"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 novembre 2007

Santez Katell a Aleksandria – sainte Catherine d'Alexandrie

Fêtée les 24 & 25 novembre selon les juridictions Orthodoxes, c'était de toute manière le 25 chez les Orthodoxes occidentaux, avant 1054.

Santez Katell a Aleksandria
Maux de tête, Migraines, Recherche d'un époux par les jeunes filles à marier
25 novembre


Lisors, Eure (Normandie), fontaine Sainte-Catherine d'Alexandrie

"La tradition rapporte que Jésus porté sur le bras de Marie, serait apparu à cette vierge d'Alexandrie. Il lui aurait passé un anneau au doigt et se serait alors déclaré comme son fiancé. Cherchant à répandre autour d'elle le culte nouveau, elle fut suppliciée vers 310 sous le règne de l'empereur romain Maximin-Daia.
Elle est devenue la patronne des jeunes filles.
On ne sera pas surpris des invocations dont elle est l'objet de la part de celles-ci, notamment lorsqu'elles désirent trouver un mari.
Un des lieux les plus visités dans ce but est incontestablement la fontaine Sainte-Catherine sise non loin de l'abbaye de Mortemer sur le territoire de la commune de Lisors (Eure), en forêt de Lyons. Les visites à la fontaine remontent très loin dans le temps et elles n'ont pas cessé, même si la discrétion paraît en avoir atténué l'importance. Car on vient de loin demander le secours de sainte Catherine à Lisors. Les pratiques sont très simples. Il suffit de boire un peu d'eau en invoquant la sainte dans des termes suffisamment éloquents pour attirer sa protection et son aide.
Sainte Catherine est également une sainte "marieuse" à Saint-Riquier-ès-Plains (canton de Saint-Valery-en-Caux), dans la Seine-Maritime. Sa statue figure dans l'église Saint-Riquier.
Dans le Calvados, on lui attribue traditionnellement des pouvoirs à côté de sa spécialité habituelle. Ainsi, à Courcy (canton de Morteaux-Coulibouf), les jeunes filles s'adressent à elle en sa chapelle du château fort et les mères de famille conduisent leurs enfants connaissant des problèmes dermatologiques près de sa statue. Les unes et les autres plantent des épingles dans les plis du vêtement et sur des linges.
A Saint-Philbert-des-Champs (canton de Blangy-le-Château), la sainte, dont la statue figure dans l'église paroissiale, serait encore sollicitée pour la guérison de maux frappant la langue et pour le soulagement des migraines."

Courcy, Calvados (Normandie), sainte Catherine d'Alexandrie, en sa chapelle, couverte d'ex-voto!

In : "A l'aube de l'an 2.000, les Saints qui guérissent en Normandie",
par Hippolyte Gancel, professeur honoraire de Lettres, éditions Ouest-France, 2 volumes
l'auteur a aussi sorti une étude sur les saints guérisseurs en Bretagne :

Entre 2003 et fin 2005, quelques familles Orthodoxes de l'Entre-Sambre-et-Meuse ont tenté de se regrouper pour entamer la restauration de la paroisse originelle de Philippeville, celle du "polyptyque" de Lobbes (anno 869). Dédicace de la communauté paroissiale orthodoxe en question : "Sainte Catherine d'Alexandrie et saint Feuillen". Malgré 1 siècle et demi de présence dans le pays, aucun hiérarque Orthodoxe byzantin n'avait en effet songé à s'occuper du bien-être spirituel des gens de la région, d'où il fallait bien se débrouiller par soi-même.
L'absence / l'opposition cléricale a eu bien entendu raison de cette tentative. Après l'impulsion originale par des laïcs, il est nécessaire d'avoir le relais du clergé; c'est tout le contraire qui s'est passé. Disparue, elle n'a été remplacée par rien, puisqu'il n'y pas le moindre souci du bien spirituel des gens d'ici. Pour nos évêques, leurs bonnes relations avec le vatican et ses officines priment sur le Salut du monde, on ne le voit que trop. Vae victis! Reste que c'était légitime, et historiquement fondé, au contraire de bien des fondations - qui ne tiennent pas mieux, il suffit de faire le tour des paroisses où on essaie d'attirer du monde avec des reliques en visite... A leur décharge, certains des Orthodoxes du coin voulaient que ça soit "tout Russe", d'autres "tout Grec" – alors que nous vivons en Belgique! -, d'autres "tout moderniste", etc, et il n'y avait jamais personne de disponible pour balayer ou venir au caté' donné par un prêtre se tapant 200 bornes.. bref pas grand monde ne voulait travailler pour une paroisse vraiment Orthodoxe, chacun voulait son petit truc culturel à soi. Enfin, ils suivent l'exemple d'en haut, puisque le poisson, c'est par la tête que..


