"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 novembre 2007

Rationalisme dur & miracles, quel juste milieu? (Trinité 24, R.O.O Eorhf)

Matines
Psaume 38 Audite haec, omnes
Psaume 14 Domine, qui habitabit?

1 Machabées 2,49-70
Mais le jour de la mort vint pour Mattathias, et il dit à ses fils: "Ce qui règne à présent, c'est l'orgueil, la haine, le bouleversement et la colère. Soyez donc maintenant, mes enfants, les défenseurs de la Loi, et donnez votre vie pour l'Alliance de nos pères. Souvenez-vous de ce qu'ont fait nos aïeux en leur temps, et vous mériterez une grande gloire et un nom éternel. Abraham, n'est-ce pas dans l'épreuve qu'il a été trouvé fidèle? Et cela ne lui a-t-il pas été compté comme justice? Joseph a gardé les Commandements dans sa disgrâce et il est devenu le maître de l'Égypte. Notre ancêtre Phinéès a reçu pour l'ardeur de son zèle la promesse d'un sacerdoce perpétuel. Josué, pour avoir accompli la parole de Dieu, est devenu Juge en Israël. Caleb rendit témoignage dans l'assemblée et il reçut un héritage dans le pays. David, par sa piété, mérita le trône royal pour tous les siècles. Élie, parce qu'il brûla de zèle pour la Loi, a été enlevé au Ciel. Ananias, Azarias et Misaël furent sauvés du feu pour avoir eu la Foi. Daniel fut délivré de la gueule des lions à cause de sa conduite. Rappelez-vous ainsi, de génération en génération, que tous ceux qui mettent leur espoir en Dieu ne défaillent pas. Ne redoutez pas les menaces du pécheur, car sa gloire va à la boue et aux vers: aujourd'hui il s'élève, et demain on ne le trouvera plus, parce qu'il est retourné dans sa poussière, et ses projets sont déjoués. Pour vous, mes fils, soyez courageux et vaillants dans l'observance de la Loi, car c'est par là que vous atteindrez la gloire. Voici votre frère Syméon; je sais qu'il est homme de bon conseil, écoutez-le toujours et il sera pour vous un père. Judas Maccabée est brave depuis sa jeunesse; il sera le chef de l'armée et dirigera la guerre contre les Païens [Grecs]. Vous attirerez à vous tous les observateurs de la loi et vous vengerez votre peuple. Rendez aux Païens ce qu'ils nous ont faits et soyez attentifs aux préceptes de la Loi." Après cela il les bénit et rejoignit ses pères. Il mourut en l'an 146, et fut enseveli à Modin, dans les tombeaux de ses aïeux, et tout Israël fit un grand deuil à cause de lui.


saint Luc 17,1-19
Jésus dit encore à Ses disciples: "Il est impossible qu'il n'arrive pas de scandale; mais hélas pour l'homme qui les cause! Il vaudrait mieux pour lui qu'on lui mît autour du cou une meule de moulin et qu'on le précipitât dans la mer, que de porter au mal un seul de ces petits. Prenez garde à vous-mêmes. "Si ton frère a mal agi, reprends-le; s'il en a du regret, pardonne-lui. Et quand il aurait péché contre toi sept fois dans un jour, s'il revient te dire 7 fois: Je le regrette, tu lui pardonneras."Les apôtres dirent au Seigneur: "Augmente en nous la foi!"Le Seigneur répondit: "Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous auriez dit à ce mûrier: Déracine-toi, et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi.""Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou fait paître les troupeaux, lui dira au retour des champs: Viens tout de suite te mettre à table? Ne lui dira-t-il pas au contraire: Prépare-moi à souper; mets ton tablier pour me servir à boire et à manger; ensuite, tu mangeras et tu boiras à ton tour? Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur pour avoir exécuté les ordres? Vous de même, quand vous aurez fait tout ce qu'on vous a ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles; nous n'avons fait que ce que nous devions faire."Toujours en chemin vers Jérusalem, Jésus passait aux confins de la Samarie et de la Galilée. Comme Il entrait dans un village, 10 lépreux vinrent à sa rencontre; s'arrêtant à distance, ils élevèrent la voix: "Jésus, Maître, disaient-ils, aie pitié de nous!"Jésus les vit et leur dit: "Allez vous montrer aux prêtres."Comme ils y allaient, ils furent purifiés. L'un d'eux, se voyant guéri, revint alors sur ses pas, glorifiant Dieu tout haut. Il se prosterna aux pieds de Jésus et le remercia. Or, c'était un Samaritain. Jésus lui dit: "Tous les 10 n'ont-ils pas été purifiés? Où sont les 9 autres? Il ne s'est donc trouvé que cet étranger pour revenir remercier Dieu..."Puis Il ajouta: "Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé."


COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 24
Ô Seigneur, nous Te supplions d’absoudre Ton peuple de ses offenses, afin que, par Ton incomensurable bonté, nous soyons tous affranchis des liens de ces péchés que notre faiblesse nous a fait commettre. Accorde-nous cela, Ô Père Céleste, par Jésus-Christ, Ton Fils, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.


Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Colossiens 1,3-12

Évangile : saint Matthieu 9,18-26
Il leur parlait encore, qu'un notable vint se prosterner devant Lui: "Seigneur, Lui dit-il, ma fille vient de mourir. Mais viens imposer sur elle Ta main, et elle revivra."Jésus Se leva et le suivit avec Ses disciples. Or une femme affligée d'hémorragies depuis 12 ans s'approcha par derrière et saisit la houppe de Son manteau. Elle s'était dit: "Si je parviens seulement à saisir Son manteau, je suis sauvée."Jésus Se retourne, l'aperçoit, et lui dit: "Courage, ma fille, ta foi t'a sauvée."Et la femme dès lors se trouva guérie. Arrivé chez le notable, Jésus aperçut les joueurs de flûte ainsi qu'une foule qui menait grand tapage. "Retirez-vous, leur dit-il, cette fillette n'est pas morte; elle dort."Eux, se moquaient de Lui. La foule renvoyée, Il entra, prit la petite fille par la main, et elle se leva. Cette nouvelle se répandit dans tout le pays.


HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 24

Homélie 2007
Nous sommes au dernier dimanche du temps de la Trinité. L'Usage de Sarum a 24 Dimanches pour le temps de la Trinité, puis vient le Dimanche avant l'Avent, qui aurait autrement été un 25ème dimanche après la Trinité. S'il y avait d'autres dimanches (appelés "dimanches vagabonds"), il fallait répéter ce Propre-ci.

Dans la Liturgie de ce jour, on trouve plusieurs illustrations dans les Évangiles de la foi de quelqu'un coopérant avec la volonté et le pouvoir du Dieu Tout-Puissant. Deux cas sautent à l'esprit : celui du chef de synagogue, dont la jeune fille était déjà morte, et celui de la femme hémoroïsse. Le premier avait dit : "Ma fille est morte à présent, mais viens et pose Ta main sur elle, et elle vivra."Et dans le deuxième cas, la femme avait dit "si je peux seulement toucher la frange de Sa tunique, je serai guérie."
On nous parle de foi qui précède l'action. La foi en Dieu était déjà présente – avant que Dieu n'aie accomplit ce qui était espéré. Ce n'était pas une foi superstitieuse, de cette sorte de foi qui est toujours prompte à trouver une explication quand elle a échoué à obtenir le résultat escompté. Dans le cas du chef de la synagogue, par exemple, c'était quelqu'un qui mettait sa réputation en jeu et déclarait sa foi en public. Ce n'était pas cette sorte de foi au second degré que la plupart d'entre nous avons.
Nous avons à vaincre ce libéralisme (modernisme) raisonnable qui nous a été enseigné dans nos écoles et universités, où envisager la moindre pensée que Dieu pourrait accomplir quelque chose d'aussi manifeste qu'une guérison ou une résurrection d'entre les morts est considéré comme déraisonnable.
En juillet 2007, l'épouse du prêtre de la paroisse Orthodoxe Holy Cross à Lancaster, Grande Bretagne, a été guérie d'un problème mineur à un bras (qui avait été soigné la veille à la Lancaster Royal Infirmary) et elle montra aussi un des signes miraculeux, qui sont relativement courants.
Bien qu'il ne faille pas vouloir se jeter trop vite sur ce qui semble être signes et prodiges, il ne faudrait pas non plus les rejeter comme étant contraires à la raison et à l'expérience. C'est la raison et l'expérience qui minimisent notre acceptation des miracles – sous toutes leurs formes. En particulier, elles nous sont un obstacle dans notre attente d'une réponse positive à la prière et en particulier là où le résultat positif espéré implique une action physique. C'est une véritable mise à l'épreuve de la réalité de notre foi. Il est relativement plus facile de "croire"en un Dieu qui n'accomplit rien de réel, de physique. Aussi longtemps qu'Il ne fait pas grand chose, nous n'attendons rien de Lui, et dès lors nous ne risquons pas de nous retrouver déçus. Dès lors que nous acceptons que Dieu agit, et plus encore, que c'est bien ce que nous espérons de Lui, alors nous avons les débuts de la foi. C'est ça, la foi : l'aspiration, l'attente, l'espoir, c'est le facteur de coopération que Dieu requiers habituellement de notre part pour l'accomplissement de résultats physiques (miraculeux). Lorsqu'on cesse d'y penser, tout résultat de prière est miraculeux, dans le sens plénier du terme.
L'attente et la constance dans l'attente sont les qualités du croyant qui coopère avec Dieu dans Son accomplissement des choses que nous désirons. Notre raison y entre convenablement lorsque nous comprenons que Dieu peut ne pas vouloir que nous survivions à telle maladie, ou que nous en soyons guéris – parce qu'Il la verrait comme ayant le potentiel d'aider à la sanctification de l'âme concernée. On ne devrait pas pour autant prier avec les doigts croisés dans le dos.
Nous attendons le résultat que nous voulons, et nous acceptons l'évidence que notre volonté n'est pas encore pleinement alignée sur la Volonté de Dieu s'Il diffère ou refuse ce qui est demandé. Alors nous nous alignons un peu plus nous-mêmes sur Sa volonté, et ce faisant, nous augmentons notre sanctification – exactement ce qu'Il voulait.
Dieu permettant, refusant et donnant, mais toujours avec notre bien suprême comme résultat.
Amen.

Homélie 2006


p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com

------------------------------------------------------------------------

En anglais : Acathiste à la Mère de Dieu guérissant le cancer


------------------------------------------------------------------------

Byzantins : 25e dimanche après la Pentecôte
Sainte Aude de Paris, saint Odon de Cluny, saint Amand de Lérins, saint Maudez, saint Platon d'Ancyre

Épître : Ephésiens 4,1-6
Je vous exhorte donc, - prisonnier que je suis pour la cause du Seigneur - à mener une vie digne de l'appel qui vous a été adressé, en toute humilité, douceur et patience. Supportez-vous charitablement les uns les autres; efforcez-vous de conserver l'unité d'esprit dans le lien de la paix. Il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation, à une seule espérance. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême; il n'y a qu'un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, (qui agit) par tous, et qui est en tous.

Évangile : saint Luc 10,25-37
Un légiste se leva et Lui dit pour L'éprouver: "Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle?" Jésus lui dit: "Qu'est-il écrit dans la Loi? Qu'y lis-tu?" Il répondit: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée (Dt. 6,5); et ton prochain comme toi-même (Lv. 19,18)." Jésus lui dit: "Bien répondu; fais cela, et tu vivras." Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: "Oui, mais qui est mon prochain?" Jésus reprit: "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands, qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent, le laissant à demi mort. Par hasard, un prêtre descendait la même route; il vit l'homme, et passa outre. Un lévite arriva sur les lieux, le vit, et passa outre. Mais un Samaritain en voyage, arrivé près de lui, fut, à sa vue, touché de compassion. Il s'approcha, et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin; puis il le jucha sur sa propre monture, et le conduisit dans une auberge où il s'occupa de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier: Prends soin de lui, dit-il, et si tu as des frais supplémentaires, je te paierai lors de mon retour. Lequel de ces 3 hommes te semble avoir été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des brigands?" - "C'est, répondit le légiste, celui qui s'est montré pitoyable envers lui." - "Eh bien! lui dit Jésus, toi aussi fais de même."

Catéchèse : le carême de Noël ou temps de l’Avent, se purifier pour le Seigneur.
1. Le carême de Noël, carême de saint Philippe (14/11) ou carême de saint Martin (11/11), est appelé Avent : lat. "adventus" = "arrivée", "venue". L’Eglise réactualise l’attente prophétique du peuple hébreu à l’égard du Messie, et celle des nations (de toutes les cultures) à l’égard du Sauveur universel. Elle réactualise l’évènement de la première et humble venue du Verbe par son incarnation virginale, et prépare la glorification de sa naissance selon l’humanité (Noël). Elle vit également le mystère de la seconde et glorieuse venue ("Il revient en gloire", dit la foi chrétienne), et ainsi la fin des temps, l’accomplissement de l’histoire universelle, le Jugement miséricordieux et la résurrection finale de toute chair. Le carême est toujours une préparation à la fête et à la célébration.
2. Le jeûne de ce temps, uni à la prière plus intense, soutient la veille, l’attente, préparation aux épreuves inouïes que connaîtra l’humanité avant la lumineuse manifestation du Verbe. Selon l’Église de Roumanie, il dure du 15/11 au 25/12. Si le 14/11 est un mercredi, on commence le jeûne le 13 au soir. On ne prend ni viande, ni œufs, ni fromage. Le mercredi et le vendredi, nous nous abstenons d’huile et de vin ; mardi et jeudi, on peut boire du vin, ainsi que samedi et dimanche où l’on prend du poisson (jusqu’au 6/12, Saint-Nicolas, inclus). La veille de Noël, on ne mange que le soir des céréales et des fruits. Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt l’abstinence et le jeûne. Le renoncement concerne également les envies et les pensées. Le jeûne uni à la prière et à l’écoute de la Parole (lire surtout les grands prophètes) est, non une frustration, mais le renoncement libre. Le Chrétien acquiert ainsi la pureté de l’âme et du corps et la disponibilité spirituelle en vue de l’illumination.
[..] archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard


Aucun commentaire: