"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 novembre 2007

Impermanence des choses de ce monde (Trinité 25 R.O.O Eorhf)

martyre & élévation de sainte Catherine d'Alexandrie
Psautier de Saint-Bertin, anno 1200

Matines
Psaume 144 Exaltabo te, Deus
Psaume 145 Lauda, anima mea

Ecclésiaste chap 11-12
Jette ton pain sur la surface des eaux; longtemps après tu le retrouveras. Fais (de ton bien) sept et même huit parts, car tu ignores quelle calamité peut arriver sur la terre. Quand les nuages sont gonflés de pluie ils se déversent sur la terre. Quand tombe un arbre, au midi ou au nord, là où il est tombé, il reste. Qui observe le vent ne sème pas; qui examine les nuages ne moissonne pas. De même que tu ignores comment le souffle de vie pénètre dans les os, dans le sein d'une femme enceinte, ainsi ignores-tu l'oeuvre de Dieu qui fait toutes choses. Sème ta semence dès le matin, et ne laisse pas tes mains oisives jusqu'au soir. Car tu ignores ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux ne sont pas également profitables. Douce est la lumière et c'est un agrément pour les yeux que de voir le soleil. Si nombreuses que soient les années de sa vie, que durant ces années l'homme se réjouisse, mais qu'il songe aux jours obscurs, qui seront nombreux. Tout ce qui arrive est vanité. Jeune homme, réjouis-toi dans ton adolescence, et pendant que tu es encore jeune, livre ton coeur à la joie. Marche dans les voies de ton coeur et selon les regards de tes yeux, mais sache que de tout cela Dieu te fera rendre compte. Bannis le chagrin de ton coeur, épargne la souffrance à ton corps, car la jeunesse et l'âge des cheveux noirs sont vanité. Mais souviens-toi de ton créateur aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais et que paraissent les années dont tu diras: "Je n'y ai point de plaisir"; avant que s'obscurcissent le soleil, la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages s'en aillent avec la pluie; années où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les vaillants, où s'arrêtent de moudre les meunières moins nombreuses, où s'enténèbrent celles qui regardent par les fenêtres, où se ferment sur la rue les deux battants de la porte; où s'affaiblit le bruit du moulin; où se tait le chant de l'oiseau, où s'éteignent les chansons; où l'on redoute les montées, où l'on a des transes en chemin, où l'amandier blanchit, où la sauterelle devient pesante, où la câpre est sans effet, car l'homme s'achemine vers sa demeure d'éternité et les pleureurs parcourent les rues; avant que se rompe le cordon d'argent, que se brise la lampe d'or, que se casse la cruche à la fontaine et que se fende la poulie sur la citerne; avant que la poussière retourne à la terre pour redevenir ce qu'elle était, et que le souffle de vie retourne à Dieu qui l'a donné. Vanité des vanités! Dit l'Ecclésiaste, tout est vanité. Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple. Il a pesé, il a scruté; il a ajusté de nombreuses maximes. L'Ecclésiaste s'est appliqué à trouver des sentences agréables et à rédiger avec exactitude des adages véridiques. Les propos des sages sont semblables à des aiguillons, les sentences, réunies en collection, sont pareilles à des clous plantés, inspirées par un seul pasteur. Au reste, mon fils, quant à plus de paroles que celles-ci, sache qu'on peut multiplier les livres à n'en plus finir, et que trop d'étude devient une fatigue pour le corps. En conclusion: tout bien entendu, crains Dieu et observe ses préceptes, c'est le devoir de tout homme. Dieu fera rendre compte de tout ce qui est caché, tout acte, qu'il soit bon ou mauvais.

