"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

28 novembre 2007

Guerre civile/ Géorgie : Le patriarche appelle au calme

Quand il s'occupe de son pays et exclusivement du bien de son pays et de strictement tous ceux qui y vivent, sans faire de phylétisme, alors un patriarche Orthodoxe sait être très bien, mieux que très bien même... Démonstration :

http://www.nytimes.com/2007/11/16/world/europe/16georgia.html


Par MICHAEL SCHWIRTZ
16 Novembre 2007
TBILISI, Géorgie, 14 Nov. - Quand la brève expérience de démocratie en Géorgie semblait prête à s'arrêter, la semaine dernière, au milieu des jets de grenades lacrymogènes, cailloux et balles en caoutchouc, les dirigeants du pays, leurs opposants et tout le peuple Géorgien se sont tournés vers le patriarche, le Catholicos Ilia II, chef de l'Église Orthodoxe de Géorgie.
Le patriarche s'est adressé à la nation à la télévision, appelant à mettre un terme à la violence et ouvrant les églises comme refuges. Et quand la violence s'est calmée, il a proposé ses bons offices comme médiateur entre gouvernement et opposition. "S'il y a bien quelqu'un dans ce pays qui peut être un garant de la sécurité, c'est le patriarche," dit Tina Khidasheli, du Parti Républicain, dans l'opposition, s'exprimant au cours d'une entrevue quelque jours après que le gouvernement ait imposé l'état d'urgence, fermant les media indépendants et suspendant les droits politiques. "Nul autre que lui n'a encore d'autorité."
Chef d'une tradition religieuse vieille de près de 2.000 ans, le patriarche a été une force unificatrice au cours des 30 années de troubles politiques, de pauvreté et de guerre, quand bien même les révolutions se succédant, pacifiquement ou pas, avaient renversé les dirigeants politiques de la nation.
Bien qu'occasionnellement critiqué pour son intolérance à la diversité religieuse, le patriarche, âgé de 74 ans, jouit d'une énorme popularité dans ce pays de 4,6 millions d'habitants, quasiment tous Orthodoxes, pays où les problèmes sociaux et la corruption endémique ont ruiné tout le soutien public dont bénéficiait le président Mikheil Saakashvili lorsqu'il est parvenu au pouvoir en 2003.
La semaine dernière, alors que la police et les manifestants s'affrontaient, et que les membres du gouvernement et de l'opposition se couvraient d'insultes, le patriarche entra dans l'arène politique, et mercredi dernier, paru à la télévision, appelant au calme, tout en adressant des reproches à toutes les parties en conflit, tel un père qui réprimande des enfants indisciplinés.
"Notre peuple n'est pas habitué à être traité d'une manière aussi honteuse," disait le patriarche dans une entrevue, mardi, dans sa grande résidence, en la capitale de la Géorgie.
"Je suis venu à la télévision pour dire que ces méthodes ne peuvent être utilisées pour résoudre les problèmes," dit-il. "Grâce à Dieu, on s'avance à présent vers le dialogue."
Pendant que le patriarche parlait, les églises de Tbilisi furent ouvertes pour les gens cherchant à se réfugier loin des gaz lacrymogènes et des matraques de la police. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la crypte de la cathédrale Sameba, un édifice élancé, aux dômes dorés, qui surplombe cette ancienne ville, et les gens ont participé à une vigile de toute la nuit avec les prêtres.
Le patriarche avait fait de même en avril 1989, exhortant les manifestants anti-gouvernementaux, hélas en vain, à venir se réfugier dans les églises alors que les troupes soviétiques s'avançaient dans le centre de Tbilisi. Au moins 20 manifestants moururent et des milliers furent blessés lorsque les soldats attaquèrent.
Cette fois, la police, dont certains avaient tabassés des civils sans armes, s'est arrêtée à l'ombre de la cathédrale.
"Aucun pays civilisé dans le monde enverrait la police dans une église, dit Shota Utiashvili, directeur du Département d'Analyse du Ministère de l'Intérieur, tout en justifiant cependant les sévères représailles policières comme nécessaires pour rétablir l'ordre.
La violence s'étant arrêtée, le patriarche a présidé à la première rencontre des représentants du gouvernement et de l'opposition, appelant à la réconciliation et offrant sa bénédiction pour la poursuite des négociations. Il a aussi rencontré des diplomates étrangers.
A l'heure actuelle, les rues de Tbilisi sont calmes. [Le parlement de Géorgie a officiellement approuvé aujourd’hui une mesure pour lever l'état d'urgence le vendredi à 19h. Les dirigeants de l'opposition ont dit dans des entrevues qu'ils ne comptaient pas organiser de manifestations contre le gouvernement dans les jours à venir, disant qu'ils avaient besoin de temps pour se regrouper.]
Les 2 camps ont promis de livrer leur prochaine bataille lors des élections, le 5 janvier.
"Je pense que la direction que la Géorgie a pris est celle de la démocratie," dit le patriarche. "Ca n'a pas changé et ça continuera."

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Bref sur le patriarche Ilia II de Géorgie

Irakli Gudushauri Shiolashvili est né le 4 janvier 1933 à Vladicaucase, en Osséthie du Nord. Il a été ordonné catholicos-patriarche de Géorgie en 1977, le 23 décembre. Depuis lors, il est patriarche de Géorgie, sous le nom de Élie II de Tbilissi, ou Ilia II. C'est sous sa sage guidance que l'Église Orthodoxe de Géorgie s'est retirée du "conseil oecuménique des églises," ce "machin" où la théologie et la politique protestante règnent en maîtres absolu et où on vote ce qui concerne Dieu à la majorité des présences... Le peuple de Géorgie le vénère d'ores et déjà comme un saint vivant.


que sainte Tamara le bénisse et le protège



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