"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 novembre 2007

Russie : Qui veut replonger l'Église dans la Guerre Froide?

La première de ces nouvelles date déjà du début de l'été, les 2 autres sont plus récentes. En reliant la 1ère à la 3ème, on a tout de même de quoi se poser quelques légitimes questions. Cette 3ème nouvelle, la "bénédiction de l'arme atomique", fait d'ailleurs "chauffer" divers forums Orthodoxes sur internet et il y a de quoi. Certains personnages influents au sein de l'Église semblent se remettre activement à l'écoute de bruyantes sirènes qui font froid dans le dos.
orchestre de l'armee rouge


On tempérera cependant cette appréciation par le fait bien réel que les États Unis d'Amérique font tout leur possible pour que la Russie ne puisse pas se relever de ses ruines socialistes et redevenir un État digne de ce nom. Et pour ça, ils fomentent (Ukraine, avec le vatican) et soutiennent (Géorgie, etc) des révolutions et guerres tout autour. Et soutiennent des dictatures dans des pays limitrophes (Ouzbékhistan, etc). La Russie ne porte donc pas seule le chapeau de ce retour inquiétant à la course à la destruction planétaire.

Dans les nouvelles ci-dessous, on tirera aussi un parallèle entre d'une part les méthodes ultra-papistes qui ont cours au patriarcat, où le patriarche (à trop fréquenter le vatican...), qui n'est après tout canoniquement que l'évêque de son diocèse et rien d'autre, se comporte comme un chef du vatican version slave, et d'autre part les méthodes qui ont cours à présent dans ce qui était jusqu'il y a 5 mois un Synode indépendant, l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. C'est tout aussi inquiétant que le fait nucléaire.

Prions pour que ces élans nationalisto-fascisants s'éteignent au plus vite...
JM

La Guerre Froide frappe l'Église



L'évêque Vladimir Tselichtchev encense les fidèles à la paroisse Orthodoxe Sviato Pokrovskiy


Le terrain de l'église, grand de 20 ares,
se trouve à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie.

source & (c)


BUENA, New Jersey (AP) – La Guerre Froide est vivace dans ce coin boisé du New Jersey, sous les coupoles dorées d'une paroisse Orthodoxe russe.

Dimanche, un petit groupe de fidèles s'est rassemblé à l'église Sviato-Pokrovskiy
pour ce qui pourrait avoir été leur dernière Liturgie. La petite assemblée est menacée d'éviction parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la décision de leur Synode de se réunifier avec le Patriarcat de Moscou en Russie.
Leur sort pourrait être scellé cette semaine, lorsqu'un juge devrait rendre son jugement dans le procès que leur diocèse a intenté pour essayer de reprendre les quelques 20 ares de propriété ecclésiale qui se trouvent à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie, dans une région qui a été peuplée par des émigrants Russes.
La décision du Synode de se réconcilier a été insupportable aux yeux des fidèles tels que ceux de Buena, qui fustigent le patriarcat de Moscou pour sa collaboration avec les Soviétiques jusqu'il y a quelques années d'ici, et pour son étroite relation avec le gouvernement russe de nos jours.
"Nous considérions cela comme une église soviétique, un bras humain armé du gouvernement," dit Maria Nekludoff, 56 ans, une des 3 marguilliers de la paroisse, les autres étant son mari et sa mère. "Je ne comprend pas comment tout d'un coup, ce serait devenu la "mère Église," et que nous aurions besoin de nous réunifier avec. Ca n'a pas de sens pour moi."
Depuis que le prêtre Nikolai, père de Maria Nekludoff, est décédé en 2004, il n'y a plus eu de prêtre à temps plein, de sorte qu'il n'y a de Liturgie complète que lorsqu'un prêtre sait y venir, une fois par mois voire moins. Un Office auquel assistent en général une vingtaine de personnes.
Adelaida Nekludoff, 83 ans et mère de Maria Nekludoff, originaire d'Ukraine, repousse d'un geste de sa tête couverte d'un voile toute idée de légitimité pour le patriarcat de Moscou : "Ce n'est pas une Église."
La paroisse Sviato-Pokrovskiy a été fondée en 1957, faisant partie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF), un réseau étendu d'églises créé après la Révolution Bolchevique, par des fidèles ayant fuit l'Union Soviétique.
Les Soviétiques ont tenté de détruire la Foi dans un pays qui avait été essentiellement Orthodoxe depuis des centaines d'années, massacrant des milliers de prêtres et détruisant les églises. Nombre de fidèles ayant survécu aux purges ont tenté de refaire leur vie aux États-Unis d'Amérique.
Mais la crainte de la persécution n'était jamais loin. Par exemple, à Buena, l'iconostase de l'église, paroi centrale présente dans toute église Orthodoxe russe et portant des peintures de saints, a été construite de sorte qu'elle puisse être enlevée en une heure si les membres avaient à fuir.
Même malgré la chute de l'Union Soviétique, il fallu attendre jusqu'il y a fort peu pour que l'EORHF se décide à la réconciliation avec le patriarcat de Moscou.
Mais pour les fidèles tels que ceux de Buena, le patriarcat de Moscou est considéré comme étant encore rempli de gens ayant collaboré avec le gouvernement soviétique.

Il y a aussi la crainte de ce que le patriarcat est bien trop aligné avec l'actuel gouvernement russe, qu'ils sentent comme du communisme camouflé afin de faire renaître la fierté des Russes à propos de l'histoire de l'ère soviétique.
Un porte-parole de l'ambassade de Russie à Washington DC, Alexey Timofeev, dit que la réunification était quelque chose de désiré par tous les Russes, tant dans le pays qu'au dehors.
Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels sur le nombre de paroisses et de paroissiens ayant quitté l'EORHF, prêtres et fidèles disent que cela a séparé paroisses, prêtres et même familles.
"Époux et épouses, mères et fils, tout le monde a été divisé. C'est une terrible tragédie," dit l'évêque Vladimir Tselichtchev, 41 ans, qui célèbre ce qui pourrait être la dernière Liturgie à l'église de Buena.
Nombre de paroisses et fidèles Orthodoxes russes suivent de près le procès de Buena, pour voir quel effet cela pourrait avoir sur leur propre situation.
"Peut-être bien que la Guerre Froide n'est plus la même, mais elle n'est pas finie," dit le prêtre Stefan Sabelnik, de la paroisse de la Dormition de la Mère de Dieu, à Trenton, paroisse qui a aussi quitté l'EORHF suite à la réconciliation avec Moscou.
Nicolas Ohotin, un porte-parole de l'EORHF, dit que les gens ont le droit de quitter l'Église, mais qu'ils n'ont pas le droit d'emporter avec eux les biens de l'Église. Ohotin dit que l'accord avec le patriarcat de Moscou permet une "très large indépendance," et que les fidèles Orthodoxes ne devraient pas redouter de se retrouver sous la coupe de Moscou.
"L'Église espère que tous ses paroissiens, tous ses membres qui ont quitté l'Église, retrouveront le chemin de retour au sein de l'Église," dit Ohotin.
Maria Nekludoff a été à l'église à Buena depuis son enfance, et son père, son oncle, son frère et sa grand-mère sont enterrés dans le cimetière, qui est bien entretenu. Elle dit que ses parents et les paroissiens ont donné leur vie pour construire l'église.
"Cela me briserait le coeur de voir que c'est en quelque sorte le travail de leurs vies qui est arraché," dit-elle. "Je me sens bénie pour avoir été à même de défendre ces gens qui sont sans défense.. J'ai senti que c'était mon devoir."


