"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 janvier 2008

Martyrs Chrétiens modernes: Noël à Gaza, en Turquie et à Bethléem

Noël à Gaza sous les attaques des musulmans
(texte adapté, l'article original contenant nombre de fautes flagrantes, jusqu'au nom de l'église totalement fantaisiste!)


Gaza: La déclinante communauté Orthodoxe de Gaza a participé ce lundi aux Offices de Noël dans l'ancienne église, la fête étant assombrie suite au meurtre d'un dirigeant Chrétien début octobre 2007.
Seul 200 fidèles chantèrent les hymnes de Noël et s'alignèrent pour communier dans l'église grecque-orthodoxe Saint-Porphyre (agios Pophyrios, évêque de Gaza, + 450), qui date du 5ème siècle.
Les jeunes arpentant les abords de l'église saluaient leurs proches tout en se lamentant sur la petite taille de leur assemblée pour cette Noël-ci.
La toute petite minorité Chrétienne à Gaza, estimée n'être à présent plus que de 3.000 fidèles, a été mise à mal au cours des mois écoulés par des attaques contre ses églises perpétrées par des militants islamiques. En octobre, un des responsables Chrétiens, Rami Khader Ayyad, 32 ans, a été assassiné.
Les dirigeants de la communauté Chrétienne disent que l'émigration s'est accélérée suite à la violente reprise de Gaza par le Hamas en juin.
Redoutant les persécutions dans une Gaza sous direction islamique du Hamas et espérant aussi échapper au marasme économique, quelque 400 Chrétiens ont quitté le territoire le mois dernier pour aller célébrer Noël à Bethléem, certains ne prévoyant pas revenir.
La communauté Chrétienne n'a jamais publiquement accusé le Hamas de persécution, et les dirigeants du Hamas ont assuré à la communauté Chrétienne qu'elle était en sûreté à Gaza. Mais les Chrétiens disent qu'ils craignent que les éléments islamiques les plus radicaux auront un sentiment d'impunité avec leurs dirigeants islamiques. Personne n'a été arrêté suite à l'assassinat d'Ayyad.
Le bouclage par Israël de sa frontière avec Gaza, et les privations qui s'en sont suivies, ont aussi terni la célébration, d'autant que des affrontements d'islamiques ont eu lieu avec l'armée israélienne, qui a tué 2 civils et 3 militants dimanche. Et l'augmentation des luttes entre factions palestiniennes rivales a approfondi la morosité ambiante.
Noël a lieu le 7 janvier pour les Chrétiens Orthodoxes de Terre Sainte, de Russie, et certaines autres Églises locales qui utilisent l'ancien calendrier Julien au lieu du calendrier Julien réformé au 20ème siècle et adopté par les Grecs-Orthodoxes, la Roumanie, l'Église Orthodoxe d'Amérique et d'autres encore.
A la porte de la chapelle, Leena Dabbagh dit que l'esprit de Noël est éteint à Gaza. Dabbagh, qui a 19 ans, est allée le mois dernier en Cisjordanie pour la célébration de Noël, pour y acheter de nouveaux vêtements, du chocolat et des cadeaux, pour revenir à Gaza avec de quoi avoir une bonne ambiance de Noël.
"C'est comme s'il n'y avait pas de fête ici," dit Dabbagh.
Majd et Amir Shaheen, des jumeaux de 6 mois, sont arrivés à l'église déguisés en minis "saint Nicolas."
Leur père, Samer Shaheen, dit "qu'on essaie de sentir la fête de Noël."
Avec les Chrétiens quittant la région, et la crainte croissante de la radicalisation islamique de Gaza, Rizk Suri, fidèle de cette paroisse, dit que la communauté est préoccupée.
"Nous sommes une petite communauté," dit Suri. "Nous voulons vivre en paix avec tous. Nous prions toujours pour la paix."



Clergé et fidèles Orthodoxes Palestiniens; Divine Liturgie de Noël, Gaza ville, lundi 7 janvier 2008.
source & (c) photos news.yahoo.com


Couverture médiatique de Noël en Israël : 2 poids, 2 mesures
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3486144,00.html




Les musulmans chassent les Chrétiens hors de Bethléem, mais les média choisissent d'en blâmer Israël
Aaron Klein

Publié : 24.12.07, 15:06 / Israel Opinion

Ahhh, Noël à Bethléem. La place de la Nativité est toute colorée. Le temps est habituellement un peu frisquet. Des marchands envahissants harcellent les passants avec leurs "ventes spéciales" de toutes sortes de statues en bois de cèdre et gravures religieuses.
Et comme un métronome bien réglé, la plupart des media débarquent
chaque année dans cette ville, venant ignorer l'intimidation larvée des musulmans à l'encontre des Chrétiens et au contraire, pour blâmer Israël – bien souvent avec des informations totalement non-fondées – de ruiner Noël et d'être responsable du drastique déclin du Christianisme dans une des plus saintes villes pour cette religion.

Prenez un article qui a été largement repris, comme celui de McClatchy Newspapers écrit par Nissenbaum et Cliff Churgin. L'article, publié la semaine dernière, parle de la population Chrétienne déclinante à Bethléem et dépeint une situation qui en fait directement porter la responsabilité à Israël.
"Depuis des générations, le musée des arts de Terre Sainte (à Bethléem) vendait des crèches en bois d'olivier à des milliers de pèlerins souhaitant un souvenir venant du lieu biblique de naissance de Jésus," commençait l'article.
"C'en est finit de l'étable en olivier abritant l'enfant Jésus, Marie et Joseph. A la place, surplombant l'angélique famille, on trouve un mirador israélien et 3 imposantes sections d'un proche mur."
Mentant effrontément, l'article du McClatchy Newspapers affirmait que Bethléem "restait largement isolée du monde externe, avec les murs israéliens hauts de 8 mètres, faisant partie de la barrière de séparation d'Israël."
L'article insinuait que le mur avait provoqué l'effondrement de l'économie de Bethléem et poussé les Chrétiens à fuir. D'autres articles de la même eau ont été diffusés par Reuters, la BBC online, et des tas d'autres quotidiens locaux.
ABC News, par exemple, claironne que "Le mur (israélien) a plongé cette célèbre ville de Cisjordanie dans l'ombre."
Regardons les faits tels qu'ils sont. Bethléem n'est entouré d'aucune muraille.
En 2002, Israël a construit une enceinte de sécurité dans la zone où le nord de Bethléem fait face à Jérusalem. Une petite partie de cette barrière, qui se trouve face à une autoroute israélienne majeure, est faite d'un mur en béton, qu'Israël a ainsi voulu pour empêcher des tireurs de tirer sur les automobilistes Israéliens.
L'enceinte a été construite après qu'ait éclaté l'Intifada palestinienne, cette guerre de terreur lancée en 2000 après que le défunt chef de l'OLP, Yasser Arafat, ait repoussé une offre d'Israël pour un Etat Palestinien, rentrant au Moyen Orient pour libérer la Palestine par la violence.
D'innombrables attaques suicides à l'explosif et de tirs contre des Israéliens ont été planifiés à Bethléem et lancés par des terroristes de la région de Bethléem.
A un moment donné en 2002, pendant une seule période de 30 jours, au moins 14 tirs furent perpétrés par des cellules des terroristes, les "brigades des martyrs d'al-aqsa," tuant 2 Israéliens et en blessant 6.
Nombre de fois, les tireurs musulmans de la région de Bethléem ont pris position dans des maisons civiles se trouvant sur les hauteurs de la cité Chrétienne de Beit Jala, qui surplombe Bethléem. Beit Jala offrait aux terroristes une ligne de tir très nette vers les quartiers sud de Jérusalem et vers l'importante autoroute israélienne passant en contrebas, forçant ainsi des ripostes militaires israéliennes et pour finir, la construction de la barrière de sécurité qu'on y voit à présent.
Est-ce que cette barrière pousse les Chrétiens de Bethléem à fuir, comme la plupart des média le prétendent?

Confiscation rampante des terres.
Les simples faits démographiques vont répondre à cette question. Israël a construit cette barrière il y a 5 ans. Mais la population Chrétienne de Bethléem a commencé à drastiquement chuter en 1995, l'année même où, en accord avec les Accords d'Oslo organisés par les Etats-Unis, l'Autorité Palestinienne d'Arafat reprenait en main la ville sainte Chrétienne.
Lorsqu'Israël fut fondé en 1948, Bethléem comportait plus de 80% de Chrétiens, mais depuis qu'Arafat a mis sa sale patte dessus, la population Chrétienne de la ville a chuté à son actuel niveau, 23%. Et on considère cette statistique comme généreuse, car elle reprend les cités voisines de Beit Sahour et Beit Jala. Certains estiment que la population Chrétienne actuelle réelle de Bethléem ne serait plus que de 12%, avec des centaines de Chrétiens émigrant chaque année.
A peine avait-il repris Bethléem, qu'Arafat vira unilatéralement les politiciens Chrétiens de la ville et les remplaça par des copains musulmans. Il nomma un gouverneur musulman Muhammed Rashad A-Jabar, et révoqua le Conseil Municipal, qui comptait 9 Chrétiens et 2 musulmans, réduisant le nombre de conseillers Chrétiens à 50-50.
Arafat transforma ensuite le monastère Grec-Orthodoxe qui se trouvait à côté de l'église de la Nativité, le lieu de naissance présumé de Jésus, et en fit sa résidence officielle à Bethléem.
A peine les Palestiniens avaient-ils prit contrôle du territoire que des rapports commencèrent à faire jour, parlant d'intimidation des Chrétiens par les musulmans.
Des dirigeants et habitants Chrétiens m'ont bien expliqué qu'ils faisaient face à une atmosphère d'hostilité régulière. Ils disent que les groupes armés Palestiniens font régner la tension en organisant des démonstrations de militants et des marches dans les rues. Ils ont parlé de cas de rançonnement des propriétaires de magasins Chrétiens et de maisons de Chrétiens attaquées.
Ils ont dit qu'auparavant, les tireurs Palestiniens se postaient pour tirer sur les Israéliens depuis le sommet des collines dans les faubourgs Chrétiens, provoquant les ripostes anti-terreurs sur leur villes à eux.
En 2002, des dizaines de terroristes se sont barricadés durant 39 jours dans l'église de la Nativité, fuyant une opération anti-terreur majeure des Israéliens. Israël encercla l'église mais refusa d'y donner l'assaut. Les tireurs réfugiés à l'intérieur comprenaient notamment plusieurs grands terroristes du Hamas, du Tanzim et des Brigades, recherchés pour leurs implications dans des attentats suicides et des attaques par tirs.
Plus de 200 religieuses et prêtres furent détenus dans l'église, après que les négociateurs Israéliens aient échoué à obtenir leur libération.
Certains dirigeants Chrétiens disent qu'un des plus importants problèmes auquel les Chrétiens sont confrontés à Bethléem, c'est la confiscation rampante des terres par les gangs musulmans.
"Il y a bien des cas où des Chrétiens ont vu leur propriété volée par la mafia (musulmane)," dit Samir Qumsiyeh, un des dirigeants Chrétiens et propriétaire de la station de télévision privée Al-Mahd (Nativité), à Beit Sahour.
"C'est un phénomène régulier à Bethléem. Ils vont voir un pauvre Chrétien, lui présentent un document de jugement falsifié, puis lui disent 'nous avons des documents prouvant que vous vivez sur notre terre.' Si vous vous opposez à eux, bien souvent le Chrétien est frappé. Vous ne savez rien faire contre ça. Le Chrétien perd tout et s'enfuit," a dit Qumsiyeh à WorldNetDaily.com, parlant depuis sa station de télévision en haut de la colline, au cours d'une récente entrevue.
Qumsiyeh dit que lui-même a été la cible de gangs islamiques. Il rapporte que sa maison a été incendiée après qu'il soit rentré d'un voyage au cours duquel il avait donné des conférences expliquant les souffrances de la population Chrétienne de Bethléem.
Une Chrétienne habitant Bethléem a dit à WorldNetDaily.com que son ami avait récemment fuit Bethléem après avoir été accusé par les musulmans de vendre des terrains à des Juifs, un crime passible de la peine de mort dans certaines villes de Palestine. L'habitante dit qu'une bonne partie des intimidations vient des tueurs travaillant pour le compte du Fatah, l'organisation du président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas.
Un article de février du Jérusalem Post citait le cas de Faud et Georgette Lama, des habitants Chrétiens de Bethléem, qui expliquaient que leur terre était volée par les musulmans du coin, et comment ils avaient tenté de s'y opposer, et comment Faud avait été battu par les bandits armés.
Un propriétaire de magasin d'articles religieux que j'ai récemment rencontré m'a explique que les gangs musulmans dégradaient régulièrement les devantures des propriétés de Chrétiens.
"Nous sommes harcelés, mais vous ne connaîtrez pas la vérité. Personne ne dit rien en public à propos des musulmans. C'est pour cela que les Chrétiens s'enfuient."
Comment? La persécution des musulmans chasse les Chrétiens hors de Bethléem? Personne n'en apprendra jamais un mot dans les articles annuels de Noël en Israël réalisés par mes "collègues" dans les media.

Aaron Klein est directeur du bureau de Jérusalem pour WorldNetDaily.com et est l'auteur du livre à grand succès "Schmoozing with Terrorists."


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Selon l'endroit où ils se trouvent, les Chrétiens sont soit persécutés par les uns, soit par les autres.. où qu'ils se trouvent, la persécution est la "norme de vie" pour nos frères en Terre Sainte : Jérusalem: les Chrétiens voudraient que les Juifs cessent de leur cracher dessus


La Divine Liturgie de la Nativité en Terre Sainte


Une croix élevée pendant que les pèlerins Chrétiens Orthodoxes prient, au cours de la Divine Liturgie de Noël, en l'église de la Nativité, dans la ville de Bethléem, Cisjordanie, tôt ce lundi 7 janvier.
Source & (c) photos news.yahoo.com



L'évêque Orthodoxe Alexious de Gaza donne la sainte Communion aux fidèles Palestiniens, au cours de la Divine Liturgie de Noël, église Saint-Porphyrios, Gaza
Source & (c) photos news.yahoo.com





Prêtres concélébrant la Divine Liturgie de Noël, église de la Nativité, Bethléem, tôt le matin.
Source & (c) photos news.yahoo.com
REUTERS/Oleg Popov




Noël au Moyen-Orient: Exode des Chrétiens au lieu d'affluence
http://www.newsweek.com/id/84514


NEWSWEEK 14 Janvier 2008
[..] L'an dernier, des dizaines de Chrétiens ont été massacrés en Irak, et un prêtre Orthodoxe a été décapité à Mossoul. Deux importants dirigeants Chrétiens Palestiniens ont été récemment tués à Gaza. L'impasse politique au Liban et la domination croissante du Hezbollah Shiite fait craindre aux Maronites la perte de leurs domaines traditionnellement réservés, telle que le contrôle de la présidence. Même en Égypte, où la religion a joué un rôle mineur dans le gouvernement, les Chrétiens sont à présent inquiets que la popularité croissante des Frères Musulmans pourrait leur faire subir de nouvelles restrictions.

Dès lors, pour les élections, ils traînent les pieds. Ils ne sont plus que 12 à 15 million de Chrétiens arabophones au Moyen Orient, et cela pourrait chuter à 6 millions en 2025. Des pays en sont transformés : en 1956, les Chrétiens du Liban formaient 54% de la population; aujourd'hui à peine 30%. La population Chrétienne d'Irak a chuté de 1,4 million en 1987 à 600.000 aujourd'hui. Et à Bethléem, le lieu de naissance de Jésus, qui était à 80% Chrétien lorsqu'Israël gagna son indépendance en 1948, il n'y en a plus à présent que 16%.
Fred Strickert du Wartburg College considère que des centaines de milliers d'Arabes Chrétiens ont été déplacés au cours des récentes années, y compris un demi-million rien qu'en Irak. L'émigration des Arabes Chrétiens n'est pas neuve. Mais d'après Drew Christiansen, éditeur d'America Magazine, la vague s'est accrue depuis la seconde Intifada dans les territoires palestiniens et depuis la guerre d'Irak. James Zogby, de l'Arab American Institute, dit que la plupart des Chrétiens ont choisit d'émigrer en Europe et dans les Amériques. Aux Etats-Unis, quelque 75% des 3,5 millions de personnes originaires du Moyen Orient sont Chrétiens, et c'est aussi le cas au Canada, en France et au Brésil. Nombre de nouveaux exilés espèrent s'installer aux Etats Unis d'Amérique : et ce n'est pas un peu cocasse quand on sait que l'instabilité qu'ils fuient a été largement mise en route par les Etats Unis eux-mêmes.

Avec l'exode, les anciennes pratiques et cultures se perdent, et les Chrétiens Moyen-Orientaux risquent de finir par être "amalgamés au sein du christianisme occidental," dit Christiansen. Le résultat sera une "dilution de la diversité des traditions chrétiennes." Mais devant ce choix de vie ou de mort auquel nombre de Chrétiens Arabes sont à présent confrontés, le prix à payer semble très petit.
-- Vivian Salama



Les pèlerins Orthodoxes Chrétiens se rassemblent pour entrer dans la "grotte" au cours de l'Office de Noël, dans l'église de la Nativité, Bethléem, Cisjordanie, lundi 7 janvier 2008.
Source & (c) photos news.yahoo.com



Le patriarche de Jérusalem, Theophilos III, au centre, Divine Liturgie de Noël, église de la Nativité, Bethléem.
Source & (c) photos news.yahoo.com



La Turquie et ses Chrétiens:
la Croix et le croissant

http://www.economist.com/world/europe/displaystory.cfm?story_id=10337900



19 décembre 2007 | ISTANBUL
The Economist print edition

Pourquoi les Chrétiens se sentent menacés dans l'actuelle Turquie.

L'année n'a pas été bonne pour Orhan Ant. Missionnaire protestant à Samsun, sur la Mer Noire, il a été plusieurs fois menacé de mort, son église a été plusieurs fois lapidée. Les journaux locaux le traitent d'agent étranger. Un groupe de jeunes a tenté de l'enlever alors qu'il rentrait chez lui. Ses plaintes pour obtenir une protection policière restent sans suite.

M. Ant n'est pas seul dans ce cas. Partout en Turquie, les Chrétiens sont attaqués. En janvier, Hrant Dink, un éditeur de journal et Arménien de naissance, a été abattu par un adolescent à Istanbul, son bourreau disant qu'il "avait insulté la turquitude." En avril, 2 Turcs et un Allemand, tous trois protestants, furent assassinés à Malatya. Leurs meurtriers les attachèrent et les torturèrent avant de leur trancher la gorge.

En décembre, un prêtre catholique-romain Italien fut poignardé par un adolescent à Izmir. Un autre prêtre Italien fut abattu à Trébizonde en 2006.

Nombreux sont ceux qui attribuent les attaques à un nouveau ultra-nationalisme tinté de militantisme islamique, mouvement qui balaie toute la Turquie. Les adolescents oisifs de la région de la Mer Noire semblent y être particulièrement ouverts. "La situation des Chrétiens est critique," dit Husnu Ondul, président de la Ligue turque des Droits de l'Homme, basée à Ankara. Comme beaucoup d'autres, il croit qu'au plus profond niveau de l'Etat, on trouve quelques juges, officiers de l'armée et de la police, qui ont besoin d'ennemis pour justifier leur main-mise sur le pouvoir, et qu'ils sont derrière ces attaques.

Cela pourrait sembler tiré par les cheveux. Cependant, des éléments de preuve ont transpiré dans la presse, pour les cas de Dink et de Malatya, montrant la collusion entre les coupables et des éléments véreux dans la police et dans l'armée. Ils suggèrent aussi que la police d'Istanbul était au courant du projet de meurtre de m. Dink un an avant sa mise en oeuvre. "Pourquoi alors la police d'Istanboul n'a-t'elle rien fait pour l'empêcher?" demande Ergin Cinmen, avocat de la famille Dink.

Respecter la liberté religieuse pour les non-musulmans est essentiel pour les espoirs de la Turquie pour rentrer dans l'Union Européenne. Les lois contre les Chrétiens réparant leurs églises ont été assouplies. Passant outre les objections de pieux membres, le partie au pouvoir, "Justice et Développement" (AK), vient de restaurer une ancienne église arménienne dans l'Est de la Turquie. Les livres scolaires sont en train d'être expurgés de leurs accents anti-occidentaux.

Cependant, nombre de griefs Chrétiens subsistent. Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, résiste à tous les appels à rouvrir le séminaire Grec-Orthodoxe d'Halki, sur l'île Heybeli, au large d'Istanboul, fermé en 1971. La Turquie refuse de reconnaître le titre oecuménique au patriarche Grec-Orthodoxe, Bartholomeos I, un des principaux dirigeants des 200 millions d'Orthodoxes. Le patriarche, loyal citoyen Turc, a mené rude campagne en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Mais cela n'a fait que renforcer la suspicion parmi les détracteurs ultra-nationalistes, qui l'accusent de vouloir "christianiser" la Turquie et de vouloir un Etat du genre du Vatican au coeur d'Istanboul.

Peu importe que l'église Grecque Orthodoxe à Istanboul n'ait plus que 4.000 âmes, la plupart de ces fidèles étant trop vieux pour suivre leurs enfants à l'étranger. Ni que selon la loi turque, il est obligatoire que le patriarche soit citoyen Turc, une règle qui rend difficile de trouver un successeur à Bartholomeos I. "Apparemment, ils (les Turcs) ne considéreront la conquête de Constantinople comme achevée que lorsque le patriarcat aura cessé d'exister et tous les Chrétiens auront été expulsés," suggère un restaurateur d'Icônes à Istanboul.

Le gouvernement doit encore approuver un projet de loi pour aider les non-musulmans à récupérer des milliers de propriétés qui ont été confisquées par l'Etat et soit vendues, soit laissées à l'abandon. L'église Saint-Georges dans le quartier Edirnekapi d'Istanboul, qui a été fortement endommagée dans un tremblement de terre, en est un triste exemple. Ses murs sont lézardés, son toit transpercé; un ange en marbre gît en pièce sur le sol. "La seule chose que nous demandons, c'est d'être autorisés à sauver notre église, mais nous n'avons pas même le droit de clouer un seul clou," se plaint l'évêque Dionysios, un hiérarque Grec-Orthodoxe qui persiste à y célébrer les Offices.

Nombre de Chrétiens concèdent que l'AK les a mieux traités que ses prédécesseurs séculiers ne l'ont fait. Ils accusent l'Etat profond pour leurs récents problèmes. Mais l'excuse du pouvoir d'une partie occulte de l'Etat est très mince, après l'énorme victoire de l'AK aux élections générales de juillet dernier. "Avec un mandat aussi fort, le fait que le gouvernement ne rencontre pas nos exigences ne peut que signifier une chose, à savoir que l'Etat profond est encore en charge," dit un prêtre Chrétien. Ou peut-être que l'AK croit dans la liberté religieuse pour les musulmans, mais pas pour les Chrétiens.



Mardi 25 décembre 2007

Le prêtre Dositheos Anagnostopoulos, du patriarcat d'Istanboul, décrit les pauvres bicoques installées autour de la paroisse Grecque-Orthodoxe de la sainte Annonciation (Ayia Evangelistra) dans le quartier de Dolapdere comme étant un phénomène sociologique, et il ajoute : "les habitants de ce quartier appartiennent essentiellement aux plus bas revenus. Je suis un homme de Foi et je ne saurais rester aveugle face aux souffrances des gens et à leurs luttes pour survivre dans la vie. D'abord l'humain, ensuite ce qui l'environne."

Vercihan Ziflioğlu
ISTANBUL - Turkish Daily News

Parmi les églises d'Istanboul où la Chrétienté célébrera son plus saint jour, on trouve la glorieuse architecture de l'église historique Grecque Orthodoxe "Ayia Evangelistra," se trouvant dans un quartier qui, il y a un siècle d'ici, était très vivant et affairé, mais de nos jours, est assombri par un amoncellement de réparateurs de vieilles bagnoles et par des baraques branlantes. Ayant des bancs pour une assemblée qui était autrefois de plus de 500 membres, aujourd'hui, l'église déclinante n'a plus qu'à peine 25 fidèles. A côté de cette église Ayia Evangelistra vieille de 114 ans, on trouve l'école élémentaire grecque historique "Yenişehir." Cette école, ouverte au début des années 1800, a fermé ses portes en 1978 du fait du manque d'élèves. Ayia Evangelistra, un exemple d'architecture gothique, avait été construite sur ordre du Tsar de Russie, Alexandre II, en 1893. Non seulement les garages douteux et les épaves de voitures et vendeurs de vieilles pièces automobiles ont envahi ses environs, elle a de plus subit une infamie supplémentaire il y a 2 ans, lorsqu'une cloche historique de 180kg, mélange d'or et de plomb, lui a été volée. La cloche, toujours manquante, portait à l'intérieur le sceau d'Alexandre II.

Le prêtre Dositheos Anagnostopoulos est prêtre de cette paroisse depuis 2005. Faisant remarquer que la population minoritaire Rom-Grecque en Turquie compte à l'heure actuelle près de 3.000 personnes, d'après les chiffres officiels du patriarcat, Anagnostopoulos dit qu'il y avait quelque 16.000 Rom-Grecs (Grecs de nationalité turque) qui vivaient dans les quartiers Dolapdere et Kasımpaşa d'Istanboul de 1893 à 1923. Le chiffre est basé sur les propres recherches du prêtre dans les quartiers.

Les bâtiments miséreux et délabrés autour de l'église constituent un phénomène sociologique, dit Anagnostopoulos. "Les gens qui vivent ici appartiennent aux groupes aux plus faibles revenus. Ceux qui travaillent dans les ateliers de réparation de voiture avoisinants sont des gens qui sont inquiet à propos de leur survie. Nous, en tant qu'église, nous ne voulons pas être soumis aux réactions des gens du coin." Anagnostopoulos dit qu'il est un homme de Foi et ne peut pas fermer les yeux face aux souffrances des gens et à leur luttes pour vivre. "Ce problème devrait être résolu par la municipalité. Cependant, il faut faire remarquer que les vies de ces gens ne devraient pas être encore plus bouleversées au nom de la réhabilitation de l'environnement urbain," dit-il. Anagnostopoulos exprime aussi sa préoccupation à propos des assassinats et attaques récentes contre des prêtres dans certaines villes de Turquie, mais dit qu'il continue de permettre aux gens qui le veulent d'entrer dans l'église, malgré certains événements récents. "C'est la maison de Dieu. Je n'ai pas le droit de demander à quelqu'un qui vient pour visiter l'église ni qui il est ni ce qu'il veut. Mais parfois, certains visiteurs sautent même sur l'Autel durant un Office sans même demander permission. Je m'abstiens de les avertir car cela pourrait causer des réactions," dit Anagnostopoulos.

Disparition mystérieuse d'une cloche historique de 180kg

Anagnostopoulos dit que l'église d'Ayia Evangelistra, dédiée à la mémoire de Sainte Marie, est similaire en taille à la cathédrale patriarcale Saint-Georges, siège du patriarcat, dans le quartier du Phanar, à Istanboul. Il dit que malgré que la cloche de l'église ait été volée, les médias ne se sont toujours pas intéressés à l'affaire. Une cloche de 180kg qui disparaît soudainement et mystérieusement, c'est pourtant une affaire suffisamment interpellante, dit-il. Anagnostopoulos, rappelant le sceau du Tsar à l'intérieur de la cloche historique et la qualité de son unique qu'elle avait car construite avec un alliage d'or et de plomb, rajoute, "même si ceux qui ont volé la cloche tentaient de la fondre pour la revendre, ils n'en tireraient pas plus de 3.000 dollars. Hélas, ce précieux trésor historique n'est plus entre nos mains."
Anagnostopoulos a déclaré à Turkish Daily News que les différences sociales entre les Grecs des quartiers de Kurtuluş et Dolapdere au début du 19ème siècle se reflétaient aussi dans la vie quotidienne et dans les prières. Les habitants de Kurtuluş, appelé auparavant Tatavla, étaient essentiellement des familles aisées. Alors que Dolapdere et ses environs étaient essentiellement habités par de pauvres marins et artisans Grecs. La colline entre Tatavla et Dolapdere était un gros obstacle pour le transport. Anagnostopoulos dit que la communauté grecque qui y vivait récolta des dons en son sein et construisit une église en bois à Dolapdere au début du 19ème siècle. Anagnostopoulos, faisant référence à des études et recherches académiques de même qu'aux registres d'église, dit que quelque 18.000 Grecs vivaient dans le quartier au début du 19ème siècle, et que la petite église en bois ne parvenait pas à répondre de manière adéquate aux besoins de la communauté. A cette époque, l'ambassadeur de Russie auprès de l'Empire Ottoman rapporta la situation au Tsar Alexandre II de Russie. Pour finir, en 1893, l'actuelle église d'Ayia Evangelistra remplaça la petite église en bois, grâce aux moyens financiers donnés par le Tsar.

"La vie humaine est plus importante que la rénovation urbaine."

Anagnostopoulos a étudié la biologie à l'université technique de Darmstad, en Allemagne. Il se souvient de l'aventure que fut pour lui son parcours d'homme de science à homme de Foi : "les églises et autres fondations communautaires sont les seuls endroits où les communautés Grecques et Arméniennes de Turquie se rassemblent. Mes grands-pères et oncles étaient tous clercs, et j'ai été élevé dans une ambiance ecclésiale. Dès lors, l'église était toujours l'élément numéro 1 dans ma vie, avant la science. Ce n'est pas surprenant que je sois devenu prêtre." Anagnostopoulos a observé les effets des conditions misérables de vie des gens de Dolapdere, et dit que ces conditions sont extrêmement malsaines. Décrivant les bâtisses délabrées, Anagnostopoulos dit : "je suis un homme de Foi, et je suis très préoccupé par comment guérir les vies de ces gens vivant dans ces maisons insalubre, bien plus que par la réhabilitation urbaine du quartier autour d'Ayia Evangelistra." Anagnostopoulos parle aussi des projets de l'UNESCO pour la restauration de Phanar et dit que la réhabilitation urbaine devrait aller de pair avec des projets fournissant de nouveaux logements pour les habitants dont la situation économique est très mauvaise. "Si les environs de l'église Ayia Evangelistra doivent être réhabilités et devenir de beaux quartiers, alors la première chose à faire est de réhabiliter les conditions de vie de ceux qui vivent déjà ici," dit-il. Dans les prochains jours, Anagnostopoulos participera à l'établissement d'un projet avec le campus de Dolapdere de l'université Biligi d'Istanboul. Ce projet mettra en lumière les vies et styles de vie des Grecs qui ont habité Dolapdere, Kasımpaşa et Tatavla (Kurtuluş) tout au long de l'histoire.

L'eau est sainte dans la culture grecque

Dans la culture grecque, l'eau est sainte. C'est pourquoi chaque paroisse Grecque-Orthodoxe comporte une 'ayazma,' une petite chapelle construite sur une source d'eau naturelle. Anagnostopoulos dit qu'Ayia Evangelistra avait aussi dans le passé de l'eau de source, mais la raison pour laquelle elle ne coule plus pourrait être un changement de direction. "A présent, nous conservons de l'eau de ville au lieu d'eau de source, et nous distribuons de l'eau aux fidèles, après l'avoir bénie au cours d'un Office au début de chaque mois," ajoute-t'il. On ne sait plus y avoir l'eau de source, mais l'humidité a ravagé l'église. Anagnostopoulos dit que l'assemblée a commencé des activités de restauration du bâtiment de l'église en mai dernier, et couvert les murs avec du marbre, pour protection. Des centaines de fidèles sont venus de Grèce en bus, jusqu'Istanboul, le 25 mars, pour visiter l'église d'Ayia Evangelistra pour la fête de l'Annonciation à la bienheureuse Vierge Marie, dit Anagnostopoulos. "Nous croyons que les Icônes à l'intérieur d'Ayia Evangelistra sont miraculeuses," ajoute-t'il.

Pourquoi les Grecs d'Anatolie furent appelés Roms

Le prêtre a critiqué le point de vue habituel dans le monde disant que les Grecs de Grèce et les Grecs d'Anatolie auraient de grandes différences culturelles. Il dit "les Grecs et les Roms ne sont pas deux cultures distinctes. La seule différence entre nous, c'est notre accent. Nous, les Roms Anatoliens, nous parlons le Grec du nord." Anagnostopoulos de continuer "Seuls les Turcs appellent les Grecs 'Yunanli,' le peuple de Yunan, dans l'histoire. Yunan signifie Ionia, et dans l'histoire, Ionia était situé à Izmir (Smyrne) et alentours. Le mot 'Ion' a été transformé en 'Yunan' en arabe, et est passé de là au turc." Il dit qu'une nouvelle dénomination fut nécessaire lorsqu'un royaume Grec fut fondé dans le sud de l'actuelle Grèce en 1821. L'Europe parla de ce royaume comme du royaume de Grèce. Le mot 'Grecos' inclut tous les groupes ethniques vivant en Grèce. "Le mot turc 'Yunan' utilisé pour nous définir est erroné. Nous sommes appelés Grecs partout dans le monde. Une autre raison pour laquelle les Turcs nous appellent Roms, c'est que les sultans Ottomans avaient l'habitude d'appeler toutes les communautés Orthodoxes vivant à l'intérieur des frontières de leur empire des 'Rom,' un terme dérivant de Romain, et le patriarcat était montré comme étant le chef des Roms, et," conclut Anagnostopoulos, "voilà pourquoi les Grecs Anatoliens furent appelés Roms."


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