loin de Dieu, la source de sainteté et Lumière. A ce moment, la profondeur de la chute de l'humanité allait être exposée. L'homme qui refusa d'obéir à Dieu en Paradis mais suivit le démon qui avait menti au sujet de Dieu, allait à présent se dresser contre Son divin Sauveur, pour Le calomnier, et, L'ayant déclaré indigne de vivre sur terre, allait Le pendre au bois entre terre et ciel, Le plaçant sous la malédiction de la Loi donnée par Dieu (Deut. 21,22-23). Le Sans Péché, rejeté par ce monde pécheur pour lequel Il avait tant souffert, allait pardonner ce crime à l'humanité, et élever Sa prière au Père Céleste, implorant la Divine Vérité de pardonner ainsi à l'humanité, qui avait été aveuglée par le démon, pour son rejet de son Créateur et son Sauveur. Une telle sainte prière ne pouvait rester sans réponse, une telle puissance d'amour ne pouvait qu'unir la source de l'amour, Dieu, avec ceux qui, au moins à présent, allaient prendre conscience de cet amour et, ayant compris à quel point leur cheminement étaient éloignés des chemins de Dieu, allaient à présent décider de retourner à Dieu le Père par le Créateur Incarné.

A présent était arrivée l'heure où tout cela allait se passer. Dans quelques heures, le Fils de l'Homme, élevé sur la Croix, allait attirer tout le monde à Lui par Son auto-sacrifice. Touchés par Son amour, les coeurs pécheurs n'allaient pas savoir Lui résister. L'amour du Dieu-Homme allait briser le coeur de pierre des hommes. Ils allaient prendre conscience de leur impureté et de leur ténèbre, de leur insignifiance. Seuls les obstinés dans leur haine de Dieu n'allaient pas vouloir être illuminés par la Lumière de la grandeur et miséricorde divine. Mais tous ceux qui ne se sont pas détournés de l'appel divin, illuminés par la Lumière de l'amour du Dieu-Homme, allaient comprendre leur état de séparation de cet aimant Créateur, et allaient aspirer à Lui être unis. Le plus grand mystère allait avoir lieu : l'humanité allait vouloir retourner à son Créateur, et le Seigneur miséricordieux allait recevoir dans la joie ceux qui allaient quitter le démoniaque menteur et se hâter vers Celui à l'image duquel ils avaient été créés. Le mur de l'inimitié était détruit.
"Amour et Vérité se rencontrent,
Justice et Paix s'embrassent;
De la Croix, la Vérité germera de la terre,
et des cieux se penchera la Justice" (Ps 85,11-12).
L'heure était arrivée où tout cela allait s'accomplir.

Cependant, le monde ne savait pas encore la grandeur du jour qui allait se lever. Mais devant les yeux du Dieu-Homme, tout ce qui allait se passer était révélé. Il Se sacrifiait volontairement pour le Salut de la race humaine. Et maintenant, Il Se retrouvait pour une dernière fois tout seul à prier Son Père Céleste. Il allait y offrir le sacrifice qui allait sauver l'humanité – Il allait Se donner Lui-même, volontairement, à la souffrance, et Se livrer aux puissances des ténèbres.

Cependant, ce sacrifice n'aurait apporté aucun Salut si Il ne devait y avoir éprouvé que Sa souffrance personnelle. Il avait à être tourmenté par les douloureuses blessures du péché qui affligent l'humanité. Le coeur du Dieu-Homme se remplit alors d'une inexprimable tristesse. Tous les péchés humains, à commencer par la transgression d'Adam, et s'achevant avec ceux commis au son de la dernière trompette [Apoc. 10,7], tous les grands et petits péchés de toute l'humanité paraissent mentalement devant Lui. En Dieu, Il les avait toujours devant Lui, "toutes choses étaient manifestes devant Lui", mais maintenant, Sa nature humaine éprouve aussi tout leur poids et abomination. L'âme sainte et sans péché se remplit d'effroi. Sa souffrance surpasse celle des pécheurs eux-mêmes, ceux dont les coeurs endurcis ne se rendent pas compte à quel point le péché défigure l'homme et le rend étranger au Créateur. Ses souffrances sont plus intenses parce qu'Il voit cet endurcissement des coeurs Il voit que les gens ont aveuglés leurs yeux afin de ne pas voir, et qu'ils ne veulent pas entendre avec leurs oreilles et se tourner vers Lui pour être guéris (Is. 6,9). Il voit que même maintenant, le monde entier fuit Dieu, Qui est venu à lui sous la forme d'un homme. L'heure approche et elle est déjà là (Jn 16,32) où s'enfuiraient même ceux qui venaient il y a fort peu de L'assurer qu'ils étaient prêts à mourir pour Lui. Le Dieu-Homme pendra sur la Croix, seul, tourné en ridicule par les gens qui venaient voir ce spectacle. Seules quelques âmes allaient Lui rester fidèles, mais même eux, avec leur tristesse et leur impuissance silencieuses, ne vont qu'accroître les souffrances du coeur aimant du Fils de la Vierge. Pas d'aide à attendre, de nulle part...