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EORHF "non-Moscovite" :
http://www.rocor-v.com/rocor/engindex.html

et une de ses maisons d'édition en anglais :
http://www.monasterypress.com/

Concernant les ennuis de la paroisse ci-dessus, entre-temps, on a apprit par voie de presse (!!) que le diocèse qui avait exposé son problème devant les tribunaux civils (contrairement à ce qu'en dit saint Paul) avait étonnamment obtenu un gain de cause partiel. En effet, la jurisprudence nord-américaine, dans la plupart des États, fait que la propriété du bien "paroisse" est aux propriétaires réels, au niveau financier et cadastral du terme. Or, ici, le tribunal local a donné une sorte de droit de regard au diocèse. On évaluera le niveau réel de christianisme de ce diocèse à l'usage qu'il fera d'une décision civile, athée, dans un problème strictement ecclésiastique. Comme en France et ailleurs en Occident..

Je vais persifler, mais que penser d'autre? Car on le voit, quand on a bien servi le patriarcat et qu'on a forcé son Synode à rejoindre une Église à laquelle il faudra me montrer quel Canon de Concile Oecuménique le rattachait!!, et bien on est récompensé à la manière... soviétique : médaille, médaille...

Alexis II récompense le primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières en le décorant d'un ordre honorifique
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=3586
Alexis 2 et laurus ensemble


Moscou, 05 Septembre 2007, 12:25, Interfax – Le patriarche Alexis II de Moscou a accordé au métropolite Laurus, primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, l'ordre de Saint Vladimir de seconde classe, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'ordination épiscopale de ce dernier, en la fête de son saint patron.
La décoration a été présentée par l'évêque Isidor d'Yekaterinodar et Kuban, qui dirigeait la délégation du patriarcat de Moscou arrivée aux USA quelques jours auparavant.
La cérémonie de remise de la décoration a eu lieu après la Liturgie solennelle au monastère de la Sainte Trinité à Jordanville, NY (USA), qui faisait partie des célébrations de la réunification de l'EORHF avec l'Église Orthodoxe de Russie, rapporte le centre d'informations ecclésiales Orthodox Encyclopedia.

*-*-*

L'Ordre de saint Vladimir, du même nom que la décoration accordée au métropolite, c'est cette création d'une impératrice qui fit son possible pour détruire l'Église du Christ, à l'instar de Pierre "le grand".. On espère pour lui qu'il n'y a qu'homonymie et pas succession, même symbolique.

L'Ordre impérial russe de Saint Vladimir
http://almanachdechivalry.com/_wsn/page9.html
ancien ordre de saint vladimir


L'Ordre de Saint Vladimir (4 classes) (Orden sv. ravnoapostol'nogo kniazia Vladimira ). Institué par la tsarine Catherine la Grande le 4.10.1783.
La Croix de Saint Vladimir était un Ordre impérial russe institué en 1782 par la tsarine Catherine II en mémoire des actes de saint Vladimir, le grand prince et celui qui a mené la Rus' kiévaine au Baptême. Sa devise : "Bienfaisance, Honneur et Gloire." L'Ordre avait 4 degrés et était accordé pour un service civil et militaire de longue durée. La couleur du ruban de l'Ordre est rouge avec un bord noir.
Première classe – une croix rouge avec des bords noir et or. Elle était portée avec le ruban pendant sur l'épaule droite, avec une étoile octogonale faite d'or et d'argent. Elle était attachée au côté gauche de la poitrine.
Seconde classe – une croix rouge autour du cou et l'étoile sur le côté gauche de la poitrine.
Troisième classe – une croix rouge d'une plus petite taille, autour du cou.
Quatrième classe – la même croix portée sur la poitrine.
Insigne : une croix émaillée patinée, avec bordure noire en émail, et un rond central en émail noir portant un manteau rouge à col d'hermine avec le monogramme de saint Vladimir. Portée sur une écharpe à décoration pour le premier rang, sur un collier pour les 2ème et 3ème rangs, et sur un ruban sur la poitrine pour le 4ème rang.
Étoile : Une étoile à 4 pointes superposée à une étoile en or à 4 branches, avec une croix en or dessus et les lettres "CPKB" entre les bras de la croix sur un fond émaillé noir au centre, surmonté de la devise de l'Ordre "Bienfaisance, Honneur et Gloire" (Pol'za Chest' i Slava). Porté du côté gauche de la poitrine pour les 1er et second rangs. Cette devise fut transférée à l'actuel Ordre du Mérite de la Fédération de Russie, qui a été institué en 1992 par le président Boris Yeltsin et qui est actuellement la seconde décoration en importance dans ce pays.
Ruban : rouge avec des bords noirs.
Grand Maître: Son Altesse Impériale la grande duchesse Maria Vladimirovna de Russie (Maria I, tsarine titulaire et autocrate de toutes les Russies, née en 1953).