Découverte du corps de sainte Catherine d'Alexandrie
enluminure, Den Haag, KB, 76 E 18 95r


Saint Feuillen est compréhensible pour tout Chrétien réellement Orthodoxe vivant en Belgique, puisque c'est un des grands saints Orthodoxes de notre pays - quoique des Orthodoxes Russes vivant ici depuis longtemps m'ont dit, en 2003 & 2004, qu'eux ne connaissant pas, c'était sûrement pas Orthodoxe et qu'il fallait prendre plus Orthodoxe que ça.. sans commentaire.
D'aucun aurait cependant pu se poser la question de la sainte d'Égypte. Il se fait qu'au coeur de l'Entre-Sambre-et-Meuse, à Philippeville, se trouvait une fort antique paroisse Sainte-Catherine. En 2007, tout ce qu'il en subsiste, ce sont des poutres qui sont dans un atelier d'art.. et peut-être quelques unes des pierres de la "maison de l'octroi" voire du cimetière, puisque l'église se trouvait juste à côté.
Avant de porter ce nom, Philippeville s'appelait Escherennes. En mai 1555, les troupes de France rasèrent ce village et n'y laissèrent rien debout. Et l'année suivante, Charles-Quint, celui-là même qui avait fait raser jusqu'à la dernière pierre le siège apostolique de la Morinie, Thérouanne, se faisait construire une ville fortifiée sur les ruines d'Echerennes, ville qui portera le nom de son rejeton, d'où Philippeville. C'est un de ses sbires qui l'a construite en son nom, Guillaume de Nasau, qui y était venu le 15/9/1555.
Or, Escherennes, ça ne datait pas d'hier. Le plus ancien document probant existant, c'est le "polyptyque de Lobbes". Daté de 868 (ou 869), il reprend les possessions de la célèbre abbaye Saint-Pierre de Lobbes, creuset du renouveau de la Foi Chrétienne Orthodoxe dans l'Entre-Sambre-et-Meuse aux 7ème-9ème siècles, avec sa belle série de saints abbés-évêques (Saint Ursmer, saint Landelin, saint Abel, etc) – mais aussi ses racines encore plus anciennes, puisqu'on a les preuves archéologiques des missions locales de saint Servais de Tongeren, avec atelier d'art Chrétien au milieu du 4ème siècle, et bien entendu saint Materne 3 siècles auparavant.
Pour en revenir à Lobbes, parmi ses possessions se trouvait Escherennes, avec mention d'une église dédiée... à sainte Catherine d'Alexandrie, seule sainte de ce prénom en Occident à l'époque - après 1054, quantité de Catherines seront connues en Occident, mais pour la question de la sainteté, dans un groupe en hérésie et schisme, à Dieu seul le jugement..

869, on est donc 28 ans après le plus ancien manuscrit latin connu parlant de sainte Catherine. Or, le polyptyque ne parle pas d'une "fondation" mais d'une propriété déjà existante.
Plus encore, quand notre pauvre pays chutera dans le Schisme et l'hérésie en suivant Rome dans sa déchéance, dans toutes les disputes de propriétés et de pouvoir terrestre, l'abbaye de Lobbes s'adressera à un potentat temporel hors de son pays, n'ayant aucun rapport canonique avec l'Église du pays. Lobbes avait demandé au pape de Rome de confirmer ses propriétés. Et c'est comme ça qu'on a une "bulle" du pape de Rome Eugène 3, de 1150, où la paroisse d'Escherennes est qualifiée "Ecclesia integra", c'est à dire cure de première classe, donc de fondation ancienne. Par la suite, elle changera de dédicace et c'est un saint Julien qui y sera honoré.

On n'a pas retrouvé de statue ou autre représentation locale de sainte Catherine d'avant le 11ème siècle. Mais on a subit quantité de guerres, d'invasions, etc. Et s'il y avait ici une très ancienne paroisse dédiée à Sainte Catherine, il est inévitable que cela existait. C'est une des limitations de la méthode scientifique : il peut y avoir des preuves qui ont disparu mais subsistent des traces difficiles à connaître, ou dont le renom n'est pas suffisant, et cela fausse le jugement de ceux qui écrivent sur le sujet sans habiter le lieu.