Épître aux Hébreux 11,1-16
La foi est le fondement de l'espérance, c'est une certitude au sujet de ce qu'on ne voit pas. C'est elle qui fait la gloire de nos aïeux. C'est la foi qui nous fait reconnaître que le monde a été formé par la parole de Dieu, le visible tirant ainsi son origine de l'invisible. C'est à cause de sa foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice bien supérieur à celui de Caïn, et mérita d'être appelé juste , puisque Dieu accepta ses offrandes. C'est grâce à elle que, malgré sa mort, il parle encore. C'est à cause de sa foi qu'Énoch a été enlevé sans avoir connu la mort: on ne le trouva plus parce que Dieu l'avait enlevé (Gen. 5,24); mais l'Écriture dit qu'avant cet enlèvement il avait été agréable à Dieu (Gen. 5,24). Or, sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, car pour s'approcher de lui, il faut d'abord croire qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. C'est dans sa foi en la parole de Dieu qui l'avertissait d'une chose imprévisible que Noé, rempli d'une sainte frayeur, construisit l'arche pour sauver sa famille. C'est par elle qu'il condamna le monde et devint l'héritier de la justice qu'elle procure. C'est par la foi qu'obéissant à l'appel divin, Abraham s'en alla vers la contrée qu'il devait recevoir en héritage; il partit sans savoir où il allait. C'est par la foi qu'il habita la terre promise comme une terre étrangère, y vivant sous la tente avec Isaac et Jacob, cohéritiers de la même promesse, parce qu'il attendait la cité aux fondements (éternels) dont Dieu est l'architecte et le maçon. C'est à cause de sa foi aussi que Sara reçut en dépit de son âge avancé, la vertu de concevoir, car elle crut à la fidélité de Celui qui promettait. Ainsi d'un seul homme quasi mort naquit une postérité comparable aux étoiles du firmament et aux innombrables grains de sable sur le bord de la mer. C'est dans la foi que tous (nos pères) sont morts, sans atteindre, il est vrai, ce qui leur avait été promis. Mais de loin ils l'apercevaient et le saluaient, avouant n'être sur cette terre que des étrangers et des voyageurs (Gen. 23,4). Ce disant, ils montraient bien qu'ils cherchaient une patrie. Et s'ils avaient voulu dire par là celle qu'ils venaient de quitter, ils auraient bien eu le temps d'y retourner. Non, ils soupiraient après une meilleure patrie, celle des cieux. C'est pourquoi Dieu ne dédaigne pas de se faire appeler leur Dieu ; et de fait, il leur a préparé une cité.

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 25
Seigneur, nous Te supplions de ranimer les volontés de Tes fidèles, afin que, portant en grand nombre les fruits des bonnes oeuvres, ils puissent être abondamment récompensés par Toi. Par Jésus-Christ, Ton Fils, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Jérémie 23,5-8
Voici que viennent les jours - oracle du Seigneur - où je ferai lever de David (un germe) juste qui sera roi et régnera avec sagesse et qui, dans le pays, exercera le droit et l'équité. Sous son règne, Juda sera sauvé, Israël vivra en sécurité. Et voici le nom dont on l'appellera: Dieu-notre-justice! C'est pourquoi viennent des jours - oracle du Seigneur - où l'on ne dira plus: "Vive Dieu qui a fait sortir d'Égypte les Israélites", mais: "Vive Dieu qui a fait revenir les Israélites du Nord et de tous les pays où il les avait exilés, pour les ramener dans leur patrie."

Évangile : saint Jean 6,5-14
Levant alors les yeux et voyant une grande foule venir à Lui, Jésus dit à Philippe: "Où achèterons-nous du pain pour que tous ces gens aient à manger?" Il disait cela pour l'éprouver, car Il savait bien ce qu'Il allait faire. Philippe lui répondit: "200 deniers de pain ne suffiraient pas à donner un morceau à chacun." Un de Ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, Lui dit: "Il y a ici un petit garçon qui a 5 pains d'orge et 2 poissons... mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?" Jésus dit: "Faites-les asseoir." Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent au nombre d'environ 5.000 hommes. Jésus prit les pains, rendit grâce, et les fit distribuer aux convives; de même pour les poissons. Il leur en donna tant qu'ils en voulurent. Lorsqu'ils furent rassasiés, Il dit à Ses disciples: "Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde." Ils les ramassèrent; et des morceaux qui étaient restés du repas des 5 pains d'orge, ils remplirent 12 corbeilles. À la vue de ce miracle que Jésus avait fait, les gens disaient: "C'est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde."


HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 25
(précédant l'Avent version "ancien calendrier" en 2007)

Homélie 2007
La première lecture des Matines provient du Livre de l'Ecclésiaste, et comporte le texte bien connu et souvent utilisé à mauvais escient en Eccl. 12,8 : "Vanité des vanités! dit l'Ecclésiaste, tout est vanité."
Dans nos langues modernes, le mot vanité signifie habituellement une fierté excessive de soi-même, de son intelligence, de sa compétence, de sa richesse ou de son apparence; de la suffisance qui comporte habituellement de l'arrogance.
Dans l'hébreu original, le terme utilisé est "hebel", avec plusieurs variantes, que la Septante a traduit par "mataiothv mataiothtwn", que l'on traduira au mieux par "vide de toute vérité, totalement inopportun."
Lorsque saint Jérôme traduisit le texte, il fit le choix du mot latin "vanitas", et les traducteurs ultérieurs ont utilisé le dérivatif le plus proche, vanité. Cependant, l'ancien mot hébreu "hebel" signifie vapeur, brouillard, embruns, souffle – en d'autres termes, quelque chose qui est transitoire, éphémère, impermanent.
Et ainsi donc, dans notre texte de ce jour, le prédicateur dit que tout ce qui est dans ce monde physique et qui passe pour être un plaisir ou une jouie pour l'humain est en réalité transitoire, éphémère et impermanent. L'auteur du livre de l'Ecclésiaste n'essaie pas de prétendre que toute expérience et vie humaine semble sans espoir, au contraire, il nous dit que bien que nous puissions choisir de nous attacher aux voies éphémères de ce monde impermanent, nous ferions mieux de choisir de suivre les choses éternelles, permanentes, celles de Dieu.
Les réjouissances éphémères de ce monde-ci ne mènent qu'au trouble, à la confusion, à la déception et on finit par ne plus croire en rien, alors que c'est le contraire en suivant le Chemin que le Christ a placé devant nous: celui de l'amour pour Dieu et pour notre prochain, qui mène à Son Salut, ce qui est durable.
Cette semaine qui s'ouvre, nous entamons la grande saison de l'Avent, pendant laquelle nous examinons nos propres vies comme préparation pour la célébration de la venue en ce monde de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Ce faisant, nous cherchons à nous préparer pour la Seconde Venue du Christ – le Retour en gloire – afin de nous assurer que nous serons trouvés prêts lorsque le Maître reviendra – instant où tout ce qui est éphémère passera, et uniquement ce qui est permanent et réel subsistera. C'est à nous de choisir si nous construirons nos vies sur une fondation permanente ou impermanente, parce que ça déterminera notre état de préparation par rapport au Maître.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com

