"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 décembre 2018

Le schisme, mgr Kallistos Ware, saint Jean Maximovitch et Constantinople...

Le métropolite Kallistos Timothy Ware regrette la rupture de communion décrétée par le Saint-Synode de Russie. MAIS il n'est pas content de ce que commet son patriarche. Bien. Enfin une "pointure" au sein de ce patriarcat qui parle un peu. Maintenant à l'époque des grands saints, ceux qui ne voulaient pas suivre un patriarche dans l'hérésie, ils s'en séparaient.. Mais c'était des saints, pas des nationalistes, des fonctionnaires impériaux, des romantiques, des passéistes, etc..
http://orthochristian.com/117867.html







Saint Jean Maximovitch nous livre ici une excellente analyse de ce que valait en 1938 le patriarcat d'Istanbul. Ce qui vient de se passer en Ukraine montre la clairvoyance de ce prophète des temps modernes.
https://orthochristian.com/115619.html





Ajoutons cette citation du jour sur une page facebook :

"On ne regardera pas la mythologie des 2 premiers siècles, où sans aucun fondement historique et liturgique d'époque, on nous annonce des Apôtre et autres patriarches en suivi chronologique très bien arrangé. Et totalement contraire à ce qui se passait à l'époque..
Le premier patriarche de Constantinople, le premier évêque à porter ce titre, c'est en 330, Alexandre 1er. Il résistera aux pressions politiques pour accepter Arius et mourra peu après l'hérétique. Mais son successeur, Paul, ne sera pas une élection libre du peuple de Dieu, c'est Alexandre qui le désignera. Déjà.

Paul 1er lui succèdera donc, mais sera 3x déposé par les hérétiques, dont l'empereur oriental "très chrétiens" (aux dires des nationalistes Grecs, tous "leurs" empereurs ont été des phares de l'Orthodoxie, avec tous leurs patriarches). C'est l'empereur d'Occident qui recommandera qu'on le reprenne pour la 3ème fois.
Il sera assassiné vers 350, ses reliques sont préservées à Saint-Laurent, à Venise, et non pas en Orient.

Son successeur fut Macedonius, hérétique fondateur de la secte portant son nom. Condamné par le très orthodoxe archevêque de Rome, Damase 1er (la papauté n'existait pas encore). Puis ses thèses condamnées après sa mort par le 2ème Concile Oecuménique, on savait prendre son temps et laisser le poison agir, déjà à l'époque, avec les favoris Grecs de l'empereur d'Orient..

Et c'est Eudoxius qui lui succède, un Arien, un hérétique! Dix ans à nuire au Corps du Christ! Il s'était emparé du Siège épiscopal d'Antioche avec le même genre de manigances que ce que Meletios 4 Metaxakis mènera pour devenir un jour le sulfureux patriarche d'Istanbul auteur de tant de malheurs et hérésies au sein de l'Église..

Demophilios lui succèdera pour 9 ans, cessant de nuire au monde en 379. Il avait été élu par les Ariens. Quelle Orthodoxie à Constantinople, mais quel "phare de la lumière du monde" (pour reprendre l'expression récente de Bartholomeos 1 d'Istanbul), fabuleux.

Et après? Les Grecs se gaussent de ce que les catholiques-romains se sont retrouvés avec 3 papes - ils rigolent tout en approuvant l'uniatisme de leur patriarche, et donc ils sont en communion avec le vatican, de facto, volens nolens.. Mais eux-mêmes ont eu ça, 3 patriarches simultanés.. Marin de Thrace l'Arien succédant à Demophilios, suivi de Dorotheos d'Antioche, lui aussi Arien mais d'une autre-sous secte et restés tous les 2 avec le titre.. pendant qu'Evagrios était élu comme archevêque orthodoxe mais en exil et pour peu de temps..

Sous Theodose 1er, empereur enfin un tant soit peu chrétien, on retrouve saint Grégoire le Théologien, qui d'évêque de Nazianze, sur recommandation de son ami saint Basile de Césarée, se retrouvera brièvement archevêque de Constantinople.. Après avoir manqué être assassiné pendant la Liturgie à Agia Anastasia par une foule d'hérétiques ariens, poussés par son "ami" le philosophe Maxime, qui voulait obtenir ce siège épiscopal.
Saint Grégoire tiendra le coup jusqu'à jeter le gant en plein 2ème Concile Oecuménique, que donc il ne présidera pas jusqu'au bout. Le très chrétien empereur ne le soutiendra pas jusqu'au bout non plus.

Et l'empereur se choisit comme nouvel évêque un catéchumène d'Antioche, qui avait été placé sur une liste de candidats possibles fournis par les églises, Nectaire. C'est avec lui qu'on trouve le 3ème canon du 2ème concile oecuménique affirmant que son siège sera second après celui de Rome "car c'est la ville de l'empereur" - ce fameux lien de causalité dont le patriarcat de Moscou rappelle (mais aurait dû le faire depuis des siècles) qu'il n'existe plus et donc "finita la comedia". Nectaire semble avoir tenu bon dans les errances dogmatiques orientales si massives déjà à l'époque. Cependant la dernière lettre de saint Grégoire de Nazianze lui demandait d'être moins tolérant envers les hérétiques Novatianistes, puisqu'il n'avait pas hésité à consulter un de leurs évêques, Agelius, pour débattre contre les Ariens et les Pneumatomaques. Et sous son épiscopat, Theodose 1er fera interdire la prédication de toutes les hérésies et sectes sauf .. des Novatianistes.

Lui succèdera le glorieux saint Jean Chrysostome. Mais quel épiscopat de souffrances! Et il ne s'y éternisera pas, comme hélas trop d'hérétiques le font.. Son crâne subsiste en 4 reliquaires "authentiques", un en Russie, un au Mont Athos, et 2 en Italie. Même pour ça, il aura subi les injures du peuple qu'il a tenté de mener au Christ..

Arsacius lui succèdera, désigné par l'empereur Arcadius et sa cruelle femme Eudoxie. Comme une partie du peuple refusait de communier avec lui, la soldatesque sera lancée, tortures, tout y passa. Condamné par écrit par le très orthodoxe pape de Rome saint Innocent 1er, mais l'empereur très chrétien s'en fichait. Arsacius mourra épuisé peu après.

Puis on se retrouve avec de nouveau 2 patriarches, Barbas l'Arien (407-430, tout de même) et saint Arsacius l'orthodoxe (406-425). Ce dernier soutenu par le pape de Rome Célestin 1, l'appelant "le vrai successeur de saint Jean Chrysostome", et il sera cité aux Conciles d'Ephèse et de Chalcédoine.

ETC

L'Histoire de ce Siège épiscopal n'est pas brillante, c'est le moins qu'on puisse dire. L'actuel titulaire est à l'image de la majorité de ses prédécesseurs, un politicien retors sous habits religieux usurpés, répandant la division et la haine autour de lui, et flattant les sentiments de nostalgie impérialiste chez un certain nombre de Grecs, ce qui lui assure un soutien financier et politique suffisant pour tenir le coup. Mais au Tribunal de Dieu, il sera seul, avec derrière lui une longue liste de suiveurs aveuglés par les dorures. Maranatha."


 


1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est bien
https://slovo-bogoslova.ru/video/kallistos-ware/
Avec Nestorius, une partie des évêques ont rompu, et une autre partie l'a suivi dans l'hérésie. C'est un choix radical qu'il faut oser faire, très difficile bien sûr. Mais c'est le choix de la vie éternelle, ou suivre celui qui déchire l'Église et partager son sulfureux destin éternel.