Certes, en ces moments, Il n'est pas seul, parce que Son Père est toujours avec Lui (Jn 8,29; 10,30). Mais afin d'éprouver tout le poids des conséquences du péché, le Fils de l'Homme permet volontairement à Sa nature humaine de ressentir aussi l'horreur de la séparation d'avec Dieu. Cet horrible moment allait être insupportable pour le saint et sans péché. Un cri puissant s'échappera de Lui : Oh Mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné?" (Mt 27,46). Prévoyant cette heure, la sainte âme est remplie d'horreur et d'indignation.

Quelque temps auparavant, lorsque quelques Grecs étaient venus voir Jésus, Il avait permis à Sa nature humaine de tressaillir à l'approche de cette heure redoutable. Lorsque ces "brebis d'un autre troupeau" étaient arrivées, le Dieu-Homme su que l'heure se rapprochait où les gens Le verraient élevé sur la Croix. Sa nature humaine trembla, Son âme fut remplie d'indignation. Mais Jésus savait que sans Ses souffrances, le Salut de l'humanité était impossible, sans elles, l'oeuvre de Sa vie sur cette terre aurait été aussi stérile qu'un grain de blé gisant sur le sol jusqu'à sécher au soleil. Dès lors, Il supplia le Père de ne pas permettre à la faiblesse humaine de prendre le contrôle des pensées et désirs de Sa nature humaine : "Mon âme est à présent dans le trouble. Et que dire? Père, sauve-Moi de cette heure! Mais c'est précisément pour cela que Je suis venu à cette heure. Père, glorifie Ton Nom!" - glorifie-le sur terre, parmi les hommes. Montre Toi non seulement comme le Créateur, mais aussi comme le Sauveur (saint Basile, contre Eunome, livre 4) - Et du ciel vint une voix: "Je l'ai glorifié et Je le glorifierai encore" (Jn 11,27-28), ceci annonçant que le temps était venu pour l'accomplissement du mystère de Dieu qui avait été caché depuis l'aube des temps (1 Co 1,26; Eph. 1,9; 3,9).

Et maintenant, le moment allait arriver. Même si auparavant la nature humaine du Christ avait tremblé et ressenti l'indignation à la pensée de ce qui allait advenir, que ne devait-Il pas ressentir maintenant, lorsqu'occupé à attendre l'arrivée de Ses ennemis et de Son traître, Il priait de manière privée Dieu pour la dernière fois? Le Seigneur savait que toutes Ses prières étaient entendues (Jn 11,42). Il savait que s'Il suppliait Son Père de Le délivrer des tourments et de la mort, plus de 12 légions d'Anges (Mt 26,53) apparaîtraient pour Le défendre. Mais est-ce pour cela qu'Il était venu? Pour refuser, au dernier moment, d'accomplir tout ce qui avait été prédit par les Écritures?

L'esprit est ardent, mais la chair est faible. Même à présent, l'esprit de Jésus était embrasé, désirant une seule chose: accomplir la volonté de Dieu. Mais en tant qu'homme, dans Sa nature humaine, Il aurait voulu échapper à la souffrance et à la mort ("Exposition exacte de la Foi Orthodoxe" 3,18,20,23,24; Bienheureux Théophylacte; saint Jean Climaque, l'Échelle Sainte, ch. 6, "sur la mémoire de la mort"). Le Fils de Dieu avait volontairement adopté cette nature humaine et faible. Et c'est ainsi qu'Il S'offre à présent à la mort pour le Salut du monde. Et Il est victorieux, bien que submergé par le sentiment de la peur de la mort approchant, et de la répugnance à souffrir (Climaque, idem; saint Augustin; Exposition exacte, 3,24). Maintenant, ces souffrances seront particulièrement terribles, non pas en tant que telles, mais parce que l'âme du Dieu-Homme est secouée jusqu'en ses tréfonds.