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Saint Télo (Thélo)

Saint Thélo
statue en bois polychrome, 13ème siècle
abbaye de Daoulas (Finistère)

Noble Gallois, cousin de Saint David de Galles (saint Dewi). Il remplacera 7 ans durant saint Samson comme évêque de Dol. Ensuite il retourna au Pays de Galles, et suite à la mort de saint David, il deviendra évêque, transférant le siège épiscopal de Menevia à Llandaff. Puis reviendra en Bretagne, à Landeleau (Finistère). Parmi les reliques, cette église-là conserve une auge de pierre qui aurait été son lit. Il repartit à nouveau pour le Pays de Galles et y mourut en entre 560 et 604, selon les auteurs.
Fête le 25 novembre en Bretagne, et 9 février au Pays de Galles et en certains lieux de Bretagne.


Saint Teilo
dessin d'un vitrail du 15ème siècle
Plogonnec, Finistère.

http://www.bretagne.com/fr/prenoms_bretons/t/telo_tella
d'après cette page, on apprend entre autres :
Déclinaisons du prénom breton : Tilio - Tlio - Téliau - Théliau
Origine du prénom : Les prénoms "Tilio - Tlio - Téliau - Théliau" proviennent de Teilo, nom de l'évêque de Llandaff au 6ème siècle, métropole de Cambrie....
Teilo est un dérivé hypocoristique de Eliud (to-eliud) qui signifie "oint de Dieu". Son orthographe armoricaine a connu beaucoup de variations : on écrira en breton Telo et en français Thélo, Théleau, Téliau, Théliau. Les Gallois conserveront quant à eux l'orthographe unique de Teilo.
Il est le saint Patron de Landeleau, de Leuhan (29), de Saint-Thélo (22) et de Montertelot (56), des villes galloises de Llandaff, Llandeilo, Penalun...
Il est fêté le 9 février dans ces paroisses et patronne chaque année, à la Pentecôte, la célèbre troménie de Landeleau, où ses reliques sont portées en procession tout autour de la paroisse.

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Byzantins : 26e dimanche après la Pentecôte



Épître : Ephésiens 5,9-19

Évangile : saint Luc 12,16-21

Catéchèse : ce jour associe la Résurrection, l’Avent, la fête de la Vierge et celle de sainte Catherine ! 1. La puissance de Dieu ("ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu") se manifeste par la fécondité accordée au couple désespérément stérile de Joachim et Anne, qui annonce le miracle de l’incarnation virginale, et par la Résurrection. Combien de fois ne sommes-nous pas confrontés à notre impuissance ? Cette parole est alors pour nous!
2. La vraie question : "que puis-je faire pour être sauvé?" N’est-ce pas le moment, en ce temps de l’Avent, de poser cette question, non à nous-mêmes, mais au Christ ? Cette question du salut et de la vie éternelle, n’est-elle pas plus sérieuse que les préoccupations concernant l’argent et le confort, et toutes les richesses dont notre époque fait, surtout en cette période de l’année, commerce?
3. Sainte Catherine symbolise la victoire de la sagesse évangélique sur les doctrines du monde. Elle réfutait celles-ci, non seulement par le brio de ses démonstrations, mais surtout par la pureté et la sainteté d’une vie guidée par la volonté divine du Seigneur qui dit : "Suis-moi!" Elle représente la conscience libre de celui confesse la vraie foi.
prêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard

Sainte Catherine d'Alexandrie :
http://stmaterne.blogspot.com/2007/11/santez-katell-aleksandria-sainte.html


sainte Catherine d'Alexandrie, prie Dieu pour nous!

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