"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 novembre 2007

Saint Grégoire de Tours, père de l'Histoire d'Europe, grand historien Orthodoxe


Saint Grégoire
Sacramentaire de Marmoutier à l'usage d'Autun
origine : Tours, collégiale Saint-Martin, vers 845-850
Autun - BM - ms. 0019 bis folio 005




armi les incalculables injustices sans cesse perpétrées contre les saints que le Christ a envoyés en cette partie-ci du monde – à savoir l'Europe occidentale – certaines sont plus marquantes que d'autres par l'importance de l'oeuvre du préjudicié. Un exemple flagrant, c'est saint Grégoire de Tours. Je ne répéterai pas in extenso toutes mes diatribes habituelles, mais il faut au moins redire ceci : cet ostracisme permanent au sein de sa propre Église, c'est une honte. Rappelons au passage que contrairement aux affirmations de la plupart des sites internet consultés, saint Grégoire de Tours était Orthodoxe, et pas catholique-romain... puisque cette religion n'existait pas encore à son époque. C'est donc dans l'Église du Christ qu'on méprise ceux que le Christ a envoyés à ce monde. J'aimerais que ça soit corrigé, et aussi pouvoir un jour me réjouir devant une icône digne de ce nom, Orthodoxe bien sûr mais honorant aussi saint Grégoire en sa culture et son histoire à lui. Donc pas une icLône de saint byzantin rebaptisée "Grégoire", ce qui serait une nouvelle injure.. Je m'arrête ici.

Saint Grégoire de Tours, en latin "Sanctus Gregorius Turonensis", né Georgius Florentius Gregorius le 30 novembre 538 en Gaule. Né au Ciel entre 592 et 596, probablement le 17 novembre 594, en la ville de Tours, ville dont il était évêque depuis 573. Saint Grégoire a été un historien Gallo-Romain et évêque de Tours, ce qui en faisait un des principaux évêques des Gaules. Vu l'époque troublée, les incessantes invasions depuis 3 siècles, le latin de ses ouvrages est, aux dires des spécialistes, quelque peu barbare. Cependant, certains auteurs ont exposé que puisqu'il était cultivé, ce style aurait été adopté pour que son lectorat de l'époque puisse le comprendre.
Quoiqu'il en soit, il est la principale source contemporaine pour l'histoire des Mérovingiens. Son ouvrage le plus remarquable est son "Decem Libri Historiarum" ou "10 Livres d'histoire", plus connu sous le nom de "Historia Francorum" ou "Histoire des Francs", un titre que lui ont donné les chroniqueurs qui lui ont succédé. Mais il est aussi connu pour ses récits de miracles de saints, en particulier ses 4 livres composés en compilant tous les miracles de saint Martin de Tours qu'il a eu à connaître. La tombe de saint Martin était un des principaux lieux de pèlerinage au 6ème siècle.
Grégoire était né à Clermont, capitale de l'Auvergne, au centre de la Gaule française. Né dans la partie la plus haute de la société gallo-romaine, fils de Florentius, sénateur de Clermont, et d'Armentaria II, qui était nièce de Nicetius, évêque de Lyon, et petite-fille maternelle de Florentius, sénateur de Genève. Des 18 évêques l'ayant précédé sur le siège épiscopal de Tours, il était lié avec au moins 5 par des liens de parenté. Son père serait mort alors que Grégoire était encore jeune, et sa mère avait déménagé pour la Bourgogne où elle avait des propriétés. Sa carrière se déroula essentiellement à Tours, mais il voyagea beaucoup dans toutes les Gaules. C'est notamment grâce à lui que nous avons connaissance de saint Walfroy, un saint de Gaule Belgique, l'unique saint Stylite d'Occident, fêté le 21 octobre. Saint Grégoire qui l'a rencontré nous a livré un récit particulièrement émouvant de la lutte ascétique menée par saint Walfroy sur sa colonne, dans le froid et la neige de nos Ardennes.
Le monde très rude dans lequel il a vécu se trouvait à la jonction d'une Antiquité mourante et de la nouvelle culture des débuts de l'Europe médiévale. Grégoire vivait aussi à la lisière de la culture franque des Mérovingiens au nord et des la culture gallo-romaine au sud des Gaules.
A Tours, Grégoire était à l'endroit idéal pour en apprendre sur tout et rencontrer quiconque avait de l'influence dans la culture mérovingienne. Tours se trouvant sur le grand fleuve si important qu'est la Loire. Cinq chaussées romaines partaient de Tours, qui se trouvait sur la voie principale entre le nord Franc et l'Aquitaine, avec l'Espagne plus bas. A Tours, les influences franques du nord et les influences gallo-romaines du sud faisait jonction. Centre de la culture populaire autour de saint Martin, Tours était un lieu de pèlerinage, un hôpital, et un sanctuaire politique où les chefs importants venaient se réfugier quand il y avait des troubles et violences dans les relations politiques mérovingiennes.
Grégoire a été en (difficiles) relations personnelles avec 4 rois Francs : Sigebert 1er, Chilpéric 1er, Gontran et Childebert 1er. De plus, il connaissait personnellement la plupart des dirigeants Francs.