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Sainte Catherine était la fille de Constus, le gouverneur d'Alexandrie, en Égypte, durant le règne de l'empereur Maximien (305-313). Vivant dans la capitale, centre de culture hellénistique, et possédant une rare beauté et intelligence, Catherine reçut une excellente éducation, étudiant les oeuvres des plus grands philosophes et savants de l'antiquité. Des jeunes hommes des plus célèbres familles de l'empire demandaient la main de la belle Catherine, mais elle n'était intéressée par aucun d'entre eux. Elle dit à ses parents qu'elle ne se marierait qu'avec quelqu'un qui la surpasserait en noblesse, richesse, beauté et sagesse.
La mère de Catherine, secrètement Chrétienne, l'envoya demander conseil à son propre père spirituel, un saint Ancien vivant dans une caverne hors de la ville. Après avoir écouté Catherine, l'Ancien dit qu'il connaissait un Jeune Qui la surpassait en tout. "Son visage est plus radieux que les rayons du soleil, et toute la Création est gouvernée par Sa sagesse. Ses richesses sont données à toutes les nations du monde, et pourtant jamais elles ne diminuent. Sa compassion est sans égale."
Cette description de l'Époux Céleste produisit dans l'âme de la sainte vierge un ardent désir de Le voir. "Si tu fais ce que je te dis", lui dit le moine, "tu contempleras la face de cet illustre homme". En se séparant, l'Ancien donna à Catherine une icône de la Mère de Dieu portant le divin Enfant Jésus sur son bras, et lui dit de prier avec foi la Reine des Cieux, la Mère de l'Époux Céleste, et qu'Elle entendrait Catherine et lui accorderait les désirs de son coeur.
Catherine pria toute la nuit, et il lui fut accordé de voir la Très Sainte Vierge, qui dit à son Divin Fils : "Vois Ta servante Catherine, comme elle est douce et vertueuse". Mais l'Enfant détourna Sa face d'elle en disant "Non, elle est laide et incroyante. C'est une pauvre folle, et Je ne peut pas supporter de la regarder tant qu'elle n'a pas abandonné son impiété".
Catherine retourna toute affligée pour voir l'Ancien, et lui raconta ce qu'elle avait vu en songe. Il la reçut affectueusement, l'instruisit dans la Foi en Christ, l'encouragea à préserver sa pureté et son intégrité, et à prier sans cesse. Elle reçut ensuite de lui le mystère du Saint Baptême. A nouveau, sainte Catherine eut une vision de la très sainte Mère de Dieu avec son Enfant. Cette fois, le Seigneur la regarda tendrement et lui donna un magnifique anneau, signe merveilleux de ses fiançailles avec l'Époux Céleste (cet anneau est encore sur sa main).
A cette époque, l'empereur Maximien était à Alexandrie pour une fête païenne. Dès lors, la célébration était particulièrement démonstrative et attirait la foule. Les cris des animaux sacrifiés, la fumée et l'odeur des sacrifices, les allumages incessants de feu, les foules affairées dans les arènes, tous souillaient la ville d'Alexandrie. Des victimes humaines étaient aussi amenés, des confesseurs du Christ, ceux qui ne voulaient pas Le renier sous la torture. Ils furent condamnés à la mort par le feu. L'amour de la sainte pour les martyrs Chrétiens et son fervent désir d'apaiser leurs souffrances amena Catherine à parler aux prêtres païens et à l'empereur Maximien.
Se présentant d'elle-même, la sainte confessa sa Foi dans le seul Vrai Dieu, et avec sagesse exposa les erreurs des païens. La beauté de la vierge captiva l'empereur. Afin de la convaincre et de lui montrer la supériorité de la sagesse païenne, l'empereur ordonna que 50 des plus érudits philosophes et rhétoriciens de l'empire viennent discuter avec elle, mais la sainte triompha des savants, et ils devinrent eux-mêmes Chrétiens. Sainte Catherine traça le Signe de Croix sur les martyrs, et ils acceptèrent avec courage de mourir pour le Christ, et furent brûlés vifs sur ordre de l'empereur.
Maximien, n'ayant plus d'espoir de convaincre la sainte, tenta de la séduire par des promesses de richesses et de renommée. Ayant reçut une vive fin de non recevoir, l'empereur ordonna de soumettre la sainte à de terribles tortures, puis de la jeter en prison. L'impératrice Augusta, qui avait beaucoup entendu parler de la sainte, voulu la voir. Elle persuada le commandant Porphyre de l'accompagner à la prison avec un détachement de soldats. L'impératrice fut impressionnée du fort esprit de sainte Catherine, dont la face irradiait de la grâce divine. La sainte martyre leur exposa les enseignements Chrétiens, et ils se convertirent tous au Christ.
Le lendemain, on ramena la martyre au tribunal où, sous la menace d'être brisée par la roue, ils lui enjoignirent à renoncer à la Foi Chrétienne et à offrir des sacrifices aux divinités. La sainte confessa résolument le Christ et s'approcha d'elle-même des roues; mais un Ange brisa les instrument de supplice, qui tombèrent en pièces parmi les païens se tenant tout près.
Ayant contemplé ce prodige, l'impératrice Augusta et le chef de la garde impériale, Porphyre, et ses 200 soldats, confessèrent leur foi en Christ devant tout le monde, et ils furent décapités. Maximien tenta à nouveau d'appâter la sainte martyre, lui proposant le mariage, et à nouveau elle refusa. Sainte Catherine confessa fermement sa fidélité à l'Époux Céleste, le Christ, et en Le priant, elle posa sa tête sur le bloc sous l'épée du bourreau.
Les reliques de sainte Catherine furent amenées par des Anges au Mont Sinaï. Au 6ème siècle, la vénérable tête et la main gauche de la sainte martyre furent retrouvées par une révélation et transférées avec faste dans l'église nouvellement bâtie dans le monastère du Sinaï, bâtie sur l'ordre du saint empereur Justinien (14 novembre).
On invoque sainte Catherine pour soulager la douleur, et pour de l'aide en cas de naissance difficile. Les pèlerins à son monastère du Mont Sinaï reçoivent une bague en souvenir de leur visite.



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TROPAIRE DE SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE ton 4
De tes vertus, comme rayons de soleil, tu as éclairé les philosophes incroyants
Comme pleine lune pour qui s'avance de nuit, tu dissipas les ténèbres de l'absence de Foi
La souveraine crut en Dieu grâce à toi, et tu confondis le tyran
Bienheureuse Catherine, comme épouse choisie, avec amour tu as rejoins,
Dans la chambre des Cieux, le Christ, ton époux resplendissant de beauté,
Et tu as reçu la couronne royale de Sa main ;
Puisqu'en Sa présence avec les Anges tu te tiens,
Intercède auprès de Lui pour les fidèles célébrant ta mémoire sacrée.

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Je n'entrerai pas dans la question de l'historicité de la vie de sainte Catherine d'Alexandrie. Le plus "cocasse", enfin si on veut, c'est que le Synaxaire grec, qui est devenu obligatoire dans toute l'Église Orthodoxe, ne reprend pas que les données connues au milieu du premier millénaire... mais y a mélangé les mythologies inventées dans l'Occident déjà largement hérétique.. car mythologies que les Croisés du vatican ont importées en Crête & Chypre. Mythologies qui, le temps passant, sont entrées dans les moeurs populaires locales. Et de là sont devenues "tradition"... reprise par l'Église du Christ.. sans commentaire.

Sainte Catherine est une vraie sainte martyre, c'est indéniable. Elle est probablement d'Égypte vu la quantité de martyrs qui y sont morts dans les mêmes circonstances. Une sainte dont on ne sait plus grand chose de la véritable histoire. Parce que comme les martyrologes anciens, on n'avait qu'un nom et un lieu, et que cela suffisait aux fidèles, à ceux qui avaient vu le saint ou la sainte vivre, de savoir que celui ou celle que Dieu avait glorifié l'était aussi par l'Eglise locale.
Donc, en union de prière avec les saints et les martyrs et les fidèles de l'Égypte Orthodoxe d'alors et de ceux d'Entre-Sambre-et-Meuse d'alors, je n'hésiterai pas à continuer à dire jour après jour :
"Sainte Catherine d'Alexandrie, prie Dieu pour nous !"
agia EkatarinaGiorgos Tornesakis: Agia Ekaterini
source & (c)

Sainte Catherine, bois, racine et le Christ
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/sainte-catherine-bois-racine-et-le.html

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