L'Église accorde une bénédiction atomique
http://www.themoscowtimes.com/stories/2007/09/05/002.html


mercredi 5 Septembre 2007. Issue 3736. Page 1.

Par Alexander Osipovich
Rédacteur principal au Moscow Times

Les Chrétiens croient depuis longtemps que le monde finira par l'apocalypse. Mardi matin, l'Église Orthodoxe de Russie a donné sa bénédiction aux hommes et aux femmes qui pourrait la provoquer.
Au cours d'une cérémonie à la cathédrale du Christ Sauveur, les prêtres ont chanté des prières en l'honneur du 12ème Directoire Principal du Ministère de la Défense, qui est responsable pour le stockage et la maintenance de l'arsenal nucléaire du pays.

Ce directoire ultra-secret a fêté ce mardi le 6àème anniversaire de sa création par Staline en 1947, quand l'Union Soviétique était lancée dans la course à l'armement nucléaire suite aux bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagazaki. Quelque 200 personnes du directoire ont participé à la célébration de mardi, quelque chose qui aurait été impensable aux jours de l'athéisme soviétique officiel.
Vêtus de leurs uniformes portant un logo atomique stylisé sur leurs manches, ils faisaient occasionnellement le signe de croix pendant que l'évêque Amvrosy de Bronnitsy menait l'office de prière dans la profonde cathédrale en marbre.
L'évêque a conclu en lisant un message de félicitations du patriarche Alexis II.
"Je vous félicite en ce mémorable anniversaire," disait-il, "et j'élève des prières à Dieu et au vénérable Seraphin de Sarov de sorte que les armes nucléaires que vous avez conçues et qui vous sont confiées soient toujours entre les mains de Dieu, et ne seront que des armes de dissuasion et
de riposte." Seraphin de Sarov est le saint patron semi-officiel du directoire.
Le message du patriarche a aussi été imprimé dans l'édition de mardi du Krasnaya Zvezda, le quotidien officiel du Ministère de la Défense. La coopération a grandit au cours des récentes années entre les forces armées et l'Église Orthodoxe, encouragée par la haute hiérarchie militaire et appuyée par le président Vladimir Poutine.
Certains officiels soutiennent l'idée d'introduire des chapelains militaire, et bien qu'il n'existe pas de système officiel, des prêtres Orthodoxes servent d'ores et déjà les soldats dans nombre d'unités, d'une manière volontaire et non-officielle.
Plus de 2.000 prêtres célèbrent des Offices pour le personnel militaire, déclare un porte-parole du département du patriarcat de Moscou pour la liaison militaire. Mais bien que prêcher auprès de soldats en service actif puisse être une pratique courante dans nombre d'armées, y compris celle des États Unis d'Amérique et d'autres nations possédant l'arme nucléaire, bénir les soldats qui s'occupent de l'arsenal atomique du pays soulève des questions qui
ont posé problèmes aux théologiens Chrétiens depuis 1945.