Importance
L'Historia Francorum est d'un intérêt essentiel, car elle décrit la période de transition du monde romain au monde médiéval, et la fondation de l'État français, qui allait rester remarquablement grand en termes de population et de territoires, et chanceux en matière de richesse, stabilité et unité depuis son époque et tout au long de la période médiévale, quand on le compare aux autres États européens.
Les hagiographies de Grégoire sont aussi une inestimable source d'anecdotes et d'histoires qui enrichissent notre compréhension de la vie et de la foi en Gaules mérovingiennes. Ce sont aussi des ouvrages fascinants à étudier, ouvrages qui ont dû enthousiasmer son public de l'époque. Par ces ouvrages, il montrait aux lecteurs l'importance et la force du Christianisme Orthodoxe malgré les vicissitudes de la vie de l'époque, les incessants troubles politiques et guerres. Sa culture très étendue est en elle-même un témoignage de la préservation de l'érudition et de la continuité persistante de la culture gallo-romaine à travers les soi-disant "Temps Obscurs", comme on décrit souvent avec mépris ce millénaire que couvre le "Moyen Age."
(traduction & adaptation du texte du wikipedia en anglais, plus riche que le FR)



Ses oeuvres dont nous avons connaissance (les enluminures de cette page proviennent de manuscrits de reproduction de ses ouvrages)

* Historia Francorum in decem libros divisa, quorum libri I-IV historiam mundi referunt, de creatione et casu Adami Evaeque ad tempus Gregorii ipsius. Dein de rebus tempore suo factis narrat. Aevum Gregorii turbidissimum erat, regno Francorum inter fratres Guntram, Charibertum I, Chilpericum I et Sigebertum I diviso.
En latin :
http://www.thelatinlibrary.com/gregorytours.html

En français :
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm


* Septem Miracula:
o De Virtutibus Sancti Juliani,
o De Virtutibus Sancti Martnini Episcopus (libri 4),
o De Gloria Martirii,
o De Gloria Confessorum.

* Vitae Patrum

et le
* De Cursu Stellarum
en latin:
http://www.dbc.wroc.pl/dlibra/docmetadata?id=1796&from=publication&
en français:
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm

(Archive des oeuvres en français)

Les MGH en ont donné le texte en édition critique:
Gregory of Tours, Libri Historiarum, ed. B Krusch and W Levison, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 1 (Hannover, 1951).

Gregory of Tours, Liber in Gloria Martyrum, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 2 (Hannover, 1885).

Gregory of Tours, Liber in Gloria Confessorum, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 2 (Hannover, 1885)

Gregorius Turonensis. Libri historiarum X, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum I, 1:1 (Hannover, 1937)


entrevue entre le roi Childéric 1er et saint Grégoire de Tours
"Grégoire de Tours témoigne de l'heureuse influence de la présence d'évêques à la table des rois et nobles Francs. Il rapporte aussi que Chilpéric, qui était très fier de sa connaissance théologique et séculière, aimait, lorsqu'il dînait, en discuter, ou plutôt, exprimer son opinion sur des questions de grammaire, comme avec autorité, en présence de ses compagnons d'armes, dont la plupart ne savaient ni lire ni écrire. Il alla aussi loin qu'à ordonner d'incorporer 3 anciennes lettres grecques dans l'alphabet latin."
"Manières, coutumes et vêtements au cours du Moyen Age et à la Renaissance", par Paul Lacroix, bibliothèque impériale de l'arsenal, Paris







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