Les péchés de l'humanité, que Jésus a pris sur Lui-même, sont pesants à l'excès. Ils pèsent très lourd sur Lui, rendant insupportable la souffrance imminente.

Le Christ sait que lorsque ces souffrances atteindront leur intensité maximale, Il sera abandonné. Non seulement il ne se trouvera nul être humain capable de les réduire - j'attends en vain quelqu'un qui ait pitié, je cherche des consolateurs sans pouvoir en trouver (Ps 68,21; Is 63,5) – mais afin d'éprouver le poids intégral des péchés, Il aura à affronter le tourment de la séparation du Père Céleste. A ce moment-là, Sa volonté humaine pourra vouloir éviter les souffrances. Mais qu'il n'en soit pas ainsi! Que Sa volonté humaine ne quitte pas la volonté de Dieu ne fut-ce qu'un instant. C'est ce que le Dieu-Homme priait à Son Père. S'il est impossible à l'humanité de rétablir l'union avec Dieu sans ce terrible nouveau crime contre le Fils de Dieu (saint Basile le Grand, ibid.), puisse cette heure être évitée. Cependant, si c'est la seule manière pour ramener l'humanité à son Créateur, que la volonté de Dieu soit accomplie. Que Sa volonté soit faite et que la nature humaine de Jésus, en ces terribles moments, ne désire rien d'autre que l'accomplissement de la volonté de Dieu, l'accomplissement de la Divine économie. Voilà ce que priait le Christ dans le Jardin de Gethsemani, aux jours de Sa chair, lorsqu'Il avait offert prières et suppliques avec fortes larmes et pleurs à Celui Qui était capable de Le sauver de la mort (Héb. 6,7).

En effet, Il offrit les prières et suppliques à Celui capable de Le sauver de la mort, mais Il ne pria pas pour être délivré de la mort. Le Seigneur Jésus-Christ disait à Son Père Divin quelque chose comme ceci: "Abba, mon Père, le Père de Celui que Tu as envoyé pour unir le peuple d'Israël et les enfants de Dieu dispersés, les païens, afin de créer de 2 peuples un nouveau peuple, et de les réconcilier tous deux avec Lui à travers la Croix. Tout est possible pour Toi, tout ce qui correspond à Ta perfection illimitée. Tu sais qu'il est typique de la part de la nature humaine de se détourner des souffrances, que l'homme veut toujours voir les beaux jours (1 Pi 3,10). Mais quiconque T'aime de tout son coeur, de toute son âme et de tout son esprit, ne désire que ce qui plaît à Ta bonne et parfaite volonté. Moi, Qui suis venu sur terre pour l'accomplissement de Ta sage volonté, et à cet effet, ait revêtu la chair et le sang et pris sur Moi la nature humaine avec toutes ses faiblesses, sauf le péché, Moi aussi j'aimerais échapper aux souffrances, mais seulement à une condition – que ce soit en accord avec Ta sainte volonté. S'il est possible que Ton économie soit accomplie sans cet horrible crime des hommes; s'il est possible pour Moi de ne pas éprouver toutes ces souffrances de l'âme, auxquelles s'ajouteront dans quelques heures la terrible agonie du corps; si cela est possible, alors délivre-Moi des souffrances présentes et des imminentes épreuves et tentations. Épargne-Moi la nécessité de souffrir les conséquences de la transgression d'Adam. Cependant, cette supplique M'est suggérée par la faiblesse de Ma nature humaine. Mais que tout ce passe comme il Te plaira. Que la volonté de la faible nature humaine ne prévale pas, mais plutôt notre Conseil pré-éternel commun. Mon Père! Si selon Ta sage économie, il est nécessaire que J'offre ce sacrifice, Je ne refuse pas de le faire. Je ne prie que pour une chose : que Ta volonté soit faite. Que Ta volonté soit faite, toujours et en tout. De même qu'au Ciel, tant Toi et Moi, Ton Fils Unique, avons une seule et même volonté, qu'ici sur terre aussi Ma volonté humaine ne désire pas un seul instant quoi que ce soit de contraire à Notre volonté commune. Avant même la création du monde, Nous avions décidé que le Salut de l'humanité devait être accompli. Puissent les enfants des hommes être délivrés de leur esclavage au mal, rachetés à haut prix – par les souffrances et le dévouement du Dieu-Homme. Et que la charge des péchés des hommes, que Je prend sur Moi, de même que les tourments ajoutés au corps et à l'âme, ne puisse faire vaciller Ma volonté humaine en son désir d'accomplir Ta sainte volonté. Que Je me conforme joyeusement à Ta volonté – que Ta volonté soit faite."

"Tu as prié afin que la coupe volontaire de la Passion salvatrice soit écartée, comme si elle n'était pas voulue" (Matines du dimanche, ton 5, Cantique 8 du Canon), démontrant ainsi les 2 désirs des 2 natures et demandant à Dieu le Père de rendre Sa volonté humaine ferme dans sa soumission à la volonté de Dieu (Exposition exacte 3,24). Et c'est alors que Lui apparu un Ange du ciel, qui Le renforça (Sa nature humaine) (Lc 22,43). Cependant, alors qu'Il offrait Son auto-sacrifice, Jésus pria avec une ferveur accrue, jusqu'à ce qu'Il baigne dans sa sueur sanglante. Et pour Sa révérence et Sa constante soumission à la volonté de Son Père, le Fils de l'Homme fut entendu.

Ainsi renforcé et encouragé, Jésus sorti de Sa prière (Exposition exacte, ibid.). A présent, il était certain que Sa nature humaine ne fléchirait plus jamais, que bientôt le fardeau des péchés humains lui seraient enlevés, et qu'à travers Son obéissance à Dieu le Père, Il ramènera à Lui la nature humaine dévoyée. Il rejoignit Ses disciples et leur dit, "Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! L'heure est venue: le Fils de l'Homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons, celui qui me trahit est là" (Lc 22,46).

Allant à la rencontre de ceux qui venaient Le chercher, le Seigneur Se livra volontairement entre leurs mains. Lorsque Pierre, soucieux de défendre son Maître, frappa le serviteur du grand prêtre avec une épée et lui trancha l'oreille, le Seigneur la guérit et rappela à pierre qu'Il se remettait volontairement entre leurs mains : "Rengaine ton épée: tous ceux qui useront de l'épée, périront par l'épée. Crois-tu que Je ne puisse invoquer Mon Père, Qui M'enverrait à l'instant plus de douze légions d'Anges? Comment donc s'accompliraient les Écritures, d'après lesquelles il doit en être ainsi?" (Mt 26,53). Ayant donc bu volontairement jusqu'à la lie la coupe des souffrances du corps et de l'âme, Christ glorifie Dieu sur terre; Il accomplit une tâche qui ne cédait en rien à la création du monde elle-même. Il restaura la nature humaine déchue, réconcilia Dieu et humanité, et fit les hommes capables de participer à la nature divine (2 Pi. 1,4).

Ayant accomplit l'oeuvre que Son Père Lui avait remise à faire, le Christ fut aussi glorifié en Sa nature humaine, avec cette gloire qu'en tant que Dieu, Il avait déjà avant que le monde ne fut (Jn 17,5), et avec cette nature humaine, Il s'assis à la droite de Dieu le Père, attendant dès lors jusqu'à ce que Ses ennemis soient
saint Jean Maximovitchdevenus l'escabeau de Ses pieds (Héb. 10,13).


Étant devenu l'auteur du Salut universel pour tous ceux qui Lui obéissent (Héb. 5,9), même après Son Ascension au Ciel, Il reste connu "en deux natures sans confusion" (dogmatikon du Dimanche, ton 6), "Car Tu as porté deux volontés, selon chacune de Tes deux natures, O Toi Qui est Christ à jamais" (Canon du dimanche, ton 5, cantique 8). Mais Son corps glorifié ne sait plus souffrir et n'a plus besoin de rien, et de même Sa volonté humaine ne sait en rien s'écarter de la volonté de Dieu. Et dans ce même corps-là, le Christ viendra au dernier Jour "pour juger les vivants et les morts", après quoi, en Roi non pas seulement selon Sa divinité mais aussi selon Son humanité, Lui-même rendra hommage à Celui Qui Lui a soumis toutes choses. Ainsi Dieu sera tout en tous" (1 Co 15,28).
Amen.


"Slova" (Sermons de saint Jean de Shangai, Bruxelles et San Francisco), Russkiy Pastyr, San Franciso 1994.

Kulich & pascha, les 2 desserts russes traditionnels pour Pâques
(recettes en anglais, mais les photos sont déjà très utiles)
http://www.pravmir.com/article_178.html




P. Barthelemy D'Huyvetter, bénédiction finale, Jeudi Saint 2007,
paroisse Orthodoxe des saint Silouane et Martin, Bruxelles



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