"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

04 décembre 2007

Vie de Sainte Barbe, patronne de la paroisse grecque-orthodoxe (+ nouvelles santé mgr Christodoulos)





Le 4 décembre tombant cette année un mardi, jour de semaine, la fête paroissiale a été anticipée par la Liturgie du dimanche 2, les fêtes traditionnelles ont donc eu lieu ce jour-là. Voir l'an dernier pour un film sur cette belle fête avec ses agapes et danses qui suivent la Liturgie.
Par contre, bien que jour de semaine, même sans agapes & fête, il y avait du monde à l'église pour la Liturgie de la sainte patronne.

saint Évangile de la Divine Liturgie pour la fête de sainte Barbe
(en grec & français, p. Nicolas & Jean-Michel)


Tropaire de sainte Barbe
(en grec, par notre chantre Antonio)





Contrairement à saint Eloi, fêté le 1er décembre et aussi célèbre dans nos régions, sainte Barbe n'a hélas pas eu de biographe contemporain ou proche de son époque de vie. Son culte lui-même a commencé plusieurs siècles après sa naissance au Ciel – on trouve au 7ème siècle une demande de relique au pape de Rome, Honorius 1er, adressée de la part de l'empereur de Constantinople, pas de traces avant cela. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas été vénérée auparavant, mais on n'en sait pas plus.
La Belgique ne sera pas le moindre des pays à la vénérer : on trouve en effet 2 translations de ses saintes reliques vers le monastère Sint-Bavo à Gand (Gent) en 985 et 1080, et quantité de paroisses (devenues hétérodoxes) lui sont dédiées jusqu'à nos jours. Les textes la concernant sont donc tardifs, et lui prêtent un discours que bien des Pères de l'Église ne sauront tenir avant 2 ou 3 siècles.. Mais si les détails des nombreuses versions de sa vie, même entre les versions orientales, ne concordent pas souvent, son intercession fructueuse au cours des siècles est le meilleur garant que nous ne vénérons pas un fantôme ou le fruit de l'imagination de quelque malandrin en quête de récolte d'argent.
Voici un résumé de sa vie d'après les différentes Vitae (Vies) dont on a encore d'antiques copies en latin, grec, syriaque et arménien.
Elle aurait vécu à Antioche, Héliopolis ou Euchaita, et son martyre aurait eu lieu à Nicomédie, en Toscane ou à Rome, où demeurait l'empereur à l'époque.
La période de sa vie est donc entre 235 et 313 : empereur Maximin ou Maximien, une petite lettre d'écart pour un siècle de différence. Son père était un riche païen appelé Dioscore. Sa fille, Barbe (en français) ou Barbara (en d'autres langues) était très belle, et pour mettre cette beauté à l'abri, il l'enferma dans une tour (selon un procédé que l'on retrouve dans la mythologie grecque, avec Danaé). Elle fut plusieurs fois demandée en mariage, et elle refusa à chaque fois. Son père ordonna de lui aménager une piscine. Puis il partit en voyage. Barbe était Chrétienne dans son coeur, elle y reçut le saint Baptême. Sa tour était aménagée de 2 fenêtres, elle exigea qu'on en ouvrit une troisième, pour que s'y retrouve le symbole de la sainte Trinité, Qu'elle voulait honorer. Le père revint. Apprenant qu'elle rejetait ses divinités païennes, il rentra dans une noire colère et voulut la tuer. Elle s'enfuit vers une montagne, où un rocher s'entrouvrit pour
qu'elle puisse s'y cacher. Un berger l'ayant vue la trahit. Dieu le punit en transformant ses moutons en scarabées.
Dioscore rattrapera alors sa fille, la traînera devant le juge, et là commenceront les atroces supplices (les mêmes que ceux repris dans d'autres hagiographies de la même époque, griffes de fer, feu, seins coupés, etc). Le Christ la réconfortera. D'après certaines version, une femme de la foule, Julienne, se déclarera Chrétienne et voudra partager son sort. Le tyran du lieu, complice de Dioscore, la fera à son tour torturer et traîner nue en public. A la prière de sainte Barbe, le Seigneur la recouvrira d'une robe. Pour finir, Julienne sera décapitée par les soldats du tyran, et Barbe aura la tête tranchée par son propre père. Dioscore ne l'emportera pas au Paradis : il mourra frappé de la foudre.
Dans l'Europe médiévale, on la priait de nous protéger de la "male-mort", c'est-à-dire la mauvaise mort, la mort subite sans avoir pu Communier. Aussi les Livres d'Heures contenaient la prière suivante : "Faites, Seigneur, que par l'intercession de sainte Barbe, nous obtenions de recevoir, avant la mort, le Sacrement du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ". C'est pourquoi on la trouvera aussi représentée tenant le saint Calice, comme sur les icônes de saint Jean de Cronstadt.
Chez nous, sainte Barbe est patronne des soldats et artilleurs, des marins, des ouvriers de la mine, de tous ceux qui travaillent avec le feu, des patrons de bistrot, des fabriquants de brosse, etc.

Timbre français de 1910, avec supplément de prix au profit de la Croix-Rouge (80 + 20 centimes). Sculpture de l'église de Brou


Le 25/9/2005, un Office orthodoxe byzantin à sainte Barbe et saint Eloi a été célébré sur le site du Bois-du-Cazier, à Marcinelle, où a eu lieu la terrible catastrophe du 8/8/1956
Le texte avec rappel historique est ici :
http://home.scarlet.be/orthodoxe/textes/boisducazier250905-complet-petit.pdf



fresque de sainte Barbe (15-16ème s)
salle dans une maison privée de Mouliherne (Maine-et-Loire, F)


Vie de Sainte Barbe, Legenda Aurea
Sp Coll Hunterian Bg.1.1


Sainte Barbe, les artilleurs, et les soutes à munition de la Marine:
http://zm-fn.blogspot.com/2011/04/la-soute-munitions-ou-sainte-barbe.html

Juste avant de partir pour la fête, en ce jour où nous fêtons aussi saint Jean Damascène, je découvrais la mauvaise nouvelle :

Aggravation de l'état de santé de Mgr Christodoulos (3/12/2007)
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_politics_100016_03/12/2007_90739



Les médecins sont en alerte après la déterioration de l'état de santé de l'archevêque
Lundi 3 décembre 2007

Les médecins soignant l'archevêque Christodoulos, chez qui on a diagnostiqué un cancer cet été, étaient sur le qui-vive hier après que son état se soit déterioré. Mgr Christodoulos, 68 ans, est resté hier à domicile, sans recevoir de visiteurs, et les médecins ont suspendu sa chimiothérapie pour éviter tout effet secondaire qui pourrait encore aggraver sa situation. L'archevêque aurait à présent de l'eau dans les poumons. Il pourrait être transféré à l'hôpital pour de plus amples examens.

que sainte Barbe daigne le guérir!
Fresque gothique, 1490, Hrastovlje, Slovénie
source

Aucun commentaire: