"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 octobre 2020

Nouveau calendrier? Créé par un pape. L'ancien? Par un idolâtre! (saint Paissios l'athonite)


Saint Païssios l'Athonite à propos des "Vieux calendristes"
http://pemptousia.com/2011/11/elder-paisios-of-mount-athos-on-the-%E2%80%9Cold-calendarists%E2%80%9D/


L'ancien Paisios a également abordé la question du calendrier [liturgique]. Il était très inquiet de la division que cette question a provoquée et il priait à ce sujet. Il était très inquiet pour les groupes formés par les anciens calendristes qui se comportent de manière indépendante et n'ont aucune communion avec les patriarcats orthodoxes et les églises orthodoxes locales. Certains groupes de ce type qui se trouvaient à Athènes et à Thessalonique, suite à ses conseils, sont revenus en communion avec l'Église de Grèce, en conservant en même temps l'ancien calendrier.

Le staretz a dit : "Il aurait été bon que cette différence de calendrier n'existe pas, mais ce n'est pas une question de Foi". Aux objections selon lesquelles le nouveau calendrier était fait par un pape, il répondrait : "Le nouveau calendrier a été fait par un pape et l'ancien par un idolâtre", ce qui signifie bien sûr Jules César. Afin de mieux comprendre la position du saint sur la question, l'incident suivant est mentionné.
Un chrétien orthodoxe d'origine grecque avait vécu avec sa famille aux États-Unis pendant de nombreuses années. Il avait cependant un sérieux problème. Il était lui-même un "zélote" (vieux calendriste) alors que sa femme et ses enfants suivaient le Nouveau Calendrier. "Nous ne pouvions pas célébrer une fête ensemble comme une famille unie", disait-il. Ils fêtaient Noël alors que pour moi, c'était la fête de saint Spyridon. Quand je fêtais Noël, ils fêtaient saint Jean. Et c'était le moindre de nos problèmes. Le pire, c'était de savoir, comme ils nous l'avaient appris, que les NC sont des hérétiques et qu'ils seront damnés.
Ce n'est pas rien d'entendre sans cesse que votre femme et vos enfants ont trahi la Foi, qu'ils ont rejoint le pape [de Rome], que leurs Sacrements n'ont pas de grâce, etc. Nous parlions pendant des heures, mais sans arriver à une conclusion. À vrai dire, il y avait quelque chose que je n'aimais pas non plus chez les anciens calendristes, surtout quand certains de nos évêques venaient nous parler. Ils ne parlaient pas avec amour et douleur dans le cœur pour les Nouveaux Calendriers "égarés" (comme ils les considéraient). Mais c'était comme s'ils avaient de la haine et étaient heureux quand ils proclamaient que les NC allaient aller en enfer. Ils étaient très fanatiques. Et quand leur discours se terminaient, je sentais en moi une agitation interne. Je perdais ma paix. Mais je n'envisageais même pas de quitter notre tradition. J'étais très angoissé par toute cette question. Il m'arriverait sûrement quelque chose à cause de cette inquiétude constante.
Lors d'un de mes voyages en Grèce, j'ai parlé de mon problème à mon cousin Yianni (Jean). Il m'a parlé d'un certain ancien Paissios. Nous avons décidé d'aller sur la Montagne Sainte, afin que je puisse le rencontrer. Nous sommes arrivés à "Panagouda" (où vivait l'ancien). Il nous a offert quelque chose et m'a fait asseoir à côté de lui, il avait un visage souriant. Je me suis senti perdue par son comportement. Je sentais que, comme il agissait comme s'il me connaissait depuis toujours, il savait aussi tout de moi.
- Comment vont les choses là-bas avec les voitures, en Amérique ? furent ses premiers mots.
J'ai été stupéfait. J'avais oublié de mentionner que mon travail, c'était dans un parking, et bien sûr je m'occupais des voitures toute la journée.
- Ca va bien, c'est la seule chose que je pouvais murmurer, en regardant l'Ancien avec surprise dans les yeux.
- Combien d'églises avez-vous là où vous vivez ?
- Quatre, lui répondis-je, et une nouvelle vague de surprise m'envahit.
- Avec l'ancien ou avec le nouveau (calendrier) ? 
Mais au lieu d'accroitre ma surprise, j'ai commencé à me sentir plus à l'aise, par le charisme de l'Ancien.
- Deux avec l'ancien et deux avec le nouveau, ai-je répondu.
- Lequel suivez-vous ?
- Moi avec l'ancien, et ma femme le nouveau, ai-je répondu.
- Regardez. Tu devrais aller où va ta femme, me dit-il avec fermeté, et il s'apprêtait à me donner des explications.
Mais pour moi, l'affaire était déjà close. Je n'avais plus besoin d'explications ni d'arguments. Quelque chose d'incroyable s'était passé en moi, quelque chose de divin. Ce qui me torturait avait disparu. Tous les arguments, les menaces et les anathèmes contre les nouveaux calendristes que j'entendais depuis des années avaient disparu. Je sentais la grâce de Dieu qui, par l'intermédiaire de Son saint, agissait en moi et me remplissait d'une paix que j'avais longtemps désirée. Ma situation intérieure était manifestement visible à travers mes yeux. Ce dont je me souviens, c'est que ma situation a peut-être incité l'Ancien à s'arrêter un moment. Mais il a continué à me donner des explications. Peut-être pour que je le dise aux autres, et aussi pour que je puisse m'en servir pour moi-même dans un moment de tentation, lorsque cette situation divine serait passée.
- Nous aussi, bien sûr, nous suivons l'ancien (calendrier) sur l'Athos. Mais là, c'est une autre situation. Nous sommes unis à l'Église, à tous les patriarcats, tant ceux qui suivent le Nouveau que ceux qui suivent l'Ancien calendrier. Nous reconnaissons la validité de leurs Sacrements et ils reconnaissent les nôtres. Leurs prêtres servent avec nos prêtres. Alors que ces pauvres gens (les AC) ont été séparés. La plupart d'entre eux ont de la piété, de la précision (dans l'observation des canons) et un esprit combatif et un vrai zèle de Dieu. Mais cela n'arrive qu'inexplicablement et non parce qu'ils savent ce qu'ils font. D'autres, par simplicité, d'autres encore par manque de connaissance, et d'autres encore par égoïsme, se sont égarés. Ils ont considéré les 13 jours comme une question dogmatique et nous avons tous été trompés, et ils ont donc quitté l'Église. Ils n'ont pas de communion avec les Patriarcats et les Églises qui suivent à la fois le nouveau et l'ancien calendrier parce que les derniers ont soi-disant été contaminés par leur communion avec les nouveaux calendristes. Et il n'y a pas que ça. Même les rares qui subsistent (comme les AC en Grèce), sont devenus ... même je ne sais pas combien de groupuscules ! Et ils continuent à se déchirer en groupes sans cesse plus petits et ils continuent à s'anathématiser, à s'excommunier et à se défroquer les uns les autres. Vous ne savez pas à quel point cette situation m'a affligée et attristée. J'ai beaucoup prié. Il est important que nous leur montrions de l'amour et que nous ayons de l'affection pour eux, et non pas que nous les condamnions; et surtout, que nous priions pour eux afin que Dieu les illumine, et que, si de temps en temps l'un d'eux nous demande de l'aide de façon bienveillante, nous puissions dire un mot ou deux, a conclu l'ancien.

Plus de cinq ans se sont écoulés depuis le repos du saint. M. X. est retourné à "Panagouda" pour remercier l'Ancien, car après cette épisode où il l'a rencontré pour la première fois, il a trouvé son bonheur spirituel mais aussi familial, et c'est avec les larmes aux yeux qu'il a décrit les événements ci-dessus. Avec son amour, sa prière et son discernement, l'Ancien savait quand parler, comment agir, et comment aider la Mère Eglise en toute tranquillité, en évitant les extrémismes et en guérissant les blessures qui tourmentent le corps de l'Eglise et scandalisent les fidèles.

Extrait du livre "La vie de l'Ancien Paissios l'Athonite" (en grec) par le hiéromoine Isaac (pages 691-696).

à lire (en anglais) les commentaires de l'ancien Ephrem de Katounakia et Ephrem d'Arizona sur la question
http://web.archive.org/web/20150103002840/http://scottnevinssuicide.wordpress.com/category/elder-ephraim-of-katounakia/







Elder Paisios of Mount Athos on the “Old Calendarists”
http://pemptousia.com/2011/11/elder-paisios-of-mount-athos-on-the-%E2%80%9Cold-calendarists%E2%80%9D/


Elder Paisios dealt with the Calendar issue too. He was really worried for the division the issue has caused and he was praying about it. He was really worried for the groups formed by old calendarists behaving independently having no communion with the Orthodox Patriarchates and the local Orthodox Churches. Some groups of those kinds that were in Athens and Thessalonica, united under his instruction with the Church of Greece, keeping at the same time the old calendar.

The elder said: “It would have been good if this calendar difference did not exist, but it is not a matter of faith”. In the objections that the New Calendar was done by a Pope he would reply: “The new calendar was made by a Pope and the old one by an idolater,” meaning of course Julius Caesar. In order to understand the position of the Elder more clearly on the matter, the following incident is mentioned.
An Orthodox Christian who was Greek in origin had lived with his family in the USA for many years. He had a serious problem, though. He was himself a “zealot” (old calendarist) whereas his wife and children followed the New Calendar. “We could not celebrate a feast together like a family”, he used to say. ??They would celebrate Christmas when for me was St. Spyridon’s Feast. When I had Christmas, they had St. John’s. And that was the least of our problems. The worst thing was to know, as they had been teaching us, that the NCs are heretics and will be damned.

It is no little thing to keep hearing that your wife and your children betrayed their faith, went with the Pope’s side; their mysteries have no grace etc. We would talk for hours on, but without coming to a conclusion. To say the truth, there was something I did not like with the OCs too, especially when some of our bishops would come to talk to us. They were not talking with love and pain in their heart for the deceived New Calendarists (as they considered them to be). But it was as if they had hatred and were happy when they would proclaim that the NCs would go to hell. They were very fanatical. And when their speech would end, I would feel inside me an internal agitation. I was losing my peace. But I would not even think of leaving our tradition. I was greatly distressed with the whole issue. Surely something would happen to me from the constant worry.
In one of my travels to Greece I mentioned my problem to my cousin Yianni (John). He told me about some elder Paisios. We decided to go to the Holy Mountain, in order for me to meet with him. We arrived at “Panagouda” (where the Elder was living). The Elder offered us something and with a smiling face made me sit next to him. I felt at a loss with his behavior. I felt that, as he was acting as if he had known me forever, he also knew all about me.
– How are things going there with the cars, in America? were his first words.
I was taken aback. I had forgotten to mention that my job was at parking lots, and of course I was dealing with cars all day long.
– I’m doing well, was the only thing I could falter, looking at the Elder with surprise in my eyes.
– How many churches do you have there where you live?
– Four, I replied and a new wave of surprise came over me.
– With the old or with the new (calendar)? , came the third “thunderbolt” which, however, instead of increasing my surprise, somehow made me feel more at ease with the Elder’s charisma.
– Two with the old and two with the new, I replied.
– Which one do you follow?
– I with the old, and my wife with the new, I replied.
– Look. You should go where your wife goes, he told me with firmness, and was preparing to give me explanations.
But for me the matter was already closed. I did not need more explanations or arguments. Something unbelievable had happened inside me; something divine. What was torturing me had gone away. All the arguments and all the threats and anathemas against the new calendarists that I would hear for years now had been vanished. I felt the grace of God who through His Saint was acting on me and filling me with a peace that I had long longed for. My internal situation was evidently seen through my eyes. What I remember was that my situation may have made the Elder to stop for a wile. But then he continued to give me some explanations. Perhaps for me to tell others, and also so that I could use them for myself in a time of temptation, when that divine situation would have passed.
– We too of course follow the old (calendar) on Athos. But this is a different situation. We are united with the Church, with all the Patriarchates, both of those that follow the New and of the Old calendar. We recognize their mysteries as valid and they recognize ours. Their priests make service with our priests. Whereas these poor folk (the OCs) were cut off. Most of them have piety, accuracy (in following the canons) and a fighting spirit and true zeal of God. But it only happens inexplicably and not because they have knowledge of what they do. Others due to simplicity, others due to lack of knowledge, and others due to selfishness though, went astray. They considered the 13 days as a dogmatic issue and all of us deceived, and thus left the Church. They do not have communion with the Patriarchates and the Churches that follow both either the new or the old calendar because the later ones supposedly became contaminated through their communion with the new calendarists. And this is not the only thing. Even those few that have remained (as OCs in Greece), have become … even I don’t know how many pieces! And they keep being cut off into smaller pieces all the time and they keep anathematising each other, excommunicating each other and defrocking each other. You do not know how much I have grieved and been saddened by this situation. I have prayed a lot. It is important that we show love towards them and feel for them and not to condemn them; and more importantly, for us to pray for them so that God illumines them, and, if once in a while one of them asks help from us in a good-natured manner, we could say a word or two, the Elder concluded.
More than five years passed since the Elder’s repose. Mr. X. returned to “Panagouda” to thank the Elder, because after that time when he first met him, he found his spiritual but also familial happiness, and with tears in his eyes described the above events. With his love, prayer and discernment, the Elder knew when to speak, how to act, and how to help Mother Church quietly, avoiding extremisms and healing the wounds that torment the body of the Church and scandalize the faithful.

Taken from the book “Life of the Elder Paisios the Athonite” (in Greek) by Hieromonk Father Isaak (pages 691-696).

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