Un porte-parole du patriarcat de Moscou dit que l'Église voyait les armes nucléaires comme un mal nécessaire. "En général, l'Église considère n'importe quelle arme, y compris les armes nucléaires, comme étant un mal," expliquait ce mardi par téléphone le diacre Georgy Roshchin. Il rajoute que l'Église s'est cependant adaptée aux réalités contemporaines. "L'Église considère les armes nucléaires comme une sorte de facteur de dissuasion pour protéger l'État russe," dit-il. "L'histoire des 15 dernières années montrent que la capacité nucléaire de la Russie l'a aidée à rester un État indépendant."
Le vatican a eu la même position durant la Guerre Froide. Il a condamné tout usage de l'arme nucléaire au cours de son concile dans les années 1960, mais a admis qu'on pouvait en posséder comme moyen de dissuasion. Depuis l'effondrement de l'Union Soviétique, le vatican a appelé au désarmement. En 2005, l'ambassadeur de l'État du vatican auprès des Nations Unies a déclaré que la possession d'armes
nucléaires ne pouvait plus être justifiée dans un monde d'après la Guerre Froide. Cependant, la dissuasion semble encore nécessaire pour les militaires Russes. "Ces armes garantissent et continueront à garantir l'existence paisible pour notre peuple, nos enfants et nos petits-enfants," a déclaré lors de la cérémonie de mardi le général Yury Baluyevsky, chef d'état-major général, rapporte l'agence Itar-Tass.
Le général Vladimir Verkhovtsev, chef du 12ème Directorat, a aussi participé à la
cérémonie. A la fin de l'Office, Verkhovtsev s'est tenu près de l'Autel, à côté de l'évêque Amvrosy, et a exprimé ses voeux de bonne santé pour le patriarche Alexis II, des rumeurs circulant sur de graves problèmes médicaux. La plupart des officiers du Directorat semblaient peu enclins à parler aux journalistes après la cérémonie.
Un officier en uniforme, disant se prénommer Dmitry, dit que le Directorat collabore avec l'Église depuis des années, et que des prêtres ont souvent béni différentes unités. "Mais c'est la première fois qu'une bénédiction a lieu ici," dit Dmitry, qui refusa de donner son nom de famille. Un nom qui est souvent revenu au cours de la cérémonie du fait de son importance pour le Directorat, c'était celui de saint Séraphin de Sarov. Séraphin était un ermite ayant vécu près de Sarov, une ville qui se trouve dans l'actuelle région de Nizhny Novgorod, à la fin du 18ème et au début du 19ème siècle. Célèbre pour ses 1.000 nuits passées en prière sur un rocher avec les bras levés au ciel, il est devenu un père spirituel populaire, visité par des milliers de pèlerins. Mort en 1833, il fut canonisé en 1903, durant le règne du saint tsar Nicolas II. En 1940, la ville de Sarov a été rebaptisée Arzamas-16 et devint le centre du projet soviétique de bombe atomique, ce qui explique le lien établi entre le saint et les armes nucléaires. La ville, qui a retrouvé son nom original dans les années 1990, reste fermée pour les non-militaires. A présent, elle a une église en service dédiée à saint Séraphin de Sarov.







L'Ours que saint Seraphim avait apprivoisé n'avait rien à voir avec l'URSS...





11/09/2007 14:20 MOSCOU, 11 septembre - RIA Novosti. Un office religieux à l'occasion du 60e anniversaire du secteur nucléaire militaire russe a été célébré la semaine dernière en la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, rappelle mardi l'hebdomadaire Vlast.
Jusqu'ici, l'Eglise orthodoxe russe n'avait jamais honoré les armes de destruction massive avec une attention aussi soutenue.
Les chemins de l'Eglise et des atomistes s'étaient déjà croisés en 1946, lorsqu'il a été décidé de construire un centre destiné à concevoir l'arme nucléaire à Sarov, à la place du monastère de l'Assomption (fermé par les bolcheviques en 1927), connu grâce à la vie de Séraphin de Sarov, l'un des saints russes les plus connus et les plus populaires parmi les orthodoxes, aux XVIIIe-XIXe siècles. En août 1949, seulement trois ans après, l'Union soviétique testait sa première bombe atomique. Arzamas-16 (nom donné à Sarov après la construction de ce centre) devint dès lors le coeur de l'industrie nucléaire militaire soviétique, puis russe.
A la veille du démembrement de l'URSS, l'Eglise orthodoxe russe a repris possession de ses lieux saints: une paroisse orthodoxe a été ouverte à Sarov en 1990. Les atomistes lui ont restitué les églises non détruites se trouvant dans les parages. Séraphin de Sarov est alors devenu le patron des atomistes russes.
Vladimir Poutine a accéléré le processus de "fusion" entre l'Eglise et le nucléaire "non civil" en février 2007. Une correspondante du journal Sarov lui a posé deux questions lors d'une grande conférence de presse au Kremlin: "Quelle est la place de l'orthodoxie dans l'avenir?" et "Quelle est la stratégie [russe] dans les domaines nucléaire et militaire?". Le président a saisi l'occasion pour affirmer que les deux thèmes étaient étroitement liés, les confessions traditionnelles en Russie et son bouclier nucléaire étant des composantes qui renforcent l'Etat russe, créant les prémisses nécessaires pour assurer la sécurité intérieure et extérieure. La réaction à ces propos du président ne s'est pas fait attendre. Le jour suivant, le site orthodoxe nationaliste Pravaya.ru a publié un article intitulé "Poutine et l'orthodoxie nucléaire". L'idée a été ensuite reprise par d'autres médias.
C'est l'analyste Egor Kholmogorov qui a formulé de la façon la plus laconique l'idéologie de "l'orthodoxie nucléaire": "Pour rester orthodoxe, la Russie doit être une grande puissance nucléaire. Pour rester une grande puissance nucléaire, la Russie doit être orthodoxe".
Le métropolite Nicolas de Nijni Novgorod a même essayé de réhabiliter les événements de 1946, déplorables pour l'Eglise: selon lui, c'est probablement grâce aux prières de Saint Séraphin que la Russie a créé une arme qui la protège à présent. A propos, aucune des nombreuses biographies de Saint Séraphin ne mentionne ses penchants militaristes: il n'a béni aucun soldat s'en allant en guerre et n'a jamais glorifié les armes russes dans ses sermons. Le religieux vivait en anachorète et a même pardonné aux brigands qui lui avaient fendu le crâne avec une tête de hache, demandant qu'ils ne soient pas punis.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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explosion nucléaire



Une personne très bien informée nous montre à quel point ces forces obscures qui secouent la Russie sont bien implantées.. prions..

Le Fantôme de Staline, ou le retour du KGB
de Vladimir Federovski
éditions du Rocher
http://www.editionsdurocher.fr/
ISBN : 9782268062907
parution le 20/9/2007

voir le dossier sur evene.fr, fnac.fr & amazon.fr


A écouter à tout prix, l'entrevue radio de Vladimir Federovski sur Europe 1, lundi 10/9/2007:
http://www.europe1.fr/player/interstitiel.jsp?chaine=&sujet=Poutine

Vladimir Fedorovski est un homme aux vies multiples : d'abord interprète de Brejnev, il devient porte-parole du Mouvement pour les réformes démocratiques dans l'URSS finissante, puis de Boris Eltsine. On le retrouve aujourd'hui professeur à HEC-Paris et auteur de romans historiques à succès ! Il a acquis la nationalité française en 1995, grâce à l'intervention de Jacques Chirac, qui n'avait pas oublié le collaborateur de son ami Boris Eltsine. Fedorovski est aussi conseiller au mémorial de Caen, pour la période de la guerre froide. C'est un auteur prolifique, qui sait allier la précision de l'historien à l'art narratif du romancier - qu'il s'intéresse aux égéries russes, aux ballets, aux tsarines, à Raspoutine, Saint-Petersbourg ou au Kremlin.

Article à lire : Séraphin de Sarov est devenu le patron des atomistes..?
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2219


Au lieu de menacer l'autre et de bénir ceux qui préparent le néant,
ne pourrait-on pas s'aimer?

Hymne de la Création par saint Caedmon

Hymne de la Création, par saint Caedmon
source & (c)



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